AVANT-PROPOS
La question chevaline est à Tordre du jour depuis le commencement du siècle et, cependant, elle n'a jamais été résolue.
Elle se pose à nouveau avec insistance et passionne, ajuste titre, tous ceux qui s'intéressent à la prospérité et à la défense du pays-
Dans la presse, dans les sociétés agricoles, au Parlement même, elle- fait l'objet de discussions nombreuses et, tous les ans, au cours de la discussion du budget, nous assistons à une joute oratoire entre les partisans et les adversaires de l'Administration des Haras.
Les premiers lui attribuent les progrès accomplis depuis 1874; les seconds l'accusent de trahir son mandat, de favoriser outre mesure le trotteur et le carrossier au détriment du cheval d'armes, en un mot d'être inféodée à la Normandie.
6 AVANT-PROÏOS
Dans ces derniers temps, on a pris yiçlemment cette province à partie, affirmant sans hésitation, du haut de la tribune française, que le demi-sang ne pouvait être qu'un mauvais cheval de cavalerie et que son emploi comme reproducteur était une hérésie zootechnique.
Mettre les choses au point; analyser le rôle des Haras depuis 4800 jusqu'à nos jours; voir quelle a été leur influence sur la production chevaline; examiner si les encouragements votés libéralement par les Chambres sont distribués au mieux des intérêts généraux du pays et non au profit de certains privilégiés; indiquer les modifications qui nous paraîtraient nécessaires, tel sera le but de cette étude, laquelle, à défaut d'autre mérite, aura toutefois celui d'être complètement impartiale.