‹ Le Chevalier Baptiste, comédie en 1 acteChapitre 3 sur 23 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

BAPTISTE, eu culotte courte et tablier do service.

11 dort étendu sur le canapé et tient un grand in-folio ouvert sur ses genoux. Quelques instants se passent en silence. L'in-folio lui glisse des mains et tombe A terre. lise réveille brusquement.

Aïe !... c’est Lête de vous réveiller comme ça !... (itoffar- <lant.) Je croyais que c’était Suzette; mais non, c’est le livre de monsieur !... C’est idiot de faire des livres aussi gros que cela !... je l’avais pris dans la bibliothèque parce qu’il avait pour titre : Des droits et des devoirs des époux; cela m’intéresse puisque je suis marié depuis huit jours seulement... avec la plus gentille petite femme... Du reste vous la verrez vous-même... J’avais donc pris ce petit volume dans la louable intention de m’instruire. — Hélas, le peu que j’y ai appris n’est pas bien rassurant II n’y a que deux pages sur les droits des époux et il y en a onze cent cinquante-quatre sur leurs devoirs!... onze cent cinquante-

quatre !... Deux pages su ries droits! oh! je les connais, mes droits, et je les exerce, je vous en réponds.dans toute leur plénitude... dans toute leur rigueur !.. (u se recouche.) On est trèsbien comme cela, (on sonne. ) On peut dormir toutà son aise, (on sonne de nouveau, puis une troisième fois ) Il ne faut pas qu’on SOHne, par exemple... où donc est Suzette? pourquoi ne va-t-elle point ouvrir? si elle croit que je me suis marié pour continuer à faire toute la besogne, elle se met joliment le doigt dans l’œil... Les domestiques ne se genent plus maintenant, c’est déplorable! (on sonne encore.) ça, c’est le coup de sonnette de monsieur Ernest Pitel, le cousin de madame, un bon garçon ! (Nouveau coup de sonnette.) 11 a l’air de s’impatienter ! je comprends ça. (Appelant sans se déranger.) Suzette !... eh!... Suzette!...

Ou entend Suzette criant ail dehors, à droite.

SUZETTE, au dehors.

On y est allé !

Ah ! enûn, ce n’est pas malheureuxl j’ai cru que j’allais être obligé d’aller ouvrir moi-même.

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