XII
Elle se leva. Elle était belle, dans sa pâleur de marbre, comme la belle Niobé. Elle paraissait comme elle, immobilisée dans sa douleur.
—Mes chères compagnes, dit-elle, c'en est fait de la pauvre Amélie de Nano Gé Dites à Pierre— elle eut un sanglot—Dites à Pierre qu'il ne me haïsse pas à cause du sang qui souille notre maison. Dites-lui comme je voulais l'aimer, le rendre heureux !… toujours ! toujours! Dites-lui que mon seul bonheur sera de savoir qu'il a pitié de moi... qu'il ne m'oubiie pas, qu’il m'aime toujours! Je n'ose
MAS A umiol De CRETE EE"
pas le supplier de pardonner à Le Gardeur. Je ne cou
puis pardonner moi-même... Mais qu’il soit miséri- etp | cordieux.… | So | Etmaintenant, ajouta-t-elle, d’un accent énergique | et fiévreux. maintenant, emportez cette menteuse la c
toilette nuptiale ... Je suis la‘fiancée de la mort !... Ce sont des vêtements de deuil qu’il me faut... qu’il ine faut, à moi, la sœur...
O mon Dieu ! j'allais dire : la sœur d’un meurtrier.
El'e ramassa les guirlandes de fleurs, les étoffes toc soyeuses, les dentelles superbes et les jeta dans un Hi coin de la chambre. bras.
—Ma gloire s’est évanouie, reprit-elle, et je suis | châtiée dans ma vanité!... Mais c'est pour lui que je voulais être belle !..
Vous donnerez tout cela à quelque douce fiancée qui aura plus é’amour que de richesses, et elle s’en
| parera, le jour de ses noces, en songeant à l’infor-
| tunée Amélie de Repentigny !
| T'outes les jeunes filles la regardaient en pleurant.
Elle ouvrit sa garde-robes. lois
du : &
—IL y a ici depuis longtemps, continua-t-elle leurs encore, un autre voile nuptial... je ne me doutais qui a pas qu'il me servirait ! au 50
Elle tira un long voile noir.
—C'est le voile de ma grand’tante, Madeleine de Repentigny, une religieuse. (C’est un bien de famille. Je le porterai jusqu’à ma mort... Embrassezmoi, Ô mes sœurs! mes filles d'honneur, mes compagnes ! je m’en vais aux Ursulines, faire pénitence pour Le Gardeur et prier pour mon bien aimé Pierre !