DIN1I
Marie, chère Marie!
hartb, pleurant.
Je ne suis pas coupable. Henri.
HENRI
Vous coupable? Dieu le serait! sous, la vertu même!
MAHtE.
Ah! merci de cette marque d'i-umc-..
HENRI
Dites d'amour, d'amour piofnml, immuable, éternel.
Marie, avec chagrin.
Ah ! monsieur Henri, ne parlez plus ainsi à une pauvre fille accusée, condamnée peut-être?...
HENRI
Accusée, condamnée... n'importe. Je crois à votre honneur, M irie, cl je le prouverai à tous. Je veux, je dois réparer les torts des autres envers vous. Si le malheur voulait que votre innocence lût méconnue par la justice humaine, vous Avez ma parole, Marie, je vous relèverais abîme rl Hoirie à se-- yeux, mais d'autant [dus sainte cl plus chère à mou cœur; cl ma 'g ré 1 1 justice même, je vous prendrais à mou bras et dirais au inonde ;« Mario Didier n'est plus, je vous présente madame Henri lU-rvil le.» Mais n’ayi r pus pi ur, je ne pourrai pus tant faire; votre innocence éclatera comme le soleil, et vous sortirez d'ici radieuse pour tous, comme pour mol.
marie.
Apres, comme avant la prison, mon Dieu.
HENRI
Après, avant, toujours, Marie! Pardon de n'être pas venu vous le dire plus tôt... mais je ne savais t as..., je ne pouvais pas savait?., c’en colle otJieuw leliru qui m’a tout appris... En vous quittant, j’écrivis :m baron pour rouipie mou mariage et lui demander mes comptes... et j«- reçus celle réponse: (tl lit.) a Mon «cher Henri, vous revieu Ir-z -ur votre projet quand vous « saurez que la femme a qui vous voulez sacrifier Claire est ar- « rêtéc pour crime d'infanticide. »
marie, virement.
Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai, Henri, fin enfant que j’ai trouvé, gardé, élevé sans rien dire... (faut-il se vanter do bien qu’on fait?) cl qu'ils ont tué, le pauvre petit, pendant que j'étais allée chercher de quoi le nourrir. Voilà la vérité.
HENRI
Ne vous défendez pas, sainte lille! tonte faite du plus rare et du plus noble amour, celui de I humanité! Il a fallu Tondre tons les cœurs des anges en un seul pour en composer le tien, ô Marie, le plus doux nom, la meilleure 4me que la teiro ait reçue du ciel... Ce u’est plus de l'amour que tu m’inspires, c'est de la religion. marie, avec joie.
Oh! je suis trop récompensée.
HENRI
C’est moi, moi seul, qui suis indigne de toi maintenant, moi qui n'ai plus rien à l'offrir, non, plus rien, pas même la richesse, pour i ayer tant d’bomieur !
marie, avec joie.
Que dilcs-vous?
HENRI
Oui, Marie, je suis pauvre, pauvre comme loi, je te ressemble par la du iniiius! vois plutôt : [Achevant la lettre.) « Quant à vote tre fortune, vous l’avez mange-- tout entière, connue le prnu- « vent tins compte* ci-joints. Je vous attend* donc atijunid'hui a pour recevoir volic arqu I ou vous dnmu-r une dot. Je vous « laisse encore l’alternative, car on passe tout à ceux qu’on « aime... Lamine ci la honte d une part, un million de l'autre, «choisissez!»
Oh ! pauvre Henri !
ntNRi.
Tii vois, c'cst à loi d’étre généreuse. J’étais de bonne foi, je le jure, quand je l'offrais ma fortune. Je croyais l'avoir encore... Je l'ai perdue, j'ai dû le le dire... Suis-je toujours digue de loi ?...
MARIE
Ab I
nENRI.
Va, sois tranquille, je travaillerai, tu m’apprendras, nous travaillerons ensemble! J’ai do cœur, j’ai des bras; j’ai perdu, je regagnerai, je trouverai un nieller.
UARiE.
Oh ! quel bonheur !
iik.nri, au comble de ta joie.
Bonheur, amour, liberté... voilà nos trésors! nous sommes riches. I Plus de folies: j’ai lu bonheur, enfin, je le garde : j’ai choisi... je vais le lui dire ! Au revoir, chère femme, au revoir ! bientôt je t'emmènerai glorieuse dans notre humble maison, et ce sera le ciel alors, car un ange l'habitera. {Il lui baise les mains, s'éloigne, puis revient encore les lui baiser une seconde foie.) Au revoir! (Il sort.)