‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 49 sur 62 · COURSES DE TOUTE ESPECE · texte numérisé non relu

COURSES DE TOUTE ESPECE

SecHon i"*. — Choix du sang pour en tirer race.

251, — L'incertitude des résultats à tirer des systèmes de production pour le turf, les mieux combinés, est proverbiala parmi tous ceux qui suivent cette occupation. Il n'en est pa« moins vrai qu'il doit exister des lois qui règlent cette opératioa de la nature tout comme les autres. Bien qu'il soit difficile de poser ces règles avec certitude, cependant on devrait faire un essai qui permît de reconstruire l'avenir avec des matériaux solides. Il y a des difficultés qui d'abord nous arrêtent court et qui ensuite s'expliquent beaucoup plus facilement qu'on ne l'aurait supposé au premier coup d'œÛ. Ainsi, par exemple, l'on dit que, quand une jument donne un bon poulain et se trouve saillie de nouveau par le même étalon, le second produit esH souvent aussi misérable que le premier était supérieur, et que par conséquent, pour les éleveurs, deux et deux ne font pas toujours quatre. Maintenant il n'y a pas de doute que cela ne soit vrai, mais il est essentiel de ne pas oublier que la santé est un élément qui influe en bien ou en mal sur chaque animal, et que si le second produit n'a pas le même degré de vigueur animale, résultat d'une pleine santé, il ne peut accomplir les exploits qui sont l'épreuve de la bonté. Mais en prenant l'autre côté de la question, il est extraordinaire que, dans quelques cas, il y ait eu une série de succès résultant de l'union des mêmes parents. Ainsi dans l'exemple de Whalebone et Whisker il y a eu six chevaux ou juments très extraordinaires résultant de l'union de Waxy avec Pénélope, et d'un autre côté une série d'insuccès, quand elle a été saillie par d'aussi bons chevaux que Walton, Rubens et Election. Castrel, Sehm et Rubens sont aussi d'ime même mère et tous fils de Buzzard, et cependant elle fat saillie sans le moindre bon produit par Calomel, Quiz, Sorcerer et Election. Il y a encore des cas où un cheval produit de bons coureurs avec toute sorte de mères, et nous trouvons ainsi plus récemment Touchstone, petit-fils de Whalebone, qui a encore, s'il ebt possible, surpassé la renommée de son çtand'père et 9,

Lfi CHBTAL ANGLAIS. 269

Itoduît-une série de vainqueurs des plus extraordînaîres, maïs i fiiut se le rappeler, avec une infusion du sang des trois frères ne nous avons cités plus haut, puisque Selim était son baïeul maternel. Barbelle, mère de Vantromp et de Flying ►ûtchmam, présente un cas semblable, ainsi que Fortress, mère ie Old England et Pyrrhus P'. :

i Un autre exemple remarquable peut se présenter dans les N)is sœurs, filles de Whiskey et de Young Giantess, savoir : fl'essida, Eleanor et Julia, laquelle aussi a produit Priam, Muij et Phantom par des pères différents. Nous pourrions pous- & très-loin une liste d'exemples pareils, bien qu'elle ne pût Ire toujours remplie par des noms aussi illustres que les pré- Idents, mais ils suffiraient pour indiquer que le sang victofeux coule dans les veines de plusieurs familles et que par con- ISquent les succès ne sont pas uniquement dus au hasard. Par feemple Ton a trouvé que Tunion du sang de Touchstone avec Ifclui de Selim ou Pantaloon a uniformément réussi (ou ren^ hntré^ comme Ton dit), et cet exemple est si remarquable, que !bn est conduit à examiner de près leurs généalogies à tous les Ifcis, et il s'en suit que le premier contient tout d'abord un huilème de Selim, et qu'en lui faisant saillir une descendante de te cheval ou de son frère Castrél, père de Pantaloon, Ton ne fait |be réunir des fractions séparées qui découlent de la même llmrce. Voilà un faitqm va devenir la base d'un argument et, I on peut l'appuyer d'autres faits semblables, il sera prouvé |ae les alliances en dedans poussées à un certain degré ne sont fcas préjudiciables, et bien plus encore, elles présentent probablement l'avantage. En même temps on ne peut contester que fe sang de Waxy et celui de Buzzard n'aient presque toujours rencontré dans sa première union, comme on le voit dans le paragraphe 257 et ailleurs. Après un premier succès on le voit rencontrer dans les alliances suivantes avec encore plus d'avantage; la seule question qui reste à résoudre, c'est jusqu'à quel point l'on peut continuer sans préjudice ces unions en dedans.Maintenant, en revenant aux descendants de Whiskey, qui éftdt un petit fils d'Eclipsé, nous les trouvons rencontrant avec k sang d'Orville et produisant Emili us et Muley. Ils rencontrent «ne seconde fois et donnent Priam pour produit, puisqu'il sort d*une fille de Whiskey. Liverpool, père de Lanercost, était aussi un petit-fils de Whiskey du côté de sa mère, et son père Tramp descendait d'Eclipsé, juste au même degré. Mais ce n'est

870 LB CHBVAL AWftLAIS*

?[ue par des recherches approfondies, observant combien ^ ûiâ ces faits se renouvelleront dans un nombre de cas don]ié%j que l'on peut tirer une conclusion. Nous avons cité une sénii de cai de ce genre dans le chapitre consacré aux avantages d4l unims en dedans. Toutefois, il est maintenant admis, et le bai sens le suggère, que quand une série de vainqueurs se remat^ quent dans un courant de sang, Ton peut s'attendre à en voit paraître d'autres. On a donc pris pour règle de choisir pour 11 production, des chevaux appartenant à des familles victorieuff ses dans la branche particulière du sport que Ton veut cultiy^ Ainsi, si Von veut un cheval de course vite, Téleveur doil choisir un sang qui ait donné des vainqueurs du Derby, dtfi Oaks et du Saint-Léger, ou, s'il est possible,des chevaux qui ai^ triomphé dans ces trois occasions. Si on a l'ambition de produiit un cheval de steeple-chase, alors naturellement l'éleveur cher* chera les pères et mères d'animaux comme Lottery, Gayladf Brunette, etc., et à leur aide ou avec celle de leurs proclwi parents, il trouvera ses étalons et ses poulinières. Pour Télèvt des hunters, il suit des mêmes principes, qu'il faut avoir re« cours aux étalons qui ont eu de bons produits de -cette class% réunissant les qualités indispensables de la force, l'adresse, !• bon caractère, une bonne constitution et aussi la faculté di porter du poids. Les trotteurs doivent ausâ servir-à la produch tion des chevaux de trot; car personne n'espérera tirer \xà produit capable de faire ses 14 milles à l'heure à cette allure, avec des parents qui n'en trottent pas plus de 8 à tout leur développement. Quant à moi, j'ai eu une jument par Monardi et Gadabout qui trottnit aussi bien que possible, vite et parfiû* tement réguhèrement. J'ai vu quelques autres chevaux de pur sang presque aussi bons, mais ce sont des exceptions à la règle, et encore je crois qu'il n'existe pas de cas de victoire remportée par im cheval pur sang, sur un véritable trotteur d'hippodrome. En conséquence, dans tous les cas, l'éleveur doit se fixer sur ce qu'il veut produire, et puis choisir ses étalons et aes poulinières dans les familles célèbres pour les qualités qu'il recherche* Si par- dessus le marché il peut avoir les vainqueur» eux-mêmes, cela n'en sera que mieux, toutefois nous verrom plus tard que la famille a plus d'importance que les succès individuels.

LB CHSVAL ANGLAIS. S71

Section ÎT. — ]\iode d'élevage le plus avantageux.

252. Dans bien de cas réleveur entreprend sa tâche par amu^' lement et par goût pour le sport, sans songer au bénéfice^ tnak le plus souvent il aura le désir de faire une bonne spéculation tout en obtenant sur le turf d'honorables distinctions. Mais^ %uand on songe que les trois quarts des animaux élevés en vua ées courses, n'y peuvent servir, et qu'à trois ans les poulains •u pouliches reviennent à beaucoup plus de 100 livres, il devient intéressant de savoir utiliser pour d'autres usages les rebuts de l'écurie de course. Voici une solution. Il y a des races de chevaux de première qualité sur le turf et aussi à la chasse au renard. Ainsi, tous les descendants de Waxy et de sa famille, à l'exception de Touchstone; savoir: sir Hercules, Defence, The Cobnel,TheSaddler,Economi0t, Harkaway, Safegard, Memnon ont été extraordinaires à ce point de vue ; et si je cherchais dea poulinières dans un but général, je voudrais les prendre filles de l'un de ces chevaux* Lottery et son fils Sheet Anchor sont encore remarquables dans ce genre; mais comme leur famille n'a pas eu des succès aussi généraux, on ne peut pas se fier à eux au même degré. Les branches de Cornus, ReveUer et Humphrey CUnker ont été fort recherchées par le même motif, ayant donné beaucoup de hunters de premier ordre et aussi une race de bons coureurs, comme on le voit dans le cas de Melbourne . Partisan et son fils Venison, qui descendent de Highflyer et Parasol (grand'mère de Whalebone), sont aussi de bons produc^ teurs de chevaux de chaque catégorie. L'on peut y ajouter lamael et Batcatcher en leur qualité de descendants de Selim. Ils ont été utiles pour la production des hunters, mais sans égaler en ce genre ceux que nous venons de mentionner plus haut. D'un autre côté, il y a des courants de sang qui réusassent sur le turf et qui n'ont jamais, ou }>resque jamais, fourni un hunter ou un cheval pour le steeple-chase. Touchstone déjà cité, son frère Lancelot, Priam, Plenipotentiary, Vélocipède, Pantaloon, Bay Middleton, Beiram, Phantom, etc. etc.^ et quoique ce sang puisse convenir à l'éleveur dans un sens, il n'est pas fait pour celui qui veut avoir deux cordes à son arc.

Je conclus, dans mon humble opinion, que l'on peut former un haras qui produira quelques poulains ou pouliches capables de bien figurer sur l'hippodrome, tandis que ceux qui ne seront pas chevaux de course^ seront probablement des hunters d'une

mu LB CHBYAL ANGLAIS.

classe très distinguée. Avec ce système Ton gagnera beaucoi^j plus de prix à la loterie, et cet expédient sera beaucoup pM profitable que le système exclusif. Tant que les hunters de pufi! sang seront à la mode et atteindront de si haul prix, on troih vera qu'il est bien plus avantageux de vendre ses chevaux d» course réfonnés, au prix des hunters, que pour les tristes sommes qu'on en donne pour leur faire continuer la carrière de THipodrome. Dans les fermes d'élèves, il y a tant de risques el d'accidents qu'un grand nombre de poulains mourront ou se détérioreront, et les non valeurs se trouveront fréquentes; il devient donc très nécessaire de tirer parti de tous le matériaux qui peuvent contribuer à couvrir les frais de l'établisse^ ment. Si donc, au heu de vendre les chevaux de trois ans réformés, on les lâche de nouveau dans la prairie pour les laisser grandir et grossir, jusqu'à cinq ans, alors on peut leur faire un second dressage pour obtenir des hunters ; ou bien, sans avoir aucuns risques et embarras, on les vend à des dresseurs, et l'on trouvera des prix de 150 ou 200 Hvres par cheval, et, daitf quelques cas, beaucoup plus.

Section III. — Choix de la poulinière.

253. Dans le choix de la pouUnière il y a quatre choses i considérer, d'abord son sang, secondement sa conformation, troisièmement son état de santé, quatrièmement son caractère.

254. Le sang ou la généalogie doit dépendre principalement des vues de l'éleveur, d'après l'espèce de poulains qu'il veut obtenir, d'après le principe que le semblable engendre le sevnr blabley tout en tenant compte des diverses considérations auxquelles on a fait allusion dans le chapitre précédent et aussi en partie dans celui-ci et les suivants.

255. En forme, la jument doit être étabUe de façon à pouvoir porter et bien nourrir son produit ; elle doit donc être, comme l'on dit, spacieuse. Il y a une conformation des hanches qui est particuhèrement impropre à la reproduction, et cependant souvent recherchée avec soin, parce qu'on la regarde comme élégante, c'est la hanche droite et unie, qui comporte vme queue attachée très haut et la pointe de l'ilion se trouve presqu'à la même hauteur que celle de llschion.

L'on voit une conformation tout-à-fait différente dans le squelette donné ci- contre, c'est celui d'une poulinière de pur sang bien établie pour la reproduction, quoique d'ailleurs ufl

LE CHBTAt ANOLAÎd. Ô73

peu trop légère. En examinant son bassin Ton verra que Tes de la hanche forme un angle considérable avec le sacrum, et que, par conséquent, il y a bien de l'espace, nou seulement pour porter le poulain, mais pour lui donner passage en venant au monde. Ce sont deux points importants, le premier de toute évidence, le second ne Test pas moins si on y reflchit, car si le poulain est endommagé au moment de sa naissance, soit par nécessité, soit par suite d'ignorance ou de paresse, souvent Une pourrarecouvrersesmoyensetsera abîmé pour toujours. Lepelvis doit donc être large et profond ; il est à désirer aussi que la distance de la hanche à l'épaule soit un peu plus grande que la moyenne pour donner plus d'espace au produit. Il faut aussi une bonne profondeur dans les dernièrescôtes afin qu'elles supportent bien ce surcroît de longueur. Ceci donne à toute la charpente du tronc, un développement plus grand qu'on ne le désire ordinairement pour un cheval de course, chez lesquels on craint vite trop de dessus. C'est pour cela que des bêtes qui avaient bien couru se sont trouvées mauvaises poulinières, et que beaucoup qui avaient couru sans succès ont été mères de bons chevaux de course. En outre de cette charpente spacieuse qui doit être la coque du poulain, il n'y a plus à demander à la jument qu'une conformation adaptée au but que l'on se propose ; si elle ne la possède pas elle-même, il faut qu'elle appartienne à une femiUe pourvue de cet avantage selon le 13® axiome posé dans le chapitre précédent. Si l'on peut trouver une jument qui réunisse toutes les qualités désirables, elle a d'autant plus de chances pour produire un bon cheval de course, mais si eUe ne les a pas toutes, il faut au moins qu'elle en réunisse quelquesunes à une charpente convenable, sans quoi il est difficile qu'elle accomplisse sa tâche. Si avec cette bonne conformation, elle appartient à une famille qui, en général, ait toutes les qualités du cheval de course, l'on peut compter sur elle avec un certain degré de certitude, bien qu'elle ne réunisse pas en ellemême toutes ces qualités. Ainsi,Jly a des belles juments bien spacieuses qui n'ont servi à rien sur l'hippodrome, à cause de quelque manque de moyens dans l'avant-main ou rarrièremain, ou un peu de faiblesse des reins relativement à letff loa-*^ gueur. Il ne faut pas mépriser ces animaux, s'ils appartienomt à une famille de bons coursiers, et plus d'une jument semblaM^ a été profitable à l'éleveur. L'on trouve d'un autre côté qiM quelques beaux animaux n'ont jamais donné de bons produits.

874 LS CHBYÂL AKiS^LAJB.

parce que c'étaient des cas exceptionels et que leurs familles étaient de presque tous les côtés sans vitesse sur rhippodrome. jamais jument ne parut moins propre à donner de forts coureurB que Pocahontas, mais comme elle était* d'une famille qui compte Selim, Bacchante, Tramp, Web, OrviUe, Eleanor et Marmion parmi ses huit ascendants au troisième degré, Ton ne peut guère s'étonner qu'elle ait répondu aux saillies par The Baron, en produisant Stockwell et Rataplan.

256. — Quand à la santé j la poulinière devrait approcher de la perfection autant que son état artificiel peut le permettre. Dans tous les cas, c'est le point le plus important, et il faut examiner en détail chaque poulinière pour découvrir quels écarts de l'état de nature ont produits les travaux particuliers de l'animal, et quels sont ceux dont elle a hérité de ses ancêtres* A part les suites d'accidents, toute déviation de l'état de santé delà jument peut-être considérée comme lui ayant été plus ou moins transmise. En effet, dans une constitution tout à fait so- Ude, aucun régime ordinaire, tel que l'entraînement, par exemple, ne causera de maladies, et ce n'est qu'une prédisposition héréditaire qui peut expliquer leur apparition sous ce régime. Cependant, il y a des degrés positife, comparatife et superlatifs dans les tares, qui peuvent faire rejeter la poulinière et qui doivent guider le jugement à cet égard. Tous défauts accidentels comme genoux couronnés, hanches disloquées ou même boiterie peuvent être tolérés. Cependant le dernier cas ne doit l'être que quand lajument provient d'une famille connue pour supporter la fatigue sans montrer cette faiblesse de muscles et de ligaments. Les éparvins, les formes, les suros saiUants^ enfin tous les exostoses, sont des défauts fondamentaux et ne manqueraient pas de se perpétuer plus ou moins. Les courbes sont héréditaires et doivent s'éviter. Il faut remarquer que beaucoup de chevaux, dont les jarrets forment une grande courbure à la jonction de l'os calcis avec l'astragale, ne sont pas pour cela sujets à la courbe ; c'est la nature défectueuse des ligaments en cet endroit et non les jonctions angulaires qui produit les courbes. L'éleveur doit donc bien approfondir la question avant d'accepter ou rejeter une poulinière dont les j arrête sont suspects. Les mauvais pieds, qu'ils soient contractés, trop plats ou trop minces à la sole, doivent s'éviter, mais^ quand ik proviennent évidemment d'un ferrage défectueux^ l'on. peut passer outre. Voilà les principales tares des membres à étiter

hB CHBYAL KTS^hàJB. 275

avec circonspection ; les qualités à rechercher sont celled qui servent aux chevaux à supporter Tébranlement de la course; Les genoux creux sont généralement un grand défaut pour un cheval de course et se transmettent fréquemment, il en est de même de la forme opposée ; mais elle n'est pas à beaucoup près aussi désavantageuse. Telles sont les considérations générales relatives à la solidité des membres. L Intégrité de la respiration n'est pas moins importante. Les juments poussives produisent rarement, et cette raison suffirait pour les faire rejeter, mais d'ailleurs personne ne voudrait risquer de voir reparaître cette maladie dans le produit, lors même qu'il trouverait à faire féxîonder une pareille jument.

Le cornage est une question très controversée, et nos principales autorités vétérinaires ne sont pas d'accord sur la théorie pas plus que nos éleveurs sur la pratique à Tégard de cette maladie. Tous les ans elle devient plus fréquente et plus grave, et le danger de sa transmission est trop grand pour que personne veuille essayer volontairement de consacrer à la reproduction une bête qui corne. Autant que j'ai pu le vérifier, c'est un mal plutôt héréditaire par la jument que par l'étalon, et lors même qu'on m^offrirait une bête comme Virago pour rien, \e ne serai» pas tenté d'en faire une poulinière. Le cornage se produit dans des conditions si différentes, qu'il ast difficile de se faire une opinion applicable à tous les cas en général. Dans quelques occasions, quand il provient de gourmes négligées ou d'une simple inflammation du larynx, résultat du froid, ilne se transmettra probablement pas ; mais, quand c'est le vrai cornage idiopathique, qui semble produit par une maladie des fibres du larynx, il y a dix contre un que les descendants souffriront de la même maladie. Lacécité; d'un autre côté, peut être héréditaire ou non ; mais, dans tous les cas, il faut s'en méfier tout autant que du cornage. La cataracte simple sans inflammation est certainement courante dans certaines familles, et quand un cheval ou une jument en sont affectés sans autre dérangement dans l'œil, il faut les rejeter avec soin. Quand la cécité est le résultat d'une inflammation violente provenant aoit de mauvais traitement, soit de grippe ou autre cause sem* blable, l'œil lui-même est plus ou moins désorganisé, et bien que ce soit un mauvais signe indiquant une faiblesse dans l'or* gane, c'est moins grave que la cataracte régulière. Telles sont les principales tares et maladies de la jument, on peut y ajou-

276 lE CîtÊYKt kmtkïÈ.

ter la faiblesse générale de constitution, qui ne peut se deviner que par la quantité de chair qu'elle conserve dans Tallaitement, ou quand elle n'est pas parfaitement nourrie et soignée, ou par Texamen à Tœil et à la main, quand on en a l'habitude. Les muscles fermes et pleins, l'œil vif et brillant, la robe de bonne apparence en toute saison (quelque bourru que soit le poil d'hiver), annoncent la solidité de constitution à rechercher, maïs souvent cela se rencontre avec des membres et des pieds infirmes. En vérité, il semble que les animaux qui ont les plus beaux dessus, se trouvent avoir aussi les plu^î mauvaises jambes, les plus mauvais pieds, en raison du poids que les membres ont eu à supporter, chez eux et chez leurs ancêtres. Le tic à la mangeoire est souvent une mauvaise habitude contractée dans l'oisiveté, comme aussi le tic en l'air; mais, si ce n'est pas le résultat de mauvaises digestions, souvent cela y mène et souvent aussi le produit contracte le même défaut. Il est vrai qu'on peut l'empêcher au moyen d'une courroie ; mais ce n'est pas une disposition estimée, dans la jument, quoique ce soit moins grave que les maux signalés plus haut, à moins pourtant qu'il n'en résulte une perte de santé indiquée par la maigreur ou l'état de la robe.

257. — En dernier lieu, le caractère est d'une extrême importance; je n'entends point par là cette douceur dans le pré, qui permet à toute la famille del'éleveur de caresser la jument, mais un caractère qui seconde les intentions du cavalier et réponde aux stimulante de la voix, du fouet et de l'éperon. Une bête lâche ou malicieuse ne doit jamais devenir mère de famille, et si elle appartient à une race connue pour se refusera l'appel du cavalier, qu'on la consacre à toute autre tâche que la reproduction. Il ne faut pas non plus faire une poulinière d'une jument qui s'est montrée trop irritable pendant l'entraînement, à moins qu'elle n'ait présenté un cas exceptionnel; mais, si elle appartient à une famille irritable, elle sera encore moins utile que si elle cornait ou se trouvait aveugle. Ce sont là des défauts apparents dans le poulain et la pouliche ; mais l'irritabilité qui naît de l'entraînement, fait perdre les sommes considérables avancées sur la foi d'épreuves particulières tout à fait démenties en public par suite de ce vice du système nerveux.

LE CHBVÀL AKGLAZâ. 277

Section IF. — Choix de V étalon.

258. — Comme la poulinière, Tétalon doit avoir plusieurs qualités essentielles, à commencer tout comme pour elle : premièrement par le sang ; 2^ sa forme individuelle ; 3® sa santé ; 4° son caractère. Mais dans le choix de Tétalon il y a encore une difficulté, c'est que, non-seulement il doit être convmiàbto^ par lui-même, mais il doit s'adapter en particulier à Is^ nature individuelle de la jument qu'il doit servir. Il s'en suit évidemment plus de difficulté pour le choix que pour celui de la poulinière, puisqu'en laissant de côté toute autre considération que celle du sang, une jument n'a besoin que d'appaa1«nir à une bonne famille de chevaux de course, tandis que pour un père, non seulement il faut cette condition, mais convenance de sang, aptitude à rencontrer avec, celui de la jument. Pour bien traiter ce sujet, il faut que l'éleveur porte ses investigai> tions sur toutes les théories relatives à la génération. Il doit se décider sur la question de l'opportunité del'aUiance en dedans, et s'il vient à adopter ce système, il faut qu'il reconnaisse s'il convient au cas particulier dont il s'occupe. Le plupart des hommes se décident à cet égard et appliquent leurs théories eh grande partie d'après la mode régnante. L'écueil sur lequel la plupart se brisent, c'est une faveur superstitieuse pour tel cheval en particulier ; ainsi l'un envoie toutes ses juments à Orlando, d'autres à Surplice ou à Flying Dutchman, bien qu'elles soient de sang et de formes différentes. Or, cela ne peut être judicieux, si l'on admet quelques principes de production, et quelque bon que soit un cheval,, il ne peut convenir à toutes les juments. D'autres encore vous disent que tous les étalons peuvent réussir, et que c'est en tout une loterie ; mais je crois pouvoir démontrer qu'il faut im peu de science à l'éleveur pour le mettre à même de gagner beaucoup de prix. Je suis convaincu que le système suivi dans ces derniers temps était mauvais, et qu'avec l'usage constant de croiser et de recroiser, on joue à peu près à la loterie ; mais qu'avec de bons principes et des soins attentifs, il y aurait probablement moins de non-valeurs qu'à présent. J'ai déjà donné mes vues théoriques à cet égard, et de nombreux exemples choisis de chaque côté de la question. Mon but sera maintenant d'appUquer ces considérations à la pratique en choisissant des exemples particuliers.

259, — Pour le çhmx à fairç du sang qui convient particu-^

:fe'.lllM

hE CHBVAL AKOLÂI0. 9Y0

Craven admet comme démontré un fait qui se trouve Têtre dans un sens tout à fait opposé.

260. — Le choix d*un étalon en partictilier diaprés la conformation^ n'est pas moins difficile que celui de la jument, et doit être la contre-épreuve de ce que Ton désire dans le produit, bien qu'il puisse être quelquefois nécessaire de prendre un ani • mal qui exagère un peu la particularité que Ton recherche, surtout quand elle ne constitue pas une inégalité d'avant-main et d'arrière-main. Ainsi, si la jument est très haute sur jambes, l'on peut choisir un cheval plus près de terre qu'à l'ordinaire ; gi son cou est trop court ou trop long il faut lui donner un étalon inverse en ce sens. Mais dans tous les cas il est dangereux d'essayer de faire un changement trop soudain dans la taille, car cet effort produira généralement un poulain mal proportionné et par suite plus ou moins maladroit et décousu.

261 . — Pour la constitution et la santé générale, les mêmes remarques s!appliquent au cheval et à la jument. Il faut éviter autant que possible toutes les tares héréditaires, bien que Ton trouve bien peu de chevaux entièrement nets, soit à cause des entraînements pénibles, ou pour d'autre motife. Quant à l'embonpoint, il y a un désir extraordinaire de trouver des chevaux absolument chargés de graisse, comme autrefois les bœufe gras à Noël. Il est parfaitement vrai que la présence d'une quantité de graisse modérée est un signe de bonne constitution, mais cette qualité, comme toutes les autres, peut être poussées à l'excès, de façon à produire une maladie. Outre l'hypertrophie du cœur et des parties osseuses, souvent il y a une surabondance de graisse obstruant les fonctions animales, et c'est une cause fréquente de mort prématurée. Cela provient en grande partie du manque d'exercice, mais aussi d'une nourriture trop stimulante. Aussi l'éleveur qui veut que son cheval dure, et produise de bons poulains, doit-il veiller à ce qu'il ait assez de promenade et pas d'excès de nourriture.

262. — Pour le caractère^ il n'y a rien à ajouter à ce que nous avons dit pour la jument, si ce n'est qu'il y a plus d'étalons méchants que de juments, en dehors des coui-ses ; cela résulte de l'état constant d'excitation contre nature dans lequel on les tient. Mais ce défaut est sans importance, puisqu'il n'empêche pas les produits de bien courir et n'est gênant que pour les soins à donner à l'écurie.

280 ' U CHEVAL âKOLÂiS.

SecHon V.-^Is meilleur âge pour la production.

263. — L'on suppose généralement que chacun des parents devrait être d'âge mur, et que, si tous les deux sont ou très* jeunes ou très-vieux, le produit sera faible ou décrépit. Un grand nombre de nos meilleurs chevaux proviennent de vieilles juments ou de vieux étalons. — Ainsi Priam fut mis bas par Cressida à vingt ans ; Crucifix par Octavia, à vingt-deux ans; Lottery et Brutandorf par Mandane, à vingt ans et à vingtdeux. Voltaire engendra Voltigeur à vingt-et-un ans ; Bay Middleton fut père d'Andover à dix-huit ans, et Touchstone procréa Newminster à dix-sept. D'un autre côté, beaucoup de jeunes étalons, et de juments ont bien réussi, et, dans des cas sans nombre, le premier produit d'une jument a été son meilleur. Dans les temps antérieurs, Mark Anthony et Conductor étaient les premiers produits de leurs mères ; plus récemment, Shuttle Pope, Filho da Puta, Sultan, Pericles, Oiseau, Doctor Syntax, Manfred et Pantaloon ont tous été des premiers-nés. Ce sont pourtant des exceptions, et la majeure partie des chevaux supérieurs sont produits plus tard dans la série. La plus jeune mère dont j'aie entendu parler, c'est Monstruosity, né« en 1838, qui à trois ans produisit Ugly Buck, ayant été saillie à deux anspar Venison. Sa mère l'avait produit à quatre ans, et Venison lui-même était un tout jeune étalon, n'ayant que sept ans lorsqu'il produisit Ugly Buck. Ce cheval a donc été sur tous les points un exemple remarquable d'élevage au moyen de jeunes parents. Comme dans presque tous les cas de ce genre, il ne remplit pas les promesses de sa jeunesse et se montra supérieur à deux ans et au commencement de sa troisième année, à ce qu'il fut dans sa majorité. Cela arrive souvent, et je crois que c'est ime règle assez générale pour la production de tous les animaux, chevaux, chiens ou bestiaux. Dans l'élève des chevaux, la pratique ordinaire est de mettre les jeunes étalon^ avec les vieilles juments et de faire saillir les jeunes juments par les vieux étalons, et cela parait le meilleur système en consultant la théorie et la pratique.

Section FI. — Meilleur temps pour V élevage.

264. — Pour tout ce qui touche aux courses, il est important que le poulain naisse de bonne heure, parce que l'âge date

LE CHBYAi. ANGLAIS. 381

du l*"" janvier. Il faut donc mener la jument à V^talon en février, de &çon àla faire pouliner le plus tôt poipible après le l^** janvier. Mais, toutefois, comme il y a beaucoup de jumei^ts qui mettent bas un peu avant la fin du onzième mois, il est imprudent de les faire saillir avant le milieu de février. Pour plus de détail, voyez page 103, ou Ton traite des soins généraux à donner à la jument et au poulain.

Section VIL — FarUcularUé^ qm distinguent k$ différentes races

modernes.

265. • — n y a eu tant de croisements divers depuis l'époque de Herode, Eclipse et Matcbem, qu'il n'est plus possible de classer les races sous les noms de ces trois coursiers, et encore bien moins sous ceux de leurs célèbres ancêtres, les Arabes Godolphin et Darley et le Turc Byerley. Il y a cependant de nos jours des courants qui se sont faits remarquer sur le turf par des qualités particulières; ce sont les Waxy, les Orville, les Buzzard, tout à fait au premier rang, et puis les Blacklocks,

les Tramp, les Watton, les Haphazard et les Sorcerer au second rang. Il y a eu en outre des courants de sang célèbres dans leur temps> mais qui ne se sont pas continués jusqu'à nous sans avoir perdu leur réputation.

Nous ne considérons les chevaux que nous venons de citer plus haut que soue le rapport de la production.

266. — Waxy paraît en tête de liste, non-seulement pour avoir été de près ou de loin le producteur de plus de vainqueurs de grandes courses que deux autres pères à choisir parmi les étalons qui lui ont succédé. Certes, quand un cheval compte treize vainqueurs du Derby en cinquante ans dans sa progéniture mâle directe, sans compter onze vainqueurs pour les Oaks et treize pour le Saint-Léger, il faut reconnaître sans discussion la supériorité de son sang. Comme Orville, il est principalement composé du sang d'Éclipsé et de celui de Herod, avec une double infusion de Godolphin par Sportsmistress et Lisette. Ses descendants, comme ceux d'OmlIe, sont tous remarquables par leur courage et leur véritable allure de course ; mais ils n'ont généralement pas autant de charpente et de substance que les descendants de cet autre étalon. Whalebone et Wire, deux des produits extraordinaire que Waxy obtint de Pénélope, sont

282 LE ciiEVAi; anglais.

nommés d'une manière caractéristique (1) et donnent une idée exacte des qualités de presque toute sa race. Ils supportent une dose d'entraînement qui prouve leur bonne . constitution et se trouvent rarement surmenés; mais il faut avoir bien soin des membres de la plupart d'entre eux ; ils se trouvent rarement capables de supporter le travail excessif, nécessaire pour les réduire à un état qui leur permette de faire voir leur fonds extraordinaire. Ils courront tout le jour, et il n'y a pas pour eux de trop longue distance ; c'est à cet égard que Ton peut surtout leur accorder confiance, car il y en a de plus vîtes qu'eux pour un mille; mais quand il faut en parcourir deux, ils brillent par leur supériorité, qui croîtrait encore si les distantes étaient plus longues. C'est pour cela qu'ils ont souvent triomphé pour le Saint-Léger aprèa avoir échoué pour lé Derby; c'est ce qui est arrivé à The Colonel, Touchstone, Newminster, etc., et qu'ils ont eu plus de succès dans les distances de Derby, Oaks et Saint-Léger, que dans celle du prix de deux mille guinées. Comme chevaux de steeple-chase ik ont bien feit valoir leurs moyens, et, sous ce rapport, le succès de sir Hercules est très-remarquable. Son fils Discount était un Waxy dans toute sa personne^ avec un corps plein et musclé et une constitution de fer. Malheureusement ses membre» supportaient à peine un entraînement, même sous la direction d'un entrrfneur habile. Outre les descendants de Waxy que Ton trouve dans les branches femelles de nos meilleures , généalogies, l'on trouve dans la ligne mâle Whalebone et Whisker, fils de Pénélope, et Waxy Pope, fils de Prunella, mère de Pénélope. Les deux premiers ont réuni leur sang dans The Baron, Cotherstone et West Australian, tandis que le troisième a rendu de bons services comme étalon en Irlande. Bien plus, Stockwell, Rataplan et Andover ont aussi le sang des deux premiers, et en surplus celui de Web, leur sœur. Whalebone fut aussi père de Uamel, Waverley, Defence et sir Hercules, et ceux-ci sont représentés au moment actuel par Camel, fils de Touchstone, et par Orlando cum multis aliis ; Waverley par The Saddler et Don John; Defence par Safeguard, The Emperor (qui vient de mourir), Hero, Andover et Pyrrhus P' (surtout dans la ligne femelle) ; Sir Hercules (par Birdcatcher) et son frère Faugh a Ballagh; en outre, Robert de Gorham et Newcourt,et par

(1) Whalebone» barbe de baleine (fanon). Wire, fil de fer.

Lfi CH&VAL AKQLilS. $288

jfiirdc&toher, Chanticleei'» Wliisker est perpétué par The Colonel ,6t son fils Chatham, aussi bien que par plusieurs juments, et puis par Economist et» son fils Harkaway .

I 267. — Orville^ comme Waxy, fut un bon cheval de course et fUn bon étalon; il est remarquable par une combinaison de fforce et de vitesse supérieure à celle que donnent presque tous iDOB étalons fameux. Comme la plupart de ces animaux, il a été produit en dedans, relativement à Heçod, sa mère étant par liiighfiyer fils d'Herod, et son père fils d'une jument par He- , rod. De plus, son grand-père King Fergus venait d'une jument par Tartar père de Herod. Stdvant la loi que j*ai amplement éécrite. Von doit s'attendre que son sang produit en dedans d'un ^eheval comme Herod doit prévaloir, surtout quand les autres courants dérivent d'Eclipsé, Crabet Matchem. Il sera toujours célèbre comme ancêtre des chevaux que nous allons citer, et I même au temps où nous vivons, sort sang est fort recherché. iAvec Emily, qui était aussi pleine du sang de Herod et ^Eclipse, il eut Emilius, cheval aussi célèbre que son père. I Par Ëleanor, Théroïne du Derby et des Oaks, il eut Muley , maintenant représenté par Drayt.on. La généalogie de cette jument était assez semblable à celle d'Emily , et toutes les deux ^ avaient le sang de Whiskey. Une autre fois, par miss Sophia, descendant aussi de Herod et d'Eclipsé, il eut Master Henry, renommé dans son temps comme coureur et comme père, el maintenant représenté principalement par Touchstone. Par Bizarre, sœur de Fineesey pleine aussi du sang de Herod et d'Eclipsé (voir table, 73), il eut Bizarre, qui toutefois n'ajouta pas beaucoup k la gloire de son père. Enfin, par Marianne, fille de Mufti, il eutOctavius, vainqueur du Derby, mais sans autre célébrité. Emilius était un cheval magnifique avec une charpente et' une substance à porter 14 stones. Il fut père de Priam, Plenipotentiary, Recovery, Pompey, Euclid, California, Theon, Pienary, Oxigen et Duvemay, outre plusieurs autres ; mais la plupart de ceux-là ont bien fait dans les haras, et quelquesuns ont été des coureurs extraordinaires aussi bien que des pro^ ducteurs, comme par exemple Priam, Plenipotentiary, Pompey et Becovery. Le succès de Priam est remarquable relativement au petit nombre de juments qu'il a couvertes chez nous >mais eu tout état de cause ce n'est pas une petite gloire que d'être père de Crucifix, de ses fils Surplice et Cowl, de miss Letty, ludttstry, Wettthergage> Cossack et The Hero« Tous ces che*^

vaux se sont distingués par leur bonne manière de courir, et leur sang profite toujours dans rentraînement, ce qui est un avantage très-important. Les descendants d'Ëmilius, pleins du sang d'Eclipsé par la ligne mâle et aussi par miss Hervey, Waxy, Wixen et Saltram sont particulièrement forts et honnêtes.

268. — Buzzard diffère de Waxy et d'OrviUe dans le caractère de la progéniture^ qui est plutôt établie pour le mille de Rowley que poiu» les distances plus longues courues à Ëpsom et à Doncaster. Cependant, eu égard à leur vitesse énorme, ils sont admirablement résistants, mais aucun cheval ne peut vivre à Tallure foudroyante de quelques-uns de ces coursiers sans donner de signes de détresse. . C'est pour cela que plusieurs chevaux de cette race ont une réputation de manque de fonds qu'ils ne méritaient pas complètement. Cependant il est hors de doute que sur une grande distance ils seront généralement battus par la race de Whalebone ou Orville. Presque tous les chevaux de cette famille ont de belles épaules penchées, avec des charpentes un peu légères, généralement de bons moyens de propulsion ; mais le bas de la cuisse est un peu faible et les jarrets un peu droits. Cette dernière particularité est caractéristique dans cette famille ; car bien que la pointe du jarret soit bien développée, cependant il semble qu'elle ait été retirée dans le tendon d'Achille en faisant corps avec lui, sans cependant aucune apparence de courbe. J'ignore si leur grande vitesse dépend en quelque chose de cette conformation ; mais elle semble inhérente k ce sang. Peu des chevaux de cette famille sont bien suivis dans leur conformation, et il y en a peu que l'on puisse détailler ; mais ils trouvent moyen dès qu'on les lance sur l'hippodrome, d'exciter l'admiration générale pai* leur allure magnifique. Ils volent à la victoire sans effort apparent, et tandis que les Whalebone ou les Emilius ont souvent besoin d'être stimulés par le fouet ou l'éperon, les descendants de Buzzard accompliront leur triomphe sans autre excitant que leur ardeur généreuse, l'aisance naturelle et l'élégance de leur action. Généralement ils s'entraînent très- facilement, ayant une assez bonne constitution et ne demandant pas plu^ de suées que leurs jambes n'en peuvent supporter. Non que leurs membres soient remarquablement bons, mais parce que leurs charpentes sont rarement chargées et parce qu'ils perdent facilement leur chair superflue. Buzzard est représenté de

nos jours par presque autant de chevaux à la mode que Waxy. A la première génération il eut d'une jument fille d'Alexander Castrel, Sélim et Rubens, qui étaient tout à fait frères, et leur sœur-arrière, grand'mère dlthurel, puis Bustard, grand père de Lanercost. Castrel aussi fut père de Pantaloon et Merlin, et grand père de Queen of Trumps. Sélim eut Sélim et Langar. Par le premier de ces chevaux, il est Tancêtre de Bay Middleton, Ishmael, Beiram, Glencoe et Jereed ; par Bay Middleton, il est arrière-grand-père de Flying Dutchmann et Andover, et aussi trisaïeul de Wild Dayrell. Puis Langar est le père de Ratcatcher et Epirus, et par ce dernier se trouve le grand-père de Pyrrhus I. Enfin Rubens est représenté conjointement, il est vrai, avec Whalebone par une foule de juments, filles de Defence; il est donc juste d'attribuer partie de leur sang à Buzzard.

269. — Les Blacklocks sont généralement connus pour leur vilaine et commune apparence, leurs genoux creux, leurs fronts platsetleurmineplébéienne,souventavectropd'airsousleventre, Il y en a pourtant quelques-uns qui ont été vites avec de bonnes qualités de résistance, Tun de ses fils, le Tranby de M. Osbaldes ton, était un cheval très- vigoureux, et la tâche qu'il accompHt sous onze stones, dans le pari célèbre contre le temps, fera toujours l'honneur à son père Blacklock. Il faut inscrire à sa gloire les courses brillantes de Vélocipède et de sa descendance, et aussi les exploits de Voltaire et de ses fils Voltigeur, Tearaway et Charles XII. Mais presque tous les chevaux de cette race pèchent par le caractère et sont, par conséquent, difficiles à entraîner et à produire sur l'hippodrome toutes les fois qu'on le voudrait.

270. — Tramp ressemble un peu à Blacklock pour le caractère général de ses descendants, cependant ils ont les membres mieux feits, et quelques-uns ont été de bons chevaux de course sans être tout à fait de première classe. Zinganee, Lottery^ et Liverpool pouvaient tous soutenir les courses de distance, mais ils étaient à peine assez vites pour gagner de grands prix. L'on peut bien en dire autant de Lanercost, Sheet Anchor et leurs descendants.

271. — L'on peut bien classer ensemble les Walton et les Haphazard. Pour le sang, ils étaient presque identiques, provenant de Sir Peter et de juments filles d'Eclipsé ou de son fils Dungannon. Ces deux étalons ont produit avec deux juments

rt Haphward, Filbo da Puta. De Julia» fille de Whiskey, Waltau dûuua Phç^ntom, autre célébrité de son époque. De tau& ces pèresi, c'est aujourd'hui Partirai) qui e^ le plus estimé» et le mng de se§ file Venison et Gladiator est considéTè par biai de» gen$ comme valant les meilleurs, ^ussi bien qu^ celui de leur* degkîejftdwts, Vatican, Alarm, Kingstou et Sweetmej*, Bien ue peut surpasser la beauté de former qui résulte de ces coBOibipaisou^ du sang de Waxy et de Sir Peter, et il semble si'étre perpétué dans tou3 les descendante qui brillent psjr leur ^r pur mngy avec des tête* arabes, desn^useaux fius, des yeui pleins, des encolures légères, de bonnes épaules, et auset pour leurs janibes éljistiques et résistantes avec de bons pieds. Cette partieulwté tient peut-être à la légèreté de leur ooffire, qvûne charge guèi^e les membres, et poiurtant ik ont presque tous jçi^ea de fonds et surtwt les Venisons, Oofiame père de bons cbevaux de courses ; mmassant les prix de dislrict, ils n'oat point de riviiux, mais gén^èïalement ils n'ont pas twe vitesse ào premier ordre, ce qui les a tenus en arrière quciad ik G<m^ raient e« très^-bonne compagnie. Ils courront toute la jouraé^ et le lenden^aia 9^^m, et, qiu^nd les courses en parlic-lié# étaient en vogue^ ils étaient sans prix pour les amateurs de cette pratique barbare. Je suppose que les jumwts de cetlt r^ce rivi^liseront encore avec les filles de Def^f^îe pour |ut^iuiv des coursiers bW9> solide, et niênie des. foudres de vitesse, si oa l^ur donne de$ étalpns convenables.

272. — Enfin viennent les Sorcereis, grands, vites ^ 4éeo^ ftus ; il leur faut de la çAace pour déploya leurs v^yim»^ qui sont de nature à briller sur un terrain plat, et dans les coursât en.Ugn^ droite plutôt que di^ns un petit bippodro^a^ retréd. II y,^ peu de jolis cbevaux de ce sang, et quelques-uns seookt p«^ ticuUèrennent communs et gaucbes, comme tes MelbounEies; v^^ toutefois leurs proportions sont asse^ justes pour firapfief rœil d'un connaisseur. lisent dégrades tètes, de vaste» e^^â^ pentes, de gros membres, de fortes articulations, des jarrets larges, Varriére-main puissante, et sontpropre^ à tout, excepté à tourner les coins, où ils se trouvent hors de leur élément. TeJs sont les Sootbsayers, les Cornus, les Revellers, les Hympbrey Clinkersi et les Melboumes, Il faut ranger dan^ la witoe catégorie les célèbres fils de ce dernier cheval, Sir Tatton-Sykes, West Australian et Qulston. Ils ont tous assez ^e vitesse pour

n'importe quel concours; mais il faut du temps pour remplir ces^ belles charpentes, et si on voulait en tfrer tout le parti pôsetble, il faudrait les réserver jusqu'à cinq ans. Somme toute, ce courant de sang peut être easâidéré comme ne le cédant qu'aux trois premiers que nous avons décrits, qui, pendant une longue • série d'années, ont persisté à donner de bonnes qualités, mais pourtant en ne prenant qu'un seul point de compamison, Melbourne l'emporterait peut-être sur n'importe quel étalon.

Section VIII. — Liste (F étalons modernes.

273. — La liste suivante comprend tous les étalons modernes les plus renommés, et la plupart dé ceux du second ordre :

Page 1