ROUTE DE TERRE
Les mesures prophylactiques contre l'importation du choléra en Europe reçurent à la , Conférence de Vienne une entière approbation. Les dissidences commencèrent seulement à semontrer quand il fut question de réglementer la prophylaxie quarantenaire en Europe lorsque lecholéra y a fait invasion.
Mais revenons à la défense des frontières de l'Europe et occupons-nous d'abord de la voiede terre.
L'Inde communique avec la Perse à l'ouest, et le Turkestan au nord-ouest, par des routes qui toutes traversent l'Afghanistan ; le pays du Béloutchistan, qui est plus au sud, n'étant constitué que par de vastes déserts. Ces routes^ peu fréquentées, semées d'accidents de terrain, passent par Caboul et aboutissent à la célèbre viUe d'Hérat. Tel est l'itinéraire qui a toujours été suivi par le choléra. Cependant, les obstacles naturels qui s'y trouvent le rendent d'une • défense aisée. Mais, dans ces pays sauvages, l'initiative d'un système sanitaire ne pourrait appartenir qu'au gouvernement anglais dans 1& Pendjab.
C'est d'Hérat que le choléra va se répandre dans toute la Perse ;il gagne d'abordMesched, lieu saint, qui, envahi par la foule des pèlerinspersans, va devenir un foyer de renforcement et de dissémination delà maladie. De Mesched^
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le clioléra peut gagner la Perse et s'étendre |
aux proviiicesdu Nord. Nous l'avons vu en 1829, i
envahissant le Turkestan, traverser les régions I
immenses qui s'étendent à l'est de la mer Cas- i pienne, parvenir jusqu'à Orenbourg cl ne s'éteindre ainsi qu'aux portes de l'Europe.
Ces steppes immenses, en effet, qui s'étendent sous le nom de Turkestan, dans la partie correspondant à l'ancienne Bactriane, entre la | Chine à l'est, la mer Caspienne à l'ouest, le i cours du Syr-Daria, celui du Tschou et les ! monts Tiang-Shan au nord, la vallée de l'Etrek, celle du Nari et la chaîne de l'Indou-Kouh au ' midi, d'où, d'après certains auteurs, sont parties jadis les colonies aryennes pour aller , peupler, les unes l'Europe, les autres la pénin- I suie de l'Inde, sont habitées par des populations sauvages, presque féroces, que quelques voya- ; geurs intrépides ont seuls pu visiter (1). i
Des hordes sauvages, nomades, le plus souvent pillardes, continuellement en guerre entre ' elles, parcourent plutôt qu'elles n'habitent ces plaines désertes, dans lesquelles s'élèvent au printemps des herbes gigantesques. Mais cette contrée, couverte à l'ouest, en grande partie, de sables (Kùm) qui la transforment en désert
. (1) Voir, potii' ce pays, Vnyafjc d'un faux derviche h Irnvers l'Asie ccnlriile, par Arminius N ambcry; les recils des Anglais Uurne et Wood. Voir aussi le Voyage dans l'Asie centrale, par Basile Verescliagiiine.