‹ Le chemin de fer du Lac Saint Jean [microforme]Chapitre 11 sur 47 · M UN · texte numérisé non relu

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À la suite de ces considérations si claires et si convaincantes, présentées par les avocats de la Compagnie du Lac Saint-Jean, les députés de l’Assemblée Législative n’hésitèrent pas à adopter le projet de loi de M. Beaudet et à accorder à la Compagnie toutes ses demandes. Dès lors, le triomphe de cette dernière semblait assuré et définitif, et deux de ses. directeurs partaient, peu de temps après, pour l’Europe où ils allaient essayer de contracter un emprunt qui permit à la Compagnie de finir ses travaux et de livrer sa ligne complète au publie, dans le cours de l'année 1885.

Mais il s’en fallait de beaucoup que la Compagnie pût trouver les moyens d'atteindre si tôt son objet. En 1885,

c’vst à peine si elle touchait à la rivière Batiscan, au bout de la deuxième section de la ligne; à la fin de 1886, elle se rendait jusqu'à l’île du lac Edouard, au delà de la troisième section ; douze mois plus tard, elle arrivait au lac Bouchette, à cent soixante milles de son point de départ, et en 1888 enfin, ses trains de construction parveneient en vue de Chambord, nom récent donné à lu Pointe aux-Trembles, paroisse riveraine du lac Saint- Jean.

La Compagnie semblait maintenant toucher presque au terme de sa longue et difficile entreprise. Mais quelle somme effroyable de labeur il avait fallu accomplir pour arriver jusque là ! Aujourd’hui l’on s’étonnerait qu’une compagnie mît un temps si long et eût tant de difficulté À construire une ligne de cent quatre-vingt milles seulement. Mais qu’on se reporte aux jours où cette entreprise fut commencée. A cette époque-là on en était encore aux premiers rudiments de la construction des voies ferrées ? tout était à créer à la fois et lon manquait des moyens les plus élémentaires, les capitaux ne s’étaient pas encore exercés À la construction de chemins de fer purement provinciaux, et l’on avait À vaincre des obstacles, bien autrement formidables que la chaîne des Laurentides ; c’étaient les montagnes de préjugés et de défiances qu'il

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