TRIO
tsing-sing , rêvant tout haut.
Ma femme... ma femme... à souper...
Il vaut mieux être en son ménage...
Que d'être encore à galoper...
A cheval sur un nuage !
PEKI.
Il rêve en dormant !
(Se retournant et apercevant Yanko qui vient d'entrer, tenant un paquet à la main.)
Ah! grands dieux!
Yanko qui revient en ces lieux !
yanko , apercevant Tsmg-Sing.
Quevois-je?
(Il laisse tomber sur une chaise le paquet qu'il tenait.) C'est lui!
PEKI.
Du silence.
yanko , stupéfait.
Comment, le voilà de retour?
Hélas! oui!
YANKO.
Sa seule présence Détruit tous mes rêves d'amour I
ENSEMBLE
tsing-sing , rêvant.
L'amour m'attend... douce espérance...
Enfin me voilà de retour !
PEKI et YANKO.
Pour nous, sa funeste présence Détruit tous nos rêves d'amour.
tsing-sing , rêvant.
Allez, esclaves, qu'on prépare Notre appartement nuptial !
YANKO.
Qui , moi, souffrir qu'on nous sépare ! Plutôt immoler ce rival!
peki, à voix basse.
Écoute-moi !
Fe ne puis à présent m'éloigner avec toi , Vfais je partirai seule, et j'irai sans effroi lux pieds de l'empereur implorer sa justice , Pour rompre cet hymen et dégager ma toi !
YANKO.
Tu l'oserais 1
PEKI.
Le ciel propice Protégera ma fuite, et veillera sur moi ! tsing-sing , rêvant, A souper, ma femme... ma femme...
PEKI.
Ah l la frayeur glace mon âme î
ENSEMBLE
Va-Ven ! va-t'en ! c'est mon mari , J'ai peur qu'il ne s éveille ici î
YANKO.
Ah! ne crains rien de ton mari, Tu vois bien qu'il est endormi !
tsing-sing , rêvant.
Ah ! quel bonheur pour un mari , De reposer enfin chez lui!
YANKO.
Je pars... mais que j'entende encore Un mot , un dernier mot d'amour !
PEKI.
Yanko, c'est moi qui vous implore , Eloignez-vous de ce séjour !
YANKO.
Quoi ! te quitter à l'instant même ?...
PEKI.
Eh bien! tu le sais, oui, je t'aime !...
Je t'aime!...
Mais...
Va-t'en ! va-t'en ! c'est mon mari , Je crains qu'il ne te voie ici.
YANKO.
Ah ! ne crains rien de ton mari , Tu vois bien qu'il est endormi !
tsing-sing , rêvant.
Ah ! quel bonheur pour un mari ,
De se trouver enfin chez lui !
peki , à Yanko.
Partez... partez... je vous supplie...
yanko , avec chaleur.
Vous perdre, c'est perdre la vie !
peki , lui imposant silence.
Pas si haut !... il rne fait trembler !
tanko , baissant la voix.
Eh bien! je rne tais... mais par grâce , Un seul baiser !
PEKI.
Ah ! quelle audace !
Le bruit pourrait le réveiller.
Non... non... je défends qu'on m'embrasse !
YANKO.
Il le faut... ou je reste icil
PEKI.
Alors, dépêchez-Y ous, de grâce...
(Yanko Vembrasse.)
ENSEMBLE
Va-t'en! va-t'en! c'est mon mari!
Je crains qu'il ne te voie icil
YANKO.
Ah ! ne crains rien de ton mari !
Tu vois bien qu'il est endormi.
TSING-SING
Ah ! quel bonheur pour un mari, De se trouver enfin chez lui !