Eau du sondage voisin
L’eau des bornes-fontaines est celle dont la matière organique est le plus faible. Sous ce rapport elle se rapproche des eaux potables de Paris. Des deux puits, c’est celui de la Providence qui est le moins chargé, actuellement du moins. L’eau des trous de sonde est dans des conditions exceptionnelles.
Le tableau résumé que nous donnons plus loin montre que les données d’ensemble présentées par les deux puits sont d’accord avec cette conclusion.
Altérabilité de l’oxygène des eaux. — Aujourd’hui, toutefois, ces données sont encore insuffisantes; il nous faudrait en outre examiner le nombre, la nature et les qualités des populations microscopiques qui vivent dans les eaux. On peut aujourd’hui mesurer leur nombre; mais, sauf de rares exceptions, nous ne connaissons pas ceux qui nous sont nocifs ou les conditions dans lesquelles ils peuvent le devenir.
La plupart des microbes des eaux nous sont indifférents ; beaucoup d’entre eux nous sont sans doute utiles ; un petit nombre peuvent nous nuire sans que nous puissions les dénombrer isolément ni même les reconnaître. Nous en sommes
donc encore réduits à évaluer leur nombre total, ou à mesurer l’effet que leur ensemble peut produire sur l’eau elle-même ou les substances qu’elle a dissoutes.
Parmi les germes des eaux il en est de chlorophyllés ou susceptibles de le devenir. Ceux-là dégagent de l’oxygène sous l’influence de la lumière. Tous, dans une obscurité complète absorbent plus ou moins de ce gaz et brûlent leur carbone ou celui qu’ils trouvent à leur portée. La rapidité avec laquelle cette absorption s’effectue dépend du nombre, de la nature et du degré d’activité des germes. C’est un ensemble que nous pouvons mesurer d’une manière simple.
La quantité d’oxygène actuellement dissous dans une eau est une combinaison de l’apport et de la dépense de ce gaz. Nous n’en pourrions donc pas déduire l’un des termes sans avoir l’autre. Nous supprimons l’apport et nous nous plaçons dans les conditions les plus favorables à la dépense. Nous nous efforçons par le battage dans des flacons fermés et à moitié remplis d’eau, de dissoudre à l’avance dans celle-ci la même quantité d’oxygène et nous mesurons cette quantité. Le reste de l’eau sert à remplir exactement des flacons de 25o grammes, bouchés à l’émeri, que nous plaçons pendant un temps fixe, quarante-huit heures, dans l’obscurité complète d’une étuve chauffée à 35°. Après cette station dans l’étuve, nous mesurons de nouveau la quantité d’oxygène restant en dissolution dans l’eau. Elle a presque toujours diminué. Le quotient de cette diminution divisée par la quantité primitive, quotient corrigé de l’action du temps si ce temps n’est pas exactement quarante-huit heures, est ce que nous désignons, pour abréger, par la lettre C.
C peut rester très faible alors même que la matière organique de l’eau est très abondante ou très oxydable. Toutes nos expériences nous montrent que cette oxydabilité est sans influence marquée sur le rapport C, quand l’eau ne contient pas de microbes. Le rapport G est, au contraire, d’autant plus élevé que les microbes de l’eau sont plus nombreux ou plus actifs. En examinant à ce point de vue les échantillons d’eau, nous obtenons les nombres suivants.