SCÈNE VIT
LE BARON, SAINT-GEORGES, LA MOR- Lll'Ri:,DE LANCEAC, Chasseuls et Fi-
nUEURS.
(Le Clievaller est rn hihit de cl>as«: à l'an^i'jise. L"-* autres chassetsj ont descosiuiue» moins ricUts, mais dans le mruic genre.
cnast'R.
Al» : Vi«e la jeunesse, (ne du f.es.'.
V ivc , vive la folie , Vivent, vivent les amours; Eux seuls dans la vie, Donnent de beaux jours.
S&IMW:E0RGES, à part, et regardant la voiture qiù est au fond.
Cette voiture! je ne m'étais pas trompé!,» Ah! si je pouvais lu revoir !..
LA MOIU.IÈRE.
Le diable emporte ces maudits chiens , qui nous ramènent au Raincy!
SAlNT-GEOr.r.ES.
Que veux-tu? Ils ont été dépistés... etlcschevaux sont rendus!
LA morlii:re.
C'est la faute de la RmBcc l
PREMIF.n PIQIELR.
C'est M, le Chevalier qui me crie de tourner IV'tang...
rail)lou! il s'y jtUiit to[it droit., ra lui a fait perdre lu trie ! Mais, bail! nous retrouverons le ccrf... ou(iueIque autre î^ihier!.. £h ! tenez, je veux vous faire laire connaissance avec la plus jolie cabarctière...
TOI s, se rapprochant.
Une beauté !
LA MORLIÈnS.
Dans cette bicoque?
Le vin est détestable... Mais Thôtesse... du nectar!., et un mari jaloux!..
LA MORLIÈRE
Ce qui )a rend mille fois plus jolie !..
Vous allez en juger! (Criant et frappant sur la tn!)le avec son fouet.) Holà! hé... garçons! la tille, du bordeaux, du Champagne! ce qu'il va de mieux ! si vous en avez !
LE BARON, à part.
Quel tapage !.. quand ce serait le prince luimême!., et quelle ligure... faut-il que les femmes aient mauvais goût...
LA MORLIÈRE, au Chevalier.
Dis-donc, Saint-Georges!., tu ne vois pas?
Quoi donc ?
LA MORLIÈRE, 1«S
Le baron de Tourvel qui se promène, là...
SAINT-GEORGES, riaut.
Il pense à sa chute de cheval ! il ronge son frein !
LA MORLIÈRE, bas.
Tu sais qu'il te déteste !
Parbleu, je le lui rends bien.
LA MORLIÈRE
A cause de la petite Guimard! depuis qu'il te croit son rival!..
SAINT-GEORGES, riant.
Il voit tout en noir, n'est-ce pas?
TOUS, riant.
Ah! ah! ah! délicieux!
LE BARON, à part.
Je crois que le faf[uin s'est permis de rire en me regardant!., (S'api reliant d'un air résolu.) M. le Chevalier...
C'est vous, Baroii ! enchanté! vous ne suivez pas la chasse? est-ce que le petit accident de ce
niaiiii?..
LE BARON
^on , non... niais j'aura s deux mots à vous dire.
S'.ir-lc-chamr, Baron...
LE BARON
Non, tout à l'iiCdre ! (.Montrant un garçon qui a ...Dite des bouteilles et de> verres.) On vient de vuus servir, j'attencirai.
SAINT-GEORGES. saluaOt.
Comme vous voudrez.
it; chevalier de s vînt-georges.
LE BARON , à part.
Choisirai-je l'épée ou le pistolet ?
LA MORLIÈRE, basa Saint-Gcorgcs.
Qu'est-ce qu'il te veiU donc?
SAlNT-GEOncES, à mi-voix.
Qui sait? un coup d'épée, peut-être! je l'aime trop poiu- lui refuser ce petit cadeau-là ! (S'adressani au garçon.) Qu'est-ce que tu nous apportes là... toi? de la piquette!., j'ai demandédu Champagne... allons donc, mille diables!., l'ANCHETTE, entrant.
Là... là... là... pas tant de bruit, Messieurs, nous avons du monde comme il faut... une belle (bme qui s'habille là-haut!
saint-geor(;es, à part.
C'est la Comtesse! (Haut.) Hé... c'est la petite Fanchctte!.. le minois le plus fripon! Messieurs, je vous présente l'IIébé du Raincy... la merveille de ces bois!.. (ils l'entourent.) LE BARON, à part.
Le mauvais sujet!.. Au fait, elle est gentille, cette petite... il faudra que je lui dise deux mots.
FANCUETTE, se défendant contre les jeunes gens. Finissez doue...
Comment, tu es farouche!., une rosière de l'an passé!..
TOUS
Elle a été rosière.
Dans toute l'acception du mot! rien n'y manquait !
LA MORLIÈRE, lui prenant la taille.
Oh! alors...
SAINT-GEORGES, voulant l'embrasser.
Cela nous revient de droit...
FANCUETTE , sc défendant.
Eh bien!., a-t-ou jamais vu? ce moricaud!
S\INr-GE01\GES.
Ma figure le fait peur? tu n'aimes pas les bruns?
FANCUETTE, se défendant toujours.
C'est selon !.. mais dites donc. (En riant. ) Estce que c'est bon teint?
Tu vas le voir!
(Il l'embrasse, Julien paraît.)