CHOEUR
Air de M. Doche.
Ah! quel charmant voyage !
Douce rivière aux bords riants,
On vague sans orage,
Sur tes flots innocents.
Les garçons de l’auberge mettent la planche ; les voyageurs descendent à terre et entrent dans l'auberge, à l’aide des garçons qui Us débarrassent de leurs paquets. Tous ces mouvements s’exécutent sur un chœur général. RégailUtte accourue du dehors a examiné successivement et avec une
6 LE CHEVALIER D’ESSONNE
anxiété curieuse toutes les personnes qui descendaient du coche , comme si elle espérait trouver parmi elles quelqu’un qu’elle cherche.
REGAILLETTE, à part.
Personne 1
MAGLOIRE *
Eh bien, messire peintre, vous n’entrez pas déjeuner?
olivier, qui regarde Régaillette.
Voyez donc, patron, lajjolie fille... ce n’est pas une de nos voyageuses.
MAGLOIRE
Non...
RÉGAILLETTE.
Excusez-moi, monsieur le patron : pourriez-vous me dire si sur le coche... il y avait mon parrain? ( Olivier remonte vers l'aurberge pour déposer son petit bagage sur une table.)
MAGLOIRE
Son parrain !... (Il hausse le3 épaules.)
RÉGAILLETTE.
Ah ! c’est juste, vous ne le connaissez pas... 11 s’appelle maître llilarion.
MAGLOIRE
Je n’ai pas ce nom-là sur ma pancarte.
régaillette, à elle-même.
Il m’avait pourtant bien promis...
MAGLOIRE. ■ '
Attendez donc... il est venu à Paris, dans ma cabine, au quai Saint-Bernard, un petit vieux ratatiné...
régaillette.
Un peu laid?
MAGLOIRE
Très-laid !
Quel bonheur ! c’est lui !
MAGLOIRE
11 m’a remis cette lettre...
RÉGAILLETTE.
Pour moi?
MAGLOIRE
Comment voua ppelez-vous?
RÉGAILLETTE.
Régaillette.
MAGLOIRE
C’est ça. (Il lui remet la lettre.)
RÉGAILLETTB.
Ah! merci, grand merci, monsieur le patron... mais...
* Olivier, Magloire, Régaillette.