‹ Le cheval canadienChapitre 12 sur 14 · SOINS ET CONDUITE · texte numérisé non relu

SOINS ET CONDUITE

L'Étalon. — L'étalon doit être restreint à un travail raisonnable, si cela est possible. S'il est à craindre que son emploi ne eau*- des ennuis ou des retards dan- le* opérations de la ferme, un grand enclos contigu à un box-siall ou un petit pacage avec un hangar d'une épaisseur de planches, à devant ouvert, feront trè* bien l'affaire. Le foin, l'avoine et le son sont à peu près tous les aliments nécessaires, dans des quantités proportionnelle* à la taille de l'animal et aux fonctions qu'il est appelé à remplir sous le harnais ou dans le haras. Les poudres de conditionnement et le- autre* stimulants ne donnent jamais la vitalité nécessaire pour engendrer des poulains vigoureux.

La jument. — Le foin, l'avoine et le son seront, les aliments principaux, m il est bon d'avoir de* racine* et un peu de tourteaux de lin pour assurer le bon fonctionnement des intestins; c'est là un point des plus importants. l)è* que la cire se forme sur les trayons, il est bon de tenir la jument sou* une surveillance constante, car le poulain vient généralement au monde dans les deux ou trois jours qui suivent. Depuis 1920. cinquante-trois juments pleines ont été hiveri dan- l'écurie et soumises à un travail léger aussi souvent que possible, et soixantesix ont été tenues dehors, dans des hangars d'une seule épaisseur de planches et à devant ouvert, comme tout abri. Comme nous ne nous sommes aperçu* Ùcune différence dans la vigueur des poulains, nous en avons conclu que le mode d'exercice n'est pas important, mais que l'exercice, sous une forme ou une autre, est indispensable. Ceci paraît avoir été clairement démontré par la jument Canadienne " Black Princcss " qui a donné six poulains vigoureux. i*-u* du même étalon, et qui avait pris son exercice de trois façons différentes. Pendant deux hivers, elle avait été tenue dehors, dans un hangar d'une seule épaisseur de planches, à devant ouvert, où elle prenait tout l'exercice qu'elle voulait; pendant deux autres hiver*, elle a été tenue dans l'écurie et soumise à un travail léger jus-

qu'au poulinement; et pendant deux autres hivers, elle a été gardée clans une loge et mise dehors pour prendre ses ébats lorsque la température le permettrait. Un cultivateur qui n'a pas le temps nécessaire pour faire travailler une jument pleine n'a pas à -'inquiéter pourvu qu'il la mette dehors souvent ou qu'il la tienne dans un hangar à parois étanehes, ouvert au sud.

Poul lionne de trois ans "TCate (le Cap-Ronce." Née et élevée sur le haraa de

Saint-Joachim, auquel elle appartient. A remporte le premier i>iix à Québec en 1924 comme pouliche d'un an.

Il y a certains avantages à faire venir les poulains en automne. Depuis 1915, à Cap-Rouge et à Saint-Joachim, huit juments ont donné naissance en automne, du 20 septembre au 11 novembre, à douze poulains, issus de quatre irents. Chose inattendue — nous avons constaté que les juments se fécondent plus facilement en automne qu'au printemps. Par exemple, Séba>tienne qui a été saillie deux fois au printemps, n'était pas pleine et elle a été fécondée à la première saillie du même étalon en automne. Il en a été de même de Chicane et de Gem. Brunette Coulombe, saillie une fois au printemps, n'a pas été fécondée, mais elle a été fécondée à la première saillie du même étalon, en automne. Il en a été de même pour Hélène et Gipsy. La même jument, Dorothée, a été fécondée deux automnes de suite au moyen d'une seule saillie à chaque fois. Les poids des poulains d'automne, à six mois, dépassaient ceux des frèri sœurs au même âge; mais qui étaient venus au monde au prin-

temps, ce qui montre que quelque bonne que l'herbe puisse être pour la production du lait et comme source de vitamines, elle n'est pas absolument nécessaire penldant les six premiers mois de la vie du poulain. Sur les douze poulains d'automne mentionnés, l'un d'eux est mort lorsqu'il était jeune, un autre a développé de mauvais jarrets et les dix autres étaient bons, ce qui est certainement satisfaisant. L'avantage principal de la venue des poulains en automne, c'est que l'on peut faire travailler les juments pendant presque toute la saison de la

rentrée des récolte?. Il y a deux précautions à prendre cependant; la première c'est de ne pas suralimenter la jument avec de- ration- très nutritives, car le poulain peut devenir trop lourd du corps et trop faible des jambes; il faut aussi rogner de temps à autre le- sabot- de> poulains sevrés, parce que ces sabotdéveloppent rapidement sur une litière humide.

Le poulain. — Un aide doit se tenir là, mais sans être vu par la jument, lorsque le poulain vient au monde, car il y a une membrane qui pourrait étouffer le poulain si elle n'était enlevée rapidement de ses narines. Au cas de malprésentation, la meilleure chose à faire est d'appeler un vétérinaire, à moins que ce ne soit un genre de malprésentation que l'on puiss tellement. Si le

jeune animal est vigoureux, comme il devrait l'être, i! se mettra à têter en moins d'une heure et on fera aussi bien d'attendre pendant ce temps, pour que ses jaml maladroites puissent se redresser un peu. Les accidente principaux contre lesquels on doit se garder sont le mal du nombril et la constipation. Pour le premier, on applique de la teinture d'iode aussitôt après -ance sur le

nombril, et on continue ce traitement jusqu'à ce que la : parfaitement

guérie. Sur plusieurs des fermes expérimentales fédérales, le mal du nombril a disparu depuis que l'on de l'iodure de potassium. Pour : ents

fécondées au printemps ou en été, on donne, à partir de novembre une petite cuillerée à thé di x d'iodure de potassium, deux foi; par mois, dans l'eau

à boire. On fait dissoudre Je- cri-taux dans une petite quantité d'eau chaude et on les verse dans l'eau à On continue ainsi jusqu'au poulinement.

Pour prévenir la constipation, il faut enlever le- excréments durcis avec un doigt huilé et injecter de l'eau savonneuse.

PRIX Di; REVIENT DES CHEVAUX ET FRAIS D'ENTRETIEN

(Expériences conduites à Cap-Rouge et à Saint-Joachim)

PRIX DE BEVEENT DES CHEVAt X

Nous avons pesé toute la nourriture donnée à quinze poulains et poulii de race Canadienne, à partir du moment où ils ont été sevrés, jusqu'à celui où ils étaient prêts au travail, goit à l'âge moyen de 32 moi.- et 26 juins; ils pesaient en moyenne à cette époque 1.240 livres. Il a fallu 9,992 livres de foin, 4,632 livres d'avoine, 4,178 livres de son et 216 jours de pacage pour chacun de ces poulain-. Les prix changern uvent, et les chiffres donnés aujourd'hui

n'auraient aucune utilité dans quelque temps. Du reste, quand on calcule les prix il y a toujours cette éternelle question de savoir si l'on devrait inscrire au débit des animaux le prix de revient réel de la nourriture ou le prix de vente de cette nourriture. Mais si l'on compte le foin à S15 la tonne, l'avoine à 2 cents la livi' 36 la tonne et le pacage à S2 par mois, on voit que le coût total

de l'alimentation d'un poulain, à partir de l'époque du sevrage jusqu'au moment où il est prêt à travailler ssl i ---04.94. Disons ici, cependant, que nous n'avons pas cherché à économi.-er sur la nourriture; notre but n'était pas de voir- la quantité minimum de nourriture avec laquelle on peut élever des poulains; au contraire, nous avons donné à peu près toute ia nourriture qu'ils pouvaient con- SMEmer afin de développer leur taille et leurs forces le plus possible pour les mettre en mesure de donner au travail le.- dix années qu'un cheval a devant lui lorsqu'il est dres.->>. Ces chiffres montrent que les cultivateurs ne devraient élever que ies meilleurs sujets, car il n'y a pas à nier que l'élevage des chevaux coûte beaucoup d'argent.

l'HAIS D'ENTRETIEN DE.- ( illVAl X DE TRAVAIL

Xous avons conduit une expérience pour voir ce que revient en nourriture une heure d'énergie chevaline; les détails sont consignés au tableau suivant:

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On von par ces chiffres qu'en moyenne un cheval pesant 1,253 livres a

sommé en 233 jours 3,74-1 livres de foin et 3.664 livres d'aliments eoncênl -oit 1.28 livre de foin et 1.26 livre d'aliments concentrés par 100 livres de p vit par cheval et par jour. 11 est possible que toute cette quantité n'ait pas été

osommée, car il y a des perte- inévitables, spécialement de foin, mais en pratique, il faut tenir compte de toute la quantité.

^ Il est à noter qu'aux prix courants de l'été de 1925, la nourriture seule a coûte 7$ cents par heure de travail, lorsque les chevaux travaillaient en moyenne 0.12 heures par jour. A ceci il faut ajouter le coût de la litière, les soins, les fers, les frais «le vétérinaires, [es harnais, les couvertures, les fournit*] able,

ainsi que l'intérêt et la dépréciation sur les chevaux, l'écurie, les harnais les couvertures et les autres outilh

Nous voyons par là que l'on ne doit pas garder plus de chevaux qu'il n'est absolument nécessaire; nous voyons également que les chevaux de travail doivent être employés le plus d'heures possible pendant l'année.

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