‹ Le cheval de bronze, opéra-féerie en trois actesChapitre 5 sur 36 · TSING-SING, TAO-JIN · texte numérisé non relu

TSING-SING, TAO-JIN

TAO-JIN

Eh bien! seigneur, dites encore qu'il n'y a pas d'avantage à épouser une cousine de l'empereur au huitième degré! .. Enseveli ici dans cette province de Chatong, dout vous êtes gouverneur, vous ne pouviez vous absenter, ni venir à Pékin, ni paraître â la cour, qui jamais n'a été plus brillante, à ce que m'écrivait dernièrement Nin-Kao... ce jeune mandarin de première classe. ..et mon cousin au troisième degré... tsing-sing , à part.

Celui dont je parlais tout à Y heure.

TAO-JIN

Alors, et dans ma tendresse pour vous, devinez ce que j'ai fait !

TSING-SING

Je ne m'en doute même pas.

TAO-JIN

Le prince impérial, qui voyageait depuis un an, revient enfin dans la capitale...

TSING-SItfG.

Je le sais... Il doit même traverser cette province pour se rendre à Pékin...

TAO-JIN

Où l'on vient de monter sa maison... Eh bien ! monsieur , l'empereur , à ma demande et à ma considération, a daigné vous nommer à la place la plus flatteuse... il vous a donné le titre de tchang-i-long ou premier menin de son altesse.

TSING-SING

Est-il possible !... un tel honneur !...

TAO-JIN

C'est à moi que vous le devez : une charge magnifique , qui vous donne le droit de rester toujours auprès du prince, de le suivre partout! pendant que moi , je resterai à la cour !

TSING-SING

Comment! je ne pourrai pas le quitter?

TAO-JIN

D'une seule minute... à moins qu'il ne l'exige... C'est l'étiquette chinoise... et si vous y manquiez , le prince aurait le droit de vous faire trancher la tête.

TSING-SING

Ah ! mon dieu ! Par bonheur... je connais le prince , un jeune homme charmant, qui tient beaucoup au plaisir et fort peu à l'étiquette. Je suis un des lettrés de l'empire qui dans son enfance lui donnaient des leçons: il ne venait jamais aux miennes... ce qui ne l'a pas empêché d'être prodigieusement instruit.

Et c'est en récompense de vos soins que l'empereur vous atiache à sa personne , et vous donne une place qui , dès aujourd'hui , vous ramène à la cour.

TSING-SING

Comment! aujourd'hui ?...

TAO-JIN

Eh! oui, vos fonctions commencent de ce moment... Nous ne quitterons plus le prince, et comme il va arriver...

*TSING-SINO

Lui,, le prince l (A part, avec embarras.) Et ce soir... mon mariage... comment faire?,..

TAO-JIN

Tenez... tenez, voyez-vous de loin la bannière impériale... C'est lui.... c'est son altesse... Quel bonheur! moi, qui ne l'ai jamais vu...

TSING-SING

Vous oseriez vous exposer ainsi à ses yeux?...

TAO-JIN

Pourquoi pas?... comme fils de l'empereur, nous gommes parents : c'est un cousin...

TSING-SING

Elle en a partout... Et cette foule qui l'environne... braverez-vous aussi leurs regards profanes?... Rentrez , madame , rentrez...

Vous avez raison , et j'attendrai que le prince soit seul avec vous. (Elle entre dans la pagode à gauche.)

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