XXIII. — TRÉBOUL
Épidémies antérieures1 2 : choléra en i84()-5o : 375 cas, i46 décès.
— en 1866: 5 ou 6 décès.
Superficie : 588 hectares.
Population : dénombrement de 1886: totale, 3.5i5 (1881: 2.954); ag<domérée, 1.477.
Taux moyen, de 1882 k i885, de l’excédent des naissances sur les décès: 24,82 pour 1.000 habitants.
Taux moyen, de 1882 à i885, de la mortalité : 20,12 pour 1.000 habitants 2. Nombre des maisons : 43g ; des ménages : 743.
j Spiritueux: au cours d’une année (i885), la consommation du vin , par tête d’habitant, a été de 9 litres, du cidre de 6 litres, de l’alcool de 5 ht. 8.
Épidémie de 1 885-86.
Population exposée (le bourg et les hameaux de Kérigny, Kermabon, Toubalan, Tréboulcoz, Carpont, Listrouarn, Groas-men, Neis-Gaouen) : 2.654 habitants se subdivisant ainsi :
1° Division par groupes d’âge et par sexe:
De o à i5 ans.
De i5 à 60 ans
Au-dessus de 60 ans.
Garçons .
Filles...
Hommes , Femmes .
Hommes , Femmes .
2° Division par état civil (enfants, jusqu’à 15 ans non compris j :
Célibataires
C Hommes.
( Femmes
Mariés
( Hommes .
( Femmes
Veufs
C Hommes
( Femmes.
1 Les épidémies indiquées ici figurent dans les documents officiels au compte de la commune de Poullan. Tréboul était alors un hameau de Poullan ; mais c’est toujours au hameau de Tréboul que le choléra s’est montré.
2 Voir p. i48 comment ces chiffres ont été obtenus.
Les professions qui ont fourni des victimes au choléra se chiffraient comme suit au dénombrement de 1886:
( Marins..
Hommes
• • • • < Journaliers (terrassiers)
t Soudeurs .....'
^ Ménagères
Femmes
• • • • < Meunières
( Friteuses 8
Nombre des maisons exposées: 33 i ; des ménages : 587.
Durée de l’épidémie : ire atteinte, du 10 décembre i885 au 9 mars 1886 ;
2e atteinte, du 22 mars au 20 avril 1886
Nombre des décès : 16 (ire atteinte, 6: 3 enfants, dont un garçon, 2 filles; 2 hommes; une femme. — 2e atteinte, 10: 3 enfants, dont 2 garçons, une fille; 5 hommes; 2 femmes).
Proportion des décès cholériques, en i885-86, au chiffre de la population exposée : (16 : 2.654) 6,02 p. 1.000.
Tréboul, section de la commune de Poullan, a été érigée en commune le 12 juillet 1880. C'est un port de pêche d’une importance croissante. La ville est ramassée au pied d’une colline et se compose de rues étroites. Le port, formé par une anse de 4oo mètres de longueur, de l’ouest à l’est, s’ouvre sur la rivière de Poul- David. Il compte i5o chaloupes montées par un millier d’hommes qui font la pêche à Audierne et à Douarnenez, suivant la saison. Bien que la ville ne se trouve pas dans de bonnes conditions de salubrité, la mortalité n’y est pas élevée. Quant à la natalité, elle est considérable, même pour le Finistère. L’excédent des naissances sur les décès (24,82 pour 1.000) est absolument extraordinaire. Aussi l’accroissement de la population, en cinq ans, a-t-il été de 18,99 p. 100. Après le Guilvinec, Tréboul est la commune la plus prolifique de toutes celles que nous avons étudiées dans le Finistère.
Première atteinte de l’épidémie.
Le 10 décembre i885, une fille-mère, de mœurs très légères, s’adonnant à la boisson, demeurant au hameau de Kérigny, commune de Tréboul, accusait tous les symptômes du choléra. Trois jours après, le i3 décembre, elle mourait. On assure que cette femme avait passé deux nuits au quartier de Stancou, à Douarnenez,
* Voir les observations météoriques pour ces périodes à la planche 10, p. 1 4 4 .
au moment où l’épidémie sévissait avec le plus de force dans ce quartier, avec un capitaine au long cours qui alla mourir trois ou quatre jours plus tard, du choléra à bord de son bateau, et avec d’autres marins qui ont également été malades.
Un voisin la visita pendant sa maladie, tomba malade et mourut le 20 décembre.
Le mois de décembre compte encore un cas suivi de guérison, puis la maladie sommeille jusqu’au 6 janvier. Dans le mois de janvier, 6 cas, dont 3 suivis de mort. En février, un seul cas ; en mars, 2 cas, dont le dernier suivi de mort est du 9.
Cette première épidémie de Tréboul comprend donc 12 cas dont six ont été mortels.
La transmission est établie pour les nos 1 et 2 (voir le tableau des malades) formant un premier groupe; pour les nos 5, 6 et 8 formant un deuxième groupe; pour le n° 9 qui a pris le mal à Tréfentec et pour le n° 12 qui l’a rapporté de Poul-David.
Sur les 12 malades, il y a 4 enfants, 2 garçons de quatre et de six ans ; 2 filles de deux et de onze ans. Restent 8 adultes dont 5 (3 hommes, 2 femmes) étaient des ivrognes notoires.
Il est bon de remarquer que si la moitié des malades de Tréboul étaient des gens « à l’aise », cela ne veut pas dire qu’ils eussent un intérieur plus propre que les autres. Dans le Finistère le goût du confortable fait défaut plus encore peut-être que les moyens de se le procurer.
Les habitants de Tréboul boivent habituellement de l’eau de puits exposée aux infiltrations. C’est seulement vers les derniers jours de l’épidémie que l’usage de cette eau leur fut interdit et qu’ils ont dû se fournir à deux fontaines situées, en dehors de l’agglomération, sur un terrain élevé.
Deuxième atteinte.
La deuxième période de l’épidémie se distingue de la première en ce que :
i° cé sont des marins de Tréboul, débarqués à Audierne pour la pêche du maquereau et ayant refusé de s’installer sous les tentes préparées pour les recevoir, qui ont contracté le mal à Audierne même et sont rentrés à Tréboul malades ;
2° l’administration a été prévenue dès l’apparition du mal. Elle a donc pu engager contre le mal une lutte méthodique. Le résultat de l’expérience est des plus rassurants. Non seulement le mal a été étouffé sur place, mais les quatre cinquièmes des malades atteints ont été sauvés.
Le i5 mars 1886 les pêcheurs de Tréboul partirent pour se livrer à la pêche du maquereau dans les eaux d’Audierne.
Je rappelle sommairement les événements que j’ai racontés dans la première partie de cette étude 1 .
La pêche du maquereau amène chaque année, en grand nombre, les pêcheurs de Douarnenez au Guilvinec et les pêcheurs de Tréboul à Audierne, et, presque chaque année, à l’époque de ces rassemblements, se produisent dans ces deux localités des cas de maladies épidémiques. En outre, le Guilvinec et Audierne sont les deux points du Finistère où l’épidémie avait exercé le plus de ravages en i885. L’administration se préoccupa donc de loger les pêcheurs ailleurs que chez les habitants. Elle obtint de M. le ministre de la guerre le prêt de cent tentes militaires pour le Guilvinec et de cent lentes également pour Audierne. Les tentes expédiées et installées, les pêcheurs refusèrent de les occuper. Ils menaçaient même de les brûler ou de les jeter à la mer. Malgré mes efforts, malgré ceux de M. le Dr Charrin et du secrétaire général de la préfecture, successivement envoyés à Audierne, ils persistèrent dans leur résistance et, alors qu’au Guilvinec les marins de Douarnenez revenaient sur leurs premiers refus, occupaient les tentes, s’en trouvaient bien, exprimaient leur reconnaissance, et que le succès de cette tentative était tel que jamais, au moment du rassemblement pour la pêche du maquereau, l’état sanitaire n’avait été aussi bon, à Audierne les marins de Tréboul s’obstinaient à loger chez les habitants dans des maisons contaminées et le maire se déclarait impuissant à vaincre cette obstination.
Le 17 mars, un pêcheur revenait d’Audierne à Tréboul, atteint du choléra. Nous fûmes prévenus du fait par le Dr Bizien, de Douarnenez. Ce malade guérissait, du reste, assez promptement. Mais, le 22, en revenait un autre, rapportant également la maladie. Celuici mourait le surlendemain, 24 mars. J’envoyai immédiatement de Quimper un des désinfccteurs formés par ceux envoyés de Paris ; il désinfecta, à la vapeur de soufre, les deux logements contaminés.
1 Voir pp. 86 et suiv.
J’allai à Tréboul. J’y vis sept marins revenus malades d’Audierne. Le retour de plusieurs autres, également malades, était annoncé.
Tréboul est aux portes de Douarnenez, ville de 10.000 habitants, où 80 décès cholériques avaient été constatés, de décembre i885 à février 1886. Il était à craindre qu’une reprise de l’épidémie ne s’y produisît.
Le lendemain de ma visite mon chef de cabinet, M. Paul Faguet, partit pour Tréboul avec deux soeurs du bureau de bienfaisance de Quimper.
En passant à Douarnenez, il lit démonter la tente Tollet que nous y avions installée *, la fit transporter à Tréboul dans un endroit bien aéré, éloigné de toute habitation. En outre, une tente militaire que nous fîmes venir d’Audierne fut dressée à une petite distance, et une cuve y fut placée pour servir à la désinfection des linges. Des lits furent achetés, ainsi que divers objets indispensables. Le dimanche, 28 mars, l’installation était terminée. Le jour même, trois malades gravement atteints, dépourvus chez eux de toutes ressources, furent, sur l’avis des médecins, transportés sous la tente.
Le maire prit l’arrêté suivant :
Nous, maire de Tréboul,
Vu la loi du 3 mars 1822 ;
Vu l’article 97 de la loi du 5 avril i884 ;
Considérant que, depuis quelques jours, plusieurs marins de Tréboul, partis pour aller à Audierne se livrer à la pêche, sont rentrés à Tréboul atteints du choléra ;
Qu’il est de notre devoir de prendre les mesures les plus énergiques pour empêcher le fléau de se répandre dans la commune;
Considérant que M. le préfet du Finistère a mis à la disposition de la commune une grande tente Tollet qui offre toutes les conditions désirables pour une excellente installation des malades,
Arrêtons :
Article premier. — Tout marin de Tréboul revenant d’Audierne atteint du cho-
léra sera placé dans la tente Tollet et y sera soigné par le’ médecin de son choix aux frais de la commune, jusqu’à ce que le médecin ait déclaré qu’il peut sans péril rentrer dans ses foyers.
Art. 2. — La gendarmerie et le garde champêtre sont chargés de l’exécution du présent arrêté.
Tréboul, le 26 mars 1886.
Le maire.
Signé : Le Marchand.
Cet arrêté fut exécuté, mais non pas rigoureusement ; les pêcheurs malades arrivaient par bateau à toute heure du jour et de la nuit ;
1 Voir p, 3o2.
d’ailleurs ils étaient trop nombreux pour pouvoir être tous recueillis sous la tente.
Il y a donc eu deux catégories de malades, ceux qui étaient sous la tente et ceux qui étaient ^ domicile. Ils ont été soignés d’abord par les deux médecins qui habitent Douarnenez, MM. les DrsBizien et Nicolas, et ensuite par M. le Dr l’Helgouach, médecin de la marine, que M. le préfet maritime de Brest voulut bien envoyer à Tréboul avec un infirmier.
Les puits de la commune furent fermés, et, pour qu’on ne pût pas même clandestinement y puiser de l’eau, les bielles de ces puits furent transportées à la mairie.
Un agent de police de Douarnenez, que M. le maire de cette ville autorisa à se rendre à Tréboul et qui avait été formé à la pratique des désinfections par les agents venus de Paris, fut adjoint au garde champêtre ordinaire et reçut lui-même, par arrêté municipal, le titre de garde champêtre, ce qui lui conférait le droit de dresser des procès-verbaux. Une garde-malade très expérimentée, qui avait assisté les sœurs pendant l’épidémie de Quimper, alla les rejoindre sous latente. L’instituteur, M. Nicolas, fonctionnaire intelligent et dévoué, qui a sur la population une légitime autorité, quitta pour quelques jours l’école et jusqu’à l’extinction de l’épidémie ne fit plus autre chose qu’aller de maison en maison, de malade en malade, enseigner à chacun la pratique minutieuse de la désinfection et veiller à ce que cette désinfection fût effectivement pratiquée. Un instituteur adjoint fut chargé provisoirement de la direction de son école. Un gendarme, détaché de la brigade de Douarnenez, fut placé à demeure à Tréboul.
Ainsi, dix personnes, M. Paul Faguet, mon chef de cabinet, qui ne s’est pas éloigné de Tréboul pendant l’épidémie, deux religieuses, une garde-malade, un médecin, un infirmier, un agent de police, un gendarme, le garde champêtre et l’instituteur se consacrèrent uniquement à combattre le fléau. Ce personnel paraîtra peut-être excessif. Cependant, chacun avait sa tâche qui suffisait à occuper son temps, et c’est certainement à tous ces efforts, agissant simultanément, qu’a été dû le succès. Peut-être aussi dira-t-on qu’un tel luxe de personnel est, par la force des choses, un fait exceptionnel qui ne peut pas servir de leçon. C’est vrai si l’on permet à l’épidémie de s’étendre. Mais tout administrateur, préfet, sous-préfet ou maire, peut faire ce qui a été fait à Tréboul s’il agit, dès le début
d’une épidémie, sur un point très circonscrit ; et s’il le fait, ma conviction est qu’il arrêtera la maladie.
Le Dr Charrin qui, sur la nouvelle d’une recrudescence du choléra à Tréboul, avait été renvoyé dans le Finistère, constata que les mesures prises ne laissaient rien à désirer ; il n’y apporta aucun changement.
Dix malades ont été soignés sous la tente. De ceux-là on écartait, autant que possible, les visiteurs. Aucune personne n’était, bien entendu, admise à manger ou à boire sous la tente. Une cuvette où la solution faible de sulfate de cuivre était sans cesse renouvelée se trouvait près de la porte, et les soeurs ne permettaient à personne de quitter la tente avant de s’y être lavé les mains.
La tente Tollet est composée d’une double enveloppe qui forme, à chaque bout, une sorte de vestibule. Dans l’un des deux vestibules, celui de l’entrée, était installée une pharmacie où l’on donnait gratuitement des médicaments à tous les malades du village et où l’on faisait du bouillon pour ceux auxquels il était prescrit. L’autre servait de chambre mortuaire.
Mais c’est surtout pour ceux qui ont été soignés à domicile que les précautions ont été multipliées. L’agent de police et le garde champêtre étaient continuellement aux aguets et signalaient à la mairie les pêcheurs revenant d’Audierne par voie de terre ou de mer. Immédiatement s’ils n’étaient pas placés sous la tente, on envoyait chez eux des seaux pour recueillir leurs déjections, des désinfectants en grande quantité, et l’on expliquait aux personnes habitant la maison et appelées à les soigner la manière de mettre en pratique les instructions du comité consultatif d’hygiène. On leur recommandait de ne jamais manger ni boire dans la chambre des malades ; on leur recommandait encore de ne boire ni de manger hors de cette chambre sans s’être au préalable lavé les mains. Plusieurs fois par jour l’on allait dans la maison pour s’assurer que ces recommandations avaient été comprises et qu’elles étaient suivies. Tous les matins, l’agent de police et le garde champêtre passaient, emportaient les linges souillés dans un récipient garni de solution de chlorure de chaux.
Les linges qui n’étaient pas brûlés étaient portés à la tente affectée à ce service, et la garde-malade de Quimper les désinfectait à l’eau bouillante et à la solution de chlorure de chaux. Us étaient ensuite rendus à leurs propriétaires qui n’étaient admis à les laver
qu’à un seul lavoir réservé à cet usage et donnant directement dans la mer.
Sur divers points du village avaient été placés des tonneaux renfermant des désinfectants. C’est là que l’on venait vider les seaux. Tous les jours, ces tonneaux étaient, à leur tour, vidés dans la mer, à une certaine distance de Tréboul.
Soit que les malades fussent transportés sous la tente, soit qu’ils fussent soignés à domicile, qu’ils guérissent ou qu’ils mourussent, leurs familles étaient immédiatement envoyées dans un logement loué à cet effet. Les linges souillés, les objets de literie étaient brûlés. Dans la chambre occupée par le malade on disposait un fourneau avec de la fleur de soufre à laquelle on mettait le feu. La chambre était hermétiquement close et restait fermée pendant vingt-quatre heures. Un fait nous a montré avec quel soin le calfeutrage était opéré. Dans la maison du n° 34 (voir le tableau des malades) le soufre a brisé le fourneau, s’est répandu dans la chambre, a mis le feu au lit qu’il a consumé. Les habitants de la pièce située au-dessus ne se sont pas aperçus de cet incendie qui a été étouffé sur place et que l’on n’a connu qu’en en constatant les effets le lendemain matin, quand on est rentré dans la chambre.
Quels ont été les résultats de celte rigoureuse application des moyens prophylactiques?
Il n’y a pas eu un seul cas à Douarnenez.
A Tréboul, Ton a compté 5i malades, à des degrés divers. En dehors des marins qui ont rapporté la maladie d’Audierne, il y a eu dans la population de Tréboul 8 cas, dont un seul suivi de guérison. Des cas qui se sont produits parmi les marins revenus d’Audierne, 3 ont été suivis de mort. Donc, 5i cas dont io décès.
Si nous analysons les cas, au point de vue de l’importation de la maladie, voici ce que nous constatons.
Le 1 5 mars, les pêcheurs avaient quitté Tréboul pour se rendre à Audierne; le 17 mars, quelques-uns d’entre eux, malades, rentrent, notamment un jeune homme (le n° 1 du tableau de la 20 atteinte), frère du cholérique décédé le 9 mars à Tréboul.
Celte parenté et les soins que ce jeune homme avait pu donner à son frère ont fait penser qu’il pourrait bien avoir joué le rôle de propagateur de l’épidémie; qu’il aurait pris le mal, non pas à Audierne, mais à Tréboul même, près de son frère. L’on répond; i°le frère de Julien H... était mort le 9 mars; sa maison avait été
désinfectée le io ; ce même jour tous les linges et objets de literie lui ayant servi avaient été brûlés, et c’est seulement le 16, à Audierne, que Julien a éprouvé les premiers symptômes de la maladie. L’incubation aurait donc été de sept jours, ce qui n’est pas problable; 2° Julien H. .. et trois autres marins revenus avec lui malades sur le bateau 1667, avaient logé,, à Audierne, dans une maison de la Grand’rue où un décès cholérique s’était produit précédemment; 3° outre ces quatre marins, un certain nombre d’autres pêcheurs sont revenus malades d’ Audierne. Le Dr l’Helgouach, qui est arrivé à Tréboul le 3o mars, c’est-à-dire à un moment où la plupart des malades étaient déjà débarqués, et qui a quitté Tréboul le i4 avril, avant que la maladie des trois derniers cas fût déclarée, a noté, dans ses rapports à l’autorité maritime de Brest, 9 cas graves, dont 2 suivis de mort, parmi les marins revenus d’ Audierne malades. Ces marins sont au nombre de 43. Le jeune Julien H... est un de ces 43. Par conséquent, il y a 42 malades pour lesquels l’origine du mal n’est pas douteuse ; c’est bien à Audierne qu’ils ont contracté la maladie et ce n’est pas Julien H — qui la leur a donnée. Est-il raisonnable de supposer que, seul parmi les 43 malades, Julien H. . . a été un agent de propagation et que les 42 autres ont gardé la maladie, chacun pour soi, sans la transmettre à aucun des 8 malades qui n’étaient pas allés à Audierne ? Alors même que l’on admettrait que Julien H. . . portait en lui le germe de la maladie depuis la mort de son frère, il n’en resterait pas moins certain que puisque l’épidémie de Tréboul embrasse 5i malades dont 42 ont incontestablement rapporté le mal d’ Audierne, c’est bien à Audierne qu’il faut chercher le point de départ et la cause de la seconde épidémie de Tréboul.
Cette question de provenance résolue, il faut encore rechercher, pour répondre à toutes les objections auxquelles l’épidémie de Tréboul a donné lieu, si les 5i malades catalogués étaient bien atteints du choléra.
Il semble, a priori, difficile d’admettre que sur cinquante-une personnes atteintes du choléra, 10 seulement aient succombé. Une diminution aussi considérable dans la mortalité cholérique est, dit-on, contraire aux précédents. Mais existe-t-il donc entre le nombre des cas de choléra et celui des décès une proportion si nécessaire que toutes les mesures de précaution, tous les soins ne peuvent pas l’abaisser au-dessous d’un minimum infranchissable?
Tout d'abord, la mortalité de 10 sur 5i — i sur 5,i — est-elle sans précédents?
J’ai sous les yeux un compte rendu de la marche du choléra dans le quartier du Luxembourg en i832. Il est constaté que dans ce quartier se sont produits environ 7.000 cas de choléra, dont 2.200 dits graves, et 4o6 décès, soit 1 décès sur 5,4 cas graves1.
Au congrès international d’hygiène de Paris, au mois d’août 1878, M. Edwin Chadwick, cet homme auquel l’Angleterre doit la réforme de sa législation sanitaire et, par voie de conséquence, l’extraordinaire abaissement de sa mortalité, a constaté que les mesures administratives appropriées ont pour résultat non seulement de combattre l’extension des épidémies de choléra, mais de diminuer considérablement et le nombre des cas confirmés et la proportion des décès aux cas confirmés. Il raconte à ce sujet ce qui a été fait en Angleterre pendant l’épidémie cholérique de i848-49-
....Comme mesure défensive on mit en avant l’opportunité de réduire les causes d’insalubrité, de faire disparaître les sites et les habitations malpropres. On demanda l’enlèvement quotidien des immondices et matières putrescibles, qu’on laissait auparavant des années sans les enlever. Des substances désinfectantes furent répandues sur les places et dans les habitations ; des lavages à grande eau furent effectués au moyen de pompes. Les fosses d’aisances furent recouvertes de terres absorbantes
Les mesures défensives prises relativement aux lieux furent accompagnées de mesures préservatrices relativement aux personnes par des visites organisées de maison en maison, afin de s’assurer si aucun des habitants n’était atteint de symptômes prémonitoires ; dans ce cas, on leur indiquait les précautions à prendre en fait de régime et le traitement immédiat à suivre. Si profitables furent ces visites organisées, si heureux le traitement des premiers symptômes découverts, que nous pûmes dire d’après la proportion des décès par rapport aux attaques si l’organisation locale fonctionnait convenablement ou non. Nous dépêchions dans ce dernier cas un agent sur le théâtre de l’action, et invariablement nous trouvions que, pour une cause ou une autre, il y avait eu interruption dans le service local
L’effet des mesures adoptées par nous ressort de la proportion des décès cholériques sur le territoire soumis à ces mesures, comparée à la proportion des décès sur le territoire à statistiques analogues où de pareilles mesures d’hygiène n’avaient pas été prises pour la protection de la population De la manière dont
les choses se sont passées, cette comparaison fait connaître qu’il revient à notre organisation l’honneur d’avoir sauvé plus de cinquante mille existences 2 .
M. Chadwick cite encore, dans le même discours, les résultats exposés au congrès d’hygiène de Bruxelles par M. le professeur
' Histoire du choléra-morbus dans le quartier du Luxembourg, par M. Boulay de la Meurthe. Paris, août i83s .
2 Edwin Chaowick. Congrès international d’hygiène de Paris. Août 1878. On the requisite attributions of a minisler of health, pp. 9 et 12.
Zidekauer, médecin consultant de l’empereur de Russie. Frappée des succès obtenus par les mesures prises en Angleterre, l’administration russe en ordonna l’imitation lors de l’épidémie de 1866. Dans les épidémies de i836, 1848, i855, le nombre des cas de choléra s’était élevé en Russie à environ 5o.ooo, et le nombre des décès à environ 2 5. 000, soit en moyenne 5o pour 100. Dans l’épidémie de 1866, les précautions prises en Angleterre ayant été prises en Russie, le nombre des cas de choléra s’est élevé, en chiffres ronds, à ib.ooo, celui des décès à 3. 000, soit environ 20 p. 100.
Et l’on affirmerait aujourd’hui que la stricte exécution des mesures prescrites par les hommes compétents n’a pas pu faire descendre la mortalité cholérique de Tréboul à 20 pour 100! Personne, que je sache, n’a fait cette objection à MM. Chadwick et Zidekauer.
Les faits indiscutables sont ceux-ci :
i° Il n’y avait pas de diarrhées à Tréboul avant le retour d’Audierne des marins renvoyés de cette ville par les médecins comme étant atteints du choléra.
20 A partir de ce moment, cinquante-une personnes ont présenté, à des degrés divers, les symptômes du choléra. De nombreux cas de transmission individuelle ont été constatés.
3° Dix des malades sont morts.
Les défenseurs de la municipalité d’Audierne n’ont commencé à émettre des doutes sur le caractère cholérique de la maladie pour quelques-uns des malades qu’après avoir constaté la faible proportion des décès et à raison uniquement de cette faible proportion. Dès lors, tous les cas qui restaient peu graves, dont le manque de gravité était peut-être dû précisément aux précautions prises, aux désinfectants répandus partout, ils les excluaient de la liste des reconnus cholériques.
Gela a été si loin, qu’à la fin, des 5i malades, les avocats d’Audierne n’ont plus voulu en admettre que 1 5 comme ayant eu réellement le choléra. Or, comme il y a eu 10 décès, il se trouverait que tous nos efforts n’auraient eu pour résultat que d’augmenter notablement la proportion de la mortalité cholérique généralement admise. Ce ne serait pas encourageant.
Ce scepticisme peut avoir des conséquences directement funestes. L’un des malades, chez qui l’on n’avait pas voulu voir un cholérique, n’a pas eu sa maison désinfectée. « C’est la seule qui nous ait échappé », me disait M. Faguet, et il n’est pas téméraire de supposer
que si l’on n’a pas désinfecté, c’est justement à cause du doute émis sur le caractère de la maladie, ou plutôt à cause de l’affirmation catégorique que ce n’était pas un cas de choléra. Dans cette maison non désinfectée, peu de jours après la guérison du malade déclaré non cholérique, la femme de ce malade contractait le choléra : elle était prise à une heure de l’après-midi et mourait le lendemain matin à cinq heures. C’est le n° 5o du tableau des malades. Nous avons ici l’épreuve et la contre-épreuve. Si l’exemple général de l’épidémie de Tréboul fait voir quels heureux résultats obtiennent dans la lutte contre le choléra les précautions administratives, ce fait particulier montre quelles graves conséquences peut produire la négligence de ces mêmes précautions.
La tendance à admettre, lorsque la maladie débutait sournoisement, qu’il ne s’agissait point de choléra, a failli coûter la vie aux nos 19 et 35 qui, n’ayant pas été immédiatement soignés, ont vu leur situation s’aggraver au point qu’un moment on n’espérait plus les sauver (voir au tableau des malades les notes de la colonne 1 1). Si le n° 22 est mort, c’est probablement parce que lui aussi n’a pas été bien soigné en temps utile. Il est permis dépenser que si ces trois malades avaient été, dès le début, traités énergiquement, ils n’auraient pas éprouvé des symptômes graves et l’on eût dit qu’il n’avaient pas eu le choléra. Presque toujours les « cas légers » sont des cas d’avortement de la maladie, avortement dû aux précautions sanitaires, aux désinfectants et au traitement, mais qui auraient pu devenir graves et entraîner la mort. La plupart des auteurs qui ont écrit sur le choléra sont de cet avis.
La réalité des faits enseigne que la gravité des épidémies va, depuis les trois dernières, en décroissant ; la réalité des faits enseigne que la quantité des malades diminue à chaque épidémie et que la proportion des morts, par rapport au nombre des malades, va en diminuant, suivant une règle plus rapide encore1.
Le Dr Sonderegger est tout aussi affirmatif:
La diarrhée prémonitoire est très souvent curable. Cette diarrhée n’est pas là par hasard, mais elle fait partie de l’épidémie ; c’est ce que prouve l’observation constamment renouvelée qu’un malade atteint d’une pareille diarrhée peut répandre le choléra et occasionner des épidémies meurtrières alors que, lui, il guérit facilement. C’est un de ces malades à diarrhée, un petit enfant, qui, en 1867, apporta le choléra de Rome à Zurich2.
1 Paul Bert. Discours à la Chambre des Députes. Séance du juillet i884-
2 Sokderegger. Sur la protection contre le choléra. Lausanne 188/1 •
M. Farr, dans ses belles études sur les épidémies de choléra en Angleterre, exprime la même opinion :
Quand le choléra envahit une localité, il avance d’abord lentement ; puis, il attaque des personnes en grand nombre et en même temps que beaucoup montrent tous les symptômes du choléra asiatique, d’autres ont un choléra plus bénin; une catégorie plus nombreuse a une diarrhée cholériforme ; enfin, un très grand nombre souffrent de désordres intestinaux, d’indigestions, de crampes légères. La proportion des décès au nombre des cas varie non seulement avec le plus ou moins de malignité de la maladie et avec les traitements suivis, mais avec le diagnostic; les uns ne voulant admettre comme cholériques que les cas tout à fait graves, d’autres admettant dans leur statistique les cas les plus légers 4 .
MM. Nicati et Rietsch:
Rappelons qu’il existe des cas de choléra réduits à de simples diarrhées, mais qui n’en sont pas moins dangereux au point de vue de la propagation 1 2 .
M. Proust précise encore mieux la même manière de voir :
Le poison cholérique affecte plus ou moins profondément l’économie et la maladie se présente sous plusieurs formes. La diarrhée cholérique, la cholérine et le choléra proprement dit, ne sont que des manifestations différentes de la même maladie. Ce ne sont que des degrés d’un même empoisonnement, la diarrhée cholérique en représentant la forme la plus atténuée et le choléra asphyxique en étant considéré comme l’expression la plus élevée C’est la même cause spéci-
fique, et les propriétés toxiques des déjections sont les mêmes dans les trois cas. La diarrhée cholérique peut transmettre le choléra asphyxique, comme le choléra asphyxique peut engendrer la diarrhée cholérique ou la cholérine3.
Voilà qui est bien catégorique et s’applique exactement à l’épidémie de Tréboul. Pour citer un autre exemple pris dans le Finistère même, voici ce que dit le Dr Hébert dans son rapport sur Audierne, à propos du quartier de la Montagne :
Pendant la durée de l’épidémie j’y ai été appelé à soigner 12 cholériques tous sérieusement atteints, et, malgré la gravité des cas, je n’ai perdu qu’un seul malade.
Récemment, M. Lustig publiait les résultats de ses recherches sur les cas observés par lui à Trieste pendant l’épidémie de i884- 85. Dans 170 cas de choléra confirmé, il a toujours trouvé le bacille du choléra ; il l’a encore trouvé dans 20 cas qualifiés de diarrhée prémonitoire et dans 60 cas qualifiés choléra très léger. La diarrhée prémonitoire et le choléra très léger sont donc bien les premières phases du choléra proprement dit. Pour la contre-épreuve,
1 Farr. Vital statistics, p. a5o.
s Nicati et Rietscb. Recherches sur le choléra, p. i58.
3 Proust. Traité d'hygiène, p. 920.
M. Lustig a cherché le bacille dans les selles d’infirmiers en bonne santé ayant soigné des cholériques ; mais, là, il ne l’a point trouvé1.
Ainsi on a compté à Tréboul, en moins de trentejours, 5i malades qui, sauf un ou deux, ont été visités par l’un, au moins, des trois médecins qui se trouvaient alors à Tréboul, MM. Bizien, Nicolas et l’Helgouach, sans compter le D1' Charrin qui y a passé plusieurs jours.
Sur ces 5i malades, io sont morts du choléra, sans qu’aucun des médecins susnommés ait contesté le fait, et une dizaine d’autres en ont été gravement atteints, ainsi que l’a constaté le Dr l’Helgouach dans les notes qu’il adressait au directeur de la santé, à Brest,
Vingt cas authentiques de choléra, en huit jours, dans une bourgade d’une centaine de maisons, n’est-ce pas suffisant pour constituer une épidémie? Si ce n’est pas suffisant, à quel chiffre commence une épidémie? Mais nous ne pouvons pas négliger les 3i cas légers qui se sont produits et qui ont servi à nier l’épidémie elle-même, tandis qu’ils prouvent, non seulement combien l’épidémie a menacé de s’étendre, mais encore et surtout l’efficacité des mesures prises par l’administration.
Il reste donc, défalcation faite des morts et des cas graves, une trentaine de malades dont le cas a pu être qualifié de « léger » , probablement par suite des soins qui leur ont été prodigués dès le début de la maladie. Si la lutte vigoureusement menée contre une épidémie ne devait pas aboutir à un tel résultat, ce ne serait vraiment pas la peine de lutter. Et rien ne serait mieux fait pour décourager les meilleures volontés que de tirer argument des résultats obtenus pour dire : décidément nous n’avions pas affaire au choléra.
On comprend l’intérêt qu’avaient les gens d’Audierne à alléger leur responsabilité et à soutenir que les pêcheurs partis malades d’Audierne n’avaient que des dérangements d’entrailles causés par le mauvais temps et une nourriture insuffisante. Comme si les intempéries et les privations n’étaient pas le lot ordinaire de l’existence de ces pauvres et durs marins !
Le pays a été certainement exposé à un grand danger. De Tréboul le choléra pouvait facilement gagner Douarnenez et de là tout le Finistère; pour aller de Tréboul à Douarnenez il n’avait qu’un pont à franchir ; et il aurait trouvé dans cette dernière ville
1 Lustig. Zeitschrift f. Hygien, III, p. i46 . Cité par le Dr Legrand : Prophylaxie sanitaire maritime moderne du choléra, p. ig.
un milieu des plus favorables à sa propagation. Les gens d’Audierne savaient cela, et pendant quelques jours ils se sont frappé la poitrine en coupables repentants. Puis, lorsqu’ils ont vu que l’épidémie ne prenait pas d’extension, qu’elle était étouffée à Tréboul même, ils ont repris confiance et ont nié l’existence même du danger. Les faits contredisent leurs tardives dénégations.
En résumé, le peu d’expansion de cette épidémie, le peu de temps qu’elle a duré, les atténuations de toutes sortes qui s’y sont produites, paraissent constituer un sérieux succès pratique pour les instructions contre le choléra publiées par le comité d’hygiène de France et un grand encouragement à exécuter rigoureusement ces instructions dès la première apparition du fléau et, pour chaque cas individuel, dès les premiers symptômes du mal.
Ce succès est dû à la visite qu’ont faite dans le Finistère MM. les Drs Proust et Charrin, cette visite où ils ont si utilement enseigné les mesures à prendre à ceux qui devaient être bientôt appelés à en faire l’application à Tréboul. Il est dû ensuite au personnel dont j’ai parlé, qui s’est installé à Tréboul dès le début, a soigné tous les malades, désinfecté tous les objets souillés, toutes les maisons contaminées et n’a quitté son poste que lorsque la dernière apparence du mal avait disparu.
du tableau général
Tbéboul. — I. Tableau des
Première
DATE
du commencement de la
DATE
du
DÉCÈS
Masc. 44
15 janvier.
i ri n pêcheur. Masc
Marin pêcheur
Kérigny.
Kérigny.
Kérigny.
Kérigny.
Kérigny.
Kérigny.
Kérigny.
34 Tréboul.
MALADES DÉCÉDÉS ET GUÉRIS
atteinte.
SITUATION de fortune
ET DE SANTÉ
ÉTAT CIVIL et
HABITUDES
RENSEIGNEMENTS SUR L’ORIGINE
et le cours j
DE LA MALADIE
Misérable. Faible constitntion.
Fille-mère. Ivrognesse. Mœurs mauvaises.
A passé deux nuits au quartier de Stancou, a Douarnenez, où sévissait l'épidemie, avec des marins malades.
Misérable. Faiblesse générale.
Veuf avec trois enfants. Sobre.
Voisin de la précédente qu’il a visitée pendant sa maladie.
Bonne constitution.
Pas de renseignements. — La maladie a duré huit jours. Le cas n’était pas fort grave.
Parents à l’aise.
Bonne constitution.
Pas de renseignements.
A Taise. Bonne constitution.
Père de quatre enfants. Sobre.
Pas de renseignements. —Cas très grave. Sauvé à force de soins après six semaines de maladie.
Parents à Taise.
Bonne constitution.
Fille du n° 5 ci-dessus.
Tombée malade le même jour que son père.
Parents à Taise.
Bonne constitution.
Pas de renseignements. - Mort en quelques heures.
Parents à Taise.
Forte constitution.
Fille du n° 5 et sœur du n° 6.
Soignait son père et sa sœur depuis quatre jours lorsqu'elle a été clle-mcme atteinte. Rétablie au bout de six jours.
Pauvre. Bonne constitution.
Marié. Sans enfant. Ivrogne.
Travaillait à la grève de Tréfentec lorsque plusieurs cas de choiera se sont produits parmi les ouvriers du chantier. Congédié, est rentré chez lui malade. — Cas grave, guéri au bout de neuf jours.
A Taise. Bonne constitution.
Marié. Un enfant. Ivrogne.
Pas de renseignements. — Cas peu grave; huit jours de maladie.
Misérable. Bonne constitution.
Mariée. Deux enfants. Ivrognesse.
Prise de diarrhée et vomissements après deux jours d’excès de boissons . Dix jours de maladie.
Misérable. Faible constitution.
Veuf. Un enfant. Ivrogne.
Habitait Poul-David où sa femme venait de mourir. S’est réfugié chez sa mère à Tréboul. Mort en arrivant. — Cas foudroyant.
Tréboul. — I. Tableau des
Deuxieme
N" d’ordre » du tableau général des décès.
DATE du commencement de la
MALADIE
DATE
du
DÉCÈS
PROFESSION
SEXE
AGE
DOMICILE
16 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Tréboul.
22 mars.
24 mars.
Pêcheur.
Masc.
Toubalan.
22 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboul.
24 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboulcoz.
24 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboul.
MALADES DÉCÉDÉS ET GUÉRIS
atteinte.
SITUATION de fortune
ET DE SANTÉ
ÉTAT CIVIL et
HABITUDES
RENSEIGNEMENTS SUR L’ORIGINE et le cours
UE LA MALADIE
Bonne constitution. Pauvre.
Marié. Un enfant. Habitudes d’intempérance.
Parti de Tréboul le 13 mars pour se rendre à Audierne. A logé, ainsi que son équipage, dans une maison où deux décès cholériques avaient eu lieu pendant l’épidémie d’Audieme et qui n’avait pas été desinfectée. Le 16 mars, trois jours après son arrivée, il était pris de diarrhée. Son patron, voyant que son état empirait, l’engagea à partir pour Tréboul où il arriva le lendemain à 6 heures du soir. Soigné par le Dr Nicolas, il guérit au bout de quelques jours de traitement énergique. La literie fut détruite et la maison désinfectée. Soigné à domicile.
Pauvre. Bonne constitution .
Marié. Cinq enfants. Sobre.
Est revenu d’Audierne, malade, le 22 mars. Le D' Bizien, appelé le lendemain à lui donner des soins, a constaté les symptômes suivants : selles blanches, crampes,’ aphonie complète, suppression des urines, refroidissement et perte d’élasticité de la peau. Les vomissements, nombreux et blancs la nuit précédente, avaient cessé. Le docteur a diagnostiqué le choléra. Mort le 24 mars, à midi. La literie a été brûlée, la maison désinfectée, ses alentours arrosés d’une solution de chlorure de chaux. Soigné a domicile.
A l’aise. Bonne constitution.
Marié. Sans enfant. Sobre.
Est revenu d’Audierne, malade, le 22 mars. Le Dr Nicolas a constaté tous les symptômes du choléra: selles et vomissements blancs, crampes, suppression des urines, algidité. Resté plusieurs jours très gravement malade. On avait perdu l’espoir de le sauver. Soigné a domicile.
Pauvre. Bonne constitution.
Est revenu d’Audierne malade. Il était tellement affaibli par la diarrhée, depuis deux jours, qu’en descendant de voiture il a fallu le soutenir pour le ramener chez lui. Le Dr Nicolas a constaté la diarrhée, les vomissements et des crampes légères. A guéri au bout de quatre jours. Sa maison et ses effets ont été désinfectés. Soigné à domicile.
Pauvre. Bonne constitution.
Marié. Sobre.
Est revenu d’Audierne malade. Faisait partie du même équipage que le n° 1. Le Dr Nicolas a constaté tous les symptômes du choléra, diarrhée, vomissements, crampes. Est resté trois jours entre la vie et la mort. On l’a sauvé, contre toute espérance. Soigné à domicile.
» du tableau général des décès.
Tréboul. —
[. Tableau des
Deuxième
DATE
du commencement de la
MALADIE
DATE
du
DÉCÈS
PROFESSION
24 mars. Guéri
Marin pécheur.
Marin pêcheur.
25 mars. Guéri. Marin pêcheur
26 mars. Guéri.
Guéri. Marin pêcheur.
Marin pêcheur.
Marin pêcheur.
Carpont.
Kérigny.
MALADES DÉCÉDÉS ET GUÉRIS
atteinte (Suite).
SITUATION de fortune
ET DE SANTÉ
ÉTAT CIVIL et
HABITUDES
RENSEIGNEMENTS SUR L’ORIGINE et le cours
DE LA MALADIE
Pauvre. Mauvaise constitution
Marié. Cinq enfants. Sobre.
Est revenu d’Audierne, atteint de diarrhée. Son cas n’a pas été grave. 11 s’est administre lui-même une décoction de tan. Il avait repris son travail avant d’avoir été visité par un médecin. Soigné à domicile.
Pauvre. Faible
Marié. Quatre enfants. Intem-
Est revenu d’Audierne, malade. Faisait par-
constitution.
pérant.
tie du même équipage que les n“’ 1 et 5. Le Dr Nicolas a constaté tous les symptômes du choléra : selles blanches, vomissemen ts, crampes, suppression des urines, perte d’élasticité de la peau, etc. Transporté sous la tente il n’en est sorti que le 8 avril et est resté encore très faible plus de quinze jours.
Pauvre. Bonne constitution.
Marié. Plusieurs enfants. Sobre.
Est revenu d’Audierne, malade, le 25 mars, atteint de diarrhée depuis vingt-quatre heures. A été soigné par le Ur Bizicn et complètement remis apres trois jours de traitement. Soigné à domicile.
A l’aise. Bonne constitution.
Marié. Trois enfants. Sobre.
Est revenu d’Audierne, malade, le 26 mars. Quatre hommes de son équipage (n“‘ 10, 11, 12 et 13) étaient malades comme lui. Le D'Nicolas a constaté une forte diarrhée et des envies de vomir. S’est rétabli au bout de quelques jours. La maison et les effets à usage ont été désinfectés. Soigné a domicile. :
Pauvre. Bonne constitution .
Célibataire. Sobre.
Est revenu d’Audierne, malade, sur le même bateau que le n° 9. Le D' Bizien a constaté tous les symptômes du choiera Rétabli après quelques jours. Maison et effets a usage désinfectés. Soigné à domicile.
A l’aise. Bonne constitution.
Célibataire. Sobre.
Est revenu d’Audierne, malade, dans le même bateau que les n“ 9 et 10. En débarquant, il était déjà atteint de forte cholérine. Ne s’est rétabli qu’après plusieurs jours de traitement. Maison et effets désinfectés. Soigné a domicile.
A l’aise. Bonne constitution.
Sobre.
Est revenu d’Audierne, malade, dans le même bateau que les n“‘ 9, 10 et 11. Le n” 11 est son frere. Forte cholérine, quatre jours de traitement. Soigné à domicile.
>s du tableau général des décès.
Théboul. — I. Tableau des
Deuxième
DATE
du commencement de la
MALADIE
DÉCÈS
Marin pêcheur.
Marin pêcheur.
Marin pêcheur.
Marin pêcheur
Marin pêcheur.
Marin pêcheur.
Marin pêcheur.
Marin pêcheur.
MALADES DÉCÉDÉS ET GUÉRIS
atteinte (Suite).
SITUATION
ÉTAT CIVIL
RENSEIGNEMENTS SUR L’ORIGINE
de fortnne
et
et le cours j
ET DE SANTÉ
HABITUDES
DE LA MALADIE
Pauvre. Bonne constitution.
Marié. Intempérant.
Est revenu d’Audierne, malade. Même bateau que les n“’ 9, 10, 11 et 12. Forte diarrhée qui à passé après plusieurs jours de traitement. Soigné à domicile.
A l’aise. Bonne constitution.
Marié. Trois enfanls. Sobre.
Est rentré d’Audierne, malade. Diarrhée, vomissements, crampes. Entré en convalescence après quatre jours de traitement; a été cependant assez long à se rétablir. Soigné à domicile.
Pauvre. Bonne constitution.
Marié. Deux enfants. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 26 mars. A eu tout de suite diarrhée, vomissements et crampes. Sa maladie a été longue. Pendant sa convalescence il se plaignait toujours des jambes, surtout lorsqu’il s’agissait de monter ou de descendre. Soigné à domicile.
A l’aise. Bonne constitution.
Célibataire. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 27 mars. Avait la diarrhée depuis deux jours ; était tellement affaibli qu’il ne pouvait plus se soutenir. Huit jours de convalescence. Fils de l’adjoint au maire. Soigné à domicile.
Pauvre. Forte constitution.
Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 27 mars. Cas léger. Forte diarrhée. Les soins l'ont remis sur pied au bout de cinq ou six jours. Il est reparti pour Audierne. Soigné a domicile.
Pauvre. Bonne constitution .
Marié. Deux enfanls. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 27 mars. Diarrhée, vomissements. Etat bilieux. La maladie a été longue et il est resté longtemps en convalescence. Soigné a domicile.
Misérable. Forte constitution.
Marié. Cinq enfants. Intempérant.
Revenu d’Audierne, malade, le 27 mars. Le cas paraissait léger, mais par suite de l’imprudence du malade qui a bu beaucoup d’eau, la maladie s’est aggravée ; tous les symptômes se sont accusés: vomissements, crampes, suppression des urines, etc. Le docteur l’a fait transporter sous la tente et, grâce à un traitement énergique, on l’a sauvé.
A l’aise. Forte constitution.
Célibataire. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 27 mars. Atteint de diarrhée depuis trois jours. S’est fait soigner aussitôt son arrivée; guéri, après quatre jours de traitement. Soigne à domicile.
ic du tableau général des décès.
Tréboul. — I. Tableau des
Deuxième
DATE
du commencement de la
MALADIE
DATE
du
DÉCÈS
Marin pêcheur.
Marin pêcheur.
Marin pêcheur.
Marin pêcheur.
MALADES DÉCÉDÉS ET GUÉRIS
atteinte (Suite).
SITUATION de fortune
ET DE SANTÉ
ÉTAT CIVIL et
HABITUDES
RENSEIGNEMENTS SUR L'ORIGINE et le cours
DE I.A MALADIE
Pauvre. Forte constitution.
Intempérant. Célibataire.
Revenu d’Audierne, malade, le 27 mars. Faisait partie du même bateau que le n° 16. Après deux jours de diarrhée et un bon traitement, il s’est remis. Soigné à domicile.
A l’aise. Faible constitution.’
Marié. Deux enfants. Ivrogne.
Revenu d’Andierne, malade, le 27 mars. Le Dr Bizien trouva le cas grave et constata : selles blanches, vomissements, suppression des urines, perte d’élasticité de la peau, algidité. Cet homme, malgré la vigilance des agents, était très mai soigné par sa femme qui n’osait pas toucher le chlore. Pour dissiper ses craintes, le chef de cabinet du préfet et l’instituteur se lavèrent devant elle le visage avec une dissolution de chlore. «Il est malheureux, dit l’instituteur, M. Nicolas, qne cet homme n’ait pas été transporté sous la tente, car on aurait pu le sauver.» Soigné à domicile.
Pauvre. Bonne constitution.
Célibataire. Sobre.
Revenu d’Audierne malade, le 27 mars. Soigne par le Dr Nicolas, il s’est rétabli après trois jours de traitement. Soigné à domicile.
A l’aise. Bonne constitution.
Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 27 mars. Faisait partie du même bateau que le n° 22. Soigné par le Dr Bizien. Forte cholérine. S’est rétabli après deux jours de traitement. Soigné a domicile.
Pauvre. Donne constitution.
Revenu d’Audierne, malade. Faisait partie dn même bateau que les n”1 1, 5 et 7. Avait logé comme eux, à Audierne, dans la maison où étaient morts deux cholériques. D’abord soigné chez lui par le D’Nicolas, il a été transporté sous la tente, lorsque son état s’est aggravé.
Pauvre. Forte constitution.
Célibataire. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, refusait de se soigner. Est allé encore en mer dans la nuit du 27 au 28 mars, mais est rentré avec tous les symptômes du choléra. Cas grave. Soigné par lë Ü'N’icolas, il s’est rétabli après quelques jours. Longue convalescence avec faiblesse des jambes. Soigne à domicile.
Pauvre. Forte constitution.
Marié. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, par le même bateau çae les n°‘ 22 et 24. Soigné par le Dr Bizien, il s’esl remis après quelques jours de traitement. Maison et linge désinfectés. Soigné à domicile.
Tréboul. — I. Tableau des
Deuxieme
DATE
DATE
c bc-o^
du commen-
du
PROFESSION
SEXE
AGE
DOMICILE
° JH W3
cernent de la
DÉCÈS
MALADIE
28 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboul.
28 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboulcoz.
28 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Tréboulcoz.
28 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboul.
28 mars.
Guéri .
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboul.
29 mars.
30 mars.
Pêcheur.
Tréboul.
29 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Kérigny.
MALADES DÉCÉDÉS ET GUÉRIS
atteinte (Suite).
SITUATION
ÉTAT CIVIL
RENSEIGNEMENTS SUR L’ORIGINE
de fortnne
et
et le cours
ET DE SANTÉ
HABITUDES
DE LA MALADIE
A l’aise. Bonne constitntion.
Bonne conduite.
Revenu d’Audiernc, malade, le 28 mars. Guéri après un traitement de cinq ou six jours. Soigné à domicile.
Pauvre. Forte constitution.
Marié. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 28 mars. S'est rétabli en quelques jours. Soigné à domicile.
Pauvre. Forte constitution.
Marié. Sobre.
Revenu d’Audiernc, malade, le 28 mars. Le Dr Nicolas constata selles blanches, vomissements, crampes, suppression des urines, algidité. Soigné très attentivement, il s’est rétabli au bout de quelques jours. Longue convalescence. Soigné à domicile.
Pauvre. Bonne constitution.
Célibataire. Sobre.
Revenu d'Audiernc, malade, le 28 mars. Le Dr Hébert qui l’a vu au moment de son départ d’Audierne a déclaré que ce malade présentait tons les symptômes qu'il a constatés sur ceux qui ont été foudroyés à Audierne par l’épidémie. Transporté directement sous la tente, il y a été soigné d’abord par le l)r Nicolas, puis par le Dr l’IIelgouach, médecin de la marine, qui tous deux ont constaté les symptômes du choléra.
Pauvre. Faible constitution.
Marié. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 28 mars. Il souffrait depuis deux jours de coliques et de diarrhée. Après quelques jours de traitement, il s’est complètement rétabli. Soigné à domicile.
Pauvre. Faiblesse générale.
Diarrhée chronique.
Marié. Trois enfants. Sobre.
Était de faible constitution et ne pouvait plus se livrer à la pêche. Il avait demandé à être employé à l’ambulance, à titre d’infirmier, et dès que les premiers malades furent transportés sous la tente, il alla les voir. Pris immédiatement de diarrhée, de vomissements et de crampes. Le Dr Bizien constatait tous les symptômes du choléra et faisait transporter le malade sous la tente. Il y est mort après vingt-deux heures de maladie. Sa maison a été désinfectée, mais pas assez rapidement pour empêcher sa fille (n° 39) de se trouver en contact avec les déjections.
A l’aise. Bonne constitution.
Célibataire. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 29 mars. Tous les symptômes du choléra: vomissements, selles blanches, crampes. Il a été transporté sous la tente, son état paraissant grave. C’est pendant la désinfection de sa maison que le feu, ayant pris dans la chambre à désinfecter, s’est éteint faute d’air, ce qui prouve avec quel soin l’opération était faite.
Tréboul. — I. Tableau des
Deuxieme
— en
DATE
du commencement de la
MALADIE
DATE
du
DÉCÈS
PROFESSION
SEXE
AGE
DOMICILE
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboul.
29 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Trcboul.
29 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Trèboulcoz.
9 avril.
Pécheur.
Masc.
Tréboul.
30 mars.
31 mars.
Fém.
Tréboul.
30 mars.
Guéri .
Marin pêcheur.
Masc.
Kérigny.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Kérigny.
MALADES DÉCÉDÉS ET GUÉRIS
atteinte (Suite).
SITUATION
ÉTAT CIVIL
RENSEIGNEMENTS SUR L’ORIGINE
de fortune
et
et le cours
ET DE SANTÉ
HABITUDES
DE LA MALADIE
Pauvre. Bonne constitution.
Bonne conduite.
Revenu d’Audierne, malade, le 29 mars, il s’est contenté, quoique ayant la diarrhée depuis deux jours, de prendre du café et du cognac; après quoi, il est allé se promener sur la grève. Aussitôt, les symptômes les plus graves se sont déclarés: selles, vomissements. Lorsqu’il est rentré chez lui, il était complètement froid. Le Dr Bizien l’a fait transporter sous la tente. Malgré la gravité de son cas, il s’est rétabli au bout de quelques jours.
A l’aise. Forte constitution.
Marié. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 29 mars. Trois jours de fortes diarrhées. Soigné par le Dr Bizien, il s’est rétabli après quelques jours de traitement. Soigné à domicile.
Pauvre. Bonne constitution.
Sobre. Marié.
Revenu d’Audierne, malade, le 29 mars. Cas léger, quoique cholérine très nette. Soigné par le H' Nicolas, il s’est rétabli en quatre jours. Soigné à domicile.
Misérable. Faiblesse générale.
Marié. Trois enfants. Habitudes d’intempérance.
Il habitait la maison voisine de celle du n”33. Pris de diarrhée et de vomissements le lendemain dn transport de son voisin sous la tente, il y fut lui-même transporté et soigné par le Dr l’Helgouach. Tons les symptômes du choléra. Mais c’est surtout à son état d’adynamie qu’il doit d’être mort. Avant de s'aliter, il avait vomi prés d’un puits, ce qui amena le maire à interdire l’nsage de tous les puits.
Faible constitution.
Fille du n° 33.
La veuve du n° 33 et ses trois enfants quittèrent la maison pendant qu’on la désinfectait. Mais un des enfants, une fillette de deux ans, tomba malade aussitôt et le I)r Bizien la lit transporter sous la tente. Elle y mourut le lendemain. Elle avait touché aux déjections de son père.
Pauvre. Bonne constitution.
Sobre. Célibataire.
Revenu d’Audierne, malade, le 30 mars. Cas léger. Il n’a souffert que de la diarrhée. Rétabli au bout de quatrejours. Soignéà domicile.
Pauvre. Bonne constitution.
' Sobre. Célibataire.
Revenu d’Audierne, malade, le 30 mars, par le même bateau que le n° fiO. Comme lui, n'a eu que de la diarrhée et s’est rétabli au bout de trois ou quatre jours. Soigné à domicile.
Tréboul. — I. Tableau des
Deuxième
DATE
jg
s s en
DATE
(lu commen-
.° rt-O
du
PROFESSION
SEXE
AGE
DOMICILE
cernent de la
DÉCÈS
31 mars.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboul.
1" avril.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboulcoz.
1" avril.
2 avril.
Ma6C.
Tréboul.
2 avril .
Guéri .
Masc.
Tréboul.
5 avril.
5 avril.
Boîtier soudeur.
Masc.
Tréboulcoz.
8 avril.
Guéri.
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboul.
MALADES DÉCÉDÉS ET GUÉRIS
atteinte (Suite).
SITUATION
ÉTAT CIVIL
RENSEIGNEMENTS SUR L’ORIGINE
de fortune
et
et le cours
ET DE SANTÉ
HABITUDES
DE CA MALADIE
Pauvre. Bonne constitution.
Sobre.
Revenu d'Audierne, malade, le 31 mars. Son pere, qui se trouvait aussi à Audierne l’avait renvoyé à Tréboul pour l’y faire soigner. Rétabli au bout de quatre ou cinq jours et reparti pour Audierne. Soigné à domicile.
A l’aise. Forte constitution.
Marié. Trois enfants. Sobre.
Revenu d’Audierne, malade, le 1" avril. Faisait partie du même bateau que le n° 26. Cas léger. Après deux jours de diarrhée, il s’est rétabli. Soigné à domicile.
Famille pauvre.
Faible constitution.
Habitait une maison contiguë à celle du n” 33. Bien portant, il est allé jouer a la grève, le 1" avril et s’est mouillé les pieds. A midi, il avait déjà de la diarrhée. A 9 heures du soir, selles blanches et vomissements. A 9 heures et demie, le Dr l’Helgouach diagnostiquait le choléra et faisait transporter l’enfant sons la tente. Le lendemain matin, à 10 heures et demie, l’enfant était mort.
Famille pauvre.
Bonne constitution.
Dès les premiers moments de la maladie, les D" Bizien et l’Helgouach reconnurent les symptômes du choléra: selles et vomissemeuts blancs, crampes, refroidissement complet. Ils voulurent faire transporter l’enfant sous la tente, mais la mère s’y opposa formellement. Resté deux ou trois jours entre la vie et la mort, l’enfant s’est rétabli. Soigné à domicile.
Pauvre. Bonne constitution.
Ivrogne. Marié.
Demeurait dans la même maison que le n” 30 ; il n’y avait qu’un palier de lm. 40 séparant les deux ménages, et pendant la maladie du n” 30, son voisin lui avait rendu visite plusieurs fois. Il avait des habitudes d’intempérance, et depuis plusieurs jours il était sous l’influence de la boisson, il était allé au cimetière et avait creusé la fosse. A 2 heures, il était couché dans l’herbe, bien portant. Il but, diton, de l’eau à un ruisseau et fut pris aussitôt de coliques. A 2 heures et demie, le Dr l’Helgouaclt constatait les symptômes du choléra. Cet homme était de très forte constitution ; il a été foudroyé. 11 est mort à minuit, après neuf heures de maladie. Soigné à domicile.
Forte constitution.
Marié. Un enfant. Intempérant.
Revenu d’Audierne, malade, le 8 avril, avec diarrhées et douleurs dans les jambes. A caché d’abord son mal et s’est fait soigner pour rhumatisme. Mais les symptômes du choléra
Tréboul. — I. Tableau des
Deuxieme
N" d’ordre du tableau général des décès.
DATE
du commencement de la
DATE
du
DÉCÈS
PROFESSION
SEXE
AGE
DOMICILE
12 avril.
12 avril.
Meunière.
Fém.
Néis-Caouen
15 avril.
Guéri .
Marin pêcheur.
Masc.
Tréboul.
19 avril.
20 avril.
Ménagère.
Fém.
Tréboul.
20 avril.
Guéri .
Marin pêcheur.
Masc.
Kérigny.
MALADES DÉCÉDÉS ET GUÉRIS
atteinte (Fin).
SITUATION
ÉTAT CIVIL
RENSEIGNEaWENTS SUR L’ORIGINE
de fortune
et
et le cours
El DE SANTÉ.
HABITUDES
DE LA MALADIE
se sont accentués après qu’il eut mangé du poisson et du pain. Energiquement soigné par les D" l’Helgouach et Bizien, il s’est rétabli au bout de quelques jours. Soigné à domicile.
A l’aise. Bonne constitution.
Mariée. Plusieurs enfants.
Elle avait souvent visité le n° 22. Dans la journée du 11 elle avait fait de nombreuses libations. Dès le lendemain matin, le Dr l’Helgouach diagnostiquait le choléra. Morte à 9 heures et demie du soir. Maison désinfectée. Soignée à domicile.
A l’aise. Bonne constitution.
Marié. Quatre enrants. Sobre.
Revenu d’Audierne afin de soigner sa femme malade. A été pris de diarrhée après quelques jours de séjour à Tréboul. Cas léger. S’est rétabli en quelques jours. Soigné à domicile.
Bonne constitution.
Mariée. Un enfant.
Femme du n° ii7. Avait couché auprès de son mari alors que celui-ci n’était pas complètement guéri. Le 17, le mari était sur pied; on négligea de désinfecter la maison. Deux jours apres, le 19, la femme tombait malade à une heure de l’après-midi. Le Dr Bizien constata les symptômes les plus actifs du choléra. Elle mourait le lendemain, après seize heures de maladie. Maison exactement désinfectée. Soignée à domicile.
Pauvre. Bonne constitution.
Marié. Plusieurs enfants. Sobre.
Parti d’Audierne pour Tréboul, il s’est arrêté à Pont-Croix et a mangé chez un de ses amis. Jusque-là bien portant. Mais entre le bourg de Poullan et Poullan il a été pris de coliques. Arrivé chez lui, il s’est alité, et le lendemain le Dr Bizien diagnostiquait le choléra. Il est entré en convalescence après quelques jours de traitement énergique, mais a mis beaucoup de temps à se rétablir. Soigné à domicile.