XXXVIII. — LANDERNEAU
Épidémies antérieures: choléra en i849~5o: 34 cas, i5 dcccs.
fièvre typhoïde en 1867: 60 décès.
Superficie: 1. 337 hectares.
Population: dénombrement de 1886: totale, 8.927 (1881:9.078); agglomérée, 6.891.
Taux moyen, de 1882 à i885, de l’excédent des décès sur les naissances: 4.96 pour 1.000 habitants.
Taux moyen, de 1882 à i885, de la mortalité: 3i, 58 pour 1. 000 habitants'.
Nombre des maisons: 776; des ménages: 2.o5i.
Spiritueux : au cours d’une année (i885), la consommation du vin, par tête d’habitant, a été de 37 litres, du cidre de 17 litres, de l’alcool de 8 lit. 3.
Epidémie de 1 885-86.
Population exposée (l’agglomération) : 6.881 habitants se subdivisant ainsi :
1° Division par groupes
d’âge et par sexe :
De 0 à i5 ans
( Garçons
} Filles
De i5 à 60 ans
( Hommes.
( Femmes
Au-dessus de 60 ans.
( Hommes.
( Femmes
2° Division par état civil (enfants jusqu’à 15 ans non compris) :
( Femmes
Mariés
( Hommes.
1 Femmes
Veufs
( Hommes.
jj Femmes
Les professions qui ont fourni des victimes au choléra se chiffraient comme sait énombrement de 1886:
Hommes
| Ouvriers en lin
( Ménagères
r emmes
^ Chiffonnières
Voir p . i48 comment ces chiffres ont été obtenus.
Nombre des maisons exposées: 643; des ménages : i .q3o.
Durée de l’épidémie: du 21 au 26 février 1886
Nombre des décès : 3 (un homme, 2 femmes) .
Proportion des décès cholériques, en 1886, au chiffre de la population exposée : (3; 6.881) o,43p. 1.000.
En 1 886 , trois cas de choléra ont été enregistrés, tous trois mortels. Le premier est celui d’une femme de quarante-neuf ans. morte le 21 février 1886, après quelques heures de maladie. La présence du choléra fut constatée par le Dr Chalemet, qui donna ses soins à cette femme. Elle ramassait des chiffons et les vendait. D’habitude, elle n’exerçait ce trafic que sur place. Cependant, il n’est pas invraisemblable qu’elle ait profité d’une occasion comme il s’en est présenté beaucoup en ce temps-là, c’est-à-dire qu’elle ait acheté des chiffons provenant d’une localité contaminée, par exemple de Guipavas, vendus en cachette par les gens qui 11e voulaient pas que l’on brûlât leur literie et leurs nippes. Trois jours après la mort de la chiffonnière, une autre femme, qui habitait un logement contigu et qui l’avait soignée, était également atteinte du choléra et mourait, elle aussi, très rapidement.
Enfin, le mari de la chiffonnière, très ivrogne, atteint le 24. était transporté à l’hôpital et mourait le 26. A l’hôpital, grâce aux ordres donnés par le maire, M. Belhommet, qui tint personnellement la main à leur exécution, le malade a été absolument isolé; il a été recueilli dans un bâtiment séparé, éloigné du reste de l’établissement. Un seul infirmier le soignait et ne soignait que lui. Cet infirmier était contraint de se laver, chaque fois qu’il avait vu le malade, dans une solution désinfectante. Quand le malade mourut, tout ce qu’il avait laissé fut brûlé. Ses draps furent trempés dans du chlorure de chaux. Du soufre fut brûlé jusque dans le char sur lequel, moins de deux heures après sa mort, il fut transporté au cimetière.
Dans la maison où habitaient les trois victimes, il y avait un troisième logement, au rez-de-chaussée comme les deux autres, et qui était habité par un ménage. Pour le préserver et préserver aussi le reste de la population, M. Belhommet prit les mesures les plus énergiques. Attenant à la maison se trouve un clos et au milieu de ce clos un lavoir fréquenté par les habitants du quartier. Le premier décès se produisait le dimanche, 21 février, à six heures du soir. Le lendemain, le maire faisait vider le lavoir; il en faisait démolir lamaçon-
' Voir les observations météoriques pour cette période à la planche 10, p. 1 /1 4 .
nerie pour qu’il fût impossible d’y laver, et à la porte du clos il plaçait un agent de police chargé d’empêcher qui que ce fût d’entrer. Toutes les paillasses, toute la lingerie ayant appartenu aux victimes furent brûlées. Du soufre « en quantité énorme » fut brûlé dans les logements des malades.
11 est bien permis de croire que c’est grâce à ces actes de vigueur intelligente que l’épidémie fut étouffée dès sa naissance. Pour moi, c’est ma conviction que partout, où, dès le premier cas, les maires agiront comme a agi le maire de Landerneau, ils auront immédiatement raison du choléra.
Tableau des décédés.
N“ d’ordre » du tableau général des décès.
DATE
du
DÉCÈS
PROFESSION
C fl
ETAT CIVIL
DOMICILE
ai fév . i886.
Chiffonnière. . .
Mariée. . . .
Rue des Bouchers
Chiffonnier . . .
Veuf du n°