ACTE III, SCENE VIII
que je te demande Régaillette, oh ! ma bonne petite Régaillette. (Lui pressant la main.) Une nuit est sitôt passée.
hilarion, à part.
Oh ! ça, mais... mais...
régaillette, à part, se dégageant.
Qu’est-ce qui lui prend donc ? (Haut.) Monsieur le Chevalier... ce que vous demandez... est impossible.
M me d’hERBELAY.
Il faut pourtant que cela soit.
OLIVIER
Oh ! c’en est trop !
RÉGAILLETTE.
Monsieur le Chevalier!... vous allez redescendre chez vous.
M m8 D’HERBELAY.
Non pas... h tout prix je resterai.
RÉGAILLETTE.
Mais c’est abominable... ou plutôt non, c’est une plaisanterie, oui, c’est cela, vous avez voulu punir un jaloux, vous avez deviné qu’il était là, qu’il nous entendait.
M mo d’herbelay.
Qui donc?
olivier, paraissant après avoir repoussé Hilarion ,
Moi, monsieur.
M m. d’herbelay.
Olivier !
OLIVIER
Oui, monsieur... moi.. .(Avec ironie.) Ce brave et loyal artiste que vous jugiez digne de faire un excellent mari.
RÉGAILLETTE.
Mon ami 1
hilarion, bas à M me i’Herbelay.
Pourquoi n’êles-vous pas restée chez vous ?
m“" d’herbelay, bas.
Parce que monsieur deNangis est installé dans ma chambre et qu’il y veut rester jusqu’au jour...
hilarion.
Miséricorde !
OLIVIER
Oh ! je comprends tout, maintenant... tout à l'heure monsieur d’Essonne me savait là, et cette fois il me croyait parti.
RÉGAILLETTE.
Olivier, je vous jure... Oh ! mais vous ne me croiriez plus..* Par grâce, monsieur le Chevalier, justifiez-moi... Mon parrain,
* Hilarion, M œe d’Herbelay, Régaillette, Olivier.
62 LE CHEVALIER IVEêSONNE.
d’un mot, me disiez-vous, j’éclaircirai tout ce mystère... Eh ! bien, ce mot, dites-le donc ?
HILARION
Oui, mon enfant... je le dirai... la semaine prochaine.
M me d’herbelay, qu'Jfilarion relient,..
Oh ! non... je parlerai... je...
HILARION, bas.
Pensez à votre frère, à monsieur de Nangis, à moi surtout.
OLIVIER
Vous le voyez... ils se taisent.
REGAILLETTE.
Oh ! mon Dieu ! mon.Dieu !... abandonnée par eux... méprisée par lui !!! Oh ! pourquoi vous ai-je quittés, bon parents que la charité m’avait donnes, vous ne soupçonneriez pas votre petite Régaillette... car vous l’aimiez vous... vous ne la repousserez pas, vous la croirez quand elle vous dira : Me voilà je reviens à vous honnête fille comme je suis partie.
HILARION
Que dis-tu ?
RÉGAILLETTE.
Je dis que je ne veux plus de ces belles robes qui coûtent si cher... je dis que je veux partir.
TOUS
Partir H!
régaillette.
Oui, demain, cette nuit, tout de suite.
Morceau « ENSEMBLE.
Air de la Barcarole.
RÉGAILLETTE.
Désormais Plus d’espérance.
Il doute de ma constance.
Ahl cachons-lui ma souffrance, Et fuyons-le pour jamais !
OLIVIER
Désormais Plus d’espérance.
Payer ainsi ma constance,
Ne songeons qu’à la vengeance, Puis fuyons-la pour jamais.
n me d’herbelat.
Jamais
Ma reconnaissance N’oubliera tant de souffrance.
Bientôt, je pourrai, je pense.
M’acquitter par des bienfaits.