CUIRE
Je tremble !
lb babon, iur le devant avec elle.
Ecoute, puisque iule veux, ce secret terrible, ce fatal passé
Î ui engage, qui commande notre avenir!... — Une jeunesse crrénée comme celle d’Henri me jeta jadis de la fortune à la misère... à l’extrême misère... cuiends-tu... Celle vie-là m'était insupportable après l’autre... et je tombai plus bas encore, en voulant me relever...
CLAIR
O mon Dieu 1
LB BARON
Je me relevai coupable... un crime...
claire, avec terreur.
Assez !
LE BARON
Voilà ma peine ! je le fais horreur comme à moi... Bref, la misère m’avait instruit... avec l’or trouvé dans le sang, j'entrai
sous un faux nom chez M. Bervilte père, qui, ruiné par mon crime, oie prit d'abord pour associé... puis pour ami... et enfin pour tuteur de son propre üls. J’espérais alors que le premier crime serait le dernier; mais, bêlas ! hélas! le crime a *n fertilité!:.. J’eus besoin de faire de mon pupille, du (ils de l'homme que j’avais ruiné, mon propre gendre, de confondre ainsi nos desliuécs, afin d'empêcher toute poursuite, si jamais j’étais découvert. On peut étouffer le remords, non la crainte. Pour amener mon pupille à mon but. je le laissai aller librement dans le plaisir; je savais par mot-même où cela conduit...
clairb.
Plus d’espoir...
LB BARON
Restait ta volonté, ton amour pour le comte, et le lien maudit de ce funeste amour... et je dus briser ces derniers obstacle* comme les autres, le briser le cœur... pauvre enfant!... te sacrifier aussi à la même nécessité... car il fallait, il faut encore, et toujours, que j'aie Heuri pour gendre !
CLAIRB.
Oh! c’est à mourir !
le babon.
Dieu lui-même n'a pas voulu l’autre mariage... résigne-toi donc à celui-ci, à ce mariage de salut pour tous deux; car, lui aussi, tu as un secret à cacher, a couvrir du voile nuptial...’ un 6ccret fatal comme le mien... plus encore, prends bien garde!..* car ma victime, à moi, n'est plus, et la tienne vit peut-être!... et le comte.. . le comte est mort l (Il va t asseoir à droite.)
CLAIRE
O malheureuse!.*, à toi tout ce que donne l’or, le superflu, le nécessaire, parures et dot. millions en main, diamants au front.... tout, enfin, hors ton âine... Aime ce que lu hais... bois les larmes... souris quand ton cœur saigne... sacrifie-toi toute vive au monde... fais-lui un holocauste infâme de tes plus saintes passions!... Heureuse, heureuse la pauvre fille qui sort d’ici... oui, mon Dieu ! une mansarde, une robe de bure. Je pain du travail, l'humilité et la misère... mais du moins la liberté du cœur! Mon père, je vous obéirai ; mais je n'y survivrai pas. (Elle tort par la gauche.)
LB BARON, teul.
Voilà doue les conséquences d’une première faute!... Ma vie n’est plus qu’un long crime que j* recommence toujours et contre tous. C’est la roue éternelle d’Ixion !... Une fols engrené dans cet horrible rouage, il faut y passer corps et âme, tout entier. (Se feront.) O fatalité!... solidarité du crime qui pèse sur moi, et jusque sur ma lillc !... Toujours tromper, toujours frapper, loujouis marcher les yeux fermés, les bras tendus dans une voie de sang et de larmes, de violence et de ruse, jusqu'au fond de l’enfer!... O fortune, honneur, démons insatiables de victimes! l'homme vous immole les autres d’abord, puis les siens . puis soi-méiuc !... Quand j’ai préféré le meurtre au suicide, je croyais roc sauver, vivre heureux, racheter le mal à force de bien... Misérable insensé ! je n’ai point de ridu^se, car je n’ai point de repos... je n’ai point de famille, car ma fille est ma complice... Je n’ai pas la vie, car je n’ai plus rien d'humain, ni cœur ri âme!... car je suis seul comme dans la nuit du tombeau, je suis mort... Oh ! le meurtre est le vrai suicide... ce n'est pas l’autre, mon Dieu! c’est moi que j’ai tué!... (On entend frapper, il va fermer la porte du fond et ouvrir la porte secrète . Madame Potard entre.)