ACTE TROISIÈME
COURTVALLON.
SOTTENAY.
Veuillez, m'excuser, monsieur le marquis, mais je ne me soutiens plus!... les pilotis s*écroulent! (ii tombe dMs lia fauteuil.) Et... cependant il faot que je parte !... que je fuie Arachon, car ils me cherchent. . .
COURTVALLON.
Qui ça?...
SOTTENAY^ se soulevant et tragiqueinent.
Les ascendants de Fanny !...
COUBTYALLON.
De la camériste?...
SOTTENAY.
Oui; tu sais... que je t'avais quitté pour la rejoindre dans le pavillon que devait occuper...
COURTVALLON.
Le commandant, oui..
SOTTENAY.
JeTy rejoins en effet, et, à peine entré... je ne fais ni une ni deux, v'lan,je Fembrasse... c'était le meilleur moyen de la mettre dans mes intérêts. Ces filles-là sont flattées qu'un homme du monde... Je l'embrasse donc une seconde fois... puis je lui explique mon plan ;... mitonne-moi adroitement pour cette nuit, lui dis-je, une petite entrevue bien compromettante avec la demoiselle de céans, et... si j'épouse, je ne te dis que ça .. et je lui glisse dans la main, suivant votre conseil, un à-compte sur ma gratitude! vingt-cinq louis I... Alors, elle me regarde en dessous d'un petit air malin (j'aurais dû me méfier) et elle me dit: — « Vous me faites l'effet d'un bon
jeune homme... vous avez le nez de quelqu'un de sérieux, partons du pied gauche... » Et elle m'entraîne. Noos montons au troisième étage, elle ouvre une petite porte, et, me «poussant dans Tintérieur : cette chambre, murmure-t-elle, est contigue à celle de notre demoiselle !... Et elle me plante là au milieu des ténèbres ! . . . Un quart d'heure se passe... puis une heure et demie... Tout à coup... j'entends comme le chuchotement d'un jupon fortement empesé!... je colle un œil à la serrure!... et qu'est-ce que je vois? un dos de neige !... et une cascade de cheveux. Moi, les cascades de cheveux ça me montée... Alors, ma foi! va te promener! un frisson m'envahit, ma raison déménage, je m'élance dans la chambre, j'enlace la cascade de mes bras amoureux... Une porte s'ouvre I... horreur!... c'est le cocher et le marmiton !... les parents de Fanny... Ils veulent que j'épouse !...
COURTVALLON.
Ils sont abominables !
SOTTENAY.
Ils sont bien râblés aussi !... Il y a un train à huit heures trente-huit... filons!
COURTVALLON.
Désolé ! . .. mais je me dois à mon illustre client.
SOTTENAY.
Ah ! oui, c'est vrai. . . excusez-moi, marquis, mais je serai à vos ordres partout, excepté ici. Heureusement qu'il y a un train à huit heures trente-huit...
COURTVALLON.
Marquis, ne vous mettez point en peine, je cours au Casino et...
LE MARQUIS
Oh! ne vous pressez pas.