‹ Le chemin des écoliersChapitre 175 sur 259 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

de quelle famille princière est issue votre noble fiancée, et quel riche apanage elle apporte en vous épousant?

— Elle m'apporte cent mille écus d'or, dont j'ai grand besoin pour m'approvisionner de blé, » lui répliqua Frédéric; et promenant sur tous son regard hautain ; « La somme, sans doute, vous semblera suffisante, messires; car, cette dot, c'est vous qui la rournirez. ■

Frédéric le Victorieux épousa Lanre de Teltingen , dans l'église cathédrale d'Heidelberg, au milieu d'un grand concours de peuple. Ulric de Wurtemberç et Charles de Bade servirent de témoins à la mariée ; Louis le Noir fut son chevalier d'honneur; le prince archevêque de Cologne et l'évéque de Metz ofGcièrent.

Quelques éclaircissements sont-ils nécessaires encore à celte histoire*

L'homme qui s'était élancé du bateau au secours de Claire,

c'était Frédéric. Le démon des eaux avait eu sa proie; il l'avait laissée échapper et restait sans droits sur elle.

Quant au moine Siegfried , on n'entendit plus parler de lui. En réfléchissant sur divers incidents de ce récit, il m'est venu en idée que ce magicien capuchonné, cette apparence de diable, pouvait bien n'être autre que le bon ange du palatin, revemi vers lui sous cette fonne étrange.

quentdeplua sot que le duel? Risquer sa propre vie, que, généralement et non sans raison , on estime chose fort précieuse, puisque sans elle on n'est guère à même d'apprécier les autres bonnes choses de ce monde, la risquer contre la vie d'un autre,

qu'on n'estime rien , dont on ne peut rien faire , n'est-ce point là un calcul insensé? Je comprends le duel au moyen Age; c'était le jugement de Dieu; alors, Dieu combattait avec le juste contre l'injuste, avec le bon contre le méchant; on en avait la ferme conviction. Aujourd'hui que le tribunal de Dieu est clos pour ces sortes d'affaires, pourquoi nos tribunaux ordinaires ne suffiraient-ils pas à les régler? Pourquoi s'en remettre au hasard de l'épée ou du pistolet, souvent plus favorable à l'habileté qu'au * bon droit? Un arrêt est toujours moins dangereux qu'une balle de plomb , et d'ailleurs on en peut appeler.

« Mais il est des offenses qu'on doit craindre d'ébruiter, nous dit-on; dame Justice, même à huis clos, incline quelque peu au bavardage, comme ses honorables interprètes, messieurs les avocats. »

Ahl que voilà une bonne raison qui me touche peu! Quoi ! vous vous souffletez publiquement, vous choisissez quatre témoins, qu'il faut d'abord mettre au courant du fait; vos quatre témoins ont des amis intimes qu'ils ne manquent pas de consulter sur la gravité du cas; il y a des pourparlers, des explications, puis le tapage des armes à feu; après quoi, les journaux et même les tribunaux se mêlent de votre affaire secrète, quand déjà il y a mort d'homme ou quelque membre fracturé. Le beau résultat I Je le répète donc, de toutes les folies d'ici-bas, le duel est aujourd'hui la plus illogique et la plus stupide; eh bien, k Heidelberg, je me suis presque réconcilié avec le duel.

Les étudiants de cette ville, fort susceptibles sur tout ce qui touche au point d'honneur, à la suite d'une querelle , d'un démenti, d'une rivalité d'amour, endossent tout d'abord leur habit de combat. Cet habit de combat rappelle assez bien l'armure des anciens chevaliers, sauf qu'au lieu de fer on y emploie la laine, la carde, la bourre et la filasse; on les plastronne, on les capitonne du haut en bas; on leur met des braçsards et des cuissards d'étoupe, du coton dans les oreilles, et par-dessus les oreilles , ne laissant à découvert qu'une petite partie de la joue gauche ou de la joue droite, à leur choix. Ainsi caparaçonnés.

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