‹ Le chemin des écoliersChapitre 3 sur 259 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

SouT<H)ir da boit d*

— Une maison qui * changA ds proprléUin. — Chusd du ParadU

- L'huile de sureiu. — Le Trou-Vassou, — La malMU diaparue.

Autrefois, Belleville, joyeux village de quelques mille Ames, perché sur sa hauteur, en regardant autour de lui, voyait d'un cdté Paris se dérouler comme un immense panorama ; de l'autre, les Préa-Saint-Gervais et les bois dé Romainville l'encadraient dans la verdure. J'ai passé à Belleville mon enfance et une partie de ma jeunesse, et c'est à l'intention d'y récolter de précieux souvenirs que je l'avais inscrit en tête de mon itinéraire. Je me rappelais ses beaux Jardins, ses élégantes maisons de campagne, ses mes bordées de lilas, sa petite égUse-modeste, placée presque en face de VJle ttAmour, guinguette célèbre, où, le soir, au bruit des orchestres de danse, les arbres s'illuminaient de verres de couleur.

AMJourd'hui le village, à la tête de ses cinquante-cinq mille habitants, se dispose h faire son entrée dans la grande en-

ceinte parisienne; les populations ouvrières des faubourgs, qui, auxjours de fête, comme une marée montante, l'envahissaient autrefois , s'y sont fixées ; les lilas ont fait place à des

murs, les maisons de campagne à des usines; Vite d'Amour est une mairie, et la petite église une cathédrale.

Non sans peine je pus retrouver la maison construite par mon père, et que j'avais possédée après lui, tant de nombreuses voisines étaient venues s'entasser autour d'elle. Combien l'aspect en était changé! La grande grille, surmontée du chifTre de l'ancien propriétaire, avait disparu. Une horrible et maigre bâtisse, presque neuve, déjà décrépite , s'élevait insolemment aux dépens de la cour, masquant tout ce que j'étais venu chercher.

Je pris mon parti. Au risque d'être indiscret, je sonnai à la petite porte, maintenant l'unique entrée extérieure de l'habitation. Les aboiements d'un chien répondant seuls à mon appel , je tournai le bouton , j'entrai.

Rien ne bougeait dans la maison; le chien, après m' avoir salué d'un nouveau jappement, ayant regagné sa niche, je pus, tristement, à mon aise, prendre note des changements subis par elle depuis tantôt vingt-cinq ans que je ne l'avais revue.

Noircie et lézardée, elle me fit l'efTet d'un catafalque. Ce

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