LE HARAS DE SA1NT-.IO.V 1II.U
Les travaux exécutés au haras de Saint-Joachim ont été pour beaucoup dans l'amélioration de la, race Canadienne. Ce haras, qui est sous la surveillance directe du régisseur de la station expérimentale fédérale de Cap-Rouge, est, de l'aveu de tous, le meilleur qui existe aujourd'hui, en ce qui concerne la race de chevaux Canadiens.
Ces travaux ont été commencés en 1920 par le Ministère fédéral de l'agriculture, le Ministère de l'agriculture de Québec et l'Association des éleveurs du cheval Canadien, en coopération. Le haras est situé à quelque 25 milles à l'Est de la ville de Québec, à Saint-Joachim: on s'y rend facilement par chemin ou par voie ferrée. La fenir une étendue de quelque 500 acres, et le haras
compte plus de soixante-dix chevaux Canadiens, que l'on soumet à ih élaborés de reproduetion, en vue d'améliorer la race. Outre ce projet principal, on conduit des expériences :.-ur les méthodes de reproduction, les méthodes d'hivernage et d'élevage des chevaux et le prix de revient.
RÉSUMÉ DES ESSAIS DE RErRODl/CTIOX À CAP-ROl'OE ET À SAINT-JOACHIM
Le nombre de juments poulinières gardées à Saint-Joachim varie de vingtcinq à trente-cinq, et le nombre total de chevaux de soixante-cinq à un peu plus de cent ; ce sont tous des chevaux Canadiens de race pure. On se propose d'élever une race de chevaux pe<ani environ 1,200 livres à l'état ordinaire, des chevaux sains, rustiques, pleins d'énergie, mais docile-;, ayant une bonne allure et une bonne apparence, et qui -o trouvent aussi à l'aise sur la charrue que sur la voiture légère. Ce travail a été commencé en 1913, et sur trente-huit familles employées à différentes époques, huit seulement avaient fait preuve d'une valeur suffisante en 1926 pour mériter d'être gardées. Beaucoup ont été rejetées, parce que écries qualités faisaient défaut, quoique d'autre- y Ftisseift très développ D'autres avaient remporté (ïéi! championnats aux expositions, mais ils n'avaient pas la taille voulue et leur progéniture était trop petite. D'autres avaient la taille et la conformation, mais ils n'avaient pas cette énergie, cet "allant" qui re comme réserve de puissance dans une situation critique. D'autnenfin avaient la taille et l'énergie, mais n'avaient pas la conformation de la •
Sur 162 poulains qui sont nés en quatorze ans, quatre-vingt étaient des mâles et quatre-vingt-deux des femelles. Sur 114 poulains pesés à la naisse cinquante-cinq mâles pesaient en moyenne 125 livres et cinquante-neuf femelles 124 livres. A douze mois, le poids moyen de quarante de ces mâles était de 735 livres et celui de quarante des femelles de 732 livres. Les chiffres suivants, qui se rapportent aux quatre-vingts poulains que je viens de mentionner, montrent qu'il existe une certaine corrélation entre le poids à la naissance et le poids à l'âge d'un an: les vingt et un qui ont fait- monter la bascule entre quatre-vingtdix et 110 livres à la ûaiséftJ eatl en moyenne moins de 700 livres à l'âge de douze mois; les quarante-quatre qui pesaient entre 115 et- 135 livres à la naissance pesaient en moyenne moins de 800 livres à l'âge de douze mois, et les
quinze qui pesaient entre 140 et 160 à la naissance pesaient en moyenne plus de 800 livre- à l'âge de douze mois.
Le développement de la taille est l'un des point? importants dan? l'élevage chevaux Canadiens. Entre 1913 et 1919, le puni- moyen à la naissance de ic poulains était de 118 livres. Entre 1922 à 1926, inclusivement, le poids moyen à la naissance de i ingt-quatre poulains était de. 126 livres, et les
cinquante poulains issufi de jument- appartenant aux huit familles gardées pour la reproduction pesaient en moyenne 129 livres à la naissance, soit une augmentation de onze 1: les poids des ann La taille vcloppée à mesure que la conformation s'améliorait. Cette amélioration de la conformation a été bien démontrée aux grandes expositions de la province de Québec, où les chevaux Canadiens du haras de Saint-Joachim remportent presque nulles championnats, diplômes et premiers prix. Nous prenons grand soin de rejeter tous les animaux lents, quelles que soient les autre- bonnes qualités qu'ils peuvent avoir; les progrès ne peuvent donc être que dans la' bonne direction.
Nous jugeons qu'il < obtenir plus d'uniformité dans la i
au point de vue de la couleur, quoique ce ne soit | -m point, essentiel, et
plus de 75 pour cenl des animaux à Saint-Joachim Bont noirs, actuellemi Dans les accouplements la première couleur mentionnée est celle du
père et la dernière celle de la mère: noir et noir ont donné 51 noirs et 3 alezans; noir et brun. 5 noirs. 2 brun noir. 3 bruns; brun et noir, 2 noirs et 1 bai; noir bai, ô noirs. 1 brun. 1 bai foncé, 4 bais, 1 alezan; bai et noir. 1 alezan; noir et gris. 1 noir, 1 brun noir, 2 alezans. Ceci donne les proportions suivantes, qui représente»! assez bien le pourcentage de progéniture de différente couleur; 76 pour cent noirs. A pour cent noir brun. 5 pour cent bruns. 1 pour cent bai foncé. G pour cent liais. S pour cent alezans, t.a couleur la plus persistante et celle qui pari le plus difficile à supprimer 'an. Une jument, vieille
Hélène — 49 — après avoir mis bas neuf poulains noirs, a donné un poulain alezan lorsqu'elle a élé saillie par son fils. Albert, qui n'avait cependant engendré que des noirs.
ÉLEVAGE CoNSAXta IX, ÉLEVAGE EX LIGNEE ET CROISEMENT ENTRE FAMILLES
En signalant les résultat- de ce travail, dison< que par l'élevage consanguin on entend l'accouplement d'un père à -a tille, d'une mère à son fils, ou d'un frère et d'une soeur; l'accouplement est dit "en lignée", lorsque le père est un demi-frère, un oncle, un petit-fils ou le grand-père de la mère; dans les croisements entre familles, il n'y a pas de relation entre le père et la mère. Nous ne pouvions employer qu'une jument, pour chaque méthode de reproduction, et elle a donné une très bonne progéniture dans quelques-uns des trois cas, ainsi qu'on le voit dans le tableau suivant, qui comprend chaque femelle sur laquelle au moins deux genres de reproduction ont été essayés.
COMPARAISON DE LA PROGÉNITl