FOURS A GAZ A L'AIR
Le siphon Siemens et les trop longs carneaux ont, sans doute, des inconv^nients : ils provoquent le d6p6t de goudron et de suie, et peuvent un pen appauvrir le gaz. Mais ce n'est pas dans la perte inutile de la chaleur qu'il faut Irouver leur condamnation : d cet 6gard, ils n'ont rien que de ralionnel. Ils ont rendu de grands services au d^but et peuvent encore en rendre, lorsque, par exemple, on s'interdit Temploi de Teau et du gaz mixte et qu'on s'impose le tirage naturel.
Nous donnons ici, a titre d'exemple des fours k double recuperation avec gaz a I'air, la "vue d'un four de verrerie (fig. 5) construit en Russie et pourvu de gazogenes au bois. Le gaz sortant da tels g^nerateuri est refroidi par une pluie d'eau, defagon a condenser la vapeur d'eau provenant de la distillation; 11 entre done dans la chambre de recuperation tout k fait fcoid. Cest, on le voit, le cas extreme, celui ou la recuperation par le gaz s'impose et a son efPet maximum.
§ 4. Troisieme cas : Double recuperation par l*air primaire et Tair secondaire. — La double recuperation complete par Tair primaire el par Fair secondaire est impossible dans I'etat actuel de rindustric. La temperature qui s'etablirait dans un gazogene oQ Fair primaire serait admis k la temperature m^me du four serai ttellementeievee qu'aucun des gazogenes actuels ne saurait y r^sister. Nous avons vu qu'elle depasserait 2 OOOo.
En supposant que le gazogene Ebelmen d fusion de cendres puisse supporter un tel regime, le rayonnement ext6rieur en serait tr^s eleve et compenserait en partie les avantages de la recuperation.
Ce qui, d'ailleurs, arrete bien plus encore les applications actuelles de ce systeme, c'est la question de conservation de la grille : il est difficile, sans deiruire rapidement les barreaux, de depasser la temperature de 500<* dans le cendrier. Telle est la limite de chauffage de lair primaire, et encore les applications ont-elles etetr^s limitees.
En dehors du four Klonne, de Dortmund, qui fonctionne au gaz mixte, et sur lequel nous aurons d revenir, et de quelques tentatives de chaufifage de Fair primaire sur des gazogenes Taylor, Lencauchez, Siemens, etc., il n'y a que le four Siemens noavelle disposition qui realise un chaufifage partiel de Fair primaire. Ce four est tres bien dispose d cet effet, car il suffit de le faire marcher a I'inverse du fonction-
nement qu'ont indiqu6 MM. Biedermann et Harvey (en raetUnt le cendrier en communication avec la chambre od circule Tair et non plus avec la chambre des fum^s), pour avoir tr^s simplement le chauffage d'air primaire, que Ton dilue d'une quantity d'air froid suffisante pour que la temperature ne s'61^ve pas au-<lessus de 500>. Quelques-uns des nouveaux fours fonctionnent d'apr^ cette m^thode : la plupartont une marche mixte, admettant ^ la fois fum^es, air chaud et air froid sous le cendrier. Dans tous les cas, il est n^cessaire d'^tudier la double r^up^ration par Tair primaire etTairsecondaire pour en appr6cier la valeur.
Le calcul est ici fort simple, car Fair primaire 6tant 6gal en quantity ^ Tair secondaire, il sufTit de doubler le chiffre de la chaleur recup6r6e dans le cas du four d simple recuperation ; nous avons done immediatement les r^sultats indiqu^s dans le tableau ciapres.
Tableau du oalcul de P dans les fours a double r^cup^aUon par Voir Mai.
Chaleur d^gag^ : 91^^.
F Calories empoit6es par les produite de combustion. . . R Calories r^uD^rdes oar I'air total
DiFFsasjNcs F— R ou perte a la cbemin^ . .
Perte •/• P •
Rendement. ou chaleur utilis^e U
On voit, t Texamen de ce tableau, que la double recuperation par chauffage prealable de I'air total, actuellement inutilisee, ou pratiquee d'une fagon rudimentaire dans rindustrie, est cependant d'un grand interet. A 1 500®, il reste bien une perte de 10 Vo, et surtout la question des gazogenes est un obstacle preaque insurmontable 4 Tapplication de ce sy^^e, maia, k 1 000^, Tutilisatioa de la cfaaieur peut ^re con^deree comme par&ite, puisqiia les 6 V« qui re«lent Mat a peu
76 tTVDE THKORIQUE DE LA RECUPERATION
pr6s ce qui est n6ccssaire au tirage de la chemin^e, et d'autre part, la construction de gazogenes admettant Fair ^ 1 000® ne parait pas absolument irr6alisable (^).
La th^orie nous semb!e done donner ici une indication tr6s nette, unc orientation pour les progr63 encore r^lisables dans ces fours 'd temperature moyenne oil la recuperation est loin d'avoir donn^ tout ce qu'elle pent.
C'est, en resume, du cdt6 de la construction de gazogenes a haute temperature que doivent tendre les efforts, et c'est la conclusion se degageant le plus nettement de Tetude des fours d gaz d Tair.
Les avantages de gazogenes a haute temperature, d air chaud, ont ete depuis longlemps pressentis par Ebelraen qui preconisait un gazogene sans grille, a fusion de cendre a vent force, comme un cubilot. Cette idee, apres etrerestee longtemps dans Toubli, a ete recemment reprise, et le gazogene Saillers, dont on pout voir la description dans le Traile de Melallurgie de Ledebur (*), n'est qu'un cubilot a vent souffle, inspire du gazogene Ebelmen; mais les applications en sent encore peu nombreuscs. D'autre part, Temploi de plus en plus frequent du tirage force par ventilateurs, substitue au tirage par Koerting, donne au probieme du gaz a Tair un nouvel interet, et constitue, dans une certaine mesure, un acheminement vers la solution du gazogene d air chaud.
Et si Ton tient compte du fait signaie par Ledebur que I'eievation de temperature d'un gazogene diminue beaucoup la combustion anticipee du gaz et produit un gaz plus riche, on conclura avec nous que cette question du chauffage de I'air primaire et des gazogenes d air chaud est une decelle dont la solution interesse leplus le progres des fours.
(1) Le cas de triple recuperation par I'air primaire, I'air secondaire et le gaz est impossible dans le cas d'emploi d*air sec ; en efifet, la temperature du gaz, lorsque I'air primaire est chauffe, est trop 61ev6e pour permeltre aucune recuperation.
(2) Manuel Iheorique et pratique de la Melallurgie du fer, par A, Ledkbur. — Baudry et C'«, editeurs, Paris.