VIII. __ PLOBANNALEG
Epidémies antérieures: choléra en i84g : 8 cas, 2 décès.
— en i854: 4o cas, 18 décès.
Superficie : 1.781 hectares.
Population : dénombrement de 1886 : totale, 2.3i3; agglomérée, 266.
Taux moyen, de 1882 à i885, de l’excédent des naissances sur les' décès : 19,44 pour 1.000 habitants.
Taux moyen, de 1882 à i885, de la mortalité : 26,25 pour 1.000 habitants '. Nombre des maisons : 399 ; des ménages : 439. t Spiritueux: au cours d’une année (i885), la consommation du vin, par tête d’habitant, a été de 6 litres, du cidre de 11 litres, de l’alcool de 3 lit. 8.
Épidémie de i 885-86.
Population exposée (hameaux de Lesconil, Quatre-Vents, Kerdraon-Lescoml, Kerdeloé-Lesconil , Brézehan) : 44g habitants se subdivisant ainsi :
[° Division par groupes d’âge et par sexe :
De 0 à i5 ans *
f Garçons
» Filles
De i5 à 60 ans. . . . j
Hommes. . .
Femmes
Au-dessus de 60 ans.j
Hommes
Femmes
0 Division par état civil ( enfants jusqu’à 15 ans non compris J :
Célibataires ^
Hommes . . .
Mariés S
Hommes . . .
Femmes
Veufs (
Hommes . .
Femmes ....
Les professions qui ont fourni des victimes au choléra se chiffraient comme suit au dénombrement de 1886 :
Hommes | Marins 44
Voir p. 148 commeut ces chiffres ont été obtenus.
Femmes \ Ménagères 5
( Cultivatrices 15
Nombre des maisons exposées: 8i ; des ménages : 92.
Durée de l’épidémie: du 11 au 28 octobre i885
Nombre des décès : 4 (1 homme, 3 femmes).
Proportion des décès cholériques, en i885, au chiffre de la population exposée:
La commune de Plobannalec a reçu, dès longtemps, la visite du choléra. En 1849, sur une population de 1.800 habitants, on y enregistre 8 cas et 2 décès. En i854, l’épidémie est plus sérieuse: sur un même chiffre de population, 4o cas, sur lesquels 18 décès sont signalés en vingt-deux jours, du 4 au 26 décembre. La population dut alors émigrer en grand nombre, car nous trouvons au recensement de i856 un chiffre inférieur à celui de i85i, ce qui est une exception dans l’histoire de Plobannalec, où la population va sans cesse en augmentant.
En i865, le choléra ne parut pas. Le recensement de 1886 attribue 2.3o8 habitants à Plobannalec. Le nombre des cas a été de 7 ; celui des décès, de 4- C’est le n octobre qu’un marin pêcheur, qui avait travaillé les jours précédents au Guilvinec2, meurt tout à coup du choléra au hameau de Lesconil (Quatre-Vents). Cinq jours après, une voisine de ce marin est enlevée. Puis meurt la mère de cette voisine ; après la mort de sa fdle qu’elle était venue soigner, elle s’était retirée chez elle, au hameau de Kerdraon. Enfin, le quatrième et dernier décès, qui a lieu le 28 octobre, se produit dans le même hameau de Lesconil (Quatre-Vents). Les malades qui n’ont pas succombé sont tous trois de quartiers de ce même hameau ; ce sont deux ménagères de trente et trente-trois ans et un pêcheur de trente-cinq ans.
Voici, sur l’état sanitaire de la commune, le rapport de l’agent voyer cantonal :
Le rocher granitique se trouve partout à une profondeur moyenne de 1 mètre.
Trois agglomérations de plus de 20 feux existent dans la commune de Plobannalec; elles sont situées: i° au bourg; 20 à Lesconil; 3° à Quélarn.
Au bourg, tous les habitants boivent l’eau de puits. Il en existe six, dont quatre dépendant des fermes, et deux appartenant à la commune. L’un de ces deux puits est muni d’une pompe. Quant à l’autre, il ne sert que pour abreuver le bétail, à cause de sa proximité du cimetière. L’eau de ces différents puits est à une profondeur moyenne de 5 mètres environ.
Voir les observations météoriques pour cette période à la planche 10, p. i44. Le choléra régnait au Guilvinec depuis trois semaines.
A Lesconil, il existe quatre puits, deux citernes et une source. Sur les quatre puits il y en a deux dont l’eau est potablo; l’eau de ces puits se trouve de 3 m. 5o à 4 mètres en contre-bas du sol. La source est située en dehors de l’agglomération de Lesconil, près et au fond d’une petite anse.
A Quélarn, deux puits, dont un contenant de l’eau potable, à 7 mètres en contre-bas du sol.
La source jaillit en dehors de l’agglomération.
Dans aucune de ces trois agglomérations il n’existe de tuyaux pour amener les eaux.
L’eau potable est en quantité suffisante dans chacun de ces trois endroits. Les sources de Lesconil et de Quélarn ne tarissent jamais, pas plus que la pompe communale du bourg. La quantité moyenne de l’eau employée par habitant est de trois litres environ.
Quelques maisons seulement ont des cabinets d’aisances avec baquets. Partout ailleurs les matières fécales sont déposées, le plus généralement, sur les tas de fumiers situés à proximité des étables. Là où il existe des baquets, leur contenu est vidé tous les huit à quinze jours dans un trou pratiqué au milieu des tas de fumier. Ces tas de fumier sont eux-mêmes enlevés tous les trois mois environ. Us sont employés pour fumeries champs. Aucun des tas de fumier existant, soit au bourg, soit à Lesconil, soit à Quélarn, ne peut contaminer les eaux.
Contre la source de Quélarn les habitants de ce village ont creusé le sol de façon à former une mare pour pouvoir abreuver les bestiaux. Cette mare devrait être supprimée ou construite à un endroit plus éloigné parce que, le fond du canal servant à l’écoulement des eaux de la source et par suite de la mare, se trouvant à son origine en contre-haut de o m. 3o, il en résulte que, en hiver, quand la source est abondante, la mare et la source ne forment qu’une seule nappe d’eau.
Le linge se lave, en général, le long des ruisseaux. Le lavage se fait entièrement au savon ; on n’emploie pas de chlore.
Dans la commune, il n’y a ni rue ni place. Peu de maisons ont des cours intérieures. Les résidus ou autres immondices se jettent sur les tas de fumier situés à proximité des crèches, tas de fumier qui sont transportés dans les champs tous les deux à trois mois.
Tableau des décédés.
| h* N°* d’ordre.
N" d’ordre »da tableau général des décès.
DATE DU DÉCÈS
PRO-
FESSION.
ÉTAT CIVIL
DOMICILE
11 oct. i885. . . .
Pêcheur. . . .
Marié ....
Lesconil (Q.V.)
Ménagère . .
Veuve ....
Lesconil
Cultivatrice.
Kerdraon
Sans prof. .
Mariée. . . .
Lesconil (Q.V.)