‹ Le cheval canadien [microforme]Chapitre 2 sur 25 · LE CHEVAL SE MAINTIENT · texte numérisé non relu

LE CHEVAL SE MAINTIENT

Chaque fois qu'un nouveau moyen mécanique de travail où de transport charrue à Vapeur, tramways, bic e, automobile, tracteur, cumion mécanique, ete,,—est entre

dans le domaine de la réalisation pratique en ces derniers temps, il s'est trouvé de nombreux prophetes pour prédire fa dispuriton rapide ét coinplète du cheval, Des gens très bien intentionnés rm iipiissitient la presse d'artich & CE sujet; les caricn

turistes s'acharnaient à représenter le cheval comme un objet de euriosité, bientôt relégué dans les musées, et cette opinion fut généralement acceptée, et l'élimination de ce noble animal considérée comme un fait inévitable, à brève échéance, Et cependant, le cheval s'est ma ntenu, il se porte toujours bien, Jarmais ete depuis la découverte du Nouveau-Monde la population chevaline de F'Amérique du Nord-Canada et Etats- Unis--n'a été aussi nombreuse, S'il faut en croire la statistique officielle, qu’elle n'était en l'an de grâce 191$, en dépit des exportations considérables qui ont eu lieu pendant la guerre.

A première vue, c'est à un état de choses remarquable, Comment le cheval, qui n'avait aucun agent de réelame pour exalter ses mérites, tandis que les meilleurs talents s'ingéniaient à développer l'industrie automobile, at-il pu se maintenir! On a dépensé des fortunes à démontrer que les automobiles, les camions et les tracteurs peuvent remplacer le cheval; on n'a rien fait pour prouver que l'énergie mécanique ne peut même essayer de faire certains genres de travaux auxquels le cheval est employé.

Pourtant cet accroissement graduel de la population chevaline ra en somme rien d’extraordinaire, quand on songe aux districts surpeuplés des zrandes villes où les camions ne seront jamais avantageux pour do couts trajets; aux longs mois d’hiver, dans les sections les plus reculées vers le nord, pendant lesquels les automobiles doivent nécessairement s'arrêter, et aux fermes accidentées ou inême très ondulées où le fonctionnement du tracteur exige une trop forte dépense d'énergie.

11 faut admettre sans doute que les machines peuvent exécuter certains genres de travaux tout aussi bien et parfois à meilleur compte que le cheval, mais il en est de même en ce qui concerne la main-d'œuvre humaine. Depuis trente ou quarante ans on invente et on remplit nos fabriques de machines de tous genres, et cependant la main-d'œuvre est plus demandée que jamais.

11 y aurait aussi à tenir compte de . * fait que le cultivateur ordinaire n’est pas mécanicien, pas plus que le mécanicien ordinaire n’est cultivateur. Tant que le tracteur est neuf, tout va bien, inais lorsqu'il commence à se détraquer et que le fabricant ou la station de service sont loin, alors le cultivateur est forcément arrèté au plus fort des semailles, de la fenaison ou de la moisson. Il n'en est pas de même du cheval que Von a awpris à soigner pendant de longues générations, et faute d'un animal indisposé l’écurie ne chôme pas.

Loin de nous l’idée de prétendre que l’industrie automobile ne rend pas service au pays tout en rapportant de gros dividendes à ses actionnaires; ce que nous n’admettons pas et ce que n’admettront jamais ceux qui ont sérieusement étudié la question, c’est qu’elle puisse jamais chasser le cheval de la ferme.

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