‹ Le chien d'or [microforme]Chapitre 38 sur 73 · TI · texte numérisé non relu

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Il ne doutæit nullement que le château serait soumis à la plus minutieuse investigation. Il connaissait de la Corne St. Luc. La chambre secrète ne serait plus un asile inviolable.. Et puis, plusieurs personnes la connaissaient cette chambre, D'anciens serviteurs qui se trouvaient maintenant au service de ses ennemis peutêtre.. Il ne savait pas, après tout.

Dans tous les cas, dame Tremblay était en possession du secret, cet la charmante Joséphine qui survivait en elle pouvait encore se laisser tenter.

Il fallait donc, à tout prix, éloigner Caroline et la . cacher mieux, jusqu’à ce que la tempête fût passée.

Dès le jour qui suivit la séance du conseil, Bigot partit pour les Trois Rivières. Il prétextait une affaire de la plus haute importance. Cette affaire, nul ne put la deviner et chacun se perdit en conjectures,

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t46 LE CHIEN D'OR

Il s'aboucha avec une bande de Montagnais et leur demanda d'emmener avec eux, déguisée en indienne, une jeune fill blanche qu'il voulait soustraire à la vengeance de ses ennemis.

Le marché fut vite conclu, et le vieux chef jura de prendre le plus grand soin de la jeune fille, etde faire garder par sa tribu un secret inviolab'e sur cette affaire.

En retour, il eut la promesse que sa tribu serait amplement pourvue de poudre, de couvertes et de toutes sortes de provisions.

Bigot avait besoin de quelqu'un pour l'aider à mettre ce projet à exécution. Il faudrait conduire mademoiselle de St. Castin aux Trois-Rivières, et veiller à la fidèle exécution de l'engagement.

Il était entouré d'amis: Les amis que les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs liaient ensemble. Ils se seraient hâtés de se rendre à ses désirs ; mais ces voluptueux, ces débauchés auraient, de leur souflle impur, souillé la candeur de la jeune victime. Il ne voulait pas l’exposer à leurs regards incontinents.

—Qu'ils s'amusent aux dépens des autres femmes, pensa-t-il, je m'en moque pas mal! Mais ils ne profaneront jamais le nom de celle-ci !.…

Il évoquait tour à tour ses dignes associés, comme pour en chercher un à qui confier le précieux dépot, et tour à tour, il les flagellait et les marquait au front du fer rouge de la réprobation.

—Varin! un rusé coquin qui flagorne l'Eglise et

- cajole sa tante, la supérieure des Ursulines, pouren obtenir des faveurs ! un fripon qui vendrait tout le

monde pour un denier!

Pénisault! un maudit chien qui volerait avec plaisir les pauvres Montagnais! un lâche qui n’a pas du tout l'esprit aventureux, ni l’âme courageuse !..

Le Mercier, un parasite, un ambitieux fripon qui essaie de pêcher les faveurs de la Pompadour... Il

me t

De quan avar!

les

Parmi tous ses associés, Bigot n’en voyait qu'un dont le caractère franc, quoique brutal, lui inspirait une parfaite confiance. (C'était Cadet. Il était hardi et aventureux. Il enviait le bien des autres, mais il prodiguait le sien. Il reposait en Bigot la foi la plus profonde, le regardait comme le roi des bons lurons, jurait par lui, et le servait avec plaisir.

Bigot lui dit un mot à l'oreille. C’était au palais, au milieu des amusements les plus entraînants; Cadet laissa le jeu immédiatement. Il ne s’occupa nullement de finir la partie.

En trois minutes, il eut chaussé ses bottes à éperons et fut prêt à monter à cheval.

Pendant qu'il attendait, le fouet à la main, dans un coin de la pièce, que le groom amenäât les chevaux, Bigot lui dit ce qu’il espérait de son dévoue-

ment.

Il lui révéla le nom de la dame de Beaumanoir, lui raconta les incidents du conseil, les ordres du roi, la lettre de la Pompadour.

-—Il faut, affirma-t-il en terminant, qu’elle soit éloignée du château, et je vous charge de la conduire secrètement aux Montagnais des Trois-Rivières.

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