ACTE II, SCÈNE X
spontanément à cette escorte, tu caracoleras à la porte du carrosse, et je dirai au cardinal : Voilà monsieur d’Essonne qui n’a pas voulu attendre jusqu’à ce soir pour se rendre à vos ordres.
Mais vous ôtes fou, Nangis, je ne puis pas être de garde.
NANGIS
Pourquoi ? '
M me d’herbelay.
Mon équipement n’est pas complet.
NANGIS
Sois paisible... je t’en apporte un qui t’ira comme un gant... le voilà...
M me d’herbelay.
Je ne puis être d’escorte I
NANGIS
Pourquoi ?
M me d’herbelay.
Je n’ai pas de cheval.
NANGIS
J’en ai deux, et je t’ai fait amener le plus fringant... Vésuve !
hilarion.
Il pense à tout.
NANGIS
Allons, équipe-toi... je vais t’aider... nous allons t'aider... Allons vite, vite, l’escorte va passer...
M me d’herbelay, avec impatience *.
Mais non, mais non !
Que dis-tu?
M œe d’herbelay.
Je dis que vous me ferez mourir d’impatience et de colère... je dis que je ne veux pas être de garde... que je ne veux pas monter à cheval.
hilarion, à part.
Décidément, on me l’a changé en route.
nangis, qui est resté tout étonné.
C’est sans doute une plaisanterie, chevalier, que ce refus ?
M n, « d’herbelay.
f est très-sérieux.
NANGIS
Alors, tu dois avoir un motif bien puissant pour ne pas accompagner avec nous le carrosse du cardinal... pour refuser de monter cette nuit, ta première garde.
M nie d’iierbelay.
C’est mon secret.
* Nangis, M“ e d’Herbelay, Hilarion.
• NANGIS
A merveille t mais ce secret n’est pas si bien gardé qu’ou n'ait pu le pénétrer Un peu.
m“ c ù’herbelay, à part.
Je tremble.
NANGIS
Et maintenant il me revient à la mémoire certain propos que tenait tout à l’heure M. de Souvré, l'un des nôtres...
M me D’HERBELAY.
Et que disait monsieur de Souvré ?
NANGIS
Il prétendait avoir vu il y a six jours a Bordeaux monsieur le chevalier d’Essonne 1
M me d’herbelay, à part.
Grand Dieu !
HILARION
Quelle folie !
naSgis.
Silence! silence! petit vieux. (A M me d’fferbelay.) C’est impossible... n’est-ce pas, puisque tu étais ici... pourtant il y a un mystère que toi seul peux m’etpliquer...
M“ e d’herbelay, cherchant à se remettre.
Je n’ai rien à vous dire !
ÏÏÀNGlS.
Fort bien ! mais Souvré est de l’escorté, et il me dira quelque chose, lui!... (On entend un appel de trompette , Hilarion va à la fenêtre.) Voici la compagnie qui passe... je vais la rejoindre... je ne manque pas à mon service, moi, je ne désebte pas, moi. Je pars, Chevalier... mais, je reviendrai. Chevalier... je reviendrai ! Adieu petit vieux. (Il sort vivement.)