A LAURENT TAILHADE
Le Temps vient, mon Laurent, dont la main nous outrage Blanchissant nos cheveux et ridant notre front. Nos meilleurs jours sont morts et les pires suivront Qui nous feront ployer comme un souffle d'orage.
Sans rien craindre du Temps, des Jours et de leur âge.
Les poètes altiers en conjurent l'affront.
Tant que, sur les sommets, les lauriers verdiront,
D'aimer et de chanter ils auront le courage !
Nous sommes de ceux-là dont le cœur n'est tenté
Que par l'âpre désir de l'immortalité ;
Qui, — plus haut que la vie, — ont mis leur destinée.
Ami, je t"ai montré, le premier, le chemin. Marchons-y côte à côte et la main dans la main, De nos rêves en. fleurs la tète couronnée.
SS l-A CHANSON DES JOURS.