TOT
S bj
Égout
Drain d’Asnières
Case d’Asnières
Puits rue Cadet
Puits rue de Montreuil . . .
Puits rue de Flandre ....
Puits rue Lecourbe
Puits rue de Cliàtillon . . .
L’oxygène, dissous dans l’eau d’égout de Paris, disparaît entièrement à l’étuve. Le même résultat se produit encore quand o= i d’eau d’égout est mélangée avec o"Q d’eau distillée. Le rapport C = io est donc encore trop faible ; de là vient le point ? qui suit ce nombre. Par contre, pour le drain d’Asnières C = 0,00 nous indique que les microbes de ses eaux sont à peu près nuis bien que ces eaux soient mélangées en très forte proportion avec les infiltrations des eaux d’égout répandues sur les terres de Gennevilliers. L’épuration par un sol continu et cultivé y est donc aussi complète qu’on puisse le désirer. Cette épuration est moins complète dans la case d’Asnières où des suintements peuvent avoir lieu entre la terre et les parois de briques. N’oublions pas d’ailleurs que l’épuration se continue même dans la nappe dont l’eau est loin d’être dépouillée d’oxygène dissous. Si dans l’eau des bornes-fontaines de Quimper l’épuration est moins complète, c’est sans doute le résultat d’une moindre épaisseur de la couche de terre traversée par les eaux pluviales, de la pauvreté du sol en chaux dans les terrains granitiques, et aussi de la manière dont l’eau captée est amenée aux bor es-fontaines. Les eaux de la Vanne et delà Dhuys ont pour C une moyenne de 0,09 ou 0,10, à leur entrée dans Paris, tandis que C serait nul à la sortie des terrains qui fournissent ces eaux.
De même pour les puits de Paris. Malgré l’infection du sol parisien dû au défaut d’étanchéité des fosses, aux ruisseaux et à toutes les autres causes, nous
trouvons en mars de o,o5 à 0,07 pour les quatre premiers puits. Pour les cinq puits suivants, G varie de 0,25 à 0,37 ; pour le dernier, nous arrivons au chiffre énorme de 0,92. Le sol parisien, malgré sa compacité, a un pouvoir épurateur énorme. L’épuration toutefois est très loin d’être toujours complète à Paris même ; elle y est trop souvent d'une insuffisance absolue en raison du travail considérable qu’il lui faudrait effectuer. Elle est presque absolue à Gennevilliers.
Nous admettons avec M. le préfet que, les cas de choléra constatés à Quimper ayant frappé surtout les personnes qui faisaient usage des eaux du puits de la Providence, la cause de ces attaques devait résider dans ces eaux. Nous l’admettons, bien que les faits constatés ne puissent pas équivaloir à une démonstration directe, d’autres causes pouvant intervenir qui transformeraient la causalité en un simple fait de coïncidence. La demande d’analyse de M. le préfet révèle d’ailleurs son sentiment sur ce point. Actuellement nous reconnaissons notre impuissance à distinguer dans les eaux incriminées la cause de leur nocuité supposée ; il est vrai que toute trace d’épidémie ayant disparu, la cause elle-même du mal peut avoir été écartée. Nous ignorons ce que les faits nous auraient révélé pendant l’épidémie elle-même.
Il est un point cependant à retenir de ce qui précède.
Les deux puits reçoivent certainement des infiltrations dont l’épuration par le sol n’est pas complète. Leurs eaux sont pour nous très douteuses, surtout en temps d’épidémie.
Des fissures peuvent permettre aux eaux de surface d’y pénétrer sans épuration préalable. Leurs eaux, peut-être, pourraient être plus complètement protégées. En tous cas, la ville possédant une distribution d’eau plus pure, et d’une pureté moins incertaine, j’estimerais qu’en temps d’épidémie, sinon en tout temps, il serait imprudent de faire usage d’eau de puits comme eau de boisson crue, non bouillie ; qu’il serait sage de préférer pour cet usage l’eau des bornes-fontaines.
4° Analyse des terres du sondage de la rue de la Providence.
Ces terres nous ont été envoyées en quantité très faible1. Nous avons néanmoins pu les comparer avec celles de Montsouris. Deux grammes de chaque échantillon ont été introduits dans 1 litre d’eau pure.
L’eau s’est troublée sous l’action de ces 2 grammes et, après vingt-quatre heures de repos, l’eau additionnée de terre noire était encore trouble. Chaque eau a été filtrée sur un filtre neuf à plis.
Une opération semblable a été faite sur 2 grammes de terre du parc de Montsouris et sur 2 grammes de terreau. Voici les résultats obtenus.
Terre sableuse jaune, superficielle 0,23
Terre noirâtre située un peu plus bas 0,17
Terre du parc de Montsouris o 20
Terreau o , 3o
Malgré les apparences contraires, la terre sous-jacente à la terre sableuse donne pour C une valeur moindre que cette dernière. Un fait semblable a été
1 Traitées par l’acide chlorhydrique, elles montrent par un très faible dégagement de gaz que leur richesse en chaux carbonatée est très faible aussi .
constaté à Paris. Un sondage a été poussé, à l’école militaire, jusqu’au-dessous du niveau du radier du vieil égout qui remonte à la construction de l’école.
De la terre sableuse a été prélevée à diverses profondeurs et jusqu’au niveau du radier à une petite distance de ce dernier. On a mesuré directement les nombres des microbes fournis par chaque gramme de terre. Ces nombres ont été en diminuant depuis la surface jusqu’au-dessous du radier.
Les nombres qui précèdent se rapportent aux eaux et aux terres telles que nous les avons reçues. Nous les voyons changer sensiblement à Paris avec le temps, la saison et l’état du ciel .
11 en est sans doute de même à Quimper, en dehors des conditions spéciales créées par les épidémies.
Paris, le 19 avril 1886.
Marié-Davy.