‹ Le chevalier de Saint-GeorgesChapitre 40 sur 58 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Mêmes, LE BARON, en désordre dans le costume de chasse du premier acte et le fouet â la main.

LE BARON, qui entend le dernier mot.

Oui, c'est heureux! j'ai cru que je n'en sortira'K pas !

TOUS, le regardant.

Ab!bon Dieu!

M"" DE PRESLE

Quel désordre!

M. DE BOULOGNE

Et quelle toilette !

LE BARON

Négligé de prison!..

M"* DE PRESLE

De prison!

M. DE BOULOGNE

D'où venez-vous donc ?

LE BARON

? Bé, parbleu, de la Bastille f

LE CBËVALTCR de SAINT-GliORGES.

TOOS.

De la Bastille!

M. DE BOULOGNE, étouffant un éclat de rire qui le surprend.

Quoi... comment... c'était vous! (Bas.) Maladroit !

M"* DE PRESLE, riant aux éclat.'. Quoi , Baron , c'était vous !

LE BARON

Oui... oui, c'était moi! ils ont une manière de prendre part à mon accident, qui n.c met en fureur !.. (Avec dépii.) Oui... la Basiil!':... c'est très gai!., j'avais beau leur dire : mnis, regardez-raoi donc!., voyez le signalemor.; '.. c'est le jour et la nuli!.. ils prétendaiem que ça ne prouvait rien, que tous les sitritaleniens se ressemblaient,., témoin les pnssc |ji)ris!.. j'aurais donné mille louis... pour les faire jtier dans un cul de basse-fosie!.. et niaiiennni (jue le gouverneur m'a délivré, j'en donnerais dix raille pour retrouver le traître... (ii lève les yeux et aperçoit le Cnevalier qui rit avec M"* de l'rcsle.) Ah! le voilà'

Bonsoir, Baron !

LE BARON

Ah! c'est VOUS, Monsieur...

SAINT-GEORGES, d'un air goguenard»

Vous avez fait un bon vo\ a^^e ?

LE BARON , s'empnrtant.

Monsieur!., je voils ferai rougir!

SAINT-GEORGES, riant.

Ah ! vous me rendrez service !

LE BARON

Du trait infâme!

M"' DE PRESLE

Messieiu-s...

M. DE BOULOGNE , bas au Baron, Taisez- vous!..

LE BARON

Du tout !

M. DE BOULOGNE, bas.

Vous allez vous faire une querelle!

LE BARON

Tant mieux.

SAINT-GEORGES, raillant.

Allons, allons, Baron, vous êtes un ingrat. Moi, qui y ai mis tant de bonne grâce... Demandez à v( tre père... Je suis siir qu'au fond du cœur il m'excj^e.

M. DE BOULOCNt.

Oui... Laissons cela.

LE BARON

Qu'est-ce que ça me fait, quM vousexcuse?.. ■.''^l\ fais juge toute la soci(''t(' !

SAINT-GEORGES, de même.

Ah! volontiers... J'y consens, parce que mol, daî-'ord, je ne suis pas entêté... Si j'ai tort, j'en conviendrai... Voyons, Baron, racontez la chose.

LE BARON

Certainement.

M. DE BOULOGNE , 1)35

Mais, taisez-vous donc !

LE BARON , avec feu.

Non pas... Figurez-vous, m srlaincs, qae

monsieur était dans une voiture... Il s'en vient me conter qu'il va à un rendez- vous avec ane certaine personne... pour qui j'ai précisément.. (Il rencontre le regard <Je M"* de Presle qui récoiitc et s'arrête.) Oh!., c'est ûnL.. jesuls nn homme noyé!..

M. DE BOULOGNE , à part.

De mieux en mieux.

SAI>T-GEt*RGES.

Eh bien!., vous votfs arrêtez à moitié chemin?

M"* DK PnESLE.

Continuez donc... Une personne pour qel vous aviez...

LE BARON, balbutiant.

Non... non, au contraire... c'était hri, parce que, moi... Ah bien! oui... j'ai tourné les talons... pst! Voilà le fait.

M"' DE PUESLE , riant aux éclats.

Et c'est pour cela qu'on vous a conduit à la Bastille?..

SAINT-GEORGEâ.

Ce n'est pas ça du tout !.. Vous ne voulez pas conter l'hisloirc. Baron?., alor» , je vais la conter, moi! Figurez-vous, mesdames...

LE BARON

Non... non... c'est inutile, vous dis-je !.. (Avec dépit.) Je sm*s content...

Ah ! si vous êtes content...

LE BARON , avec dépit.

C'était lUie gageure... Je reconnais que monsieur l'a gagnée. (Entre ses dents.) Et je la lui paierai à la première occasion !

(On entend l'air de danse qui reprend.) M. DE BOULOGNE.

Très bien... très bien... d'autant que le menuet vous réclame.

LE BARON , posant son touet sur le clavecin et mettant ses gants, te menuet ! malepeste... j'arrive à temps... Comtesse , vous savez que le premier m'appartient....

SAK^T-CEORGES, sc mettant devant lui.

Non... non... non... pardon...

LE BARON

Comment?..

M"* DE PRfiSLE.

Vous n'éiiczi pas là. Baron; et, ea votre absence, j'ai invité monsieur.

LE BARON

Encore lui?..

Oui... Vous avez besoin de repos... Quand on a couru la poste !..

»r" DE l'RESLE, avecmaiice, etdonnant-la mainau Chevalier..

Diiillcurs, vous aviez pris sa place, ce matin; il peut bien prendre la vôtre, ce soir.

CHOEUR

Am ' Ali ! c'nt nom f*l»»oMr«^«. (ii Titjiioi.)

Courons tous prendre plac« Pour admirer ^a grâce!

L'archet joyeux, du bal.

t donné le signal.

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