‹ Le choléraChapitre 13 sur 125 · DE CHLORURE DE CHAUX PE A SULFATE · texte numérisé non relu

DE CHLORURE DE CHAUX PE A SULFATE

de cuivre, ha goudeze, epad eun hanter heur d’ann nebeuta. en dour bervet .

Al liennach lorret pe saotret na vezo morse goalc’het en dour-red pe er

voirs. Jamais les matières ne devront y être jetées.

Les personnes qui soignent le malade devront tenir leurs vêtements très propres. Si ces vêtements venaient à être souillés, il faudrait les nettoyer sans aucun retard en ne les touchant qu’avec la solution désinfectante forte.

Tout le monde, en temps d’épidémie, doit boire de l’eau ayant bouilli et manger des aliments très cuits .

La maladie terminée, soit par la guérison, soit par la mort, la chambre où était le malade devra être très soigneusement désinfectée. Tous les objets ayant été en contact avec lui y seront réunis ; toutes les ouvertures de la pièce seront bouchées ; un récipient sera placé au milieu de la chambre; on y versera de la fleur de soufre (20 grammes par mètre cube d’air), en l’arrosant d’alcool; on y mettra le feu, et on laissera la chambre hermétiquement close pendant vingt-quatre heures. L’on devra également désinfecter les cabinets d’aisances en y versant 10 litres de la solution désinfectante forte.

En cas de mort, le corps devra être enveloppé dans un linceul préalablement trempé dans la même solution désinfectante (5o grammes par litre).

L’inhumation aura lieu dans les deux heures qui suivront la mort.

Je rappelle à messieurs les maires qu’ils tiennent en tout temps de l’article 97 de la loi du 5 avril i884, et en cas d’épidémie de la loi du 3 mars 1822, les pouvoirs les plus étendus pour assurer la salubrité. Je compte sur leur dévouement au bien public pour tenir la main à la stricte exécution des pres-

steriougoalc’hi, hagal loustoni quennebeut na dleo quet beza taolet en dour— ze.

Ann dud a soign ar-re glanv a die derc’hel I10 dillad propr ha neat. Mar digouez d’ho dillad beza saotret, a vezo rèd ho netaad hag ho goalc’hi doc’h-tu gant ar solution désinfectante, da lavaret eo gant dour grêt evit distruja hâd (le germe) ar c’hlenved, ann hini crenva.

Ann holl, e-queït ha ma pâd ar c’hlenved, a die eva dour hag a vô bet bervet, ha debri boued poaz mad.

Pa vezo finn d’ar c’hlenved, dre ma vezo pareet pe marvet ann hini clanv, he gambr pe al lec’h en pehini ez oa he voele a dleo beza arroset gant an dour pe solution désinfectante . Ann holl draou a vezo bet touchet gant ann hini clanv a vezo dastumet er gambr lec’h ma oa he voele, ar prennestrou hag ann— dorojou a vezo serret-cloz, eur billic-arm pe eur pot-houarn a vezo laquet e kreiz ar gambr pe ann ti, hag e vezo taolet ebars bleun soufr (de la fleur de soufre), ugent gramm evit peb mètr cube a ear ; neuze e vezo taolet alcool pe guin-ardant mad voar ar bleun soufr, bars ar billic-arm pe ar pot-houarn, ha laquet ann tan ebars ha dalc’het ar prennestrou hag ann dorojou sarretcloz, epad peder heur warnugent. Rèd a vezo ive purin ar gommodité, o teurrel ebars dec litr euz ar solution désinfectante, ann hini crenva.

Mar deu ann hini clanv da vervel, he gorf a vezo querquent paquet en eul linsell, pehini a vezo bet trempet araoc bars ar memeus dour pe solution désinfectante (hanter cant gramm dre litr). Ar c’horf maro a vezo casset d’ann douar diou heur goude ar maro .

Pedi e ran ann Aotronez arMeariou da gaout sonj penaoz, en peb amzer, ann articl 97 euz lezenn ar 5 a viz ebrel i884, hag al lezenn ann dri a viz meurz 1882, voar ar c’hlenvejou braz (les épidémies), a ro d’ezho eur galloud hag eur pouar braz meurbed voar ann doare da assuri ar iec’hed en ho far—

criptions ci-dessus. Je serai toujours à leur disposition pour leur faire connaître l’étendue de leurs droits et les aider à les exercer.

Le Préfet du Finistère, Henri Monod.

reziou. Conta cran voar ho bolonté vad da glasq mad ann holl, evit gourc’hemenn ha rei urz evit mavezo heuillet penn-da-benn ar gelennadurez hag ann aliou a zo aman huëlloc’h .

En peb • amzer, e cavfont ac’hanon prest da ober d’ezho anaoud ho galloud hag ho droajou, ha da zicour anezho en peb Ira.

Prefel ar Finister,

Herri Monod.

Nettoiement des communes. — Le 23 février, chacun des maires de Concarneau, Beuzec-Conq, Audierne, Douarnenez, Plouhinec, Tréboul, Ploaré, Guengat, Pouldergat, Guilvinec, Landerneau et Guipavas, recevait une lettre1 l’avisant qu’un ou plusieurs hommes étaient à sa disposition pour aider l’agent voyer cantonal à mettre le plus rapidement possible la commune en état de propreté absolue. Le ministre du commerce et de l’industrie avait bien voulu prendre à la charge de son département le salaire de ces hommes, et le travail de nettoiement fut vivement mené.

Analyse des boissons alcooliques. — En même temps, l’administration se préoccupait de l’inlluence que pouvait exercer sur le

Voici le texte do cette lettre :

Quimper, le a3 février 188G.

« Monsieur le maire, M. le ministre du commerce m’ayant accordé un crédit pour l’entretien de cantonniers spéciaux chargés du nettoiement des rues, places, cours et abords des maisons dans les localités atteintes par l’épidémie cholérique, j’ai invité

M. l’agent voyer en chef à mettre immédiatement à votre disposition hommes (trois

pour Concarneau, pour Beuzec-Conq, pour Audierne, pour Douarnenez et pour Poulgoazec ; deux pour Tréboul, pour Ploaré, pour Guengat, pour Poul-David, pour le Guilvinec et pour Landerneau; un pour Kerhuon) qui, sous la direction de M. l’agent voyer cantonal et jusqu’à nouvel ordre, seront chargés d’assurer chaque jour la propreté de la ville (ou du bourg ou du village).

« Les instructions données à M . l’agent voyer cantonal se résument ainsi :

« Maintenir la propreté, faciliter l’écoulement des eaux, empêcher la stagnation des eaux, surtout aux environs des puits et fontaines ; empêcher l’écoulement des purins dans les rues ; enlever toutes les matières fécales, ordures, etc . , les jeter à la mer autant que possible. Si l’on ne peut les jeter à la mer, les porter dans un endroit écarté et les recouvrir de chlorure de chaux, jeter du chlorure île chaux aux abords des bouches d’égouts et dans les endroits où se trouvaient des eaux croupissantes ou des amas d’immondices ; maintenir très propres les abords des puits et fontainos ; éloigner les fumiers placés trop près des habitations : nettoyer les cours et même l’intérieur des maisons malpropres, si les habitants s’y prêtent. En cas de résistance des habitants, signaler à M. le maire ces maisons afin qu’il puisse prendre, s’il y a lieu, des arrêtés spéciaux prescrivant l’exécution de ces mesures.

« L’importance de ces prescriptions ne saurait vous échapper et je compte sur votre dévouement, monsieur le maire, pour faciliter autant que possible la tâche confiée à M. l’agent voyer, et pour tenir la main à la stricte exécution des mesures prescrites.

« Si quelque difficulté se présentait, vous voudriez bien m’en référer et je m’empresserais do vous envoyer les instructions que vous pourriez désirer.

« Veuillez agréer, etc.

développement de l’épidémie la nature des boissons que l’on vend à bas prix dans le département. Elle fit donc prélever dans les auberges d’Audierne une certaine quantité de vins et d’eaux-de-vie, et les envoya au laboratoire municipal de la ville de Paris. On trouvera aux documents qui accompagnent la notice d’Audierne l’analyse de ces eaux-de-vie. Aucun doute n’était permis; c’étaient des liqueurs frelatées et nuisibles. Mais quand j’eus chargé un expert de tirer de ces faits une conclusion pratique, quand je cherchai à aboutir à une poursuite, je me heurtai à la déclaration qu’il n’y avait rien à faire, qu’aucune loi ne permettait d’entraver le commerce de ces funestes boissons. Et l’on buvait peut-être plus d’eau-de-vie dans le Finistère pendant l'épidémie qu’en temps ordinaire. Contre cette cause de réceptivité des germes cholériques nous sommes donc restés impuissants.

Destruction des germes nuisibles par le feu ou par les désinfectants. — Faire entrer dans les habitudes des médecins, des parents, des gardes, des autorités locales, de tous ceux qui avaient à approcher des malades ou à garantir les bien portants, les pratiques si minutieuses d’une désinfection exacte a été le principal de nos soucis.

La désinfection est, dans l’état actuel des choses, et longtemps encore elle restera l’arme la plus sérieuse, disons mieux, la seule vraiment efficace contre la diffusion des germes. A elle seule, faite rigoureusement, elle suffirait ; sans elle, toutes les précautions peuvent se montrer inutiles.

Vous prescrivez une quarantaine : fort bien. Mais, à supposer qu’en accumulant sur un point les éléments dangereux vous ne les ayez pas multipliés les uns par les autres et que vous n’ayez pas ainsi créé de vos propres mains le foyer d’un incendie que vous serez ensuite incapable d’éteindre, cette quarantaine, fût-elle plus longue que la période d’incubation du choléra, durât-elle dix jours, vingt jours, vous donnera-t-elle sans désinfection une garantie complète ? Plus longtemps que votre quarantaine ne pourra jamais s’étendre sont capables de vivre, blottis dans les replis d’un linge, les germes du choléra. Qu’ils partent, la quarantaine achevée; qu’une occasion les réveille ; ils reprendront leur virulence et auront bientôt fait de prouver que, suivant la formule déjà citée de M. Proust, « sans la désinfection la quarantaine est un leurre et ne sauvegarde en rien

la santé publique ». Admettez, au contraire, les quarantaines abolies, les lazarets passés à l’état de souvenirs, mais la désinfection rigoureusement faite, faite partout où elle doit l’être, à l’hôpital comme dans la maison privée, au chevet du malade aussi bien qu’aux frontières du pays, qui ne voit que le danger est nécessairement écarté puisque la cause du mal est supprimée à mesure qu’elle se produit?

Vous interdisez l’usage des puits ; vous obligez les habitants à boire de l’eau de source ou de l’eau bouillie ; sur les places publiques, dans les cours des maisons, vous enlevez les immondices ; vous établissez une circulation active partout où la stagnation d’éléments organiques pourrait offrir aux ferments un terrain favorable. Ce sont des précautions excellentes. Sont-elles suffisantes sans la désinfection ? Je veux que vous ayez réduit à leur minimum d’action nuisible les véhicules des germes : vous flattez-vous de les avoir rendus tous inoffensifs ? Êtes-vous sûr qu’il n’y en a aucun qui vous échappe ? Par la désinfection, ce sont les germes eux-mêmes que vous détruisez.

Depuis le moisde juin i884, le choléra ravageait l’Italie. La Sicile se défendait par des quarantaines, énergiquement. Le 23 août, un vapeur, le Salunto, arrive à Palerme. Il avait quitté Marseille le 8 août, avait subi la quarantaine à l’Asinara et était reparti en libre pratique. Pas un cas suspect à bord. Les marins sont débarqués. Le 5 septembre, l’on présente à l’hôpital une petite fille chez laquelle le médecin croit reconnaître les symptômes du choléra : elle meurt dans la nuit. Sa mère prend la maladie et guérit. Puis l’épidémie s’étend. L’on s’informe alors, et l’on apprend que l’enfant morte recevait tous les jours la visite d’une petite fille de six ans, sa parente; que cette petite fille était morte le 3 septembre, après une maladie de douze heures ; qu’elle demeurait viccolo Giliberti ; que dans ce viccolo Giliberti demeurait aussi un marin du Salunto, nommé Ferri ; qu’à Marseille, Ferri avait acheté, en cachette et à bas prix, des vêtements et des linges ; qu’ils les avait mêlés à ses propres effets ; qu’il avait, en débarquant, donné le ballot à sa femme pour le laver; que le lendemain sa femme était tombée malade, prise de vomissements et de diarrhée ; qu’il avait été pris lui-même ; qu’effrayé, il avait, avec sa famille, quitté la ruelle où il habitait; que c’était dans celte ruelle que sa femme avait lavé les objets rapportés de Marseille et que la petite fille était tombée malade et était morte. N’est-il pas évident qu’ici la quarantaine s’est montrée impuissante ; que l’im-

porta tion, telle du moins qu’elle s’est produite, eût été empêchée et peut-être la terrible épidémie de Palerme évitée, si tous les effets qui se trouvaient à bord du Salunlo eussent été désinfectés?

Au Guilvinec, l’on dépose sur la voie publique la paille du lit d’un cholérique qui venait de mourir. Un enfant survient, joue avec la paille, se roule dans la paille. Le jour même, il était pris; le surlendemain, il n’était plus. Qu’eût profité à cet enfant que chez lui l’eau potable eût été de l’eau de source ? Il eût été sauvé si rien ne fût sorti de la chambre du cholérique sans avoir été désinfecté.

Je rappellerai encore l’épidémie d’Yport, si minutieusement racontée par le D‘ Gibcrt *, et où le choléra fut importé par des effets de marins venant de Toulon. Aucune mesure autre qu’une désinfection sérieuse n’eût empêché cette épidémie.

Dans les remarquables instructions qu’il a rédigées sur la demande du conseil fédéral suisse, le D1' Sonderegger a écrit:

La désinfection se fera dans la chambre du malade et attaquera toute malpropreté avec la précision extrême d’une expérience de physique. Si la désinfection ne commence qu’à la fosse d’aisances, elle arrive déjà trop tard.... Le succès dépend de l’intelligence et du jugement de ceux qui entourent le malade et qui doivent apprendre à trailer les évacuations cholériques aussi soigneusement et aussi consciencieusement que nous traitons la poudre à canon ou la dynamite 2.

Nous attachions donc aux pratiques de la désinfection une importance extrême. Des agents formés à Paris, rompus à ces pratiques, étaient arrivés dans le Finistère; ils furent envoyés sur divers points soit pour désinfecter, soit pour enseigner à d’autres les procédés de désinfection. Ils dressèrent ainsi un certain nombre d’agents. Les désinfectants étaient fournis abondamment et gratuitement. A tous, en toute occasion, était rappelée cette prescription de Y Avis aux habitants : « les linges ou autres objets ayant été souillés devront être brûlés » .

Nous avons rencontré des résistances opiniâtres. Pour ces braves pêcheurs, si dépourvus, il n’y a pas de haillon qui n’ait une valeur, pas de paillasse qui ne puisse être utilisée. C’est quelquefois la gendarmerie qui a dû les forcer à se séparer de loques sordides et dangereuses. Nous cherchions à les ruiner, disaient-ils. Pauvres gens, ils le croyaient ! Ils disaient encore que, sous prétexte de combattre

1 Gidert. «L’épidémie d’Yporl». Revue scientifique, 6 décembre 18S&.

8 Dr Soxderegger. Sun la protection contre le choléra. Lausanne, 188/1, p. 17.

le choléra, nous ne voulions que le répandre. Aux ordres de désinfecter aussi bien qu’à ceux de brûler ils ont opposé toutes les ressources de l’inertie et de la ruse. Ils en ont été quelquefois les mauvais marchands, témoin le marin qui porte le n° 117 dans l’histoire de l’épidémie du Guilvinec. Il habitait en dehors de l’agglomération, assez loin. Son garçon, un gamin de treize ans, mousse, va au Guilvinec un certain dimanche, assiste à un repas de baptême ; il rentre malade, il s’alite. Le lendemain, on le change de lit. Il succombe le mardi. Le jour même, l’on vient enlever la literie pour la brûler. Le père, qui se portait bien, cache le plus qu’il peut des objets ayant servi à son fils. Il se garde bien surtout de parler de l’autre lit que celui-ci avait occupé. Il se couche le soir dans ce lit, se couvre des couvertures qu’il avait cachées. Le lendemain, il était mort.

Nous avons fait désinfecter les linges et les maisons des cholériques ayant guéri avec le même soin que ceux des cholériques décédés. L’ordonnance du 7 août 1822 établit entre les effets appartenant aux uns ou aux autres des différences qui ne seraient plus justifiées. L’on sait aujourd’hui que les vêtements souillés d’une personne atteinte d’un choléra très léger peuvent communiquer un choléra mortel. C’est donc à tort que l’ordonnance de 1822 prescrit, dans son article 3o, que les hardes seront brûlées quand le propriétaire est mort, et, quand il a guéri, déposées pour être purifiées '.

Il est intéressant de constater que, dès 1822, certaines personnes affirmaient la transmission possible de3 maladies par les hardes et vêtements; voici comment, le 18 février 1822, au cours de la discussion sur la loi qui a pris la date du 3 mars, s’exprimait le député Cayrol :

L’accès des habitations atteintes ne devra être permis qu’après l’usage des procédés de désinfection. Ces précautions devront s’étendre également sur tout magasin de friperie ou de marchandises susceptibles de conserver la maladie, afin que les objets suspects ne puissent être échangés ou remis dans la circulation ou le commerce avant leur désinfection. Il résulte en effet d’observations réitérées que les étoffes, les cotons, les laines, les toiles et toutes les marchandises analogues sont éminemment propres à transmettre la contagion.

On ne dirait pas mieux aujourd’hui après tant d’expériences qu’on n’avait point faites alors. Mais cette désinfection, reconnue néces-

1 L’ordonnance du 7 août 1822 a été communiquée aux préfets par une circulaire signé? : Le conseiller d’Etat, chargé de l'administration générale des communes, des hospices et des établissements sanitaires.

saire dès 1822, c’est seulement depuis quelques années qu’on la pratique, tant il est vrai qu’il ne suffit pas qu’un homme plus clairvoyant que ses contemporains ait nettement formulé une idée juste: il faut encore que cette idée ait fait son chemin dans l’opinion, et à cela les circonstances servent souvent plus que les intelligences les plus lucides et les meilleures volontés.

Telles sont les mesures que l’administration a prises dès les premiers jours de février. Elle les a étendues à toutes les communes que le choléra avait visitées ; elle les a poursuivies jusqu’à ce que l’épidémie cessât. Le nombre des décès, qui avait été de 199 en décembre, de 107 enjanvier, est tombé à 33enfévrier, à 25 en mars, à 7 en avril. Supposer qu’un rapport existe entre la diminution, puis la disparition du fléau, et les moyens mis en œuvre pour le combattre, ce n’est sans doute pas de l’outrecuidance. Dans ses Instructions le comité consultatif d’hygiène de France disait : « Si toutes les mesures recommandées précédemment étaient rigoureusement appliquées, il est certain que le choléra importé aurait très peu de prise sur une population ainsi défendue et ne s’y propagerait que dans des proportions restreintes. » Ce qui s’est passé dans le Finistère en 1886 vient à l’appui de l’affirmation du comité. Elle a été justifiée de tous points par les incidents du Guilvinec et d’Audierne.

§ 3. — La pêche du maquereau au Guilvinec et a Audierne.

Une grave préoccupation nous hantait depuis le début de la campagne, c’était la perspective du rassemblement, vers le i5 mars, de 2.000 pêcheurs qui, de divers points de la côte allaient se rendre, comme ils font chaque année, au Guilvinec et à Audierne pour la pêche du maquereau. Nous avions fait tout ce qui paraissait réalisable en quelques semaines pour assainir ces deux communes. Au Guilvinec, notamment, des travaux importants avaient été exécutés. Mais le danger de celle grande et subite affluence n'en demeurait pas moins sérieux.

Comme les populations des côtes, comme toutes les populations rurales du Finistère, les habitants du Guilvinec et d’Audierne sont

1 Surtout de Douarnenez et de Tréboul ; les pêcheurs de Douarnenez vont de préférence 1 Guilvinec ; ceux de Tréboul à Audierne.

à l’étroit dans leurs maisons ; l’insuffisance des logements est une des principales causes de l’insalubrité de ces communes ; cinq, six, huit personnes logent dans des chambres où la quantité d’air respirable serait à peine suffisante pour deux ou trois habitants. Et cependant, lorsque les marins de Tréboul et de Douarnenez se présentent, les habitants trouvent toujours moyen de les héberger, moyennant rétribution, bien entendu. Les marins ne sont pas difficiles, ils ne regardent ni à la saleté, ni à l’encombrement. Pourvu qu’ils aient un toit sur la tête, tout leur est bon.

En temps ordinaire, cette énorme agglomération est un péril pour la santé publique ; à plus forte raison lorsque vient de sévir une épidémie. Que fallait-il faire ?

Les tentes militaires. — Nous songeâmes d’abord à préparer des logements dans les bâtiments de quelques usines. M. le Dr Charrin prit même à cet effet un arrêté de réquisition 1 ; mais il fallut reconnaître que les bâtiments requis seraient absolument insuffisants. Je demandai alors au ministre du commerce et de l’industrie des tentes Tollet ; mais le prix de ces tentes rendait impossible leur acquisition pour un usage temporaire. Enfin, j’obtins du ministre de la guerre que deux cents grandes tentes militaires nous seraient prêtées, cent pour Audierne et cent pour le Guilvinec, le département du commerce devant prendre à sa charge les dépenses de manutention, de transport et de détérioration. Un détachement de vingt soldats, commandé par un officier, se rendrait dans chacune de ces deux localités et y procéderait à l’installation des tentes.

Je m’empressai de porter cette heureuse nouvelle à la connaissance des maires d’ Audierne et du Guilvinec et je les invitai à interdire aux habitants de recevoir chez eux les marins étrangers ; ceux-ci seraient ainsi dans la nécessité de profiter de l’abri qui leur était offert. Après la solution de quelques difficultés relatives au choix des terrains, les maires répondirent, vers le 7 mars, que les tentes étaient dressées et que tout était prêt. Le 1 x mars, les marins de Tréboul et ceux de Douarnenez commencèrent à débarquer. Dès qu’ils connurent les dispositions prises pour leur logement, ils refusèrent de s’installer sous les tentes et beaucoup d’entre eux déclarèrent qu’ils préféraient passer la nuit dans leur bateau. Ils donnaient pour raisons que le sol était humide, qu’ils n’auraient pas, sous la

L’on trouvera dans la notice d’ Audierne le texto de cet arrêté.

tente, de feu pour se sécher et que leur matériel de pêche leur serait volé pendant qu’ils seraient à la mer. Ils étaient excités sous main à la résistance par les habitants auxquels la décision prise enlevait le bénéfice de la location de leurs chambres.

M. Gharrin et moi partîmes le dimanche i4 mars, lui pour Audierne, moi pour le Guilvinec. Dans cette dernière localité, je constatai que l'effervescence était grande. Le maire était inquiet. Je convoquai immédiatement les marins à une réunion générale à la maison d’école. J’eus d’abord quelque peine ; les meneurs ne voulaient pas me permettre de parler. Enfin, ils se calmèrent. Je leur dis les craintes que nous avions éprouvées après notre visite au Guilvinec et comment nous avions été amenés à placer des tentes, le temps manquant pour faire des baraquements. Je leur promis, pour répondre à l’objection de l’humidité du sol, que la paille serait fournie gratuitement. Je les autorisai à louer des chambres comme d’habitude, à y placer leurs engins de pêche et à y faire la cuisine, recommandant seulement de n’y pas coucher, lorsque ces chambres ne donneraient pas dix mètres cubes d’air par personne. Je cherchai à leur montrer que c’était dans leur intérêt que toutes ces mesures avaient été prises, que l’administration avait ainsi dégagé sa responsabilité, mais que la leur serait lourde s’ils refusaient d’accepter ce qui avait été fait et si, par suite, une épidémie de choléra ou de fièvre typhoïde venait à se déclarer.

Ce dernier argument les frappa. Contre l’intérêt, l’habitude restait la plus forte; mais quand je m’adressai à leur conscience, leur conscience répondit. L’un des plus influents se déclara prêt à accepter une tente. Les autres suivirent peu à peu. Le lendemain, i5 mars, quatre tentes furent occupées par quatre équipages et quatrevingt-dix tentes étaient occupées le 3i mars. Les marins s’étaient laissé entraîner avec la résignation muette qu’apportent ces populations dans l’accomplissement de leurs devoirs. A l’expérience, ils trouvèrent qu’ils avaient eu raison et que les tentes valaient beaucoup mieux que les chambres où, suivant leur expression, ils ne pouvaient pas « dépêtrer leurs jambes de la marmaille ». Aussi le a5 mars, je reçus du maire du Guilvinec une lettre de remercîmenls écrite au nom des marins : ceux-ci se disaient satisfaits de la sécurité et du bien-être que les tentes leur avaient procurés. J’eus, en outre, la joie de constater que la mesure avait été efficace, et dans un rapport que, le 25 avril, la campagne de pêche terminée,

j’adressai à M. le ministre du commerce, je pus affirmer « que jamais, au moment du rassemblement de la pêche du maquereau au Guilvinec, l’état sanitaire n’avait été aussi bon qu’en 1886 ».

Malheureusement nous n’obtînmes pas le même succès à Audierne. Le Dr Gharrin avait été obligé de requérir les soldats du 1 180 de ligne pour garder les tentes pendant la nuit, les marins ayant menacé de les jeter à la mer. Le détachement était porté de vingt à cinquante hommes et chargé de veiller sur le matériel des pêcheurs afin de leur enlever cet argument que leurs filets et engins de pêche seraient à la merci des voleurs. L’épidémie d’Audierne avait été très meurtrière dans les derniers mois de i885 ; il fallait empêcher à tout prix qu’elle reparût. Mais les habitants regrettaient le bénéfice de leur location; ils poussaient ouvertement les marins aux mesures violentes. Le maire prêtait peut-être une oreille trop complaisante à leurs protestations. Gomme au Guilvinec, les habitants avaient la faculté de louer des chambres pour le dépôt du matériel de pêche et pour les marins eux-mêmes dans la limite de dix mètres cubes d’air par personne. Mais ni les habitants, ni les marins ne tinrent compte de ces concessions. Le 24 mars, le maire d’Audierne m’écrivait: « Je suis complètement débordé en ce moment. Tous les marins logent en ville: je n’ai approuvé que trente ou trente-cinq logements et nous avons ici une cinquantaine de bateaux. 11 y a donc environ quinze équipages qui logent dans des appartements non approuvés. Je viens de faire bannir un avis informant les habitants qu’ils doivent retirer le plus tôt possible de la mairie les autorisations de logement et prévenant les délinquants qu’ils seront poursuivis. » Les habitants ne prirent sans doute pas ces mesures au sérieux, car ils continuèrent à loger les marins.

La seconde épidémie de Tréboul. — Le 24 mars, avant d’avoir reçu la lettre du maire d’Audierne, je lui faisais parvenir l’information suivante : un marin qui, à Audierne, avait logé chez l’habitant, était rentré à Tréboul avec le choléra. Le maire répondait aussitôt que cet homme était déjà malade avant son arrivée à Audierne ; que du reste, tous les marins se portaient bien. Mais, coup sur coup, je recevais de Tréboul les nouvelles les plus alarmantes: ig marins étaient revenus d’Audierne rapportant la maladie. Tous avaient logé, non sous les tentes, mais chez l’habitant. Le sort en était jeté: ce que nous avions tant redouté arrivait. L’obstination des habi-

tants d’Audierne et la faiblesse de l'autorité locale avaient pour conséquence une nouvelle invasion de l’épidémie.

De tels faits sont-ils concluants ? Supposons que la municipalité d’Audierne ait obligé les marins à occuper les tentes et qu’à Audierne, comme au Guilvinec, il n’y ait eu aucun cas nouveau, n’eût-on pas dit que l’installation des tentes, si elle n’avait pas fait de mal, n’avait fait non plus aucun bien; que les précautions prises par l’administration avaient été des précautions au moins superflues ? N’est-il pas certain qu’on l’eût dit ? C’est le rôle ingrat que joue toute administration sanitaire : ses succès ont un caractère négatif ; on peut toujours les nier; on peut toujours prétendre que les maux qu’elle a évités ne se seraient pas produits. Dans le cas présent, la preuve indirecte, fournie par l’immunité du Guilvinec, a eu pour confirmation la contre-épreuve directe, fournie par les malades d’Audierne.

Mais poursuivons. Si (nous venons de le voir) il suffit parfois que l’administration ait la volonté et le pouvoir d’agir pour prévenir le choléra, nous allons nous convaincre que son action n’est pas moins efficace pour le réprimer.

La municipalité d’Audierne avait beau contester les suites de son inertie, laisser les habitants et les pêcheurs s’entendre à leur guise, les faits qui se succédaient, le danger qui menaçait, la terreur qui s’emparait d’une population si cruellement éprouvée trois mois auparavant, eurent bientôt raison de son impassibilité. Elle se décida, à la fin de mars, à prendre les mesures que je lui avais prescrites et qu’elle eût dû prendre quinze jours plus tôt. Le 28 mars, le maire m’écrivait : «En voyant les marins de Tréboul tomber malades successivement, les habitants d’Audierne ne demandent plus qu’une chose, c’est à en être débarrassés au plus vite. Quant aux pêcheurs étrangers, ils comprennent de leur côté qu’il est temps de faire taire leurs récriminations. » Et le Ier avril, M. Charrin pouvait écrire au ministre : « A Audierne tous les pêcheurs logeant chez l’habitant ont été expulsés. Un arrêté punit sévèrement quiconque logera des marins pêcheurs étrangers et quiconque parmi ces marins pêcheurs se logera en ville. Des rondes quotidiennes de gendarmerie assurent l’exécution de l’arrêté. Un second arrêté enjoint aux habitants de blanchir à la chaux l’intérieur de leurs maisons, de gratter les planchers et de les arroser de sulfate de cuivre. Les désinfectants sont, au reste, distribués gratuitement. A partir d’au-

jourd’hui, une commission composée de M. Buart, conseiller de préfecture qui réside à Audierne, du maire, du médecin, du conducteur des ponts et chaussées, visite les maisons pour vérifier l’exécution des mesures de désinfection. Tous les jours les ordures, qui n’étaient enlevées qu’une ou deux fois par semaine, sont ramassées. Enfin, j’ai formé deux désinfecteurs en prévision de nouveaux cas de choléra. »

L’efïet de ces mesures fut immédiat ; il dépassa les espérances. Après le 3i mars, on n’eut plus à signaler le départ de pêcheurs quittant Audierne pour retourner malades à Tréhoul.

La marche de l’épidémie à Tréboul même est peut-être encore plus significative. Je n’ai pas à conter ici dans ses détails cet épisode dont on peut dire ce que M. Gibert a dit de l’épidémie d’Yport 1 : « c’est une expérience de laboratoire » . Ce qui en fait l’intérêt, c’est que l’administration a pu agir au moment où le premier cas se produisait.

Le danger était grand. De Tréboul le mal pouvait facilement gagner Douarnenez ; il n’avait qu’un pont à franchir ; et de Douarnenez, cité populeuse et très insalubre, comment ne pas craindre qu’au moment où reviendraient les chaleurs il se répandrait dans toute la région? Pour conjurer ce péril, l’administration fit un effort considérable. Elle installa une grande tente Tollet permettant d’isoler un certain nombre de malades. Les désinfectants inondèrent la commune. Dans cette petite localité, dix personnes furent exclusivement occupées à combattre le subtil et imperceptible ennemi, en surveillant pour ainsi dire chaque déjection de cholérique, en brûlant les linges qui pouvaient être brûlés, en désinfectant les autres aussi bien que les vêtements et les logements. Il y eut beaucoup de diarrhées, de cholérines, une proportion relativement élevée de cas de choléra suivis de guérison, dix décès: après une vingtaine de jours d’une lutte acharnée, le choléra était étouffé surplace; il n’avait point passé le pont.

Dans la notice de Tréboul, on trouvera la cause plus longuement élucidée. Dès à présent, le lecteur impartial reconnaîtra, je pense, que la mise en pratique, d’une manière rigoureuse, des prescriptions du comité consultatif a eu pour effet d’atténuer d’abord et finalement de faire disparaître l’épidémie.

Voir p.

§4- — Récompenses.

Dans l’ensemble, les autorités municipales et les fonctionnaires ont prêté à l’administration départementale, au cours de la lutte qu’elle engagea contre le choléra, un concours empressé, intelligent et efficace. Le ministre du commerce, sur la proposition du comité de direction des services de l’hygiène, a attribué à quelques personnes des récompenses dont il est juste que la liste ligure ici telle qu’elle a été publiée au Journal officiel. On sait qu’un décret et un arrêté ministériels, tous deux en date du 3i mars i885, ont institué des médailles d’honneur en or, en vermeil, en argent et en bronze, pouvant « être décernées à ceux qui se sont particulièrement signalés par leur dévouement pendant des maladies épidémiques » 1 2 .

Médailles d’or.

MM. Astor, maire de Quimper, conseiller général 2 . A organisé avec beaucoup d’intelligence et de dévouement les soins à donner aux malades. Il allait tous les jours lui-même les voir, s’informait de leurs besoins et veillait à ce que les mesures de désinfection fussent prises et que les prescriptions des médecins fussent exécutées.

Charrin (Dr), chef du laboratoire de pathologie générale à la faculté de médecine de Paris, délégué du ministre du commerce et de l’industrie dans le Finistère et la Vendée. S’est transporté dans les diverses localités atteintes par le fléau et y a procédé à l’organisation des secours et des mesures sanitaires avec une intelligence et un dévouement dignes d’éloges.

Daniélou, maire de Douarnenez. A fait preuve dans l’organisation des secours et des mesures sanitaires du plus grand dévouement et de la plus grande activité. Il allait lui-même visiter les malades, leur envoyait le médecin et leur faisait distribuer des secours et tous les remèdes nécessaires, gratuitement.

Galzain (Dr), médecin depuis 17 ans à Concarneau. A eu non seulement à soigner les malades cholériques de cette ville, mais aussi ceux des deux communes de Beuzec-Conq et de Lanriec qui sont, en quelque sorte, des faubourgs de Concarneau. Presque chaque année, M. Galzain est appelé à combattre des épidémies, soit de fièvre typhoïde, soit de variole, et de nombreux cas de typhus.

1 Recueil des travaux du comité consultatif d'hygiène publique de France, tome XV, pp. 5o3 et 5o4.

2 Aujourd’hui sénateur du Finistère.

MM. Hébert (Dr), seul médecin d’Audierne au moment où l’épidémie a éclaté. A donné ses soins aux premiers malades avec beaucoup de dévouement. Mais l’épidémie prenant des proportions considérables, un médecin de la marine lui fut adjoint. M. Hébert, continuant à soigner les autres malades de la région qui ne pouvaient se passer de ses soins, consacrait presque toutes ses nuits à soigner les malades cholériques.

Le Berre, maire du Guilvinec. Dès le début de l’épidémie, M. le Berre qui est pêcheur et dont la pêche est la seule ressource, a désarmé son bateau et s’est consacré entièrement à ses administrés. Il accompagnait toujours M . le Dr le Tersec, médecin de la marine, détaché au Guilvinec, et veillait lui-même à l’observation des mesures prescrites. Une grande partie des habitants (plus de la moitié) avaient fui ; ne trouvant personne pour le faire, M. le Berre allait lui-même à Pont-l’Abbé, au milieu de la nuit, chercher des médicaments. Il a, avec beaucoup de fermeté, tenu la main à. ce que les prescriptions de M. le Dr Gharrin et de l’administration fussent fidèlement exécutées.

Le Tersec (Dr), médecin de la marine, détaché au Guilvinec. A fait preuve, durant toute l’épidémie, d’un zèle et d’un dévouement au-dessus de tout éloge.

Losq, adjoint au maire de Tréboul. A fait preuve, malgré son âge avancé, d’un grand dévouement auprès des malades et de beaucoup d’énergie dans la mise en application des mesures sanitaires commandées par les circonstances.

Monod, préfet du Finistère.

Nées (Dr), médecin à Pont-Croix. A montré beaucoup de dévouement en soignant les malades.

Nicolas (Dr), médecin à Douarnenez. A fait preuve du plus grand dévouement et du plus grand zèle pour combattre l’épidémie.

Nicolas, instituteur, secrétaire de la mairie de Tréboul. N’a pas hésité, bien que père de dix enfants, à donner ses soins les plus dévoués aux malades et à procéder lui-même à la désinfection des logements contaminés.

Roulland, maire de Concarneau. A visité lui-même les malades, pris les mesures qui lui ont été recommandées par les médecins et l’administration et a fait preuve d’un zèle et d’un dévouement complets.

Médailles d’argent.

MM. Allard, adjoint au maire du Guilvinec. S’est conduit avec un grand dévouement ; a été lui-même atteint par le fléau.

Bastide, commissaire de police à Quimper. A surveillé l’exécution des mesures sanitaires et visité lui-même tous les malades.

Bizien (Dr), à Douarnenez. A fait preuve d’un grand dévouement et d’un grand zèle pour combattre l’épidémie.

Buart, conseiller de préfecture à Quimper. Délégué à Audierne pendant l’épidémie, y a fait preuve de beaucoup d’énergie et de dévouement.

MM. Bloch (David), lieutenant au 1 180 régiment de ligne à Quimper, commandant le détachement d’infanterie envoyé à Audierne. A fait preuve d’un grand dévouement dans l’accomplissement de sa mission.

Caradec (Dr Théophile), médecin des épidémies de l’arrondissement de Brest. A prodigué ses soins aux malades avec le plus entier dévouement.

Coffec (Dr), médecin des épidémies de l’arrondissement de Quimper. A soigné avec un grand dévouement les malades de la ville et ceux des villages contaminés de l’arrondissement.

Cosmao (Dr), médecin à Pont-l’Abbé '. Bien qu’habitant Pont-l’Abbé, à il kilomètres du Guilvinec, se rendait jour et nuit dans cette dernière ville pour y soigner les malades.

Cothereau, secrétaire général de la préfecture. S’est rendu, au fort de l’épidémie, partout où apparaissait le fléau pour y diriger l’application des mesures sanitaires.

Fagiiet (Paul), chef de cabinet du préfet. Est allé s’installer à Tréboul pour veiller personnellement à l’application des mesures sanitaires.

Frétaud, procureur de la République à Quimper. A fait preuve auprès des malades d’un dévouement digne d’éloges.

Ghilino, conseiller municipal à Guipa vas. A fait preuve d’un grand dévouement et d’un grand zèle pour combattre l’épidémie dans le bourg de Kerhuon.

Gouzien (Dr), médecin-major de l’ile de Sein. A montré beaucoup de dévouement dans les soins qu’il a donnés aux malades.

Guéguen (Jean), conducteur des ponts et chaussées à Audierne. A fait preuve d’un grand dévouement dans cette commune.

Guillou, conseiller d’arrondissement, pilote à Concarneau, chevalier de la Légion -d’honneur et titulaire de nombreuses médailles de sauvetage. A fait preuve d’un grand dévouement.

Mmcs Hélier, en religion sœur Emmanuelle, supérieure des sœurs du bureau de bienfaisance de Quimper. A visité et soigné les malades avec un grand dévouement.

Jaïn, en religion sœur Anicet. A soigné avec beaucoup d’intelligence et de dévouement la plus grande partie des malades de Quimper ; a été atteinte elle- même par le fléau.

MM. Kerloch (Victor), garde champêtre à Audierne. A montré un dévouement et un courage dignes d’éloges en soignant les cholériques ; a été atteint luimême par le fléau.

Le Crâne, adjoint au maire de Concarneau, conseiller général, spécialement chargé de la salubrité de la ville. A visité les malades et veillé à l’exécution des mesures sanitaires avec un grand dévouement.

L’Helgouach, médecin de la marine, détaché à Tréboul. A montré un grand dévouement auprès des malades.

f Aujourd’hui député du Finistère.

MUe Le Maître (Marie), à Concarneau. Agée de 17 ans, a prodigué ses soins avec un dévouement et une intelligence dignes d’éloges à quatre personnes de sa famille atteintes de l’épidémie.

M. Le Marchand, maire de Tréboul. A visité et secouru les malades avec un grand dévouement.

Médailles de bronze.

M. Doré, gendarme à Pont-l’Abbé. Détaché au Guilvinec pendant l’épidémie, a rendu de grands services, notamment pour la désinfection des locaux contaminés.

Mmc Eluard, en religion sœur Marie- Anthème, à Quimper. S’est particulièrement distinguée dans les soins donnés aux malades.

MM. Fromentin (Jean-François), commissaire de police à Concarneau. Arrivé au déclin de l’épidémie, s’est activement occupé d’en hâter la disparition et d’en prévenir le retour.

Guégan, desservant à Audierne. A montré beaucoup de dévouement auprès des malades.

Guégan, élève en pharmacie à Concarneau. A secouru et visité les malades avec beaucoup de dévouement.

Guichaoua, marin au Guilvinec. A servi avec dévouement d’infirmier pendant toute la durée de l’épidémie.

Huon (Jean-Marie), instituteur à Guengat. A donné des soins dévoués aux malades.

Jézéquel, maire de Pouldergat. A fait preuve de dévouement auprès des malades.

Joncourt (Mathurin), agent de police à Douarnenez. S’est particulièrement distingué dans les soins donnés aux malades.

Kergoat, vicaire à Audierne. A fait preuve de beaucoup de dévouement auprès des malades.

Kervella (Auguste), gendarme à pied à Douarnenez. S’est particulièrement distingué dans les soins donnés aux malades.

Le Bot (Gabriel), agent de police à Douarnenez. S’est particulièrement distingué dans les soins donnés aux malades.

Le Pape, marin au Guilvinec. A servi avec dévouement d’infirmier pendant toute la durée de l’épidémie.

Lettt, desservant à Kerhuon. A montré beaucoup de dévouement lors de l’épidémie du bourg de Kerhuon.

Loxq, agent de police à Douarnenez. S’est particulièrement distingué dans les soins donnés aux malades.

Michadel, gendarme à Pont-l’Abbé. Détaché au Guilvinec pendant l’épidémie, a rendu de grands services notamment pour la désinfection des locaux contaminés.

MM. Nicolle (Henri), instituteur à Guipavas. A montre beaucoup de dévouement dans l’épidémie du bourg de Kerhuon.

Nihouarn, maire de Guengat. A fait preuve de dévouement et d’énergie.

Soeur Saint-Guillaume, à Quimper. S’est signalée par son dévouement auprès des malades.

MM. Salaun, vicaire à Audierne. A visité les cholériques avec beaucoup de courage et de dévouement.

Sévère, agent de police à Quimper. S’est particulièrement distingué dans les soins donnés aux malades.

Mms Truscat, en religion sœur Marie-Abel, à Quimper. S’est particulièrement distinguée dans les soins donnés aux malades.

Page 1