SCÈNE NEUVIÈME 4i
MADAME DE RÉNAT.
Commencé.
.KABOUL, baissant la voix.
GhutI regardez.
MADAME DE RÉNAT, de même.
OÙ cela?
RAOUL
Au pied de la charmille à droite... N'ayez pas Tair... Voyez-vous du blanc? C'est sa robe... C'est elle! J'étais bien sûr qu'elle reviendrait pour nous écouter.
MADAME DE RÉNAT.
Oui. Eh bieni maintenant?
RAOUL
Eh bien f maintenant, allons nous asseoir sur le banc, là-bas, près d'elle, et ne disons plus que ce qu'il faut qu'elle entende.
MADAME DE RÉNAT*
Mais quoi?
RAOUL
Oh! mon Dieu, quelques reproches de vous parce que je l'épouse, quelques excuses de moi parce que je vous oublie, cela suffira. C'est l'afiaire de cinq minutes... Laissez-moi parler, vous aUez voir, je ne vous demande que la réplique. Venez sur le banc.
MADAME DE RÉNAT.
Je ne sais pas si c'est moi qui suis béte, mais je ne comprends pas...
RAOUL
Mon moyen... Mais la jalousie, matante, la classique et infaillible jalousie! rendons-la jalouse et voilà l'é-
tincellel Qu'elle eroie que vous m*aYez cumé et elle m*aimera aussi, c'est fatal, c'est le chien du jardinier celai Vous verrez Teffet et dès ce soir... Venez sur le bancl
MADAME DE RlÂNAT.
Laissez-moi donc tranquille, n est inepte, votre moyen!
RAOUL
Inepte, c'est entendu, mais essayons-le, qu'est-ce que cela vous fait? puisque je ne tous demande que la réplique et de venir sur le banc! Rendez-moi ce service enfin... Venez donc sur le banc, matante! Âhl tenez, je ne sais pas!... il y a quelque chose!... Vous ne voulez pas que je l'épouse décidément!
MADAME DE RÉNAT, lai repreoant I0 brtfl
Je ne veux pas!
RAOUL
Non
MADAME DE RÉIIAT.
Allons sur le banci
Bile Pflntraiae.
RAOUL
Comprenez donc le prestige...
MADAME DE RÉNAT.
Allons sur le banc!
RAOUL
Plus bas!
MADAME DE RÉNAT, 3)as.
Allons siu* le banc !
lis vont yers le bane.
8GËNE NEUVIÈME 43
RAOUL, bas.
Maintenant asseyez-vous... (ils s'asseoient.) plus près, ma tante... encore plus près!
MADAME DE RÉNAT, bas.
Inepte I nous avons Taîr de jouer la comédie de société... Enfin!... Elle est toujours là?...
RAOUL, bas.
Oui. Mais si nous ne disons rien...
MADAME DE RÉNAT, bas.
Mais parlez, vous, parlez!...
RAOUL, bas.
Vous y êtes?
MADAME DB RÉNAT, bas.
Oui, oui,. allez!
RAOUL, haut.
Chère Léoniel
MADAME DE RlÊNAT, se levant.
Hein?... (se rasseyant et bas.) Ah! oui, c'est vrai! Enfin! vous ne direz pas que j*y mets de la mauvaise volonté, j'espère.
RAOUL, haut.
Chère Léonie, après une liaison de plus de trois années. • •
MADAME DE RÉNAT, bas, réclamant.
Comment plus de trois années!... Eh bien, et le général?...
RAOUL, bas.
Mais qu'est-ce que ça tait? puisque...
44 L'ÉTINCBLLR
HA.DAUE DE RÉN T, Imuu
Gela fait, cela fait!,,, je n*étaîs pas veuve... trois années!
RAOUL, bas.
Deux années, là I Ah 1 si cela commence comme ça. Comprenez donc que c'est pour rire. (Haut.) Après une liaison de plus de deux années, si je me décide à rompre, si j'en épouse une autre, le moins que je vous doive, je le reconnais, c'est l'explication que vous m'avez demandée.
MADAME DE RÉNAT, bas.
Enfantin!
RAOUL, bas.
Infaillible! (Hant.) Cette explication, elle sera franche, loyale, courte surtout, car je vous la donnerai d*un seul mot : Vous ne m*aimez plus, Léonie ! (suence. -^ Bas A madame de Rénat.) Eh bien! répondez- lïioi quelque chose I
MADAME DE RlÂNAT, bas.
Quoi?
RAOULf bas.
Quoi!... Cher Raoul, je vous aime toujours, plus que jamais, quelque chose, enfin, allez donc, ma tante, allez donc!
MADAME DE RÉNAT, haut.
Mon cher Raoul...
RAOUL, bas.
Mais non, pas : Mon cher... comme c*est passionné! cher tout court, cher Raoul !
MADAME DE RÉNAT, bas.
Ah! mais moitié n'ai pas l'habitude....
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