L'HISTOIRE D'ALBERT DE CAP-ROUGE
En l'automne do 1912, nous avons acheté pour la station de Cap-Rouge une jument noire, de conformation typique, mais dont le poids n'atteignait pas tout à fait onze cents livres. Douée d'un grand courage, possédant une bonne allure et ayant une conformation qui lui donnait plus de force que n'auraient eu des animaux pesant deux cents livres de plus, cette jument est peut-être le spécimen le plus résistant de la race chevaline qui ait jamais vécu. Bien des fois elle a passé dix bonnes heures sur la moissonneuse à maïs, accouplée à un compagnon de travail qui pesait près de 1,500 livres, et jamais son bas-cul n'est resté en arrière de l'autre, ne serait-ce que pour un moment. Tous les conducteurs d'attelage s'accordent à dire qu'elle paraissait tout aussi en train après une dure journée de travail qu'au commencement de la journée, même jusqu'à deux semaines avant le poulinement.
Cette jument, Hélène 19 avait été saillie avant d'être achetée, par Wilfrid —1012 — un étalon noir qui ne pesait pas douze cents livres, mais un vrai cheval, pour nous servir de l'expression consacrée. Nous nous attendions à avoir une progéniture de petite taille, mais il semblait raisonnable de croire que les descendants déborderaient de qualité, d'endm de courage.
Le 31 mai 1913 fut certainement un grand jour dans les annales de la race
monter la bascule à 190, à deux mois à 290, et comme la jument fournissait beaucoup de lait, il pesait à 'rois mois 465 livres. Il fut exposé hors concours à Québec et Sherbrooke ce nme-là. et une offre qui aurait presque payé ce
que sa mère avait coûté fut refusée. M s'est si bien développé que nous décidâmes de le conserver, voulant voir ce que donnerait une alimentation généreuse, jointe à un bon croisement.
Sevré à cinq mois, il fut hiverné dans un hangar de planches, à devant ouvert; jamais on ne le vit frits une seule fois quoiqu'il passât presque tout son
temps dehors.
A douze mois il pesait 750 livres; à quatorze mois 850; à dix-huit mois, exactement 1,000; et à 26 mois. 1,105, quoiqu'il eut été mis au travail vers l'âge de deux ans et qu'il se fut beaucoup agité cette saison. A l'âge de trente-huit mois il avait atteint 1,210 livres, soit un peu plus que son père avait jamais pesé et beaui oup plus que sa mère. Enfin, une fois entièrement développé c'était un cheval d'environ 1,300 livres pendant la saison de saillie, et de 1,350 en dehors de la saison.
Lorsque Albert eut d poids de son père ou de sa mère à l'âge précoce
de vingt -six mois, nous n'eûmes plus aucune ciainte qu'il laissât à désirer du côté de la taille.
Nous avons maintenant (1925) plus de cent poulains issus d'Albert, et ils sont beaucoup plus uniformes que nous n'espérions, mais il y aurait encore de l'amélioration à faire sous ce rapport. Aucun d'eux n'est rétif, et le pourcentage de sujets tarés est remarquablement faible. Tous les éleveurs de chevaux Canadiens s'accordent aujourd'hui à reconnaître qw • meilleur qui
existe.