ACTE III, SCENE XII
M me d’herbelay, entrant avec Régaillette qu’elle tient par la main.
Viens, mon enfant ! Je puis donc enfin m’acquitter envers toi.
NANGIS
Qu’ai-je vu?
OLIVIER
Les traits frappants du Chevalier !
M” d’herbelay.
Priez monsieur le vicomte de vous montrer certain portrait qu’il garde trop précieusement... La vue de cette miniature vous apprendra tout.
nangis, tirant par un mouvement involontaire le portrait de sa
poche.
Expliquez-vous, de grâce.
M me d’heRBELAY.
Air du Baiser au porteur Sur votre coeur vous portiez cette image.
En lui faisant les plus tendres aveux,
Vous la voyiez comme dans un nuage,
Et cet être mystérieux Depuis long-temps est présent à vos yeux.
Qu'ai-je entendu !... Ces traits charmants que j’aime,
Ces yeux si doux... ce sourire enivrant...
„ipo d’herbelat.
Regardez bien et prononcez vous-même.
NANGIS
Jamais portrait ne fut plus ressemblant.
Oui, ce sourire et cette grâce extrême...
Jamais portrait ne fut plus ressemblant.
OLIVIER
Oh! madame!... Régaillette! {Il s’agenouille.)
M me d’herbelay.
Quand je vous le disais... Plus bas, plus bas...
olivier, ’à Régaillette.
Comme je suis coupable.
M me d’herbelay.
J’ai bien des torts à faire excuser, monsieur le vicomte... mais il fallait sauver mon frère.
NANGIS
Oui, mon ami d’Essonne ?
M me d’herbelay.
Son arrivée, que M 1 ’’® de Longueville s’est hâtée de m’ap prendre, m’a permis enfin de me faire connaître.
Très-bien ; c’est lui qui est en bas, lui, que je présenterai demain à M. do Souvré.
LE CHEVALIER D’ESSONNE
M ,n ' D’HERBELAY. «
Demain, monsieur, moi, je partirai pour Auxerre.
NANGIS
Partir... déjà ?
RÉGAILLETTE.
Mais vous ne le pouvez pas, madame.
M nle d’herbelay.
Comment ?
RÉGAILLETTE.
Nous sommes compromises, très-compromises, moi pour avoir soupé avec le chevalier d’Essonne, et vous...
m“° d’herbelay, plus bas.
Moi, pour avoir voyagé toute une nuit avec M. de Nangis. RÉGAILLETTE, haut.
Le mariage seul peut arranger tout cela, et je me dépêche de mç marier.
Oh ! je suis le plus heureux des hommes !
NANGIS
Permettez, madame n’a pas encore répondu. Si elle suit le conseil de Régaillette, je préviens celui qui s’estimera plus heureux que moi, que je le tue sur la place.
RÉGAILLETTE.
Hein ! comme il vous aime !
m“® d’herbelay.
Monsieur de Nangis... il y a entre nous deux un secret si délicat, qu’un mari seul doit le savoir.
NANGIS
Achevez...
m“* d’herbelay*.
Mon mari seul le saura. (Elle lui tend la main qu’il presse sur ses lèvres.)
RÉGAILLETTE.
Allons donc 1
NANGIS
Sangdieu ! ma belle, c’est à vous que nous devons tous notre bonheur, et il vous faut une récompense.
RÉGAILLETTE.
Une récompense !
M“ e d’herbelay.
Que désires- tu? parle.
Une chose... qu’à vous deux vous pourrez obtenir peut-être. M rae d’herbelay.
Eh bien, voyons, parle mon enfant.
* Hilarion, Nangis, Régaillette, M me d'Herbelay, Olivier.