‹ Le chemin des étoilesChapitre 80 sur 104 · MÉLANCOLIE · texte numérisé non relu

MÉLANCOLIE

De l'or vivant des blés la plaine Achète enfin de se couvrir, Et le vent souffle à large haleine Les parfums dont la Terre est pleine.

— Pourquoi suis-je triste à mourir ?

Les chants d'oiseaux et les bruits d'ailes Sous les branches semblent courir Et, dans l'azur des cieux fidèles.

On voit encor des hirondelles...

— Pourquoi suis^je triste à mourir ?

168 MUSIQUES d'amour.

Pris tous deux aux mêmes folies D'aimer sans on vouloir guérir, 0 sœur de mes mélancolies, Je ne crains pas que tu m'oublies...

— Pourtant je suis triste à mourir,

Ceux qui nont vécu que d'aimer N'ont regret que du temps des roses, Sentant que sur leurs fronts moroses Les paradis vont se fermer.

Du printemps l'éternelle fêle, Impuissante à les rajeunir, Dans les cieux clairs peut revenir...

— La moisson de leur cœur est faite.

MUSIQUES d'amour. 169

Dans l'or des é{)is répandus Que dorait le soleil superbe, Le souvenir cherche la gerbe Eparse des bonheurs perdus.

Pour voir mes peines consolées, ïoi qui me tends encor la main, Par pitié, dis-moi le chemin Qu'ont pris mes amours envolées !

170 MUSIQUES d'aMOUU.

SI vous NE RÊVEZ PAS

Si vous ne rêvez pas une blancheur plus blanche Que la neige vivante au cœur tremblant du lis, Où le Ilot d'argent clair qu'au fond des cieux palis Le Malin roule avec des frissons d'avalanche;

Si vous ne rêvez pas un charme plus charmant Que l'Aube s'éveillant dans la chanson des choses, Où le rire pourpré qu'à la bouche des roses Le Printemps fait monter comme un enchantement ;

MUSIQUES d'amour. 171

Si vous ne rêvez pas une Beauté plus belle Que les cieux constellés dans la gloire des nuits, Ou la mer triomphante aux tragiques ennuis, Ne connaissez jamais celle qui m'est rebelle !

172 MUSIQUES d'amour.

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