SCÈNE VII
JEAN, LAURENT, LE BARON, qm Utrodgit Uonnt •a» Mr. Ta de Jean, et reste cadié derri^ la portière de gatidie, aux éooates.
LAURENT, entrant et chargeant le poéle de bois.
Monsieur le baron va revenir. Il vous fait dire de prendre un peu de patience et de vous mettre à table en
l'attendant, (posant un coarert de plus sur le devant.) Voilà VOtrO
place.
JEAN, allant et Tenant avec agitation, à Laorent sortant.
A table! Il m'invite à dîner!... trop poli... (a part.) Pour m'enjôler, m'offirir son argent, bien sûr. Ils croient qu'ils peuvent tout avec de l'argent !. . plus souvent!.. L'argent nous tente moins que ça, nous qui n'en avons pas; moins que lui qui en a... qu'il vienne! Oh! je la sauverai malgré lui, malgré le diable, malgré l'argent !
LAURENT, rentrant avec une soupière et montrant à Jean sa place à droite.
Vous êtes servi. Attendez les pieds sous la table.
JEAN, s' essuyant le front de nouTeau.
Merci! je n'ai pas faim.
LAURENT, versant deux grands verres pleins sur un plateau.
Avez-vous soif, au moins?
Ah! ça, oui.
LAURENT, présentant le plateau à Jean.
Eh bien! (Jean reculant.) Qu'avcz-vous doDc à vous cabrer? ce n'est pas méchant... Voyez! (n boit un verre et le remplit.) Mais Dieu me pardonne ! vous êtes tout en nage ... si vous
ne voulez pas manger, buvez toujours un coup pour vous rafrwchir.
JEAN
Au fait; c'est pas de refus... je sue à grosses gouttes. Je crève de chaud et de soif, j'ai tant couru... ça m'étoufife... Il y a loin d'Honoré à Antoine, et en fiacre sur mes vieilles quilles... donnez-moi de l'eau.
LAURENT
De l'eau... pour vous rendre malade... ça ne vaut rien quand on a chaud. Un peu de vin, à la bonne heure... Et du bordeaux I... le vin de Mademoiselle.
JEAN
Oui... mais rien qu'une larme...
LAURENT, remplissant les verres.
Si peu que vous voudrez, n'attrapez pas une pleurésie.
JEAN
Vous avez raison, ce n'est pas le moment. (Buvant avidement; puis arrêtant Laurent qui a déjà rempli le verre à moitié.) AsSCZ,
merci I
Il veut y verser de l'eau.
LAURENT, lai retirant la carafe.
Ahl VOUS le gâtez. Mais asseyez- vous donc, ça vous échauffe encore plus d'être debout.
JEAN
Je crois qu'oui... Je n'en peux plus.
LAURENT, remplissant le verre sans être vu de Jean.
Désaltérez-vous... là... tranquillement... Comment le trouvez- vous?
JEAN, buvant.
Oh! je n'en ai jamais bu de pareil.
LAURENT
Ce n'est pas du vin du coin.
JEAN
En tout cas, c'est du bon coin.
LAURENT
Un doigt... sans eau... cette fois, pour mieux le goûter. Flairez-moi ça.
JEAN, savourant.
Oui, encore meilleur pur, ça fait du bien.