‹ Le Chemin de fer métropolitain de BerlinChapitre 1 sur 38 · RUE DES SAINTS-PÈRES · texte numérisé non relu

RUE DES SAINTS-PÈRES

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A l'époque où nous vivons, et dans toutes les classes de la société, la question des chemins de fer est à Tordre du jour. Elle est plus qu'une question commerciale; elle est question nationale.

Aussi bien, elle se lie intimement à la prospérité matérielle du pays, en tarit que la production nationale ne peut rien sans elle; aussi bien, elle est d'une importance capitale pour sa fortune militaire.

Les enseignements que nous tirons de l'étude des chemins de fer sont multiples : n'embrassent-ils pas, avec l'art de l'ingénieur, la stratégie, l'économie politique, et jusqu'à la jurisprudence?

Cette étude, dont le champ d'action est déjà si vaste pour notre seul pays, prend, à tous les points de vue, une place bien plus grande encore, si on l'étend au delà de nos frontières.

Parmi les chemins étrangers, ceux qui par leurs relations particulières avec nous présentent un intérêt plus marqué, sont les chemins de fer allemands. C'est à ce point de vue général qile nous avons songé à exposer leur centre d'action.

Dans un ordre d'idées plus particulier, nous avons pensé

H liNTRODUCÏlOiX.

qu'au moment même où Paris, envisagé comme grande cité et comme capitale, voyait mettre en question la création d'un métropolitain d'intérêt local, général et stratégique, il était intéressant de développer les conditions d'établissement et d'exploitation du dernier métropolitain exécuté qui répond d'ailleurs au triple besoin que nous venons d'indiquer.

Aussi, laisserons-nous absolument de côté les considérations trop générales, pour aborder uniquement l'étude de la Siadtbahn de Berlin et de ses dépendances.

Dans cet ouvrage, nous présentons tantôt les résultats de nombreuses recherches dans les publications allemandes, tantôt l'appréciation des hommes compétents, tantôt enfin des notes personnelles, résultats d'observations faites sur le terrain en décembre 1884 et en juin 1886.

Pour mettre au jour les organes essentiels d'un aussi puissant système d'exploitation, il eût été désirable d'y être, avant tout, initié par la direction de la Stadtbahn. Cet avantage est refusé à tous : nous l'avons appris par expérience; d'ailleurs tous les ingénieurs français qui ont cherché des renseignements à Berlin ont subi le sort commun. L'Administration ne saurait accorder d autorisation d' aucune sorte ^ par suite d'objeciiofis soulevées pour des motifs d'ordi^e stratégique par l autorité militaire ,

Nous ne saurions toutefois nous dispenser d'adresser ici tous nos remercîments au personnel supérieur de l'ambassade de France, qui a guidé nos premières recherches.

Il nous a semblé avantageux de présenter les matières dans l'ordre généralement adopté pour les travaux de chemins de fer. De la sorte, le lecteur pourra se porter sans embarras au chapitre qui l'intéresse ou le concerne spécialement.

Un tel exemple de l'activité incessante qui règne chez nos voisins pourra suggérer maintes réflexions à nos lecteurs français. Nous ne saurions trop approfondir ce qui se fait chez euï^afin d'ajouter leur expérience à la nôtre, en imitant ce

INTRODUCTION. m

qu'ils ont de bon et en écartant ce qu'ils ont de mauvais. Le vrai patriotisme ne consiste pas, en effet, à dénigrer systématiquement tout ce qui ne vient pas de nous. Bien au contraire, il doit nous faire chercher partout ce qui peut, d'une façon quelconque, nous faire faire un pas plus avant dans la voie du progrès.

Travaillons sans relâche, et ne perdons pas de vue que d'autfes, à côté de nous, nous observent et travaillent! Pour conserver à notre pays la première place à la tête des nations, étudions ce que font nos voisins, et faisons mieux qu'eux. C'est l'idée qui nous a guidés dans ce travail.

Et si nous savons intéresser quelques lecteurs à l'étude des grands travaux allemands, notre France ne pourra qu'en profiter, et le but que nous nous sommes proposé sera ainsi atteint.

Paris, noTcmbre 1886.

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