‹ Le chevalier d'Essonne comedievaudeville en trois actesChapitre 36 sur 60 · ACTE II, SCENE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XI

pour les nerfs... tenez, respirez-moi ça... Ce pauvre garçon, comme il est pâle... c’est fine Sÿttcope' {Il veut frapper dans là main de M me d’Herbelay, et en l’ouvrant il aperçoit id lettre.) Qu’estrce que c’est que ça ? oh ! la lettre do Bordeaux ! c’est cette lettre qui lui a produit cet effet-là ! C’est qu’il ne revient pas... (Lui mettant de Veau de mélisse sur SOU Mouchoir.) ReSpirez... ferme! (Retournant la lettre.) Qu’est-ce qu’on lui dit donc fié Bordeaux?... (Lisant.) « Ma chère sœur...» hein !... (Continuant.) Madame d’Herbelay à Paris, sous mon nom... (Parlant.) C’était sa sœur 1 voilà donc pourquoi je le trouvais si changé... c*ëtait une femme ! c’est une femmfe que monsieur le chevalier de Nangis vient de faire recevoir cornette ! Mais pourquoi ce déguisement?.., Ma foi... puisque j’ai commencé. (Lisant.) « Madame de Longueville... monsieur le Princè... » Ah! ah ! il y a là-dessous quelque conspiration. R Garde bien notre secret, car tu pourrais » payer de la liberté loti fraternel dévouement... Ce pauvre Nan- » gis payerait plus cher encore peut-être son innocente compli- » cité.*, enfin Hilaridn ldi-mêthe Serait sûrement compromis... j» et probablement pendu. » Pendu.

M me D’HERBELAY, revenant à elle.

Où suis-je ? que s’ est-il passé ?

H1LARION.

Oh ! voilà le chevalier qui revient à elle !

bP“ 8 D’hEhBELAT.

Maître Hilarlon ! Ma lettre entre ses mains!... oh I il sait tout!... ,

HILARION

Moi! au contraire!... Je ne sais rien.., absolument rien... madame !

M me D’HERBELAY.

‘ Oh! vous ne trahirez pas le secret que vous avez süt'pfis...

iflLARiOîY.

Je n’ai rien surpris du tout, je n’ai rien lu... je no sais pas lire... je soutiendrai que vous êtes le Chevalier d’Herbelay!... non... que vous n’êtes pas madame d’Essonne...

M me d’herbelaï.

Que dites-vOus?

HILARION

Je dis que je ne veux pas être pendu !

M mo d’herbelay.

Comment !

ftILARION.

Comment! parbleu, il n’y a pas deux manières dé l’être... et vous n’avez pas craint de ihe compromettre... de me...

LE CHEVALIER D’ESSONNE

, m“ <! d’herbelay.

Oh I rassurez-vous !... feindre plus longtemps est impossible... J’avouerai tout !...

HILARION

Miséricorde!... vous ne voulez donc pas que j’en réchappe ! vous voulez donc envover ce pauvre monsieur de Naugis a la Bastille ?

M me d’herbelay. > .

Je ne vous comprends pas !...

C’est pourtant bien clair... Est-ce que vous n'avez pas lu la fin de la lettre ?

M me d’herbelay.

Non! j’étais si troublée! (Elle parcourt la lettre des yeux.) Monsieur de Nangis compromis pour moi ?

HILARION

C’est la dernière ligne surtout qui est affreuse!... ( Lisant pardessus l’épaule de M me d’Herbelay. ) Hilarion lui-même serait sûrement pendu !

m”' d’herbelay.

Mais je ne le veux pas !

HILARION

Parbleu ! ni moi non plus !

M me d’herbelay.

Oh ! non ! je ne perdrai pas monsieur de Nangis... Il ne sera pas victime de sa noble et loyale confiance... à tout prix, je le justifierai... Mais quel parti prendre? que faire?...

HILARION

Ecoutez ! on n’a que des soupçons... il faut y répondre victorieusement.

m ” 8 d’herbelay.

Sans doute !... voyons, conseillez-moi... ,

HILARION

Madame, il faut prouver que vous êtes un homme ! m 1 ” 8 d’herbelay.

Mais...

Il n’y a pas de mais... il faut monter la garde... il faut monter Vésuve... et d’abord compléter votre équipement.

M me d’herbelay.

Vous avez raison ! l’audace seule peut me sauver... peut sauver Nangis !

HILARION

Et moi surtout! C’est donc bien entendu... vous ôtes un homme. Voici votre manteau, madame; ça vous va très-bien ! le baudrier... vous avez tout... vous voilà cornette au grand complet! (S arrêtant.) Ah ! nous oublions une chose essentielle!

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