‹ Le choléraChapitre 93 sur 125 · XXVI. — PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

XXVI. — PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN

Épidémies antérieures : choléra de i84g-5o : 4 cas, a décès.

fièvre typhoïde de 1867 : 100 décès.

Superficie: 2. g5o hectares.

Population: dénombrement de 1886: totale, 2. ogo (1881 : i.g43) ; agglomérée, 43a.

Taux moyen, de 1882 à i885, de l’excédent des naissances sur les décès : ig, 06 pour 1.000 habitants.

Taux moyen, de 1882 à i885, de la mortalité : 26,3a pour 1.000 habitants1.

Nombre des maisons : 384 ; des ménages: 4i2.

Spiritueux: au cours d’une année (i885), la consommation du vin, par tête d’habitant, a été de 7 litres, du cidre de 10 litres, de l’alcool de 4 lit. 2.

Épidémie de 1 885-86.

Population exposée (hameau de Kérandoaré) : 46 habitants se subdivisant ainsi :

1° Division par groupes d’âge et par sexe :

De o à i5 ans ( Gar?ons 11

De i5 à 60 ans . . . . \ H°mmes. 12

( Femmes 9

Au-dessus de 60 ans. \ Hommes 2

( Femmes 1

2° Division par état civil (enfants jusqu’à 15 ans non compris):

Célibataires

( Hommes.

f Femmes

Mariés

( Hommes. .

( Femmes

( Hommes

veufs

( Femmes

Le dénombrement de 1 886 n’indique pas qu’il y eût de journalier au hameau de Kérandoaré.

Nombre des maisons exposées : 8 ; des ménages : 8.

Durée de l’épidémie : un jour, le 16 janvier 1886 a.

Nombre des décès: i (un homme).

Proportion des décès cholériques, en 1886, au chiffre de la population exposée : (i : 46; 21,73 p. 1.000.

* Voir p. i48 comment ces chiffres ont été obtenus.

* Voir les observations météoriques pour cette journée à la planche 10, p. i44.

C’est pour être complet que je cite le cas de la commune de Plogastel-Saint-Germain.

Le i4 janvier 1886 arrivait à Plogastel-Saint-Germain un journalier, âgé de quarante ans, célibataire, qui venait de Quimper, où régnait alors le choléra. Il n’entendait que traverser Plogastel et avait reçu l’hospitalité au hameau de Kérendoaré. Il paraissait fort bien portant, et, pour reconnaître la gracieuseté de son hôte, il se mit à travailler avec les hommes. Au souper, il mangeait de très bon appétit, lorsque tout à coup il se sentit pris de coliques et sortit. Il rentra bientôt et se remit à table. Toute la nuit, toute la journée du lendemain, la diarrhée continua, accompagnée de vomissements. La soif était vive, mais il ne se plaignait pas de douleurs. Son corps était très froid. Le surlendemain, il mourait.

Ce décès, qui pourrait être attribué à la commune de Quimper s’il n’avait pas eu lieu et n’avait pas été enregistré à Plogastel, n’a pas eu de suite pour cette commune. Il est vrai que le Dr Cofïec, médecin des épidémies, immédiatement averti, se rendait aussitôt à Plogastel, reconnaissait le décès cholérique, faisait procéder à l’inhumation, brûler toute la literie et les vêtements du mort et désinfecter la maison.

La situation sanitaire de la commune de Plogastel. telle qu’elle résulte du rapport de l’agent voyer cantonal, parait assez bonne, du moins au point de vue de l’eau.

Rapport de l’agent voyer cantonal,

La nature du sol, dans la commune de Plogastel-Saint-Germain, se divise en deux parties distinctes et est limitée par le chemin de grande communication, n° 4o, de Quimper à Pouldrenzic et à la mer, lequel traverse le bourg et la commune dans la direction de l’est à l’ouest. La partie située au nord de ce chemin possède un sol granitique et celle située au sud-est de nature argiloquartzeuse. Le sol est perméable à une profondeur moyenne de o m. 60.

Le bourg de Plogastel-Saint-Germain, seul dans la commune, possède une agglomération de vingt feux au moins et se compose de soixante-treize maisons comprenant une population de 432 habitants.

L’eau bue par les habitants se compose d’eaux de source et de puits. Trois sources jaillissent en dehors de l’agglomération. Trois puits sont creusés sur un terrain plus élevé que celui des habitations ; quatre puits sont en contre-bas . Il n’existe pas de citerne . L’eau potable est suffisante. La quantité journalière et moyenne consommée par habitant est de deux litres en été et de un litre un quart en hiver. Les eaux de sources et de puits situés au nord sont légères et de bonne qualité ; celles du sud (cinq sources ou puits) sont de qualité inférieure. Un des puits est certainement contaminé par des eaux malsaines. Son voisinage et sa situation au-dessous du niveau des écuries et des cabinets

d’aisances permettent, par infiltration, aux eaux souillées de se déverser dans les eaux potables.

Il n’existe pas de fosse d’aisances. Trois maisons possèdent des cabinets munis de seaux ; les matières fécales sont déposées sur des tas de fumier presque toujours attenant aux habitations. Les immondices sont évacuées en général tous les deux à trois mois, transportées à la charrette, mises en tas aux champs, mélangées avec delà litière et des mottes, et employées pour l’agriculture. Elles ne peuvent, avant leur emploi, contaminer les eaux, sauf en ce qui concerne le puits déjà signalé.

Le lavage du linge se fait au lavoir situé à 53o mètres à l’ouest du bourg, et les eaux s’écoulent dans des prairies situées en contre-bas.

Les chemins de grande communication et d’intérêt commun qui traversent le bourg et la place de l’église sont balayés, par les soins du service vicinal, tous les samedis et le dernier mardi de chaque mois, lendemain de la foire qui se tient au bourg de Plogastel-Saint-Germain, et les immondices transportées en dehors de l’agglomération .

En résumé, sauf celles d’un puits, les eaux servant à l’alimentation du bourg ne sont pas contaminées par des eaux malsaines.

Nous devons cependant faire remarquer que :

i° trois des sources situées en dehors de l’agglomération sont souvent souillées par les enfants revenant de l’école, par le jet de la boue des fossés et autres objets se trouvant à leur portée ;

2° en général, les puits se trouvent dans des aires à battre ou à une faible distance de ces dernières. Les cultivateurs, au moment de la récolte, font le battage sans prendre la précaution de couvrir l’orifice des puits et il arrive que les matières étrangères au grain, se mêlent en une assez grande quantité aux eaux ;

3° les voies rurales traversant le bourg ne sont jamais nettoyées.

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