INTRODUCTION
Dans toute la partie du Département du Nord autre que l'arrondissement de Dunkerque et une fraction de l'arrondissement d'Hazebrouck qui se livraient, de temps immémorial, à la production presque exclusive du cheval boulonnais ou de son parent très proche, le cheval bourbourien, l'élevage hippique était pratiqué sans méthode et sans esprit de suite lorsque, il y a un peu plus de vingt ans, nous avons été appelé à l’honneur de prendre la direction des Services Vétérinaires départementaux.
Seuls quelques éleveurs, pour la plupart agriculteurs possédant ou dirigeant d'importantes exploitations, avaient une claire vision de la situation et essayaient, chacun dans sa sphère d'action, mais en vain presque toujours parce qu'ils étaient isolés, de sauver du nautrage qu'ils redoutaient imminent, ce qu'il restait de bonnes juments de gros trait dont les mariages désordonnés avec des étalons de toutes races et notamment avec des étalons de sang et de demi-sang introduits intempestivement et au mépris de toute science et de toute logique dans les stations, don-
naient des produits «faits de pièces et de morceaux», sans qualités morphologiques, comme sans valeur
marchande.
Frappé d'un tel état de choses dont témoignaient si fâcheusement la diversité et l’hétérogénéité des sujets que réunissaient les Concours d'étalons, de juments etde pouliches que nos fonctions de Commissaire (rénéral des Concours départementaux nous appelaient à organiser et à diriger, nous en étions d'autant plus péniblement impressionné que nos relations avec maints éleveurs belges et nos fréquents voyages antérieurs en Belgique, avaient forcé notre admiration tout à la fois pour le cheval de ce pays et pour le soin jaloux avec lequel son élevage y était conçu et conduit.
Les études littéralement captivantes pour nous que nous avions faites à l'École Vétérinaire de Lyon, sous la prestigieuse direction de notre savant Maitre le Professeur CORNEVIN et de son éminent collaborateur M. BOUCHER, qui lui succéda dans la chaire de Zootechnie, et que nous avions poursuivies ensuite avec un intérêt sans cesse grandissant, nous avaient révélé et démontré que le cheval de gros trait du département du Nord avait la même origine et procédait de la même souche que le cheval belge.
Cette considération, juxtaposée à cette autre relative au climat et au sol de notre région, qui sont en fait identiques au climat et au sol de la Belgique, nous fit entrevoir qu'il serait encore possible, en mettant au service de l'œuvre à entreprendre une agissante énergie et une intlexible persévérance, de remédier au mal déjà fait, si considérable qu'il fût, et de rénover l'élevage du cheval de gros trait dans le Nord.
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| Après nous être concerté avec les compétences impatientes d'agir utilement et efficacement que représentaient les agriculteurs qualifiés et les éleveurs avertis auxquels il a été fait allusion plus haut, après nous être assuré que nous pourrions avec eux constituer un noyau animateur autour duquel viendraient. s'agglomérer toutes les bonnes volontés, nous résolûmes, en 1,03, de donner corps à notre pensée, de passer aux actes. et de poursuivre désormais, à travers tous les obstacles qui pourraient surgir, la campagne dont nous attendions tant de résultats heureux.
Plus de vingt années se sont écoulées depuis lors ; nous pensons avoir quelque droit d'affirmer que nous avons réussi et qu'une œuvre utile à été réalisée.
Et c'est à cette œuvre que nous avons cru pouvoir consacrer le présent travail.
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