‹ Le chemin des étoilesChapitre 13 sur 104 · FIGURINES DE CIRE · texte numérisé non relu

FIGURINES DE CIRE

Aux vivantes chaleurs de ton souffle amollie, La cire, sous tes doigts fermes et gracieux, De ton rêve revêt le tour capricieux.

Et, docile, à ton gré s'amasse ou se replie.

Héléna, Formosa, la cohorte pâlie Des amantes d'antan, habitantes des cieux, Sous ton travail léger reprennent, pour nos yeux, Leur beauté, d'un reflet de la tienne embellie.

Et ce peu de ton unie en leur forme enfermé Me suffit pour que, dans leur spectre inanimé, Ta propre image soit sans cesse retracée.

C'est qu'autrefois les dieux ont, sous ton doigt vainqueur. Au lieu de cire, mis l'argile de mon cœur Qui ne bat plus qu'au gré divin de ta pensée !

TENDRESSES P i: R D U E S.

LOIMALNS VOYAGES

Ah I ne me parle plus des longues traversées Où ton Rêve poursuit un idéal lointain, Ni des pays obscurs au mirage incertain Oii s'abat, en passant, le vol de tes pensées.

Mes chimères n'ont plus que des ailes blessées Qu'ensanglanta la flèche ardente du Matin, Et la route est trop rude où le cruel Destin Traînerait, sur tes pas, leurs audaces lassées.

Que m'importe un printemps éternellement vert ! J'aime ce triste ciel sous lequel j'ai souffert, Qui vit couler mon sang sur la Terre lleurie,

Où, pour moi, s'éclaira ton front cher et vainqueur. Je laisserais ici la moitié de mon cœur : N'emporte pas au loin mes Dieux et ma Patrie !

AI H(»RK

Le Jour souffle dans l'air son haleine de brume Pour chasser de l'azur les astres révolus, Et, tlot d"arjj;ent poussé par d'invisibles Ikix, Lèche les bords du ciel et les franges d'écume.

Puis, en gerbes d'or clair, comme un fer sur l'enclume, De l'ombre déchirant les [dis irrésolus. Il jaillit, ranimant tout ce qui n'était plus, Du liane ensanglanté de la terre qui fume.

Blancheur d'aube aux contins de l'ombre grandissant. Vague de lis qu'un souffle apporte en la berçant, La splendeur de Ion front dans mon ciel est montée.

Aurore dispersant dans l'air son feu vainqueur, L'éclat de ton regard m'atteignit, et mon cœur Saigne encore à la place où la flèche est restée!

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