SCÈNE PREMIÈRE
une marquise! et elle prend Alexis!... Du reste, la pièce n'a s eu aucun succès!... Pardon, il me semble qu'on a frappé?
LA BARONNE, à Mariette.
C'est sans doute M. Paul de Russac, laissez entrer*.
MARIETTE, entr'ouvrant la porte de l'angle à gauche.
Madame, c'est M. le baron !
LA BARONNE
Mon mari I mais je ne peux pas le recevoir. Je ne suis pas vêtue.
MARIETTE
M. le baron demande si madame a vu M. Paul aujourd'hui?
LA BARONNE
Mais non, pas depuis deux jours, vous le savez bien.
Mariette rend la réponse et repousse la porte. LE COIFFEUR.
Madame remarquera que je ris.
LA BARONNE
Et pourquoi riez-vous, monsieur Edmond?
LE COIFFEUR **
C'est qu'il m'est arrivé, il y a peu de temps, une histoire étrange dans des circonstances analogues. (A Mariette.) Mademoiselle, veillez poser votre main ici, non!... plusbas... là, très-bien!... (A la baronne.) Je donnais à... une dame que je ne nommerai pas, des soins qu'elle a tout intérêt à dérober aux regards.
LA BARONNE
Madame Nunez?
LE COIFFEUR
Oh! madame. Un coiffeur est un confesseur. Comme j'avais l'honneur de vous le dire, je coiffais cette dame, dont le principe capillaire est fort affaibli pour ne pas dire plus, et juste au moment où je mariais la fable avec la vérité, la porte s'ouvre, le colonel entre brusquement...
* Mariette, le qpiffeur, la baronne.
' ** Le coiffeur, la baronne, Mariette.
4 LE irONDE OU L'ON S'AMUSE
LA BARONNE
Ahl le colonel 1 C'est Pépita,, j'en étais sûre. Elle a trop de cheveux pour en avoir assez !
LE COIFFEUR
Ah I mon Dieu ! quel lapsus inpardonnahle ! Une si bonne ctiente 1 une liaison si ancienne et si respectable I
LA BARONNE
Le colonel entre brusquement?...
LE COIFFEUR
Il entre brusquement, la dame se lève effrayée, et... ses cheveux me restent dans la main. Vous concevez ma position.
LA BARONNE
Et la sienne aussi... Avez-voqs terminé?
LE COIFFEUR
Je me hâte, madame, je me hâte. En vérité, je ne sais qu'une chevelure pour être aussi abondante... Encore esleile brune, c'est-à-dire, moins fiue. C'est celle de madame de Yéret, la sœur de M. Gaston.
LA BARONNE
Aie I faites donc attention, vous m'épiiez !
LE COIFFEUR
Est -il possible! je suis désolé. Madame aura fait un mouvement, (a Mariette.) Mademoiselle, les fleurs, je vous prie... je suis désolé néanmoins... un jeune homme charmant et qui a eu de singulières aventures. Madame le connaît assurément.
LA BARONNE
Non!
MARIETTE
Mais, madame, c'est...
LA BARONNE, l'interrompiaU
Et quelles aventures?
LE COIFFEUR
Quelles?... Ahl pardon, je ne suivais point, mais les plus singulières... Il y a surtout une certaine histoire de bal d'Opéra I...