‹ Le chemin de traverse (volume 3)Chapitre 37 sur 37 · LETTRE XXXV · texte numérisé non relu

LETTRE XXXV

ET DBRlIltRB.

Oui, certes, pour loDglemps adieu, Christophe. A présent je n*ai plus rien à te dire , ou plutôt je n*ose plus te parler. Me voilà devant toi dans toute ma nouvelle nature , ou plutôt dans mon nouveau mensonge , me voilà non plus tel que j*étais naguère , un innocent villageois, mais bien un savant citadin. Me voilà fait homme du monde , moi Tenfant de notre cher Ampiiy. Me voilà , te dis-Je , rélève du baron Honoré de la Bertenacbe , moi rélève du frère ignorantin Christophe ! Adieu , Christophe , (u ne dois déjà plus me reconnaître , mon frère , à tout ce que je t*ai raconté ?

Que de fois j'ai été sur le point de jeter au feu toutes

ces pièces écrites dans mes moments de décom§gement et de triomphe I triste , triste reflet de mes (ffluntes et de mes espérances , de mes joies et de mes douleurs ?

Mais non, ces lettres sont écrites pour toi, elles t*appartiennent, il me semble que tu les as lues à peine écrites ; elles sont ton bien , tu as sur elles le droit de vie et de mort , c*est à toi à les jeter au féu , Christophe, et tu les anéantiras , en efiPet , si tu as pitié de ton ami.

Adieu. J*ai Pesprit malade. La léte me tourne comme le cœur. Adieu. — Un jeune prêtre du séminaire de Lyon , qui retourne dans nos montagnes , a bien voulu se charger de toutes ces lettres amoncelées , il m*a promis de te les faire parvenir par une voie sûre , et je compte sur sa promesse. C'est un jeune homme. Adieu.

Nous verrons dans le volume suivant comment les lettres de Prosper Ghavigni , terribles confidences d'un enfant qui était devenu brusquement un homme , parvinrent en effet au frère Christophe par une vote sûre, comme Tavait promis le jeune séminariste de Lyon.

Fin Dl LA DEVXIÈMB PARTIE BT DU TOME PREMIER.

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