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Nous ne pensons pas qu'il soit à conseiller de faire travailler nos chevaux avant leur troisième année, au moins ; nous jugeons que la race Camargue est trop peu précoce pour pouvoir rendre avant cet âge des services appréciables.
Maïs ce qu'on devrait faire, c’est rendre de bonne heure le cheval Camargue maniable, le familiariser à l’homme, lui faire fournir quelques courses dans les prairies, et l’habituer même à traîner de légers fardeaux.
Les considérations que nous venons d’exposer s’appliquent surtout au cheval issu d’Arabe. On conçoit que les quelques produits qui auront été obtenus par le cheval Anglais, seront l’objet de plus d’attention encore, et d’une éducation plus soignée.
Telles sont, d’une façon très générale, les quelques considérations que nous avons cru devoir présenter au sujet de l’élevage du cheval en Camargue.
Les éleveurs habitués aux méthodes cdéfectueuses d’aujourd’hui estimeront peut-être que ces soins sont trop complexes : mais, les bénéfices qu'ils en retireraient seraient la meilleure preuve de leur efficacité, s’ils voulaient profiter des ressources que leur offre la race dont ils sont dotés.
Encouragements à l'élevage
Voici donc l’éleveur mis dans la bonne voie pour’ mener à bien une tâche fort ardue : mais ne serait-ce pas trop lui demander que de vouloir lui laisser seul le soin de perfectionner sa race ? Pourra-t-il malgré son bon vouloir accepter les nombreux sacrifices que comporte la création d’une race nouvelle de chevaux, surtout lorsque les conditions climatériques et agricoles sont aussi défavorables qu’en Camargue ? IT nous semble juste au contraire d’aider cet éleveur dans ses entreprises, et de lui assurer un débouché certain et avantageux de ses produits.
Le principal mobile de l'amélioration chevaliné est surtout l'intérêt de l’éleveur. Celui-ci se prètera à: toutes les combinaisons possibles si on veut l'aider et lui promettre des avantages certains.
Pour l’agriculteur, le cheval n’est pas seulement un produit, c’est encore et surtout un instrument. Il ne demande qu’une chose, la juste rénumération de ses peines et de ses capitaux.
Pour l’éleveur de la Camargue le principal débouché sera l’armée, Nous sommes plus riches qu'aucune
autre nation en chevaux de trait, mais nous sommes pauvres en chevaux réellement propres au service de la selle.
L'Etat a donc le devoir de faire des efforts pour encourager la production de ce genre de cheval ; voyons par quels moyens il peut y arriver.
1° En achetant autant que possible les chevaux directement aux éleveurs, grâce aux commissions d’achats qui, au début tout au moins, devront se montrer assez libérales. Les croisés Camargues n'’atteindront pas d’un coup le type parfait du cheval de cavalerie, il sera bon de les prendre tout de même.
2° En élevant autant que possible le nombre des achats. L’effectif de la cavalerie, s’il a sensiblement diminué de nos jours, concurrencé par la traction mécanique, n’en reste pas moins important. Chaque année, le huitième environ de cet effectif est réformé et la mortalité, malgré une hygiène très bien entendue dans l’armée, creuse de larges vides qu'on doit combler sans retard. Nos croisés Camargues, rustiques et “endurants, capables de faire en campagne de véritables tours de force (qu’on se rappelle la campagne de Crimée), sont ceux à qui les achats de la remonte doivent penser en premier lieu.
La Camargue, soyons-en sûrs, excellera, si on l’y incite et si on l’y encourage, à produire le cheval de selle idéal.
3° Il ne suffit pas d’un débouché certain et régulier, il faut encore que celui-ci soit avantageux. Or, les prix offerts par la remonte sont insuffisamment rému-
nérateurs, pour engager l’éleveur de la Camargue à produire le cheval de selle.
Qu'on majore ces prix, l’éleveur entrera résolument dans la voie du progrès; qu’on couvre les dépensés que lui aura occasionnées son élevage, et il fera marcher de front et l’augmentation de la production et l’amélioration du cheval Camargue propre au service de la cavalerie.
4° A côté de ces trois mesures il en est une autre d'une importance tout aussi grande, celle qui consisterait à n'acheter en Camargue que des chevaux âgés d’au moins quatre ans et demi à cinq ans. Ce sera peutêtre aller un peu à l'encontre des intérêts immédiats de l’éleveur, pour qui le gain semble être d'autant plus grand qu'il se débarasse plus vite de ses élèves ; mais nous avons dit déjà que notre race assez tardive, ne pouvait, avant cet Âge, être soumise à de trop rudes épreuves.
5° A ce débouché avantageux s'ajoute un autre moyen d’exciter les propriétaires à l’élevage. Ce procédé consiste à distribuer des primes d'encouragement. Encourager les producteurs à conserver les juments qui présentent le type du bon cheval de selle, afin de ne pas donner aux étalons choïsis avec le plus grand soin, des mères n'ayant pas elles-mêmes une conformation se rapprochant autant que possible de celles du père. Et si cela pouvait exister, il est hors de doute que l'amélioration de la race Camargue proviendrait de l'assemblage intelligent des qualités existant chez les deux géniteurs.
6° Il n’est enfin rien de tel pour pousser les éleveurs
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à faire toujours mieux, que d'établir entre eux une certaine concurrence, et d’exciter leur amour propre aux yeux du public. Nous voulons dire en parlant ainsi, qu'il serait bon d'établir plusieurs fois par an des épreuves hippiques de fond et de demi-fond, où chaque éleveur essaierait de mettre en valeur un ou plusieurs des meilleurs produits de sa manade ; des prix assez importants récompenseraient les producteurs les plus méritants.
Nous ne serons pas partisans des courses de vitesse sur petite distance, elles ne contribuent en rien, à notre
avis, à l'amélioration pratique d’une race chevaline.…
Conclusions
De tout ce que nous avons dit sur la race Camargue nous retiendrons les données suivantes, indispensables pour arriver à des résultats satisfaisants en vue de relever et ennoblir le cheval Camarguais.
I. — Assécher le plus possible les prairies marécageuses de la Camargue et utiliser toutes les richesses naturelles de son sol en créant des prairies naturelles et artificielles.
II. — Prendre pour étalons de croisement, des purs sang Arabes. |
IT. — Choisir et primer quelques étalons indigènes dignes de faire la monte.