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Le vieux gardien se leva au bruit que firent les chevaux, et se hâta de sortir pour voir quels étaient ces hôtes inattendus.
Bigot et Cadet attachèrent leur monture en dehors de la barrière et s'avancèrent à pied. Ils ne voulaient éveiller personne.
Ils rencontrèrent Marcel, le portier.
—Rentre, Marcel, lui dit Bigot, et ne fais point de bruit. Va dire à dame Tremblay qu’elle se lève tout de suite et que je désire lui parler. J'attends des amis.
—]I1 me répugne de mentir, reprit Bigot avec aigreur, même à un valet... Qui sait les recherches qui vont avoir lieu ? Pas une mauvaise herbe ne se multiplie autant qu’un mensonge. Une mauvaise plante peut couvrir la terre, mais un mensonge peut remplir l'univers.
—C'est vrai, Bigot, répondit Cadet, et je n’aime pas à mentir souvent; mais c’est parce que je suis d'opinion que la vérité est une meilleure arme que le mensonge. Si le mensonge devait frapper mieux, je ne vois pas trop pourquoi je ne l’utiliserais pas.
Le portier revint dire que dame Tremblay était debout et prête à recevoir son maitre.
—Prends soin des chevaux, Marcel, ordonna Bigot.
Et, suivi de Cadet, ilse rendit à l'appartement de la ménagère.
—Bonjour, dame Tremblay, fit-il, conduisez nous à la grande galerie.
La charmante Joséphine des jours anciens exécuta sa plus gracieuse révérence. Elle tremblait un peu, comme si sa conscience n'avait pas été blanche comme la neige. Cette brusque arrivée de l’Intendant ne lui présageait rien de bon.
Excellence, répliqua-t-elle, je suis votre humble servante en tous lieux et toujours : vous n’avez qu’à ordonner et j’obéis.
—C'est bien ! c’est bien! riposta Bigot. Allons et ne faisons pas de bruit.
Il était impatienté. Dame Tremblay prit une bougie dans chaque main et précéda les denx gentilshommes jusqu’à la grande galerie qui communiquait avec la chambre de Caroline. Là, elle déposa ses bougies sur une petite table, et les mains croisées sur son tablier, elle attendait de nouveaux ordres.
—Madame, dit Bigot, j'ai mis en vous toute ma confiance, et je crois que vous avez toujours été une servaute fidèle. Aujourd’hui, je vais vous donner une nouvelle marque de mon estime.
—Oh! Votre Excellence ! s'écria la vieille ménagère toute ravie, je voudrais mourir pour vous prouver mon dévouement.
—Ïl n’y à pas beaucoup de serviteurs qui partagent ce sentiment, et je n’y crois guère moi-même, reprit Bigot. N'importe ! je crois que vous avez veillé avec la vigilance promise sur la dame confiée à vos soins. N'est-ce pas ?
—Mon Dieu: mon Dieu! pensa la ménagère en pâlissant, il aura entendu parler de la visite de cette misérable mère Malheur et il est venu m'’égorger 1Clo..e
Elle balbutia :
—Oh oui ! Excellence! J’en ai pris un soin tout particulier de cette belle dame! Un ange! comment aurais-je pu l'oublier, la négliger ?
—Je vous remercie, dit Bigot presqu’attendri.
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Vous avez fait votre devoir. Maintenant dame Tremblay, j'ai un nouveau secret à vous confier ; le garderez-vous bien ?
—Si je le garderai! Seigneur Dieu !
Le courage et l’audace lui revenaient.
—Tenez ! Excellence, continua-t-elle, la statue de marbre de la grotte parlera avant moi! je meurs avec mes secrets! Quand j'étais la charmante Josépue du lac Beauport, je n’ai jamais révélé, même
confesse, les noms de ceux qui...
—Tut! tut! fit Bigot, que certains souvenirs déridaient, j'ai plus de confiance à dame Tremblay
u’à la charmante Joséphine. Si tout ce que l’on it est vrai, vous étiez une joyeuse et jolie fille, en ce temps-là.
Ce colloque entre le maitre et la ménagère faillirent arracher à Cadet un de ces rudes éclats de rire qui pouvaient ébranler le château.
—Je me mettrais dans le feu pour vous servir, affirma dame Tremblay, en se pavanant d’aise.
—Eh bien ! lui apprit l’Intendant, nous sommes venus chercher cette chère enfant pour la mettre en un endroit plus convenable; et si jamais l’on vous questionne à son sujet, vous direz qu'elle n’est jamais venue ici et que vous n'avez jamais entendu parler d’elle.
—Non seulement je le dirai, mais j'en ferai le serment, si vous l’exigez !.. Pauvre jeune dame! Puis-je vous demander où elle va ?
—Non, pas maintenant, mais soyez certaine qu’elle sera bien traitée. Vous comprenez cela? quand vous étiez la charmante Joséphine, vous deviez parfois, vous entourer de mystères, et il vous fallait agir avec
rudence.. Cette pauvre jeune fille n’a pas l'habifeté de la charmante Joséphine et il faut lui venir en aide.
Dame Tremblay souriait avec complaisance.
—Bien ! ajouta l’Intendant, vous comprenez, n’est-
ce pas? Allez la trouver, maintenant. Présentez-lui nos compliments. Dites-lui que nous sommes fâchés de la déranger à pareille heure, mais qu’il est indispensable que nous la voyions immédiatement.
Dame Tremblay, toujours souriante depuis que Bigot avait évoqué sa AP se hâta de se rendre auprè: de mademoiselle de St. Castin.
igot, un peu soucieux, se demandait si la captive se soumettrait de bon gré à cette pénible nécessité. Cadet aurait voulu transporter à la Tuque, toutes les femmes de la Nouvelle-France, afin d'éviter de nouveaux ennuis. S
Ils demeurèrent silencieux. écoutant le bruit des pas qui s’éloignaient.
Un chien se mit à aboyer au loin dans le calme de la forêt.
Après quelques minutes la ménagère remonta.
—Mademoiselle n’est pas dans sa chambre, ditelle, eie est descendue à l’oratoire, pour prier dans le silence, suivant sa coutume, et elle désire n’être jamais dérangée en ces moments-là.
—Fort bien ! dame Tremblay, répondit Bigot ; en ce cas, vous pouvez vous retirer. Je descendrai la rejoindre dans la chambre secrète... Pauvre enfant ! ces veilles la fatiguent, la tuent !.…
Si elle n’est plus ici demain matin, souvenez-vous, dame Tremblay, des recommandations que je viens de vous faire. Un silence absolu, une discrétion à toute épreuve ! Tenez votre langue entre vos dents blanches... Elles sont encore comme l’ivoire, vos dents.
Bigot la flattait pour la rendre plus fidèle, car elle aimait mieux un compliment qu’une bourse d’or.
—Fiez vous à moi, Excellence! assura la vieille vaniteuse et elle rit pour montrer l’ivoire de ses dents. Fiez-vous à moi! je n’ai jamais trompé un gentilhomme! Le sieur Tremblay, on n’en parle point, il ne l'était pas. Quand j'étais la charmante
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Joséphine du lac Beauport... Je sais bien que tou: est vanité; mais tout de même, en ce temps-là, mes yeux et mes dents avaient de la renommée !…
—Le lac Beauport n'a rien eu de pareil depuis lors, reprit l’Intendant... Mais, chut! pas un mot de plus, si vous voulez me faire plasir, et bonne nuit !
—Bonne nuit, Excellence !
Cadet, pensa-t-elle, ne s'occupe pas des femmes ; il ne mérite pas qu’on s'occupe de lui.
Elle entra dans sa chambre, se plaça devant son miroir pour se regarder les dents, et se mit à prendre des poses comme une jeune fille coquette.
Bigot demanda à Cadet de l’attendre dans l’antichambre, et il se dirigea vers la chambre secrète.
Il descendit l’escalier et frappa à la porte, en appelant d’une voix basse et douce :
Caroline ! Caroline!
Nul ne répondit. Il s’étonna, car elle avait coutume d’accourir à sa voix.
Il frappa plus fort ; il appela.
Hélas ! il aurait pu frapper et appeler éternellement! La voix qu’il aimait tant était à jamais muette.
Il soupçonna un malheur, poussa la porte et entra. La chambre était pleine de lumière, et sur le parquet gisait une forme blanche.
Il ne vit que cela. Les yeux de la morte regardaient comme regardent les morts. Une de ses mains pressait sa poitrine, l’autre, étendue sur le tapis, tenait encore quelques feuilles du fatal bouquet.
Bigot demeura stupéfait, épouvanté., Un instant après, il sé laissa choir sur ses genoux, auprès du * cadavre, en poussant un cri d'angoisse. Il crut d’abord qu'elle n’était qu'évanouie. Il lui toucha le front, les lèvres, les mains ; il voulut écouter battre son cœur et son cœur ne battait plus. Il lui souleva
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la tête et sa tête retomba comme un lis dont la tige s’est rompue.…. Il vit qu'elle était morte.
Il jeta une clameur comme fait un homme livré à la torture. Alors s’éveillèrent les habitants du chàâteau, et chacun, pour écouter, leva avec inquiétude la tête de dessus son oreiller. Nul autre cri ne retentit; Bigot avait tout à coup repris possession de lui-même. Il ne fallait pas répandre l'alarme dans la maison et courir au-devant du danger qu'il cherchait à fuir.
Avec une volonté de fer, il dompta sa douleur et réprima les sanglots qui le suffoquaient.
Cependant Cadet avait entendu. Il devina une horreur et se précipita vers la chambre secrète. En entrant, il aperçut Bigot à genoux qui soutenait dans ses bras et couvrait de baisers et de pleurs la tête pâle d’une jeune femme.
Ce tableau saisissant toucha son âme dure. Il comprit que la jeune fille qu’il venait chercher était morte. Comment ? il l’ignorait.
Le cri de Bigot avait pu réveiller les gens, et le danger était grand maintenant, plus grand que jamais. C’est à cette heure critique qu'il fallait se montrer de bon conseil et dévoué.
Il s’approcha de l’Intendant, lui dénoua doucement les bras, et fit descendre avec précaution la
. tête de la morte sur le plancher.
—Bigot, murmura-t-il, soyez calme ! soyez calme ! De la prudence mon ami! Ne donnez point l'alarme ! Quelle terrible affaire ! Allons dans une autre chambre ; délibérons froidement et voyons ce qu’il nous reste à faire.
—0 Cadet! Cadet! gémit l’Intendant toujours à genoux, elle est morte ! elle est morte! Morte au moment où je tenais le plus à la rendre heureuse! Morte, elle que j'aimais tant! ... Oh ! qui donc a pu commettre ce sanglant forfait?
—Qui ? on ne le sait pas; mais vous n'êtes pas
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mort, vous, et vous vivrez pour la venger ! répondit Cadet dans sa rude nest
—Je donnerais ma vie pour la rappeler de la tombe, Cadet. Oh ! si vous saviez comme je voulais dignement réparer le mal que je lui ai fait!
—Je devine tout, mais venez, mon ami, montons : allons délibérer.. Damnées femmes! vivantes ou mortes, elles font le tourment de l’homme !
Bigot était trop abimé dans son désespoir pour faire attention aux remarques de Cadet. Il se laissa entraîner dans une autre pièce, loin des restes chéris de sa bien-aimée.
Cadet essaya de l’irriter. Sa nature grossière aimait mieux la colère et le ressentiment que les pleurs et la pitié.
Voyons! dit-il, vous êtes un homme, Bigot ! du courage ! Je ne voudrais pas, moi, pour toutes les femmes de la terre et du Paradis, me décourager ainsi. Vous m'avez amené ici et vous devez me faire sortir sain et sauf de ce repaire de meurtrier.
—Oui, Cadet, répliqua l’Intendant, piqué du ton acerbe de son ami, je suis tenu de veiller à votre sûreté, et j'y veillerai... Quant à moi, je suis indifférent à tout ! Pensez et agissez pour moi...
—C'est ce que je vais faire. Écoutez bien. Si le gouverneur apprend cet assassinat, s’il apprend que nous sommes venus ici, pendant la nuit, pardieu! il nous accusera et le monde l’approuvera.
Je ne tiens pas à être accusé du meurtre d’une femme, et je tiens encore moins à être pendu sans l'avoir mérité. Je ne risquerais pas mon petit doigt pour toutes les femmes du monde, à plus forte raison, mon cou pour une seule !
—Vous avez raison, Cadet, fit l’Intendant en se dressant debout. Une pareille accusation me rendrait fou... Qu'allons-nous faire ?
—Parbleu ! vous voilà raisonnable... C2 que nous
allons faire ? L’emmener. Nous sommes venus pour cela, si je me rappelle bien.
—Oui, mais comment l'emmener ? comment la sortir d'ici sans Ôtre aperçus!
Cadet se mit à arpenter la pièce en se passant la main sur le font, en se tordant la moustache.
—Pardieu! Bigot, exprimat-il, je crois qu’il vant mieux l’enterrer ici, dans le caveau qui se trouve sous la chambre secrète,
—Comment ! l’enterrer ?
Bigot tombait dans l’étonnement.
—Oui, l’enterrer ! Pour détourner les soupçons de notre tête il nous faut achever l’œuvre infernale des autres... Une jolie tâche, par Dieu! et si je ne craignais pas d’être entendu, jerirais à gorge déployée.
—Mais qui creusera la fosse ? C2 ne sera ni vous, ni moi!
—Pardon! vous et moi! J'ai appris à creuser et à bêcher, dans ma jeunesse, à Chérlééionre. et plus tard, à Louisbourg, quand nous avons fait des tranchées. Je m'en souviens encore... Où trouverons-nous des instruments? Vous êtes le maître de céans et vous devez le savoir.
—Moi? et comment le saurais-je >. Mais c’est affreux, Cadet, cela... l’'enterrer comme si nous étions ses assassins |... N’y a-t-il pas d'autre moyen?
—Je n’en vois pas! Nous sommes dans une terrible impasse, tirons-nous-en le mieux possible... Si le crime est découvert, nous serons accusés... Puis, si jamais la Pompadour apprend que vous avez gardé cette fille dans votre château, elle vous poursuivera certainement de sa jalouse rancune et vous ruinera.
Venez! c’est assez de paroles, agissons ! Où sont les outils ? |
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dans la v —Allo sage sout adet veau à l:
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gence. | pas tout.
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Bigot comprit qu'il fallait faire taire sa répunance et agir immédiatement. Il se souvint que es jardiniers déposaient leurs instruments aratoires
dans la vieille tour.
—Allons! dit-il à son compagnon, suivons le passage souterrain.
adet lui prit le bras et ils descendirent de nouveau à la chambre secrète.
Bigot paraissait faiblir en approchant du lieu du crime.
—Soyez ferme! murmura Cadet, soyez ferme !
La lampe répandait toujours dans la pièce funèbre sa brillante lumière.
—Cherchons donc, proposa Bigot, nous trouverons peut-être quelque trace des coupables.
Ils regardèrent attentivement, mais rien ne paraissait dérangé dans la chambre, Seul l’écritoire restait ouvert et ce qu’il y avait dedans était bouleversé.
Ils eurent la pensée que des voleurs étaient venus.
—Gardait-elle beaucoup d'argent ? demanda Cadet.
—Pas que je sache, répondit Bigot. Elle n’en demandait jamais la pauvre enfant ! et je ne lui en offrais point... Pourtant, je lui aurais donné de grand cœur tout le trésor du roi...
—Elle en avait peut-être quand elle est venue ici?
—Peut-être mais je n’en connais rien...
Pourtant, affirma Cadet, en montrant le tiroir en désordre, ceci indique un voleur...
—Mais pourquoi l’avoir tuée, l’infortunée ? pourquoi? Elle aurait bien donné sans regrets tous ses joyaux, toute sa fortune !...
—[l y a là un mystère qui surpasse mon intelligence. Le vol parait manifeste, mais il n’explique pas tout. .il n’explique rien.
Bigot s’agenouilla près de Caroline, lui prit la
main et l’embrassa,
ET RE Re D Re ed
C'était la main qui tenait les restes du bouquet. Il fit remarquer à Cadet la vigueur avec laquelle elle serrait ces tiges brisées, et ni l’un m l’autre ne songèrent qu'il était bien étrange que le bouquet fut disparu ; qu'il avait dû être arraché de la main du cadavre et emporté...
Sous une chaise, il y avait un morceau de papier ; c'était un fragment de la lettre que la Corriveau avait déchirée. Cadet le ramassa et le mit dans sa poche.
Le sang qui rougissait la robe blanche de la victime attira tout à coup leur attention. Ils examinèrent la blessure faite par le poignard et ne dou tèrent plus que c'était cette blessure qui avait causé la mort. Mais le drame restait toujours enveloppé de mystères.
LH ont bien pris leurs mesures, observa Cadet. Oh ! oh ! que veut dire ceci ?
Bigot se tourna vers lui à cette exclamation.
La porte du passage secret était grande ouverte.
La Corriveau ne l'avait pas fermée.
—C'est par là que les meurtriers sont entrés et
sortis, ir Cadet. Il y a plus de gens qui connaissent les secrets de votre château que vous ne le pensiez, Bigot !
Ils prirent chacun une lampe et s'aventurèrent dans l’étroit passage. Rien ®in- lite nulle part. Un silence profond, une épaisse comme dans les catacomh:
Ils arrivèrent à uk rér «16, Là aussi la porte était ouverte. Ils moutèrent l'escalier de la tour, cherchèrent partout, mais ne virent aucune trace des assassins.
—Inutile de chercher plus longtemps, me ntenant, remarqua Cadet, ce serait peut-être dangere x même, de chercher en tout autre temps; mais. \mporte! je donnerais bien ,;non meilleur cheval our tenir fe coupable,
Plusieur dans un co Voici Cadet en L temps à pe Il saisit puis il des chaque m:
Ils revin —A l'œ faut faire :
Il ôta 80 chambre, maient le une autre
Déjà, s0 soyeux tar d'une tom
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—Non, creuser sa
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—C'est faire. A creuser to voir le C accompli surveiller
Bigot s qui creus courbé, a
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Et il sa creuser.
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Plusieurs instruments de jardinier s’entassaient dans un coin.
— Voici ce qu'il nous faut pour le moment, reprit Cadet en les montrant du doigt. Il n’y a pas de temps à perdre.
Il saisit une couple de bèches et une barre de fer, puis il descendit l'escalier. Bigot, une lampe dans chaque main, marchait devant en l’éclairant,.
Ils revinrent à la chambre de la morte.
—AÀ l'œuvre maintenant! commanda Cadet; il
faut faire vite et bien ce lugubre travail.
Il ôta son gilet, releva, d’un côté, le tapis de la chambre, puis attaqua les dalles de pierres qui formaient le plancher La première fut vite levée ; une autre suivit, puis une autre encore.
Déjà, sous le parquet tout à l'heure couvert d’un soyeux tapis, se dessinait dans la terre brune la forme d'une tombe.
Bigot em comme s’il eut rêvé.
—Non, Cadet Efit-il tout-à-coup, non, je ne puis creuser sa fosse.
Et il laissa tomber la bêche qu’il venait de prendre.
—C'est bien, Bigot, répondit Cadet, laissez-moi faire. Asseyez-vous, mon vieil ami, je vais la creuser tout seul. Par Dieu! il est assez curieux de voir le Commissaire Général de la Nouvelle-France à un pareil labeur, et l’Intendant Royal, le surveiller.
Bigot s’assit, et d’un œil morne, il regardait Cadet qui Creusait, creusait, sans plus rien dire, le dos courbé, avec une ardeur fiévreuse.
La fosse apparut enfin béante, profonde.
—Cela va faire, dit Cadet.
Et il sauta sur le bord du trou qu’il venait de creuser. à
—Le bedeau de Charlesbourg ne lui aurait point préparé un meilleur lit, continua-t-il. Aidez moi maintenant, Bigot, et couchons-la tout de suite.
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Elle nous pardonnera si les cérémonies ne sont pas longues et si nous sommes un peu brusqués. L’heurce nous presse.
il prit un drap de toile fine, l’étendit à terre puis, aidé de Bigot, il souleva la morte et vint la placer dessus.
Il lui Ôtale diamant qu’elle portait au doigt, le collier d’or et le médaillon qu’elle avait au cou, le rosaire qui pendait à sa ceinture, et remit tout cela à Bigot, comme un gage infiniment précieux dont il ne devait plus jamais se séparer.
Il ÿ avait un fil de soie dans le tissu grossier de la nature de Cadet.
Tous deux, Bigot et Cadet, regardèrent une minute, avec des yeux pleins de larmes eten silence la blanche figure de la jeune victime. Bigotmitun dernier baiser sur le marbre de ses lèvres, sur ses immobiles paupières, puis lentement, avec délicatesse, avec émotion, ils l’envelopèrent dans le linceul blanc et la déposèrent dans la fosse.
Au milieu du calme solennel, on entendait les san glots étouffés de Bigot.
Il se pencha sur cette dépouille chérie qui allait pour jamais disparaître à ses yeux :
—L’infortunée! l’infortunée ! gémit-il, je l’ai trahie! c’est à cause de moi qu'elle est morte: med culpd ! med maximé culpd!.…. O ! Cadet! Cadet! nous l’enterrons comme un chien! Nous ne pouvons pas faire cela!
Cadet, courbé sous la tâche, jetait sinistrement des pelletées de terre sur le corps gracieux de la morte, serré dans son linceul.
Bigot se sauva précipitamment pour ne pas voir.
Bientôt la fosse fut comblée. Alors les dalles de pierres rep'irent leur place et le tapis moelleux s’étendit su: le parquet.
Il ne restait plus trace du drame sanglant.
Ainsi la mer s'étend limpide et calme sur le cada-
vre du frémiss puis le Quan secrète, Elle pe térieus inquièt ct là de Bea jamais.
ieu à Elle dernièr sainte n’était Elle re tombe
La cl voix ne matin.
—Pa est fait ture vi!
maudit
Ils re remire!
chirent
L'air à chev: Bigut :
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Le let.