ACTE DEUXIÈME
LE GÉNÉRAL
Gomment? ici?
LA COMTESSE
Oai^ j'ai pensé que l'air me ferait du bien...
LE GÉNÉRAL
Je retournais chez vous !
LA COMTESSE
Ah!
LE GÉNÉRAL
J*étais inquiet. Je vous avais laissée tout à Theure soas une impression douloureuse et je me reprochais d'être venu ainsi, brutalement, alors que vous éliez sou£frante, vous apprendre une nouvelle qui devait vous faire beaucoup de chagrin.
LA COMTESSE
Oui... beaucoup! en effet.
Le général lai a pris le portrait qu'elle tenait à la main, rèrant en le regardant.
LE GÉNÉRAL
Madame de Lorges était presqne une sœur pour vous.
LA COMTESSE
Oui, et ni le temps, ni l'absence ne peuvent rien sur de telles affections 1
LE GÉNÉRAL
Je retrouve toates mes impressions d'alors! toutes!... Je revois ma maison que j'avais quittée et sur le seuil de laquelle, aa lieu de ma fbmme adorée, c'est ma sœur qui vient me recevoir, les yeux baignés de larmes ; nous la sauverons, ditrelle, et d'autres mots encore résonnent sourdement à mon oreille. On parle d'an accident, de
rimpradence d'un yalet ayant occasionné un commencement d'asphyxie... Oh ! je te vois encore, comme ce jourlà, pâle, inanimée...
LA COMTESSE
Pourquoi rappeler?...
LE GÉNÉRAL
Âh I c'est qn'il y a une chose que tu as toujours ignorée et dont je suis heureux de pouvoir enfin me confesser.
LA COMTESSE
Gomment?
LE GÉNÉRAL
Ma première pensée, sache-le, fut qu'on m'avait menti.
LA COMTESSE
Menti?
LE GÉNÉRAL
Je croyais que tu avais voulu mourir.
LÀ COMTESSE, etoc ua moarement*
Oh ! quelle pensée I
LE GÉNÉRAL
Je me disais, elle est jeune. Je suis presque vieux. Sa chaîne lui semblant trop lourde, elle aura voulu la briser. Alors j'ai interrogé ma sœur et, ses protestations contre toute idée de suicide ne me persuadant pas encore, j'exigeai d'elle (que je savais chrétienne sincère) un serment sur son salut éternel, et ce serment elle me le fit; d'un mot elle m'avait rendu le calme.
LE MARQUIS, à part.
C'était vrai, elle a voulu mourir.