‹ Le choléraChapitre 40 sur 125 · IV. — MELGVEN · texte numérisé non relu

IV. — MELGVEN

Épidémies antérieures : choléra en i865— 66 : 6 décès.

Superficie: 2.081 hectares.

Population : dénombrement de 1886: totale, 2.87! ; agglomérée, 2i4.

Taux moyen, de 1882 à i885, de l’excédent des naissances sur les décès : 16,09 pour I-000 habitants.

Taux moyen, de 1882 à i885,de la mortalité: 22, o3 pour 1.000 habitants '. Nombre des maisons: 498; des ménages : 532.

Spiritueux: au cours d’une année (i885), la consommation du vin, par tête d’habitant, a été de 7 litres, du cidre de 32 litres, de l’alcool de 4 lit. 2.

Épidémie de 1 885-86.

Population exposée (le bourg) : 2i4 habitants se subdivisant ainsi: 1° Division par groupes d’âge et par sexe:

Garçons

Filles

Hommes

Femmes

Hommes

Femmes

compris) :

De o à i5 ans. . . .

De i5 à 60 ans. . . .

Au-dessus de 60 ans.

2° Division par état civil ( enfants jusqu’à 15 ans

Célibataires \ Hommes

} Femmes

Veufs ,

Hommes .

Femmes .

Hommes .

Femmes.

Les professions qui ont fourni des victimes au choléra se chiffraient comme suit au dénombrement de 1886:

Hommes | Pêcheurs

Femmes j Ménagères

Voir p. i48 comment ces chiffres ont été obtenus.

Nombre des maisons exposées : 46; des ménages: 53.

Durée de l’épidémie: du 24 septembre au 3i octobre i885 *.

Nombre des décès : 4 (i homme, 3 femmes).

Proportion des décès cholériques, en i885, au chiffre delà population exposée:

’(4 : 2i4) 18.69 P* ï-ooo.

Melgven est une commune rurale limitrophe de la commune de Beuzec-Conq.

L’épidémie de i885 y a fait 4 victimes, dont 3 femmes, trois mendiantes. D’après les renseignements fournis, il n’y aurait eu qu’une seule guérison, celle d’un marin âgé de quarante ans. Peutêtre ces renseignements sont-ils incomplets ; cependant, le maire de Melgven, conseiller général, est très affirmatif à cet égard.

La première victime était un marin âgé de trente-quatre ans. Il était à Concarneau employé à la pêche de la sardine, lorsque, le 24 ou le 25 septembre, il tomba malade. Il fut transporté à son domicile à Kervain-le-Breton, en Melgven, le 27 septembre, ne reçut les soins d’aucun médecin, et mourut le 28. Voici ce que m’en écrivait le maire : « Il vivait malheureusement, comme un pêcheur, et buvait bien quand la pêche donnait. » Il était très pauvre, marié, père de trois jeunes enfants.

Après son décès, la commune est restée six jours sans nouveau malade.

Le 3 octobre, le nommé Alain..., âgé de quarante ans, marin, est rentré chez lui, venant de Concarneau, d’où il avait été à la pêche, et s’est ahté. Il présentait tous les symptômes du choléra. Il a été soigné par le Dr Galzain, et a gardé le ht pendant quinze jours. Il guérit, mais sa mère l’avait soigné,, et, pendant la quinzaine où elle le soignait, elle s’était plainte de douleurs d’entrailles. C’était une pauvre vieille de soixante-seize ans, vivant de la charité publique, sobre. Elle fut au ht trois jours et mourut le 20 octobre. Dans une maison située en face de la sienne, séparée de celle-ci par un chemin vicinal de 7 mètres de largeur, habitait, avec sa hile, une autre pauvresse, la femme P..., âgée de soixante-treize ans, vivant comme la première des maigres dons du bureau de bienfaisance, sobre comme elle. « Elle ne faisait, dit le maire, d’autres excès que ceux de l’eau de la source qui coulait près de sa maison. » L’on pense qu’elle vint soigner sa voisine. Elle mourut le 23 octobre. Elle aussi ne fut alitée que trois jours. C’est assurément à elle

1 Voir les observations météoriques pour celte période à la planche 10, p. i44-

qu’il faut rapporter cette note que je trouve dans le dossier de Melgven : « Une voisine, malgré les conseils qui lui avaient été donnés, consentit à laver le linge d’un marin qui était mort le 28 septembre. Elle prit la maladie et mourut en deux ou trois jour s. »

Une femme H... (n° 5), lava le linge de la femme P... (n° 4). Elle lui avait aussi donné des soins. C’était une femme de cinquantedeux ans, mère de deux enfants soutenus par la charité publique, le père ne jouissant pas de toute sa raison. Elle mourut le 3i octobre.

L’épidémie de Melgven s’est arrêtée là. Les faits d’origine et de transmission paraissent bien établis pour cette commune.

C’est une de celles pour lesquelles l’agent voyer cantonal a fourni les renseignements que j’avais demandés à M. Considère, l’ingénieur en chef, chargé du service vicinal *. Quoique l’épidémie de Melgven ait peu d’importance, je reproduis ces renseignements parce qu’ils donnent une idée assez exacte de ce qu’est une commune rurale dans le Finistère.

Rapport de l’agent voyer cantonal sur l'état sanitaire de la commune de Melgven.

La commune de Melgven ne possède sur son territoire que le bourg de Melgven et le hameau de la Trinité ayant plus de 20 feux.

Pour le bourg, comportant 62 feux et 3x6 habitants, la totalité, pour ainsi dire, de ces habitants vont pour leur alimentation puiser de l’eau à une fontaine située près de Questel.

Cette source est entourée d’un terrain humide et perméable et peut être souillée par des infiltrations; elle est suffisamment forte été comme hiver pour desservir en eau potable le bourg de Melgven.

En ce qui concerne le hameau de la Trinité, comportant 22 feux, il s’approvisionne à la source se trouvant à peu près au centre de ce hameau et qui est également entourée d’un sol perméable, sauf la partie vis-à-vis du chemin de grande communication n° 22, où le sol est battu et imperméable sur une profondeur suffisante pour empêcher les infiltrations de ce côté, mais par où pourraient s’écouler les eaux souillées provenant du chemin et tomber dans la fontaine, le rebord en pierre, qui fait saillie de 3o centimètres sur le sol environnant, n’étant point suffisamment clos. Cette source peut alimenter à toute époque ce hameau.

Quant à la vidange des maisons, elle se fait en général tous les jours. Les matières fécales sont déposées dans les cours extérieures et mêlées au fumier. Ces immondices et fumiers sont ensuite employés pour l’agriculture avec une périodicité variant de 3 à 4 mois au plus, étendus sur le sol et ensuite enfouis en terre au moyen de la charrue ou déposés dans les sillons creusés à cet effet et recouverts de terre sans pouvoir contaminer les eaux potables.

Le lavage du linge dans la commune se fait en général au moyen d’une lessive en employant le lavoir le plus proche ; les eaux employées à ce lavage s’écoulent

* Voir pp. i5i etsuiv.

par le canal avec les eaux de la source. Les lavoirs de Questel et de la Trinité auraient besoin d’être reconstruits entièrement afin d’écarter le danger de contamination.

Le nettoiement des rues et places du bourg se fait par le cantonnier dès que le besoin s’en fait sentir.

11 n’existe de cours intérieures où s’accumulent les résidus de la vie que dans quelques maisons du bourg; ils sont mêlés aux immondices et fumiers et n'y séjournent que peu de temps.

Tableau des malades.

XJ

du

commencement

DE LA MALADIE

DATE

DU DÉCÈS

PROFESSION

CO

ÉTAT CIVIL

a4 sept. i885. .

a8sept. i885 . .

Pêcheur

3 oct. i885 . .

Guéri

ao oct. i885.. .

Ménagère

Veuve.

Mariée.

Y. — NIZON.

Épidémies antérieures: choléra en i865-66 : 6 décès.

Superficie: 2.781 hectares.

Population: dénombrement de 1886: totale, i.46o; agglomérée, i4o.

Taux moyen, de 1882 à i885, de l’excédent des naissances sur les décès : 12,2 pour 1. 000 habitants.

Taux moyen, de 1882 ài885, delà mortalité : 24,24 pour 1.000 habitants *. Nombre des maisons : 272 ; des ménages : 282.

Spiritueux : au cours d’une année (i885), la consommation du vin, par tête d’habitant, a été de 6 litres, du cidre de 35 litres, de l’alcool de 3 lit. 8.

Épidémie de i885-86.

Population exposée (hameaux de Pont-Glaye et Kernouen) : 68 habitants se subdivisant ainsi :

1 • Division par groupes d’âge et par sexe:

De 0 à 1 5 ans

( Garçons .

( Filles . . .

De i5 à 60 ans. . . .

( Hommes

( Femmes.

Au-dessus de 60 ans .

( Hommes

( Femmes.

2° Division par état civil (enfants jusqu’à 15 ans non compris):

Célibataires ,

Mariés

Veufs

Hommes

Femmes.

Hommes

Femmes.

L’unique profession qui ait fourni des victimes au choléra se chiffrait comme suit au dénombrement de 1 886 :

Hommes j Pêcheurs 5

Nombre des maisons exposées: 17; des ménages: 17.

Durée de l’épidémie: du 29 septembre au 25 octobre i885 *.

1 Voir p. i48 comment ces chiffres ont été obtenus.

2 Voir les observations météoriques pour cette période à la planche 10, p. i44-

Nombre des décès: a (a hommes).

Proportion des décès cholériques, en i885, au chiffre de la population exposée : (a : 68) 39,41 p. 1.000.

On pourrait presque dire que l’épidémie de choléra de i885 n’a pas visité Nizon, caries deux seuls cas qui s’y soient produits sont éclos hors de la commune, ou les victimes ne sont venues que pour mourir, n’y ayant d’ailleurs transmis le mal à personne.

Les deux victimes étaient deux pêcheurs. Le premier, âgé de quarante-trois ans ; le second, âgé de quarante et un ans. C’est certainement de Concarneau que chacun d’eux a apporté la maladie, et il n’existe pas de relation entre les deux cas. Cela résulte sans conteste de deux rapports du maréchal des logis commandant )a brigade de Pont- Aven. Voici ces rapports :

Pont-Aven, le 29 septembre i885.

Le 28 courant, dans la matinée, le nommé X..., âgé de quarante-trois ans, marin pêcheur, est tombé subitement malade à Concarneau où il faisait la pêche. M. le Dr Galzain, demeurant dans cette ville, appelé pour lui donner des soins, a constaté les symptômes du choléra. Il a immédiatement fait transporter le malade à son domicile, au hameau de Pont-Claye, en la commune de Nizon. Ce marin est décédé aujourd’hui à sept heures du matin. Son inhumation a eu lieu dans l’après-midi par ordre de l’autorité de cette commune. Aucun médecin de Pont- Aven n’a été appelé près du défunt.

M. le maire de Nizon s’exprime comme suit au sujet de ce marin: «Rentré dans ses foyers, dans un milieu assez sain, ce malade, au lieu de se mettre au lit et d’appeler un médecin, pensa qu’il valait mieux se traiter à l’alcool, ce qui sans doute hâta sa fin. »

Le second rapport du maréchal des logis est ainsi conçu :

Pont-Aven, le 25 octobre i885 .

Le 23 courant, à dix heures du matin, le nommé X..., âgé de quarante et un ans, marin pêcheur au village do Kernouen, en la commune de Nizon, est tombé subitement malade ayant des vomissements et des crampes dans tous les membres. Aujourd’hui à deux heures et demie du malin, cet homme est décédé. Son inhumation a eu lieu à trois heures du soir par ordre de M. le maire de cette commune. M. le Dr Brossier, demeurant à Pont-Aven, a été appelé près du malade dans la journée du a4- 11 a constaté qu’il était atteint du choléra.

Le défunt s’était rendu à Concarneau le mercredi 21 courant. L’épidémie règne dans cette localité. C’est là qu’il a contracté sa maladie. Il laisse une veuve et huit enfants en bas âge et sans ressources.

Ici encore, comme pour Melgven, je donne, dans sa totalité, le

rapport de l’agent voyer cantonal. Beaucoup des observations qu’il fait peuvent être étendues à d’autres communes dont nous aurons à nous occuper, mais pour lesquelles les agents voyers n’ont pas fourni le travail. L’on remarquera l’abondance des eaux. Il semble qu’il serait facile d’assurer à presque toutes les communes du Finistère une excellente alimentation en eau potable.

Rapport de l’agent voyer cantonal sur la situation sanitaire de la commune de Nizon.

Dans la commune de Nizon, en dehors du bourg qui possède 32 feux, il n’y a aucun hameau qui atteigne le nombre de 20 feux.

Bourg de Nizon. — Il est situé sur une hauteur et est alimenté par deux fontaines et cinq puits. Ces puits, avec un revêtement en pierres à l’intérieur, sont profonds de 6 à 7 mètres et fournissent une bonne eau en hiver. En été, la source tarit à cause de la surélévation du terrain. Les fontaines en eau de source, au nombre de deux, sont à 200 mètres du bourg. Elles fournissent une très bonne eau, pure, limpide et en abondance. Je les ai visitées ces jours-ci, les eaux jaillissaient très facilement. Ces sources sortent des rochers et sont entourées d’une maçonnerie qui contient les eaux. Elles débitent suffisamment d’eau pour les besoins de l’agglomération. On ne se sert de ces eaux de source que pour la table, quelquefois pour la confection de la soupe, mais plus généralement on se sert de l’eau des puits pour faire la soupe. Ces sources ne sont pas contaminées par de l’eau malsaine ; il y en a une qui se trouve en contre-bas de la route, et qui est quelquefois troublée par les eaux pluviales seulement ; mais on pourrait remédier à cet état de choses en construisant un parapet et un caniveau autour de la fontaine pour écarter les eaux pluviales. Le bourg a aussi à sa disposition deux lavoirs près de ces fontaines. Les eaux stagnantes entre la fontaine et le lavoir détrempent le sol qui maintient de l’eau qui se corrompt : on y pourrait remédier à très peu de frais en établissant un macadam en forme de revers ou un caniveau avec des pavés.

Village de Lan-Rostel. — Il a 6 feux. Il est alimenté par une source dite de Kerrouen, jaillissant au pied d’un monticule et encastrée dans la maçonnerie. Elle sort des rochers abondamment, avec une clarté et une limpidité merveilleuses. Elle fournit suffisamment d’eau pour ce village ainsique pour les villages de Bot-Quelen (10 feux) et de Keraurou-Kerlon (4 feux) qui sont sur la commune de Nevez. On l’emploie pour l’usage de la maison. Les bestiaux s’abreuvent dans le ruisseau de Pont-Quévren . A côté de celte fontaine se trouve un lavoir pour laver le linge. La source n’est jamais troublée par aucune eau ; les eaux s’écoulent très facilement de chaque côté de la fontaine pour tomber dans le vallon. Elle est située à un kilomètre environ de chaque village et à 4oo mètres de Pont-Quévren.

Village de Saint-André. — Il a 6 feux. Il est desservi par trois sources et trois puits. Les sources sont situées au pied ou au milieu de monticules et fournissent de la bonne eau. Il y en a une, celle dite de Saint-André, qui est un peu encaissée dans un pré d’où l’eau ne jaillit pas facilement. Elle croupit dans son auge. On y remédierait en creusant un canal d’irrigation. Cette source est très faible à celte époque et ne dessert que le village de Bot-Spem. Les deux autres fon-

laines ont leurs sources très fortes et jaillissent abondamment ; l’eau est claire et limpide, jamais souillée par d’autres matières. Il existe un lavoir à côté de chacune des deux fontaines. L’on se sert de l’eau de source pour l’usage de la maison et de l’eau de puits pour abreuver les bestiaux, quelquefois aussi pour faire la soupe. Ces fontaines sont situées, l’une à côté d’une maison et les deux autres à i5o mètres environ des villages. Les puits maçonnés intérieurement sont situés à côté des fermes et fournissent une eau assez claire.

Village de Kérigazul. — Il a 7 feux. Il est alimenté par deux fontaines et deux puits. L’une des sources est dite de Saint- Sylvestre ; elle est située dans une garenne très perméable ; en ce moment, son eau est trouble et n’a pas d’écoulement parce que la source est trop faible et le canal de décharge n’est pas suffisamment creusé. Cependant cette fontaine est proprement tenue ; elle est construite en pierres de taille. Elle fournit de l’eau pour 3 feux et est distante des maisons de 120 mètres. A côté se trouve un lavoir. L’autre source placée au pied d’un monticule, dans le rocher, est très forte et fournit une eau abondante, claire, limpide. On pourrait, néanmoins l’assainir un peu en creusant le canal en aval, conduisant les eaux dans le pré, pour éviter sa stagnation aux abords de la fontaine. Elle fournit de l’eau pour 4 feux de Kérigazul et pour le village de Kergoadic, dont elle est distante de 5oo mètres environ. A côté se trouve aussi un lavoir. L’eau de cette fontaine n’est jamais troublée par d’autres eaux malsaines et satisfait largement aux besoins des habitants des deux villages.

Village de Bossulay. — Il a 7 feux. Il est desservi par deux fontaines à proximité des habitations et deux puits. 11 existe encore plusieurs sources mais plus éloignées du village de un kilomètre à i.5oo mètres dont on ne fait pas usage à cause de leur grande distance. L’une de ces fontaines n’a pas grande valeur. Elle est située dans un pré, sur un terrain sablonneux à 100 mètres environ des maisons. La source fournit une eau trouble tandis que celle qui se trouve sur la route un peu plus loin à 200 mètres des fermes est située dans le rocher et produit une eau jaillissante, pure et limpide. A côté se trouve un lavoir que l’on forme en barrant le lit du ruisseau et de cette manière on submerge la fontaine par l’eau sale. Lorsque l’on donne à l’eau son libre écoulement, elle est claire, bonne et abondante. Elle suffirait pour l’usage des habitants de Bossulay, mais ils préfèrent prendre de l’eau du puits de Saint-Dérouyver qui se trouve au sein du village et dont la qualité est excellente. La source de ce puits est intarissable. L’eau de l’autre puits n’est pas si bonne et ne sert que pour abreuver les bestiaux.

Village de Gorriquez. — Il a un feu et possède une fontaine dite de Kergomet et un puits. La source de la fontaine est forte, jaillissante, se trouve située à i5o mètres de la ferme et fournit suffisamment pour ses besoins. Le puits, situé sur une hauteur, est en ce moment à sec. La source est complètement tarie, malgré la profondeur du puits qui est de 8 m. 4o.

Village de Kérentullec. — Il a 6 feux et un seul puits d’une source suffisamment forte pour procurer de l’eau pour abreuver les bestiaux en toute saison. Pour leur usage personnel, les habitants sont tenus d’aller prendre de l’eau de source à KérangolT, à 3oo mètres de là environ. L’eau de cette fontaine est très forte et jaillissante.

Village de Kerman . — Il a 2 feux et possède un puits qui leur fournit de l’eau en suffisance pour abreuver les bestiaux; mais pour leur usage personnel, les habitants sont aussi tenus d’aller prendre de l’eau de source à Kérangoff, à 4oo mètres de là environ.

Village de Kéréo. — Il a a feux et possède un puits qui fournit suffisamment de l’eau potable. Les habitants ne font usage que de cette eau de puits. Les abords du puits sont creusés de fondrières où séjourne le purin. Lorsqu’il pleut, les eaux pluviales y pénètrent et gâtent celle qui s’y trouve ; on pourrait facilement y remédier en comblant tout autour du puits de manière à faire déverser toutes les eaux vers la route.

Considérations générales. — La commune de Nizon se trouve dans une très bonne situation. Elle est très accidentée et sillonnée de ruisseaux. Les villages sont généralement construits sur un plateau ou sur le flanc d’un monticule, de sorte qu’ils sont rarement gênés par les eaux stagnantes. Aussi les abords des fermes sont convenables malgré les dépôts de fumiers à côté des maisons. Le purin qui en sort, coule légèrement vers les champs qui sont en contre-bas. Les puits sont épargnés de recevoir ce liquide malsain de même que les fontaines qui sont situées à une bonne distance des fermes . Ces tas de fumiers sont enlevés et conduits aux champs au fur et à mesure des besoins de l’agriculture .

Quant aux matières fécales, généralement on les dépose dans les champs ; elles y sont envoyées à l’aide de baquets . Il y en a quelques-uns qui les déposent sur les tas de fumiers. Celte opération se fait chaque fois que le baquet est rempli. La matière fécale et la fumure sont éloignées des eaux de source.

Le lavage ordinaire du linge se fait généralement au savon et au battoir. Mais le lavage du linge qu’on a porté sur le corps passe par le lessivage avant d’être lavé à l’eau claire, au savon et au battoir. Presque tous les lavoirs sont construits en maçonnerie avec un fond de celle-ci. On pratique dans le côté le plus bas un orifice par lequel s’écoulent les eaux sales . Ce vide se fait toutes les fois qu’on trouve les eaux trop sales pour le lavage.

Le nettoyage des rues se fait tous les deux mois, chaque fois que le cantonnier travaille dans la commune.

On n’accumule pas, dans les rues de Nizon, les résidus de la vie.

Tableau des décédés.

N" d'ordre du tableau général des décès.

DATE DU DÉCÈS

PROFESSION

ta

29 septembre i885...

Pêcheur

Célibataire .

a5 octobre i885

Marié.

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