‹ Le chevalier de Saint-GeorgesChapitre 17 sur 58 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

SAINT-GEORGES, puis M"* DE PRKSLE.

SAINT-GEORGES, regardant la fenêtre.

Allez... courez... moi, je me garderai bien de quitter la place ; car, si j'en crois mon pressentiment... (Voyant M"' de Presle.) Je ne m'étais pas trompé... la voici. (Il remonte vers le fond.) M°" DE PRESLE , en amazone du temps, cl sortant de l'auberge.

Une querelle... un accident, peut-être, (s'arrctanten le voyant.) Non... il est seul! SAINT-Gi:ORGES, s'approchant.

Mon Dieu, Madame, que je vous dois d'excuses! je vous ai ellrayée, je le vois...

M""" DE PRESLE , émue.

Oui... je l'avoue. Monsieur, ce bruit soudain... ces cris.

Ce n'est rien... ujie arme que j'essayais ! si j'avais su... Je donnerais tout au monde pour vous faire oublier une pareille maladresse... et si vous daigniez accepter mes services.

M"* DE PRESLE, le regardant.

Monsieur... (A part.) Ah! ce ne peut èlie lui...

SAINT-GEORGES , à part.

Comme elle me regarde !.. (Haut.) Vous alliez suivre la cUasse?.. Voidcz-vous que j'appelle vos gens...

M°" DE PRESLE , souriant.

C'est inutile!., de deux cavaliers qui devaient m'accompagiier , je n'en vois plus un seul... SAINT-GKOI'.GKS , vivement.

Je serais fier de les remplacer, parlez, disposez de moi. Madame... \ Sc reprenant avec respect.) Ne craignez liea , je .siiisde la maison de son Altesse , Madaine... et ce titre st;ul vous répond de mon respect... lors meiuc que voire vue ne le commanderait pas.

M"* DE i'i;i:sT,F. , à part.

Jasqu'au son de fit< voix. (Haut.) Si je ne m'abuse, c'est au chevalier de Saint-Georges que j'ai l'honneur...

SAINT-Gl^.ORGF.S.

Oui, Madame... (En soiiri;iiit.) Je suis assez reconnaissahle ]>(\v.v qu'on ne s'y trompe pets !,, »Mi cachet to«ti»aviiculiei-.

M"* depuP-Sm:, confuse.

Ah ! ce u'esl pas cola !

SMiNT-GEOUGES.

Nevfyjs on (!('!(':uicz pas. (Avec grâce.) C'est toujours un l)on!!(';ir (l'aUirfr l'allention dos (lames , et je hcnirai cet hciueux privilège s'il m'a valu un regurci de la plus jolie femme de la cour ]

M"" DE vi'.K.sLi;, à part.

C'est qu'il s'expiime fort bien.

SAINT-GEORCES.

Ai» (le l'Ernille 'le Saliit-Arelle.

On dit qu'en un lointain rivage,

'Monli 111.1 «a li^iir»-.;

«elle sombre et triste couleur,

r.sl le signe <le l'esclavage , Ah! pour toujours j'y consens de grand cœur. Tris (le l'esprit, des grâces qu'on admire, Dans ce pays où règne la beauté,..

Est-i! iMjssible qu'on désire

De retrouver sa liberté.

list-il possible qu'on désire De retrouver jamais sa liberté.

AI"" DE Pni'SLE.

En V('rité, Monsieur, voilà des complîmens!..

(Avec intention.) Vous n'êtes pas né en France?

S\INT-GE0RGES, vivement.

Non... non, Madame... je suis d'une famille

porliigaise , établie au Pérou... et qiii lors de l'a-

véiienient du vice-roi...

M"* DF, PRESLE, à part.

Allons.. .je suis folle!..

SAIM-CEORGES.

Mais à quoi bon voiîs onîrctcnir des liauts-fails de mes aïeux... il s'aj!:it de rejoindre la chasse... je me mets à vos ordres...

ni"" DE PKESLE.

Pour la première fois que nous nous rencontrons...

SAI\T-nEOI\GES.

Mon Dieu, en France, on se connaît sans s'être jamais vu... et si vous accepte?;? M"" DE Pi\ESLE, souriant.

.l'aurais peur de me brouiller avec trop de belles dames !

SAINT-GEORGES, avec fcu.

En est-il une seule, auprès de la charmante comtesse de Presle.

i\i°" DE PUESLE, vivement.

Vous méconnaissez?

SAINT-GEORGES, avec embarras.

Du tout...

M"" DE PKESLE.

Cependant ?

s\i;\ T-REORtr^s, se Ti-mettant.

Volrc nom ([ue j'ai eutcudii urononcer... du moMient qu'on vous a vue... djacmidoit s'informer...

M"' nr, PT'.ESi.E, à part.

0!i ! il y a ( uolqiie chose!., et je saurai... (iia:;t.) Mais je ne vois pas mes chevaux:

Qu'à cola ne ti-'ime... les miens sont là... (Mouirant la shkIic.) J'ai jusieuicût ttoe petite

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