‹ Le Chiniquy d'autrefois [microforme]Chapitre 5 sur 10 · NOR APE · texte numérisé non relu

NOR APE

demander ces choses, je suis prêt à faire toute expèce de réparation, (en riant). Oui, je suis prêt même à me jeter aux genoux de M. Roussy pour lui demander pardon, si vous le jusez à propos... Mais il me semble que ce n’est pas moi qui insuié M Roussy—c'est lui qui nous insulte, iorsqu’il nous dit que nous a’avons pas en Canada le droit de demander aux étrangers que l'Europe vomit constamment sur nos rives, «qui êtes-vous, d'où « verez-vons, et que voulez-vous ?» Surtout lorsque ces étrangers se posent en notre présence comme les ambassadeurs du Christ sur la terre ……. Frononcez, M. le Président—Æst-ce insulter un homme qui vicat, au nom de D'eu, nous demander de changer de religion ; qui vieut nous prêcher une nouvelle doctrine, qui s'annonce comme un ministre du ciel, que de lui dire ;—4 Qui êtes-vous, et qui vous à donné mission d: prêcher « l'Évangile--quelle preuve avez-vous à nous donner que vous « savez mieux interprêter les Ecritures Saintes que l'Eglise Ca- «tholique., Prouvez-nous que l'Esprit Saint vous éclaire plus, « vous seul, qu'il n’éclaire les deux cent millions de cathol'jques ( qui couvrent le monde.»

M. LE PRÉSIDENT—M, Roussy, je ne trouve pas que M. Chi:

niquy vous insulte en vous demandant ce que vous êtes et qui. vous à donné mission de prêcher

M. RoussY—(voulant toujours partir.)

Aiors, M, CHiNIQUY s'adressant aux dix messieurs nommés our assister de leur conseil M. le Président …Décidez, messieurs, Lt demander &. un étranger qui il est, d'où il vient, ce qu'il veut, soit une insulte, J'en apvelle à votre houneur et à votre bou sens... Si vous décidez que ce soit une insulte, je suis prêt à {ice tout ce que vous trouvez convenable pour la réparer. Je tiens à ce que M. Roussy ne nous échappe pas... Il y a trop longtemps que je désire moatrer à cette brave paroisse l’ignorunce de tous ces fabriquants de nouvelles religions, et la circonstance est trop belle pour que je la laisse éc happer. Je veux done faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour forcer M, Roussy de discuter devant vous. Mais comme je pense que M. Roussy ne consentira jamais, et pour de bonnes raisons, à nous montrer les titres qu'il a à notre respect comme ministre de l'Evangile, je retire ma motion, Et sans savoir à quel espèce d'homme j'ai affaire, je conseus à discuter.

M. Roussy veut alors partir, mais on l'arrête, pour que les dix juges nommés à la demande expresse de ce monsieur, prononcent,

Alors un de ces dix qui est protestant, nommé Auger, prend la parole au nom de tous, et parle à peu près en ces terms : « M.

Roussy, puisque M. Chiniquy déclare n’avoir pas eu l'intention

de vous insulter en vous demandant qui vous êtes, vous devez Z 7 accepter son explication. D'autant plus que ce monsieur se dé- ZE ‘ clare prêt à vous faire toute espèce 6e réparation que nous juge- 4 D rions à propos de lui demander, D'ailleurs, M. Chiniquy retire 4 sa motion, et consent à discuter avec vous sans savoir qui vous M « êtes ; vous ne pouvez refuser, cn honneur, lu discussion. » Ù ‘. Cette décision fut apriaudie de tout le monde. Et M. Roassy D reprit sa place. LE :

M. Cainiquy —à M. le Président—J'aurais aimé à connaître 4 ; avec qui j'allais entrer en diseussion, et il me semble encore que L. Pi nous avions tous le droit de le savoir, mais puisque cette counais- 3 ‘ei

sance nous est interdite—ouvrons la discussion, sans pla: tarder, M. Roussy parcourt les campagnes pour dire que la bible, et la

bible seule, interprétée par chaque individu, doit être la seule règle de notre foi... Il assure que la bible est la scule autorité qui puisse nous guider à travers les ténèbres de la vie. Ila dit qu'on doit re- Jeter tout ce qui n'est pas prouvé par un texte claire de la bible. . IT dit qu'on ne doit tenir aucun compte des saintes traditions, ni de l'autorité de l'Eglise. Eh bien! M. le Président, je défie M. Roussy de prouver ces assertions et je m'engage de démontrer que chacune de ces propositions est une absurdité, Î E, Roussy.—M., le Président— Rien ne m'est plus facile que de prouver que la bible, et la bible seule, et non la tradition, est la règle de tout homme qui désiro opérer son salut. & Moïse dit expressément dans le Deuntéronome :—(chap, iv,

versets 2 et 5,1 « Vous n'ajouterez ni n'ôterez rien aux paroles ‘ « que je vous dit : gardez les commandements du Seigneur votre | ë « lieu, que je vous annonce de sa part.”

| « Vous savez que je vous ai enseigné les lois et les ordonnances, | « selon que le Seigneur mon Dieu me l’a commandé : Vous les | « pratiquerez done dans la terre que vous devez posséder, » |

Voilà qui est précis ;—4\ Vous n'ajouterez ni ne retrancherez rien aux paroles que je vous dis, » Il n'y a pus ici grand chose en faveur des traditions, n'est-ce pas M. le Président.

Au livre de Josué, Dien parlant à ce conducteur de son peuple, lui dit :—{e,i, v. 7 et 8 )—1 Prenez courage, et armez-vous « d’une grand fermeté pour observer et occomplir toute la loi que « mon serviteur, Moïse, vous a prescrite. Ne vous détournez « ni à droite ni à gaucha, afin que vous fassiez avec intelligence « tout ce que vous avez à faire. »

« Que le livre de cette loi soit continuellement dans votre bou- « che ; ; et ayez soin de la méditer jour et nuit, afin que vous ob- « sorviez et que vous fassiez tout ce qui y est écrit, ».

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On lit encore dans le livre de Néhémias ce qui suit :—(e. viii, v. 2, 3 et 8.)—«1 Et Esdras, Prêtre, apporta la joi devant l’as- « semblée des hommes et des femmes, et de tous ceux qui pou- « vaient l'entendre, le premier jour du septième mois.»

« Et il lut dans ce livre clairement et distinétement, au miliew « de la place qui est devant la porte des eaux depuis le matin « jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes et de tous « ceux qui étaient capables de l'entendre ; et tout le peuple avait « les oreilles attentives à la lecture de ce livre.»

Le Psaume exviii, qui est le plus long comme le plus beau des Psaumes, n'est qu’une répétition de l'avantage qu'il y a à méditer constamment la loi du Seigneur.

Qu'est-ce que Dieu nous dit par la voix du Prophète Isaïe, st ce n’est d'avoir constamment sa sainte loi sous les yeux et daus le cœur. Voici les propres paroles du saiut Prophète :—(c. viii, a. 19 et 20. )—« Et lorsqu'ils nous diront : consultez les devins «et magiciens qui parlent tous L's, dans leurs enchantements ; « répondez-leur: chaque peuple ne consulte-t-il pas son Dieu, et « va t-on parler aux morts de ce qui regarde les vivants. C'est « plutôt à la loi de Dieu qu'il faut recourir et au témoignage.»

Mais laissons à l'Ancien Testament et les prophètes ; nous avons vu qu'ils sont unanimes à nous inviter à méditer et à étudier sans cesse la loi du Seigneur... Tls ne disent pas ce mot de Tradition, Venons à Notre Seigneur Jésus-Christ et à son saint Evangile ; et nous verrions qu'ils sont encore plus précis à nous presser d'étudier la loi du Seigueur ct de fuir les traditions des hommes,

Dans Saint Mathieu—(e. xv, v. 3.)—1 Alors Jésus-Christ re- « poudit aux Pharisiens :—Pourquoi, vous-mêmes, violez-vous «les coamandements de Dieu porr suivre vos traditions ? »..… Ne voilà-til pas la doctrine de la traditicu condamnée par la bouche du Christ lui même.

Dans Saint Jean—(e. v, v. 39.)— Notre Seignour ne dit-il pas positivement :—4« Lisez avec soin les écritures, parce que vous « croyez y trouvez la vie éternelle ; et ce sont elles qui rendent « témoignage de moi, »

Et quoi de plus positif ponr nous démontrer la nécessité et l'utilité de lire et de méditer sans cesse les saintes Ecritures, que ce texte des Actes des Apôtres— ec, xvii, v. 11 et 12.)—.« Or, ces « Juifs de Berée étaient de plus honnêtes gens que ceux de Thes- « salonique, et ils reçurent la parole de Dieu avec beaucoup d'af: « fection et d'ardeur, examinant tous les jours les Ecritures, pour « voir ai ce qu'on disait était véritable : de sorte que plusieurs « d'entre eux, et beaucoup de femmes grecques de qualité, et un

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« assez grand nombre d'hommes, crurent en Jésus-Christ.» Vous voyez par là ec qu'il faut penser d’une Eglise qui sovstrait les saintes Ecritures à ses peuples pour les amuser de ses traditions ?... It Saint Jean, dans son Apocalypse, ne dit il pas que ceux-l\ sont maudits de Dieu, qui ajoutent ou retranchent un mot au livre de ces Prophéties.— N'est-ce pas là une preuve éclatante que Dieu veut qu'on ne seu tienne qu'à la parole écrite dans son saint Kvangile, et qu'il a en horreur les traditicns des hommes.

M. Cniniquy—M. le Président—C'est l'usage de nos bonnes vicilles grand'mères d'etfrayer les petits enfants par des contes puériles.… [l parait que c'est aussi l'usage des réformateurs de religion d'in: iginer de sombres histoires avec lesquelles ils épouvantent et amusent leurs dupes. Parmi ces histoires effrayantes dont tous les échos des pays prétendus réformés retentissent, la plus ridicule, la plus socte et la plus mensongère est sans contredit, celle dont M. Roussy a semblé préoccupé pendant sa longue suite de textes qu'il vient de nous lire, je ne suis trop pourquoi. M. Roussy a tant de fois entendu dire par sa vieille grand'mère, que nous Catholiques, nous sonmes les ennemis de la parole de Dieu, et que nous abhorrons la Ste. Bible, qu'il le croit fermement...Mais c'est là un de ces vieux contes dont les Protestants instruits rougissent,

Qui a conservé le dépôt sacré des Ecritures Saintes pendant les quinze cents années qui ont précédées les apostats et impudiques Luther et Calvin, si ce n'est l’Eglise Catholique ?...... Avant que ces deux monstres eussent troublé a paix du monde et trompé les peuples par leurs sophismes et leurs erreurs de tous genres ; avant qu'il y eut un seul Protestant sur la terre, en un mot, l'Eglise Catholique, non-seulement conservait les Ecritures

Saintes comme son plus précieux trésor, mais elle ne négligeait aucun moyen d'en faciliter la connaissance aux peuples, Pendant le court espace qui s'était écoulé depuis l'adinirable découverte de l'imprimerie, jusqu'au temps où Luther publia sa première Bibie, environ soixante-quinze à quatre-vingts éditions de la Bible traduites dans les différentes langues de l’Europe, formant pas moins de deux cent mille copies, avaient été répandues parmi le peuple, avec l'autorisation, et souvent aux frais des autorités Keclésiastiques Cathoïiques......8i l'Eglise, pendant quelques années, a été obligée de mettre certaines restrictions à la diffusion et à la lecture de la Bible dans les langues modernes, les Protestants seuls en furent la cause... Ces scctaires avaient tellement changé le texte dans leurs traductions mensongères par leur ignorance, ou plutôt par la corruptiwn de leur esprit et

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vie, que ceux qui venaient s'y abreuver y trouvaient. plutôt la mort que la vie de Jeurs âmes..…....L Europe fut un moment inondée de Bibles où le texte de l'aveu même des Protestants instruits disparaissait pour faire place aux rêves insensés et impies des sectaires..... ... Alors, mais alors seulement, l'Eglise craignant avec raison, où plutôt, voyant que ces Bibles falsifiées étaient prises pour la vraie parole de Dieu, mit quelques restrictions pour un temps, à la lecture de la Bible dans les langues modernes, Elle fit alors ce que font les médecins sages et habiles dans les épidémies, ils nous défendent certains aliments qui sont excellents dans d'autres temps, mais qui deviennent dangereux à cause dés mauvaises dispositions de l'air ou des tempéraments..….. Mais jamais l'Eglise ne mit d'entraves à la diffusion de la sainte Bible dans le texte grec ou latin... Or, dans ce temps, presque tous ceux qui savaient lire, entendaient %e grec où le laun ; car ces deux langues étaient, alors be aucoup plus qu'aujourd'hui, enscignées dans toutes les principales écoles de Europe. Mais l'époque malheureuse où une déplorable épidémie força l'Eglise de Jésus-Chrisy à prendre cette mesure extrême, pour empêcher la contagion du mal de gagner jusqu'au cœur des nations, ne fut pas de lonue durée... A peine la fièvre dévorante que Satan aveit infiltrée dans les veines de l Europe, par les mains de Luther

et de Calvin, eut-elle perdu de sen intensité et de sa contagion, que l'Eglise invita les peuples de nouveau à se nourrir de la lecture de la sainte Bible, mise à la portée de tous par les innombrables traductions qu'elle autorisa, de tous côtés, par la voix de ses premiers pasteurs,

Les Protestants répètent encore que l'Eglise défend la lecture de la sainte Bible aux peuples; c'est un lâche et absurde mensouge, et il n’y a que les ignotants et les imbéciles parmi les Protestants, qui croient encore aujourd’hui à cette vieille imposture de l'hérésie, que certains ministres ne j’ttent constamment sous les yeux de leurs dupes que pour leur eu imposer et les tenir dans une sainte horreur de ce qu'ils appellent le Papisme... Que les Protestants fassent le tour de l'Europe et de l Amérique, qu'ils rentrent dans toutes les librairies catholiques qu'ils rencontreront à chaque pas, qu'ils aillent à Montréal, chez M, Fabre ou chez M, Saddlier, et partout ils y trouveront des milliers de Bibl:s dans toutes les langues modernes, imprimées avec la permission des autorités Rcclésiatiques.

Je tiens dans ma main un Evangile, impr: né il n'y a pas encore cinq aus, à Québes...,.Nur Ja première page, j'y lis l'approbation suivante de l'Archevôque de Québec :

ET À | PME

« Nous approuvons et recommandons aux fidèles de notre Dio- « cèse cette traduction du Nouveau Testament, avec commen- « taires dans le texte et notes au bas des pages. » « f JOS. ARCHEVÊQUE DE QUÉBEC. »

Toutes ces Bibles Catholiques à vendre dans toutes les librairies de l’Europe et de l'Amérique sont autant de témoins irrécusables que le Protestantisme se nourrit de mensonge, quand tous

es jours il écoute avec complaisance ses ministres et ses journaux lui dire, sur tous les tons, que nous sommes les ennemis de la Bible.

M. Rous:y nous a dit que la lecture de la Bible était le seul moyen enseigné par Jésus-Christ et ses Apôtres pour la conversion du monde. M. Roussy tient probablement, comme tous ies Protestants, cette nouvelle idée de sa bonne grand'mère ......., Mais, M. le Président, vous comprenez que amais absurdité plus grande n'est sortie de la bouche d’un homime ........C’est incroyable que des hommes qui sont toujours à nous parler de Bibles et de Bibles, ne savent pas que Jésus-Christ a dit à ses Apôtres : —« Allez jusqu'aux extrémités du moude, prêchez « l'Evangile à toute créature, celui qui croira et sera baptisé, « sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné »—(St. Luc, ©. x vi, v. 15 et 16.)

Et dans saint Mathieu (0. xx VIN, v. 18, 19 et 20) : « Jésus « s'approchant de ses onze disciples, leur dit : Toute puissance « m'a été donnée dans le ciel et sur la terre: Allez donc et ins- « truisez tous les peuples, les baotisant au nom du Père, et du « Fils, et du Saint Esprit : Et leur apprenant à observer tout ce « que je vous ai commandé, ÆZ4 voilà que je suis avec vous jus- «qu'à la fin des siècles. »

Ce n’est donc pas un livre que les Apôtres sont chargés de faire lire aux peuples jusqu'à la fin des siècles.-—C'est une prédication verbale qu'ils ont mission de faire, et dans laquelle le Divin Sau veur leur promet de les assister et de les guider, non pendant trente, quarante ou soixante ans, mais jusqu'à la fin des siècles... C'est par la prédication des Apôtres aux peuples, et non par la decture de l'Évangile par le peuple, que Jésus-Christ veut que les hommes soient éclairés et sauvés, jusqu'à ca fin des siècles, Et voilà pourquoi le Sacerdoce Catholique, seul possesseur de la mission donuée aux premiers Apôtres, enseigue, prêche et explique l'Evangile aux peuples... Jésns-Christ n’a pas dit « celui qui ne lire pas l'Ævangile ser. perdu.» C’est une absurdité et un mensonge, qui n'ont pu sortir que de l'enfer ;--mais «Jésus Christ a dis à ses Apôtres de tous les temps : Prêchez l'Evangile——Instruisez tous les peuples—Je serai avec vous—

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