‹ Le choléra-morbus ... avec un avant-propos du docteur LassalvyChapitre 1 sur 1 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Depuis V invasion dit Choiera ici , c’est à dire , pendant l’année passée , je me suis occupé constamment et d’une manière toute spèciale de ce terrible fléau , qui aussi dans ma sphère d’activité a été épidémique.

Près du lit des malades , dans mon cabinet d’études , partout j’ai fait mon possible pour sauver la santé et la vie à mon prochain , ou pour lui rendre la première .

En tant que mes occupations me le permettaient j’ai publié aussi quelquefois par la presse mon opinion sur cette maladie désastreuse , et ma méthode médicale de la traiter rationnellement .

La brochure , que je vous offre , est une collection extraite et quelquefois augmentée de ces divers documens dispersés , d’où résulte sa forme aphoristique. Les § § servent aux renvois. J’y ai ajouté quelques notes pour l’élucidation du texte et afin de rendre l’ensemble plus intéressant pour les jeunes praticiens.

Dans le but d’être utile même hors de mon pays , malgré mon peu d’ expérience de la langue Française , et mettant ici tout amour propre de coté , j’adopte cet idiome , si généralement répandu , pour la publication plus étendue de ma brochure ; car cet écrit n’est pas seulement le produit de mes études , l’enfant chéri d’une théorie , mais il est encore en général la conséquence de 30 ans d’expérience impartiale et exacte , appliquée spécialement dans le courant de l’année passée au traitement de plusieurs malades , attaqués par le choiera , et qu’avec l’aide de Dieu je suis parvenu à guérir. Ce dernier fait du reste est ici de no * toriété publique.

Je crains bien ensuite , que quelques-uns de mes lecteurs , ne trouvant içi ni preuves chimiques , ni observations microsco

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piques , ni récits cliniques , wi même sections de cadavres , jugeront cet écrit — /ewr rappelant la préface assez connue de Nepos — trop léger , nullement digne de la hauteur de la science médicale à notre siècle , et le condamneront à cause de la multitude d’hypothèses , qu’il contient. Je me permettrai donc de leur dire, que je n’avais pas le temps pour les premières et que je me soumets volontiers à pareil jugement quant aux hypothèses , me reservant pourtant de rester bien persuadé , que la manière actuelle d’étudier notre science principalement par l’analyse sera toujours exposée au même blâme aussi longtemps , que l’art ne sera pas à la hauteur de créer à la synthèse un corps vivant, et que je préfère pour cela une médecine rationnelle , — et positivement innocente, comme je vous l’ offre dans ces pages , à l’ empirisme encore beaucoup trop vague pour la pratique — d’ou ces opinions différentes, quelquefois même tout à fait opposées — et au traitement trop souvent très héroïque , des ultramodernes.

Quand cette brochure , qui ne contient que des généralités sur le Cholera-morbus , aurait l’honneur d’une seconde édition , j’espère V augmenter de mon opinion sur plusieurs spécialités accidentelles et de leur traitement , dont j’ai mentionné par défaut de temps seulement quelques et encore en passarit.

Le Lecteur indulgent veuille donc excuser mes fautes grammaticales , et à cause de l’ éloignement de la presse dernême les erreurs typographiques , mon style peu conforme à mes bonnes intentions, et rester bien convaincu , qu’ à mon âge je n’ ambitionne d’autre gloire, que de contribuer dans le ressort de mes faibles capacités au salut d’autrui, et nullement celle de savant médecin , qui n’est pas toujours bon praticien , ou de littérateur ; sur le dernier point je serai content , pourvu qu’on me comprenne .

Octobre, 1850.

l'auteur.

Le nom de choiera vient du Grec cholàs , qui signifie intestin ou boyau, parce que les symptômes principaux de la maladie développée *) , les vomissements et les cours de ventre simultanés — pour laquelle simultanéité nous appelerons le choiera en général V eynesi-diarrhoea — sont des mouvements du tube, ou du canal, digestif, qui s’étend de la bouche par la gorge, l’oesophage, l’estomac, et les intestins à l’anus. La connaissance de ce tube digestif est donc indispensable à celle de l’emesidiarrhoea; c’est pour quoi nous commencerons par la première.

Le tube digestif est l’appareil de la digestion — savoir, de la préhension de la boisson et de l’aliment; de sa préparation mécanique et chimique, pour en détacher les parties utiles; de l’absorbtion de ces utiles; enfin, de l’excrétion des inutiles.

*) Maladie développée. La médecine admet aussi un choiera sicca, savoir, si pendant une épidémie, quoique les causes morbifiques de l’irritation du tube digestif, soient les mêmes , chez quelques malades il n’y a ni vomissement, ni cours de ventre; de sorte, que l’effet de l’irritation est tout autre. L’irritation ne parvient pas au choiera proprement dit, à l’emesie-diarrhoea , mais cause pour l’ordinaire tout d’un coup — sous le nom de choiera foudroiant — la mort par l’apoplexie, etc.

Le tube digestif remplace chez l’homme (et les autres animaux) la racine des végétaux, puisqu’il est doué d’une ame — c’est à dire, puisqu’il jouit de la faculté de sentir avec connaissance ou avec conscience; de penser par suite de ce sentir; de vouloir conformément à ce penser; et de se mouvoir selon ce vouloir et pour cela ne peut pas être attaché à un point fixe pour prendre sa nourriture. Ainsi le tube digestif est la base de son existence individuelle, ou de sa vie après la naissance *).

La seule boisson naturelle de tout animal c’est l’eau, soit pure, soit mêlée à d’autres substances, comme le lait, etc.

L’homme tire comme animal son aliment surtout des corps organisés, et comme animal omnivore des végétaux et des animaux.

Pour livrer cet aliment les corps organisés doivent être séparés dans leurs parties constituantes, soit par Part — par l’art de la cuisine, etc. — soit par la nature — par la fermentation.

À la fermentation sont nécessaires la privation de tout mouvement organique, ou de toute vie, la division ou la diminution mécanique, pour rompre la cohésion moléculaire, l’humidité et la chaleur, afin que l’eau et le calorique libre puissent entrer dans les pores ou dans les espaces des molécules, déjà divisées mécaniquement, pour leur oter tout contact mutuel; ensuite, pour la fermentation subite de l’aliment végétal +) le ferment ,

*) Par cela même toutes les maladies aigues du tube digestif sont très dangereuses. Et le jardinier, qui soigne autant qu’il le peut la racine de ses plantes, prouve plus de bon sens, que le médecin insensé, qui fait des émétiques, des purgatifs, des stomachiques, etc., un jeu, un jeu bêlas! trop souvent meurtrier. Le médecin instruit craint plus le choiera, que la peste, et ne s’étonne nullement du grand nombre de ses victimes, ni de sa rapidité mortelle.

j-) Pour la fermentation subite de V aliment végétal. Le ferment est une matière naturelle, faisant une partie constituante des végétaux, et

afin de mettre, comme en point d’opération, toute la masse en mouvement; enfin, l’accès de l’air atmosphérique, pour attirer les aériformes superflus, qui sont dégagés de la masse fermentante, et pour lui procurer l’oxygène, matière absolument nécessaire, au moins à la fermentation des végétaux.

Tout cela se trouve dans le tube digestif, car:

a. La bouche sert à l’aide des lèvres à la préhension ;

b. Les dents à la privation de la vie, et à la diminution mécanique ;

c. La chaleur de la cavité de la bouche, son mucus, ses sucs, et surtout la salive, à l’éloignement mutuel des molécules, déjà divisées mécaniquement;

d. Le mouvement des lèvres, de la langue et des joues, sert non seulement au mécanisme de la diminution, mais encore au mélange plus intime des molécules, et à

bien du gluten. Le gluten est composé de la colle végétale et du ferment. Pendant la vie il sert par sa colle à la réunion des molécules, après la vie par son ferment à leur éloignement, et à la dissolution du corps. Par la mort ou le repos absolu des végétaux le gluten est d’abord décomposé à cause de l’attraction chimique des matières environnantes, qui ont plus d’aflinité pour la colle, que celle ci en a pour le ferment. Par cette décomposition le ferment et quelque calorique deviennent libres, lequel calorique libre se combine avec les parties aqueuses en état aëriforme ou gazeux; d’où ces bulles d’air au commencement de la fermentation. Ces bulles d’air sont attirées par Pair atmosphérique, mais, ne pouvant pas passer la masse encore trop glntineuse, elles font gonfler cette masse et la remuent aussi longtemps, que le passage soit libre. Ce mouvement, comme en ébullition, est nomm é fermentation. Le temps du commencement de la fermentation des végétaux dépend de la délivrance du ferment. La nature le rend libre, comme nous venons de le voir, mais lentement; de sorte, qu’à la fermentation subite, comme elle le doit être dans la digestion, un ferment déjà libre est indispensable, lequel ferment libre nous trouverons aussi dans l’estomac.

On admet ordinairement pour les végétaux trois sortes de fermentation selon leur produit: la fermentation spiritueuse, qui produit le vin ; l’acide, d’où le vinaigre; et la putride, qui donne l’ammoniacque. Pour les animaux , les quels n’ont pas de ferment et rien que de la colle — le gluten animal — , la fermentation n’est que putride, à la quelle l’accès de l’air atmos phérique n’est pas absolument nécessaire, comme à la végétale.

l’imprégnation de la masse, ainsi détrempée, de Pair atmosphérique *). Cette masse à moitié détrempée est nommée le bol alimentaire.

Chaque bol alimentaire est envoyé par la gorge, le pharynx et l’oesophage dans l’estomac; ce qui dure aussi longtemps qu’on mange. L’estomac est donc en premier lieu le garde aliment.

Mais l’estomac est aussi l’organe principal de la fermentation. Nous avons vu — $8. — que dans la bouche les aliments sont divisés, imprégnés d’air atmosphérique, qu’ils ont reçu quelque calorique libre, et qu’ils y sont humectés autant qu’il est nécessaire à la déglutition. Dans l’estomac les bols alimentaires reçoivent plus de chaleur, plus d’humidité — le suc gastrique — et surtout ils y trouvent le ferment, indispensable à la fermentation subite des végétaux, dans le pepsine. Aprésent la masse est tout à fait detrempée et se nomme le chyme.

Durant la fermentation dans l’estomac celuici n’est pas seulement une machine morte de la fermentation, un laboratoire chimique, mais aussi un organe vivant, pourvu d’incitabilifé et d’irritabilité. Par les contenta stimulants ses parois se contractent — le péristole — , les parties aqueuses, celles qui sont solubles dans l’eau, les spiritueuses et les volatiles du chyme — ou de la boisson — en un mot, tout ce qui peut pénétrer au travers des parois des vaisseaux capillaires à l’endosmose, est directement introduit dans le sang; mais tout ce qui est trop visceux pour l’endosmose dans l’estomac, comme aussi les parties aqueuses, etc., 6i elles n’y peuvent pas séjourner assez longtemps pour être endosmosées, sont par les contractions de l’estomac, par son mouvement péristaltique, poussées dans les intestins grêles; de même le chyme, s’il est assez extrait ou s’il est

*) L’imprégnation des bols alimentaires de l’air atmosphérique n’est autre chose, qu’une diffusion de gaz, et non pas une décomposition chimique de cet air; de sorte, que l’air atmosphérique arrive inaltéré dans l’estomac, pour y donner ensuite l’oxygène nécessaire à la fermentation acide des végétaux.

indigeste. Après cela l’estomac est vide, ce qui s’annonce par la faim *).

La fermentation dans l’estomac est pour l’aliment végétal la spiritueuse; et pour la rendre plus vite acide, il y a toujours dans l’estomac, outre le ferment — outre le pepsine — un acide animal, V acide lactique ; de sorte, que ces deux, le pepsine et l’acide lactique, sont nécessaires à la fermentation digestive des végétaux dans l’estomac.

La fermentation des matières animales n’est que la putride, ou l’ammoniacale, comme nous l’avons vu J 7; en raison de quoi elles viennent si vite en putréfaction. L’acidité des matières animales au commencement de leur décomposition, p. e. du lait,

*) La soif a d’autres causes que le vide de l’estomac, comme nous le verrons ensuite.

La durée du séjour dans l’estomac des ingesta dépend de la nature de ces ingesta et du degré de l’incitabilité de l’estomac:

a. Les solides et les moins faciles à digérer y restent plus longtemps; mais les aqueux, etc., sont, s’il n’y en pas trop, d’abord endosmosés dans l’estomac, ou passent bientôt dans les grêles, comme le font de même les liquides trop visceux, soit naturels, comme le lait, soit artificiels, comme les bouillons, etc.;

b. Si l’incitabilité est trop faible, p. e. par laxité, tout demeure trop longtemps dans l’estomac, et celui-ci devient trop un laboratoire chimique de fermentation, d’oû surtout la fïatulescence et l’acidité, qui ont donné une juste renommée aux carminatifs aromatiques — aux eaux distillées de menthe, etc. — mais desquels on abuse beaucoup chez les sensibles enfants, chez les irritables femmes, même dans l’irritation du choiera — et aux antacides , quoique ceux-ci ne soient jamais que des palliatifs;

c. Quand l’incitabilité est trop forte, tout passe trop vite dans les grêles, la fermentation vineuse de l’estomac, qui y doit finir, commence dans les grêles, et toute la fermentation en désordre produit des stimulants étrangers, et ceux-ci l’irritation malade des intestins, les diarrhées, etc. Si le pylore ne s’ouvre pas assez en proportion des ingesta, ou s’il ne s’ouvre point du tout, soit par son spasme, la suite de son irritation produite par les ingesta, etc., soit par désorganisation — • p. e. par induration — les contractions de l’estomac irrité changent de direction, le mouvement naturel aussi péristaltique devient tout antipéristaltique et cause le vomissement.

de la viande, etc.; n’est pas un produit — productum — de la fermentation acide, comme le vinaigre*), mais la délivrance d’une partie constituante — eductum — des animaux, de l’acide lactique, qu’on trouve partout le corps, soit neutralisé en sel, soit libre. Dans l’estomac des carnivores sauvages, p. e. de plusieurs jeunes hibous — je n’en avais pas d‘autres — je n’ai jamais pu trouver le pepsine, ferment des herbivores,

mais par contre beaucoup d’acide lactique; de sorte, que j’en

conclus, que l’acide lactique, servant dans les herbivores pour accélérer la fermentation acide, comme nous venons de le voir, retarde dans les carnivores la fermentation putride , l’ammoniacale. Quoi qu’il en soit, la digestion chimique de l’aliment animal

n’est pas autre par tout le tube digestif, que la fermentation

ammoniacale.

Dans les grêles les liqueurs trop visceuses pour l’endosmose stomachique changent de nature.

La fermentation — nous parlerons seulement de la fermentation des végétaux, car celle des matières animales est plus facile et assez connue — déjà devenue acide dans l’estomac, continue dans les grêles, et deviendrait bientôt l’ammoniacale, ou la putride, si le suc pancréatique et la bile ne l’empêchaient au commencement des grêles, car:

a. Tout liquide nouvellement ajouté suspend la fermentation, comme le fait déjà ici le suc entériqne, qui est de même origine, que le suc gastrique; mais ce que fait surtout le suc pancréatique, qui vraisemblablement n’a pas d’autre but, et qui pour cela est nommé justement la seconde salive, ou la salive du ventre;

b. Tout alcali retarde la fermentation acide, et la bile est de nature alcaline +).

*} Le vinaigre. Le nom Français est juste, car ce produit de la fermentation est un vin aigre, une composition d’alcool — spirilus vini — et d’acide — acidum aceticum (les parties aqueuses, gommeuses, etc., du vinaigre sont accessoires). Le vinaigre est un ether uceticus aeidus naturel. Par son alcool ou par son éther il est un excitant précieux, qui vole par le corps, même jusqu’à la périphérie, où il agit en sudorifique, et par son acide il neutralise les acretés alcalines, soit internes, soit externes.

j-) Le but principal de la bile est sans doute la dépuration du sang

La liqueur visceuse, sortie de l’estomac ou encore séparée du chyme dans les intestins, à la quelle sont mêlés le suc entérique, le suc pancréatique et la bile, est nommée le chyle ; et tous les procédés dans les grêles, excepté l’endosmose comme dans l’estomac et le passage du chyme, se disent collectivement la chylificatim .

Dans les grêles — et encore dans les gros intestins — tout, ce qui ne peut venir directement dans le sang par l’endosmose des vaisseaux sanguins capillaires , est auparavant absorbé par des vaisseaux propres, nommés chylifères , et ensuite transporté au sang.

Le chyle, toujours en fermentation, descend , suivi du chyme, par le mouvement péristaltique des grêles lentement vers les gros intestins. Durant ce passage tout ce qui peut être endosmosé est directement introduit dans le sang , et ce qui peut être absorbé y vient indirectement. Le reste passe dans les gros intestins.

Dans les gros intestins tout ce qui en est encore susceptible est endosmosé ou absorbé ; la fermentation continue demême , mais d’acide elle passe à l’ammoniacale, â la putride. Comme il reste peu à absorber dans les gros intestins , leur but principal est la conservation des inutiles , pour être évacués à notre volonté , ce qui aurait autrement beaucoup d’inconvénients. Mais la production de l’ammoniacque, par la combinaison stoechiométrique de l’azoton et de l’hydrogène, dégagés par la fermentation putride dans les gros intestins, est très intéressante quand l’aliment est tout végétal, car l’ammoniacque, qui est un stimulant très fort et très volatil , entre par sa volatilité facilement à l’endosmose

de son carbone, comme l’urine le dépure de son azoton. Pour la digestion elle agit, outre en alcali, aussi par son amer en stimulant spécifique du mouvement péristaltique des intestins. Les autres buts sont encore très problématiques.

dans le sang et est un stimulant vital naturel , au moins pour tout animal herbivore, et par cela même aussi pour l’homme, qui est omnivore *).

Résumons les fonctions de l’estomac et des intestins, d’où dépendent aussi les vomissements et les cours de ventre, symptômes diagnostiques de l’emesi-diarrhoea.

L’estomac est l’organe principal de la fermentation, et tout végétal, qui n’a pas fermenté dans l’estomac et qui a passé dans les grêles, arrive là, s’il est fermentable, en fermentation, mais eu spiritueuse, dont le produit, l’esprit de vin, est un stimulant innaturel, trop fort pour les intestins, qui augmente le mouvement péristaltique de tout ce canal et cause les cours de ventre. L’endosmose des parties aqueuses a surtout lieu dans l’estomac ; il est donc l’organe principal de la boisson, et les grêles sont principalement destinés à la chylification et à l’absorbtion du chyle, les gros intestins à la production de l’ammoniacque et à la conservation des matières fécales; pourquoi, si les parties aqueuses passent trop rapidement les intestins, elles causent égament les diarrhées.

Les fonctions du tube digestif sont tout à fait chimiques par rapport à la fermentation , mais concernant le mouvement péristaltique, les sécrétions, l’absorbtion et l’excrétion , elles sont vitales.

Toute fonction vitale est un mouvement. Tout mouvement, même celui des machines mortes, consiste en réaction , produite par un réagent , et en action, effet d’un agent.

*) Que l’ammoniacque soit un stimulant fort et rapide, comme l’éther , etc., dépend de sa volatilité, mais il est aussi un médicament unique par sa nature alcaline volatile dans les maladies matérielles acides , comme le rheumatisme par son acre rhcumatique , l’arthrite par son acide urique, etc. Mais en santé son but principal semble être la neutralisation des acides; c’est pourquoi l’on rencontre partout le corps des sels amrnoniacals, et à raison de quoi nous le nommons un stimulant naturel.

Les corps morts mobiles sont des machines, on nomme les vivants, comme les végétaux et les animaux, des organismes. Ceux-ci sont les produits exclusifs de la nature, ceux-là aussi de l’art. Les agents des machines sont appelés forces, ceux des organismes stimulants. Pour être mis en mouvement, ou en réaction, par un agent tout corps mobile, soit mort, soit vivant, doit être prédisposé à son action. Cette prédisposition du réagent dépend de la matière dont il est composé, et de la construction de cette matière. De la composition de la matière dépendent l’attraction, la résistance, l’élasticité, etc., la construction consiste en leviers, rouages, etc.

La partie mobile de tous les corps organisés, des végétaux et des animaux, c’est la fibre , douée de la faculté naturelle de se racourcir pendant une stimulation, ou aclion, et de reprendre après sa longueur naturelle. Cette faculté est nommée l’irritabilité, ou la contractilité.

La prédisposition de la fibre irritable à l’action d’un agent est nommée la sensibilité.

Les agents de la fibre irritable ou sensible sont chez tous les corps mécaniques et chimiques — et chez quelquesuns même encore psychiques.

La sensibilité et l’irritabilité des corps organisés, soit végétal, soit animal, d’où dépend leur mouvement, leur vie, car leur repos absolu c’est la mort, varient selon le but naturel de leur vie. Le but de la vie des végétaux n’est que materiel , consistant en évolution et conservation individuelle, et procréation de la sorte; celui de la vie des animaux varie depuis les animalcules infusoires jusqu’à l’être rationnel, nommé l’homme; en raison de quoi nous prendrons pour sujet de notre raisonnement la vie humaine.

La vie humaine sert non seulement à notre existence physique, à notre vie végétative, mais principalement aussi à notre être psychique, à notre vie animale, comme nous l’avons dit

L’homme est, de plus, aussi un être raisonnable, jouissant pour cela encore d’une vie morale - mais qui est le sujet d’une autre science.

Pour ce qui regarde la volonté, cette faculté de l’ame , qui gouverne les mouvements volontaires, il faut à la vie psychique de temps en temps un repos absolu. Pour ce repos absolu quelques fonctions vitales doivent continuer incessamment (car le repos absolu de tout l’organisme c’est la mort), et être soustraites à notre volonté; de sorte, qu’il nous faut deux vies , séparées d’entre elles: une vie, qui n’exige pas le repos absolu, une vie physique, nommée la vie végétative, et une vie psychique, dite la vie animale. Quoique la vie psychique soit en repos , ce que nous nommons le sommeil , la vie végétative continue sans le moindre repos, et soutient en même temps les organes de la vie psychique en repos; lesquels sont réveillés en temps convenable.

La sensibilité et l’irritabilité de la vie animale doivent pour cela différer de celles de la vie seulement végétative , comme nous le démontrerons en parcourant la vie de la nature organiseé , la vie des végétaux et des animaux.

Nous avous dit que la sensibilité — ou mieux l’incitabilité , comme nous le verrons à la suite — est la prédisposition de la fibre à être afîecteé par un stimulant quelconque, et que cette fibre est douée de contractilité, ou d’irritabilité, pour être en état de se mouvoir.

Celte fibre est la base de tout mouvement organique, de toute vie, et on la rencontre dans tous les corps organisés, dans le plus bas végétal, comme dans le cerveau de l’homme.

Pour le mouvement naturel perpétuel il faut aussi à la fibre organique, y predisposeé, ou sensible, un stimulant naturel permanent , qu’on trouve chez toutes , quoique en proportion différente, dans le calorique libre, ou la chaleur, et chez les animaux encore dans l’oxygène. Les autres stimulants, quoiqu’élant

nécessaires à d’autres buts, comme p. e. les nutritifs à la’nulrition , sont accessoires â l’égard de Pirritabïlilé ou de la sensibilité.

Commençons par la vie des végétaux.

Leurs fibres organiques , qui se trouvent dans leurs organes vitaux, lesquels sont tous placés à leur extérieur, sous Pécorce , sont toutes disposées en plans — plana — l’une à coté de Pautre ; de sorte, que chaque fibre peut se mouvoir seule , qu’elles forment des membranes , et par la courbure de ces membranes des canaux, non seulement passivement hydrauliques, mais encore contractiles, vivants, pour faire couler Jes sucs par tout l’organisme végétal , de quel écoulement continuel dépend leur vie. Parcequ’il y a dans les végétaux de la contractilité ou de l’irritabilité, il y a aussi de la sensibilité, ou mieux de Pincitabilité.

Outre ce stimulant indispensable à la vie, la chaleur, l’irritabilité des végétaux a encore des stimulants accidentels , qui sont ou mécaniques ou chimiques.

Leur stimulation mécaniqe pour le mouvement est généralement prouvée par la cicatrisation des plaies simples , p. e. des coupures , de leurs parties organiques, dans la quelle cicatrisation les lèvres de la plaie se rapprochent, et spécialement par le mouvement visible de quelques uns, p. e. des feuilles des sensitives, des folioles de la dionée atrappemouche, etc., en suite du toucher.

L’accroissement témoigne en général de leur stimulation chimique, et spécialement pour le mouvement l’influence d’autres stimulants matériels, p. e. de la lumière, qui fait ouvrir plusieurs fleurs pendant le jour, et vers laquelle quelquesunes , comme le tournesol à grandes fleurs, se dirigent même.

Tout ce mouvement vital s’opère dans les végétaux sans aucun intermédiaire — p. e. sans nerf — par conséquent l’irritabilité est une force vitale *) propre de la fibre organique , et sa sensibilité — ou son incitabilité — en général n’est autre chose, qu’un attribut de cette irritabilité même, quoique variée dans les fibres animales selon les différents buts de leur vie spéciale, comme nous allons le voir.

*) Les anciens se débarassaient trop des difficultés physiologiques par la force vitale; mais les modernes la rejetent, la ridiculisent même, injustement et d’une manière insensée, car le nom force ne signifie autre chose , proprement dit - — stricto sensu — , que la relation idéale d’une cause à son effet, comme l’est de même la sensibilité ou la force (!!) nerveuse , à la quelle ils attribuent toute vie.

La fibre animale ne diffère pas absolument de la végétale , c'est à dire , non pas par rapport à l’organisation de chaque fibre , la quelle est par soi la même et seulement plus composée , ni par rapport à l’irritabilité primitive, qui est identique ; la différence est relative , consiste pour l’organisation dans la disposition des fibres, et pour la sensibilité dans l’intermédiaire des nerfs, pour rendre la fibre animale sensible à l’agent nécessaire à l’irritabilité animale, qui exige, outre celui des végétaux, outre le calorique libre, aussi l’oxygène, et d’autres, même des psychiques, selon le but spécial de la vie animale.

La nécessité principale à l’égard de ce but de notre vie animale est la locomotion à volonté, comme nous l’avons vu § 3.

Pour celte locomotion à volonté, notre corps, ou l’organisme total, doit être isolé. A cause de cet isolement tous les organes divers doivent être liés pour constituer le total, l’organisme, et pour être soumis à une seule régence, à une monarchie , afin de ne pas avoir imperium in imperio; en un mot, il faut aux organes divers un lien, qui les unisse, et un monarque , qui les domine , il leur faut . un système nerveux.

Ce système nerveux est composé de filets, de nerfs, et d’un centre, du centre cérébro-spinal.

L’irritabilité ou la force mobile de la fibre animale ne diffère pas de la végétale , mais la sensibilité doit avoir un intermédiaire entre l’irritabilité et le stimulant ; lequel intermédiaire sont les nerfs *).

*) Nous avons dit § 28 que le nom d’incitabilité est préférable à celui de sensibilité, parceque le nom de sensibilité renferme l’idée de connaissance ou de conscience, qu’on cherchera en vain chez les végétaux; ensuite, que l’irritabilité de la fibre végétative doit avoir pour le mouvement une prédisposition à être affectée par un stimulant, c’est à dire, avoir de Vincitabilité ; enfin, que tout mouvement vital s’opère dans les végétaux sans aucun intermédiaire, sans nerfs; de sorte, que cette incitabilité en général n’est qu’un attribut de l’irritabilité, qui dépend de l’organisation matérielle de la fibre même.

La fibre animale a comme fibre organisée la même incitabilité materielle, dépendante de soi même , que la végétale ; mais l’incitabilité animale doit avoir un intermédiaire, savoir, des nerfs, pourvus d’une force, nommée la force nerveuse, Ces nerfs agissent — comme nous le verrons tantôt — ou sans, ou avec, notre conscience:

Ainsi il n’y a — proprement dit — pas des nerfs mobiles — nervi motorii — et tous les nerfs sont ceux de Pinci tabililé , ou. les végétatifs, pour prédisposer l’irritabilité animale à l’action des stimulants propres.

Ce sont donc les nerfs végétatifs , qui constituent la première différence entre la fibre animale et la fibre végétale.

11 y a une seconde différence , car la stimulation et le mouvement sont ou sans, ou avec, connaisance, savoir, pour la vie végétative animale, ou stimulation et mouvement sans conscience, nous avons les nerfs végétatifs, déjà nommés, qui modifient l’incitabilité de la fibre végétale irritable pour le mouvement de la vie animale; mais pour les facultés de l’ame , pour les relations psychiques , il nous faut aussi le pouvoir de sentir avec conscience , ou le pouvoir de la sensation , et celui de nous mouvoir à volonté. A cause de cela nous avons des nerfs spéciaux pour la sensation, les nerfs sensibles, et de même pour les mouvements volontaires, les nerfs mobiles.

Ensuite, nous avons un centre de la sensation — le centre, ordinairement nommé cérébro spinal — pour l’arrivement des premiers , et pour le départ des derniers nerfs.

Les nerfs pour les sensations, les sensibles, constituent le rapport ou la communication entre la périphérie — ou les parties éloignées — avec le centre de la sensation, avec le cerveau. Cette communication se fait directement par les nerfs cérébraux et indirectement par l’intermédiaire de la muëlle épiniére, par les nerfs spinaux.

A l’égard des mouvements des animaux les nerfs mobiles — nervi motorii — agissent de même, mais en sens inverse, c. a. d. du centre de la sensation, du cerveau, qui est aussi l’organe de la volouté, aux organes du mouvement, aux muscles volontaires.

La fibre volontaire diffère encore à cause du mouvement volontaire

1°. Sans notre conscience, ils agissent dans notre vie végétative; nous les nommerons donc les nerjs végélatijs , qui produisent V incitabililé j

2°. Avec notre conscience, quand ils sont en rapport avec la sensation par les nerfs sensibles , et avec le mouvement par les nerfs mobiles f lesquels nerfs sensibles et mobiles sont collectivement dits nerjs animaux.

de la végétale par sa disposition (ce qui fait la troisième différence} , et par la combinaison de plusieurs fibres en faisceaux *).

Aussi nos fibres végétales, servant seulement à notre existence physique, sont disposées en plans, formant, comme dans les végétaux, des membranes, et par la courbure de ces membranes des sacs, comme l’estomac, etc., ou des tubes, p. e. l’oesophage, les intestins, les vaissaux sanguins, etc., organiques.

Les nerfs ne sont — à proprement parler — pas des organes. Les nerfs végétatifs ne sont que les intermédiaires, nécessaires à l’ineitabilité de animale, pour causer tout mouvement vital, la contraction , et les nerfs animaux, soit sensibles, soit mobiles, ne sont autre chose que des conducteurs de leur propre stimulation , pour occasionner dans les organes la sensation ou le mouvement volontaire .

Les nerfs sensibles conduisent leur propre stimulation de la périphérie, ou des parties éloignées, causée par des stimulants mécaniques , chimiques — ou dynamiques — au centre du système nerveux , à l’organe de la sensation , au cerveau.

Les nerfs mobiles font de même du centre , du cerveau , qui non seulement domine la sensation, mais encore la volonté, aux organes mobiles, aux muscles volontaires, pour stimuler ces muscles aux mouvements volontaires.

La stimulation de la fibre animale, laquelle fibre reste toujours, quoique variée pour les contractions volontaires, végétale, organe fondamental de tout mouvement organique, de la vie, quel mouvement ne peut se faire autrement, que par l’intermédiaire de ses propres nerfs, de ses nerfs végétatifs.

Ces nerfs végétatifs reçoivent la stimulation des nerfs mobiles psychiques, la communiquent aux fibres irritables du muscle volontaire, et mettent ce muscle en mouvement. Par conséquent , le mouvement du muscle volontaire ne dépend pas des nerfs mobiles, ou psychiques, qui ne sont que les conducteurs des

*) Par la même raison , que pour les nerfs , nous divisons les fibres animales selon leur disposition en :

1°. fibres végétatives, ou involontaires, disposées l’une à coté de l’autre, en plans;

2°. Et fibres animales, ou volontaires, qui sont accumulées en faisceaux et constituent les muscles.

agents, de la volonté, mais bien de ses nerfs physiques propres ou végétatifs, qui sont communs à chaque fibre animale, aussi bien à la fibre végétale des animaux, ou involontaire, qu’à la fibre par excellence animale, ou volontaire. A cause de quoi les muscles volontaires peuvent souvent avoir des mouvements involontaires, savoir, seulement produits par la stimulation des nerfs végétatifs, p. e. artificiellement au moyen du Galvanisme, naturellement pendant le sommeil, quand la volonté est en repos, et dans les spasmes et les convulsions ou autres mouvements maladifs, etc.; lesquels mouvements sont tout à fait soustraits à notre volonté, et se font sans notre conscience.

Ainsi l’irritabilité, découverte due au grand Haller, et en son honneur nommée irritabilitas Tlalleriana , n’est nullement une dissonance, comme elle l’est aprésent aux oreilles de quelques uîtramodernes insensés, mais bien réellement la vraie force vitale — voyez § 28. — de l’univers organisé; et aussi longtemps que la plus minutieuse fibre organique, soit dans les végétaux, soit dans les animaux, se contractera, le nom de Haller vivra — que dis je vivra! Non Haller est immortel par son........

irritabilité!

La vie végétative animale ne peut pas avoir des nerfs sensibles et un centre de communication ou de domination, qui nous donnent continuellement la sensation des fonctions végétatives. Dans ce cas notre vie animale ne pourrait arriver au repos nécessaire, notre volonté serait dépendente de ces fonctions végétatives et cesserait d’étre volonté.

Par cette raison le système nerveux végétatif est une chaîne close, composée seulement de nerfs, dont les ganglions ne servent vraisemblablement — comme la substance grise du cerveau et de la moelle épiniére — qu’à la sécrétion des matières nerveuses, et dont les plexus ne sont autre chose, que des accumulations de nerfs, pour en augmenter la force dans les parties, auxquelles ils appartiennent, et des agrégats de troncs, pour envoyer des filets aux organes éloignés.

Celte chaîne, quoique close, est en rapport direct avec l’organe de la sensation animale, avec le centre du système nerveux animal, avec le cerveau, par les filets sensibles de ce centre, ou indirectement par les filets des nerfs spinaux, qui communiquent par la moëlle épinière avec le cerveau; de sorte, que nous pouvons bien sentir les maladies des organes végétatifs, mais ne rien changer directement, ou à volonté, dans leurs mouvements abnormaux.

Nous avons vu, que le stimulant indispensable à la vie organique, à la vie des végétaux et des animaux, est la chaleur, et, outre la chaleur, à la vie animale l’oxygène; ensuite, qu’il y a aussi des stimulants accidentels, et entre ceux ci nous avons parlé de la lumière. 11 y en a encore d’autres, p. e. , outre les matières nutritives, dont nous avons aussi parlé, les volatils, comme l’ammoniacque — voyez J 18. — les spiritueux, les éthérés, etc. — et ceux qui ne peuvent pas être pesés, les imponderabilia , comme le sont le calorique libre ou la chaleur, et la lumière — déjà mentionnés — , la matière électrique et la matière magnétique *).

On donne le nom d’ imponderabilia aux matières, qni à cause de leur volatilité sont attirées avec si peu de force par la planète, que nous habitons, par la Terre, que leur pesanteur est inappréciable sur les balances, et qui, au contraire, suivraient l’attraction des plus grands corps célestes et s’éloigne-

*) L’influence de la matière électrique libre, ou de l’clectricité, sur la fibre animale est hors de doute par les preuves du Galvanisme, même sur la fibre des animaux récemment privés de vie, aussi longtemps, que dans ceux à sang chaud leur chaleur animale n’est pas toute perdue. Par un courant d’eleciricité on voit aussi l’effet sur les végétaux vivants; et vraisemblablement la maladie générale des pommes de terre — et de quelques autres végétaux — pendant plusieurs années dont laè nature est encore tout à fait inconnue, et qui les attaque souvent tout d’un coup, sont en relation avec l’électricité de l’atmosphère, laquelle électricité cause, aussi selon mon opinion, comme nous le verrons après, le choiera- rnorbus de notre temps.

raient tout à fait de nous, si la pression de l’atmosphère, etc., ne l’empêchait.

Le calorique et la matière électrique sont d’un si grand intérêt pour notre vie en général et pour la connaissance de l’emesidiarrhoea en particulier, que nous en dirons quelques mots.

Tous les deux sont des imponderabilia , et par leur ténuité ou volatilité ils pénètrent tous les corps, surtout le calorique, même ceux dont la porosité ne le permet pas aux ponderabilia , c’est pourquoi on les trouve partout.

Ils sont tous deux en état libre ou en état fixe. Le calorique libre c’est la chaleur, la matière électrique libre est nommée l’électricité.

Leur état fixe ou libre dépend de l’attraction par les autres corps, car tous les corps les attirent, mais avec force diverse.

Les corps qui attirent le plus le calorique libre sont ceux, qui en ont le moins, les froids ; ceux qui le retiennent le plus, et ne le cèdent pas facilement aux voisins, comme le bois, etc., sont les mauvais conducteurs de la chaleur ; et ceux qui le rendent facilement aux autres, comme les métaux, etc., sont les bons conducteurs de la chaleur.

Par rapport à l’attractian de la matière électrique libre il y a aussi une grande différence. Ceux qui l’attirent le plus en ont le moins, les corps non-électriques ; ceux qui l’attirent tellement, qu’ils s’en saturent, et qu’ils la retiennent si fortement, que leur matière électrique pour la rendre aux voisins doit auparavant être dégagée, comme dans le succinum ou l’électron — d’où le nom d’électricité — le verre, la résine, etc., se disent les corps électriques ou les isolateurs ; tandis que les autres, qui, après l’avoir reçue, s’en dégagent facilement sur les voisins, comme les dits métaux, etc., sont les conducteurs de V électricité.

La matière de la chaleur, le calorique fixe, devient libre:

a. Dans les solides par leur changement mécanique, par leur trituration, par leur frottement, par leur battement, etc., au moyen desquels les molécules s’approchent et le calorique est exprimé j

b. Quand les liquides, les vapeurs et les aériformes ou les gaz, changent de densité *). La densité des corps dépend non seulement de la quantité des parties aqueuses, mais encore et principalement de la quantité du calorique, car même la densité de Peau dépend de la quantité du calorique. Les parties aqueuses, ainsi que celles qui font la liquidité, etc., des autres corps , sont des globules élastiques, transparentes, éloignées l’une de l’autre par le calorique ; les parties aqueuses, qui ont le plus de calorique, sont les vapeurs; après le liquide, l’eau; enfin le solide, la glace. Parconséquent si les vapeurs deviennent liquides, et les liquides solides, une partie du calorique doit devenir libre.

La matière électrique devient libre:

a. De la même manière que le calorique dans les solides, par leur changement mécanique, et dans les liquides, etc., par leur changement chimique et de densité;

b. Par réchauffement des corps, ou par le calorique libre ou la chaleur même — alors nommée thermo-électricité.

Ainsi, tout ce qui dégage la chaleur, dégage également l’électricité. Blais l’électricité se dégage aussi par le contact intime de deux conducteurs différents. Le zinc, p. e. , ne conduit pas aussi bien l’électricité, que le cuivre, pourquoi le zinc en contact avec le cuivre a un plus d’électricité, qui est attiré par le minus du cuivre. Blais le cuivre ne pouvant pas retenir l’électricité reçue du zinc, s’il n’est isolé, ce plus d’électricité du zinc devient libre. Nous disons que cela se fait par le contact intime, c’est pourquoi il faut entre deux corps solides un intermédiaire liquide — comme dans la Galvano-électrieité — qui n’est pas nécessaire entre deux liquides.

L’organisation de notre tube digestif répond en tout à ce que nous avons avancé sur la vie organique — § 20. etc. — :

a . Les fibres musculaires — exepté celles de l’entrée (de la

*) Le changement mécanique des solides sub a. n’est également qu’un changement de densité.

bouche) et de la sortie (de l’anus) — sont soustraites à notre volonté, car elles sont disposées en plans, et forment des membranes, lesquelles membranes roulées constituent l’oesophage, l’estomac et les intestins;

b. Ses nerfs propres sont tout à fait végétatifs. Il n’y a pas de centre, il n’y a excepté les nerfs, rien, que des ganglions et des plexus. Les plus grands de ces plexus sont situés en arrière du tronc, contre l’épine dorsale, et sont liés entre eux par des filets nerveux ou par des nerfs. On donne à cet assemblage de plexus le nom de nerf grand sympathigue , mais injustement, car il n’est pas un centre de l’incitabilité végétale, parceque chaque plexus est isolé, quoique lié aux voisins par des filets nerveux. Leur grandeur et leur quantité dans les cavités du tronc — dans l’abdomen et le thorax — sont conformes à l’intérêt et à la multitude des viscères végétaux, qui s’y trouvent. Demême, parceque l’estomac est l’organe principal, le fondement de la vie végétative, le plexus solaire, duquel l’estomac réçoit ses nerfs végétatifs , est le plus grand , sans pour cela dominer les autres plexus.

La communication des nerfs végétatifs du tube digestif avec le cerveau, l’organe de la sensation ou du sentiment avec connaissance, le centre de la vie animale ou psychique, a lieu, comme à l’ordinaire, indirectement par les filets sensibles delà moélle épinière, qui la propage au cerveau, et qui ne sert qu’en cas de maladie.

L’homme dojt chercher sa nourriture, et pour cela il lui faut directement le pouvoir d’en sentir le besoin — positivement par la faim et par la soif, et négativement par la saturation. Pour ce sentiment le tube digestif a des nerfs cérébraux, nommés les nerfs gastro-pneumatiques. L’addition du nom de pneumatiques vient des filets, que reçoivent leurs troncs des poumons , du coeur, du larynx — en un mot — des organes où ils passent jusqu’à leur entrée dans le crâne.

Les nerfs gastro-pneumatiques remplissent un grand rôle dans notre économie, ainsi que dans les maladies des organes , aux quels ils appartiennent, surtout dans le vomissement. Le vomissement est non seulement un mouvement très fort, mais encore

un mouvement innaturel, tout antipéristaltique, de l’estomac, tandis que la diarrhée, à cause de la direction, reste toujours un mouvement naturel, un mouvement péristaltique. Conséquemment le vomissement ébranle tout le corps, et agit par cet ébranlement dans plusieurs maladies, p. e. dans l’hydropisie, quelquefois salutairement, mais en coup d’état, qui est toujours hasardé.

Par les nerfs gastro-pneumatiques l’estomac, l’organe principal du vomissement, est en rapport direct avec le cerveau, et en rélation indirecte avec les poumons, le coeur, le larynx, etc. ; ainsi le vomissement idiopathique de l’estomac affecte souvent sympathiquement ces organes, parmi lesquelles affectations celle du larynx cause souvent une voix spasmodique, aussi caractéristique dans le choiera, et alors nommée vox cholerica , qu’on n’entend jamais sans le vomissement. On a donc gagné beaucoup dans le traitement de l’emesi-diai rhoea , quand on est maître du vomissement.

Chaque corps organisé doit avoir de l’individualité et pour cela être isolé ou séparé des autres corps. Pour cet isolement et la défense contre l’extérieur , partout, où il le rencontre , il a un involucre, un intégument, les végétaux dans l’écorce, les animaux dans la peau.

Notre corps est non seulement exposé à l’extérieur par sa surface externe, sa périphérie, comme les plantes, mais encore par ses ouvertures, la bouche, les narines, l’anus, l’uretère — et chez les femmes par le vagin- il a donc deux périphéries, l’externe et l’interne.

Ces deux périphéries ont pour tégument l’épiderme, que nous appèlerons l’épiderme externe et l’épiderme interne.

L’épiderme externe est une couche inorganique, insensible, endurcie en écailles minces par l’atmosphère, lesquelles écailles ont entre elles des espaces poreux. Ces espaces poreux servent à l’exhalaison, ou à la perspiration des parties aqueuses, etc., du sang, et au passage d’une matière graisseuse, qui est secrétée du sang par les follicules sébacées, placées sous l'épiderme dans le derme, afin de tenir l’épiderme corné souple. L’éloignement des imponderabilia superflus, comme du calorique libre et de la matière électrique libre, se fait demême à travers l’épiderme.

Aussi le tube digestif — il n’est pas question ici des autres avenirs de l’extérieur, comme dans les poumons, etc. — a un intégument défensif contre la boisson, l’aliment, etc., qui est l’épiderme interne, vulgairement nommée la membrane muqueuse. Comme l’épiderme interne n’est pas en contact direct avec l’atmosphère il ne peut pas s’endurcir en écailles et n’a pas besoin de la matière graisseuse pour sa souplesse ; mais à cause de cela il est beaucoup plus mince, que l’externe. C’est pourquoi la nature lui a donné une défense spéciale, le mucus, secrété par les glandes muqueuses, qui remplacent à l’intérieur les follicules sébacées de l’extérieur.

La porosité de l’épiderme interne n’est pas interrompue par des écailles, et par cela beaucoup plus grande que l’externe; ce qui est absolument nécessaire ici, non seulement pour l’exhalaison comme à l’extérieur, mais surtout encore pour l’endosmose des capillaires sanguins et pour l’absorbtion par les chylifères à travers cette membrane.

L’exhalaison du sang dans le tube digestif, ou la perspiration cutanée interne, est de grand intérêt dans l’emesi-diarrhoea.

Tout ce qui entre dans le sang directement ou ce qui en sort se fait dans les réseaux capillaires, lesquels sont composés d’artères, qui y portent le sang du coeur, et de veines, qui l’y retournent.

L’entrée directe dans ces réseaux capillaires n’est possible t qu’à l’endosmose des veines capillaires; l’entrée indirecte se fait auparavant par l’absorbtion des chylifères — des lymphatiques dans les autres parties du corps — qui apportent le sang dans les troncs des veines.

La sortie du sang a lieu dans les artères des capillaires, et est également directe et indirecte.

a. Directement les parties aqueuses, volatiles, etc., du sang sortent par une pression mécanique au moyen des pores à travers les parois, par un vis a ter go des troncs des artères, qui apportent le sang dans les capillaires plus vite, que ne peuvent le retourner au coeur les veines des capillaires;

b. Indirectement daus les sécrétions, comme de la salive, du mucus, de la bile, etc., lesquelles sécrétions se font dans

les glandes à l’exosmose. Par conséquent, les veines servent à l’entrée dans le sang, les artères à la sortie ").

L’exhalaison du sang est pour l’ordinaire vaporeuse, comme le prouve le ros animal en dedans du corps dans le tissu cellulaire et dans les sacs sereux, et à la périphérie externe la perspiration, laquelle est nommée invisible parceque la matière perspirée se dissipe momentanément dans l’atmosphère, du moins s’il n’y a pas trop de vapeurs perspirées, ou que l’atmosphère n’en soit pas trop remplie, trop humide; dans lequel cas la matière perspirée, perdant seulement son calorique , reste liquéfiée sur l’épiderme, ce qu’on homme la sueur.

L’exhalaison ou la perspiration interne est aussi vaporeuse, mais vu qu'il n’yéa pas un accès direct de l’atmosphère dans le tube digestif et que la température y est plus basse, que celle du sang, les vapeurs, ne pouvant pas se dissiper, doivent se condenser par la perte du calorique pour former les liquides du tube* nommés les sucs gastrique et entérique -J-).

*) L’endosmose dans les veines, d’où le torrent va dès capillaires au coeur, est hors de doute, car le sang dans les veines, qui à cause de son mélange et de son épaisseur a le plus d’attraction, doit attirer à travers les parois les environnants, qui ont le minus , p. e. les parties aqueuses , etc. L’exosmose des artères est plus difficile à comprendre. Par la même raison, que le sang des veines attire à l’endosmose les liquides environnants , nul environnant peut attirer à l’exosmose le sang , ou ses parties , des artères; et la sortie des artères est donc physiquement impossible autrement que par la pression mécanique du vis à tergo des artères. Dans les glandes, les organes de la sécrétion , l’exosmose est possible. La sécrétion a de même lieu dans les capillaires artériels des glandes. La porosité de ces capillaires varie selon leur construction. Durant la vie darjs la matrice les différentes parties du sang sont exhalées dans ces glandes, s’y accumulent, y sont condensées, y forment un point d’attraction, et pour cela il vient dans les glandes salivalcs de la salive , dans le foie de la bile , etc. ; cà raison de quoi après la naissance par la loi chimique : similia similia attrahunt , les matières de la même nature sont attirées du sang à l’exosmose dans les glandes ; et voila pourquoi les glandes salivales n’attirent que les matières salivales, le foie que les matières bilieuses, etc.

•f) Les sucs du tube digestif — le gastrique et entérique — ne sont, selon mon opinion, autre chose qu’une sueur interne, et nullement des liqueurs spéciales sécrétées par des glandes, car les glandes, auxquelles on les attribue, ne sont que des variations des glandes muqueuses , comme on se trompe demême à l’extérieur dans les glandes de la sueur, qui ne sont que des variations des follicules sébacées.

Nous disons que l’exhalaison ou la perspiration est pour V ordinaire vaporeuse, car si, quellequ’en soit la cause, les artères des réseaux capillaires sont trop remplis, l’eau de sang — le sérum sanguinis — et souvent le sang même sort par le vis a tergo des troncs artériels poussé à travers les parois dans l’extérieur.

Le remplissage sanguin des capillaires est ou actif ou passif. Il est actif, s’il y a un plus d’activité dans les troncs des artères. Ils apportent trop de sang , pour que les veines puissent le transporter, et causent par cela même des irritations malades, qui augmentent souvent par la stagnation partielle à la conges tion, et parviennent par la totale jusqu’à V inflammation.

Mais il peut aussi être passif, quand il dépend du minas d’activité dans les veines capillaires , qui ne transportent pas assez vite le sang des réseaux , soit par suite de laxité , soit par la désorganisation des veines. Alors le sang devient moins chaud et par la laxité même son sérum est poussé à travers les parois relâchés; ce qui produit à l’extérieur une sueur froide et visceuse, et à l’intérieur des diarrhées colliquatives , etc.; et par la stagnation totale et permanente la gangrène et le sphacelus , comme on le voit souvent à l’extérieur, même durant la vie, dans les petechiœ de la fièvre putride, dans la gangrène sénile , etc.

C’est une loi fondamentale de la vie : uhi stimulus , ibi fluxus. Voyons pour quelle raison, car c’est aussi une loi fondamentale de l’emesi-diarrhoea , surtout de la cholerine et du choiera.

Nous avous vu que la vie consiste en mouvement, le mouvement en action et réaction, que la réaction s’exécute par la fibre organique, pourvue d’irritabilité et qn’elle a pour cette irritabilité des nerfs végétatifs; ensuite, que l’action dépend des agents mécaniques, chimiques et souvent psychiques.

Si le réagent — J 23. — est normal et les agents naturels, alors la réaction est naturelle , ce qu’on nomme la santé. Si la réaction, quellequ’en soit la cause, soit qu’elle réside dans le réagent ,

soit dans les agents, est trop forte, il y a irritation innatureîle, maladie *).

Ensuite, l’homme, comme corps organisé, comme animal vivant, est un individu, il a de l’individualité, et à cause de cette individualité animale, ou vivante, la Nature lui a donné un instinct de conservation. Par cet instinct de conservation il s’oppose à la déstruction par les agents; d’où il résulte, que toute la vie est un combat entre le réagent et les agents.

Si notre corps était un organisme simple, ce combat existerait toujours entre cet organisme total et les agents, il n’y aurait que des maladies générales; mais il est composé de quantité d’organes, dont chacun a, quoique tous liés ensemble par le système nerveux, son individualité spéciale. Ainsi l’un organe est un agent pour l’autre qui s’oppose à la déstruction par cet agent , c. a. d. s’il est trop fort , et vient en réaction malade. Quand l’organe irrité n’est pas de grande importance pour tout l’organisme , ou que l’irritation n’est pas assez forte , l’irritation se borne à l’organe irrité ou aux voisins, et reste maladie locale. Mais autrement tout l’organisme s’en mêle, la réaction, la maladie, devient générale , ce qu’on nomme la fièvre.

Aussi longtemps que l’irritation est locale il y a plus d’affluction de sang, et par conséquent plus de pression du calorique libre à travers les parois minces des capillaires.

Par l’irritation des réseaux capillaires du tube digestif les troncs artériels se mêlent de cette irritation , y apportent trop de sang, d’où il résulte trop d’exhalaison des parties aqueuses, qui causent pour l’ordinaire des diarrhées , vulgairement nommées catarrhales ; et si l’eau de sang même est poussée, les diarrhées deviennent dysenteria alba s. serosa ; si le sang arrive , on les nomme dysenteria rubra -f-).

Nous avons vu que l’épiderme interne est une continuation de Pexterne, et que leur but commun est aussi la perspiration cutanée.

*) L’emesi-diarrhoea est une maladie active, nous passerons donc les passives où il y a un minus de réaction.

•f) La différence entre la dysenteria alba s. serosa et la cliolerine est celle-ci que dans la première il n’y a pas de vomissement.

Quand la perspiration externe est interrompue , quellequ’en soit la cause , . ordinairement p. e. un spasme des capillaires cutanés, produit par l’ainsi nommé prendre froid, les parties ordinaires excrémentitielles du sang restent dans le corps, s’accumulent et produisent l’hydropisie , à moins que la perspiration cutanée par l’autre voie de l’épiderme dans le tube digestif ne soit redoublée par l’irritation mécanique du sang abondant dans ces capillaires* car ni la perspiration pulmonaire dans la respiration, ni la secrétion de l’urine, ne peuvent suppléer à la retenue par le défaut de la perspiration cutanée externe.

Après ces préliminaires en général et en particulier sur le tube digestif nous allons arriver à la connaissance de l’emesidiarrhoea ou du choiera en général.

Les maladies sont aussi des mouvements vitaux , quoique altérés , et consistent en action et en réaction.

A la réaction malade il faut donc aussi une prédisposition du réagent pour être affecté par un agent ou par une cause. Les quelles causes ou agents sont:

a. Mécaniques;

b. Chimiques;

c. Dynamiques.

Les mécaniques et les chimiques commencent par le changement de la matière, comme le font p. e. pour les mécaniques les lésions, et pour les chimiques les venins, les contagions, etc.; tandis que les dynamiques finissent par ce changement , et leur influence agit premièrement sur la force nerveuse , et pour cela on les nomme justement les nervins , comme le sont les matières volatiles, les spiritueuses , leséthérées, etc. et les causes psychiques immatérielles maladives.

L’emesi-diarrhoea , ou les vomissements et les cours de ventre simultanés , dénonce non seulement un mouvement malade véhément de tout le tube digestif, mais le vomissement indique

encore un mouvement innaturel de l’estomac ; de sorte, que l’emesi-diarrhoea est impossible sans une irritation véhémente du tube digestif y analogue. Cette irritation peut être idiopathique, sympathique, ou révulsive.

L’irritation idiopathique réside dans les nerfs mêmes du tube digestif.

Ces nerfs y prédisposés sont irrités et cette irritation nerveuse se communique aux fibres mobiles et occasionne ce mouvement véhément:

a. Par leur stimulation quantitative ou mécanique , p. e. par la pesanteur des ingesta, ou par Pextension des parois, qu’ils produisent;

b. Chimiquement par les venins, les contagions, quelques émétiques et quelques purgatifs;

c. Dynamiquement par les nervins spécifiques, comme le sont tous les volatils, les spiritueux, les éthérés , les aromatiques, etc., déjà mentionnés.

Cette irritation peut aussi être sympathique , quand elle est premièrement toujours dynamique et dépendante d’une irritation idiopathique du centre nerveux ; à cause de quoi les maladies du cerveau, p. e. ses lésions, ainsi que les affections graves de l’ame, p. e. la terreur, causent souvent sympathiquement les nausées, les vomissements, les cours de ventre, souvent même l’emesi-diarrhoea , la dernière p. e. est évidente dans le mal de mer, etc.

Enfin , l’irritation du tube digestif dans l’emesi-diarrhoea peut aussi être révulsive, comme nous l’avons déjà dit.

Les matières rendues dans l’emesi diarrhoea diffèrent à raison de l’intensité de l’irritation du tube digestif , et font, comme les mètres de l’irritation, diviser l’emesi diarhoea , en:

a . Emesi-diarrhoea simple — Bort ou Boort;

b. Cholerine;

c. Et Choiera.

On nomme l’emesi-diarrhoea simple , quand rien n’est rejette du tube digestif, que les contenta ordinaires, la boisson, l’aliment, le chyme, le chyle, les sucs, le mucus, la bile, et souvent des vers intestinaux.

Ses symptômes sont:

a. Matériels — par ce qui est évacué , comme nous venons de le dire;

h. Dynamiques. Le sang afflue vers la partie irritée, d’où à ^extérieur du corps le pouls, quoique accéléré, petit, la pâleur, le froid; à l’intérieur vers le tube digestif la congestion du sang , la rougeur — qu’on peut voir dans la cavité de la bouche — , la chaleur, d’où la soif, surtout pour la boisson froide *). Et quand par les excrétions l’épiderme interne est trop privé de son involucre naturel, de son mucus, il s’en suit un sentiment douloureux, souvent même des véritables douleurs. Enfin , les suites du vomissement à cause du rapport de l’estomac avec les autres organes par les nerfs gastro-pneumatiques, comme nous l’avons déjà démontré.

On nomme l’emesi-diarrhoea la cholerine quand par l’irritation continuelle, après l’évacuation des contenus susdits, l’eau de sang même — le sérum sanguinis , — vulgairement nommée Veau de riz -j-), arrive, sans que la circulation par l’épaisseur du sang à cause de la perte de son sérum , soit déjà interrompue.

*) La soif, ou le sentiment du besoin de parties aqueuses, est ici dynamique — nous la rencontrerons encore matérielle. Par l’irritation il y a plus d’afïluxion du sang dans les capillaires, et parcela plus d’exhalaison, qui se condense, parquoi le calorique devient libre et stimule les nerfs du tube digestif. Tout liquide et principalement tout liquide froid fixe ce calorique libre, d’où le désir de boisson, surtout de la froide. Mais comme cette soif est la suite de l’irritation , son appaisement par la boisson, fixant le calorique, n’est que palliatif, le radical exige la guérison de l’irritation.

j-) Les flocons blanchâtres de l’eau de riz, d’où son nom, sont la fibrine de l’eau du sang. Le sérum sanguinis en circulation vivante dissout la fibrine, ce qu’il ne peut plus hors de la circulation, quand la fibrine se sépare de l’eau, d’où ces flocons 'dans la dysenteria alba, dans la cholerine et dans le choiera, laquelle fibrine, déjà dans le sang pour

Les symptômes sont:

ci. Matériels — l’évacuation de l’eau de riz , qui est le premier signe caractéristique de la cholerine;

b. Dynamiques. Augmentation en général de tout ce que nous avons dit dans l’emesi-diarrhoea simple, et en particulier le pouls non seulement peti t , mais encore, suivant l’épaisseur du sang, graduellement retardé.

Par l’irritation augmentée et la dénudation des nerfs du tube digestif non seulement les douleurs idiopathiques de ce tube augmentent , mais cette affection sensible irrite aussi sympathiquement le larynx, etc., d’où le vox cholerica , qui est un spasme. Celte affection sensible du tube se communique même aux organes de la vie animale, le centre cérébro-spinal, d’où la sensation des douleurs insupportables , d’où ces convulsions et spasmes terribles, même dans les parties éloignées du foyer de la maladie et autrement volontaires , p. e. le faciès cholerica , les crampes dans les jambes, etc., qui caractérisent encore plus que l’eau de riz et que le vox cholerica le font cette maladie.

S’il y a pendant l’emesi-diarrhoea simple une réaction générale, une fièvre, elle diminuera graduellement dans la cholerine par le retard dans la circulation du sang, qui n’apporte pas assez de chaleur et d’oxygène, stimulants indispensables à tout mouvement vital, même ou maladif.

Dans la cholerine la soif devient insupportable , caria cause n’est plus seulement dynamique, comme dans l’emesi-diarrhoea simple , mais encore matérielle, c’est un défaut direct de parties aqueuses dans le corps par la perte de l’eau du sang, une soif aqueuse. Par conséquent, la soif dans la cholerine et dans le choiera est une soif dynamico-aqueuse * *).

vue d’irritabilité, se contractant, divise le sang hors de la circulation et se combine avec ses globules ou corpuscules dans le placenta , qui nage dans le sérum.

*) Tous les liquides ou parties aqueuses de notre corps sortent du sang, ainsi leur défaut peut dépendre de la perte:

a. Du sang entier, comme dans les hémorrhagies;

b. Seulement des parties aqueuses ordinaires du sang par la perspiration cutanée, soit externe, soit interne — comme nous l’avons vu dans l’emesi diarrhoea simple — ce qui est la cause ordinaire de la soif;

c. Du sérum même du sang dans la dysenteria alba, la cholerine et le choiera.

La soif dans la cholerine, etc., est premièrement aussi dynamique,

Par cette épaisseur du sang les sécrétions diminuent aussi , p. e. de la salive , ce qui augmente encore la secheresse de la bouche; demême les excrétions de la bile, de P urine , etc., cessent graduellement.

Quand par la perte du sérum sanguinis dans la cholerine, le sang est devenu tellement épais, que la circulation ordinaire en devienne hydrauliquement impossible , et qu’elle est graduellement interrompue, l’emesi-diarrhoea est nommée choiera.

Dans le terrible choiera le sang reste immobile dans les réseaux capillaires , et ces stagnations donnent à la périphérie externe des taches (signes vraiment caractéristiques du choiera) rouges, violettes, bleues, qu’on nomme cyanosis , et par tout le corps , s’avançant vers le tube digistif, toutes sortes de troubles mécaniques dans la circulation.

Par le défaut d’accès de calorique et d’oxygène à la fibre, celle ci reste immobile , elle est paralysée. De cette paralysie proviennent les plis de la peau (demême signes caractéristiques du choiera). Elle s’étend de seconde en seconde, commencent par l’immobilité de la langue, vers le tube digestif, qui à la fin aussi commence à être paralysé. Alors les mouvements, les vomissementset les cours de ventre, diminuent, cessent même, mais pour l’éternité, car bientôt le choiera paralytica amènera la mort * *).

à raison de quoi elle ne peut pas être apaisée radicalement que par la guérison précédente de l’irritation, mais elle exige aussi le rétablissement du défaut matériel, des parties aqueuses, par la boisson.

*) Cela est la fin mortelle ordinaire des cholériques, toujours accompagnée du faciès cholerica.

Mais quelquefois la mort arrive plutôt par l’apoplexie, alors on le nomme encore — voyez § 1. — choiera, mais foudroyant; la mort arrive aussi très souvent par la gangrène du tube digestif, à la suite de l’irritation , montée jusqu’à l’inflammation véhémente, que l’art n’a pu vaincre, ou qui est causée par un traitemant irritant ou négligé. Dans la gangrène du tube digestif le jades Hippocratica , ce terrible présage de la mort en toute maladie, remplace le Jades cholerica. Le froid à l’extérieur reste le même, mais quand il n’y pas une perte trop grande du sérum sanguinis, et que la circulation est encore possible , cet extérieur auparavant sec devient mouillé, mais par une sueur, qui présage de même la mort, froide et visceuse , causée par la laxilé des parois capillaires, qui donnent passivement le passage à l’eau du sang.

Les symptômes du choiera suivant son développement graduel sont connus. Ainsi, que la réaction générale, la fièvre, étant impossible, les malheureux conservent ordinairement leurs facultés intellectuelles jusqu’à la mort, qui par cela même devient encore plus terrible.

Les malades désirent tant la boisson froide , nous avons déjà indiqué pour quelle raison; mais comme le froid est de grande importance dans le traitement de l’emesi-diarrhoea , nous verrons ce que c’est que le froid et comment il opère.

Le froid n’est qu’un idéal et rien qu’un minus rélatif du calorique libre ou de la chaleur. C’est pourcela que la mesure artificielle du froid est nommée mètre de la chaleur ou thermomètre, lequel dépend d’une donnée certaine, ordinairement du point de la congélation. Notre sensation du froid est individuelle par rapport à la température d’un autre corps — en un mot, le froid est une sensation relative , dépendante du plus ou du minus de calorique libre des corps environnants — , lequel calorique libre est le premier stimulant de notre irritabilité.

Les effets du froid, comme stimulant, sont tout à fait opposés selon sa manière d’application lente ou subite:

a. Son application lente, graduelle et continuelle, prive la partie, à laquelle il est appliqué, de son premier stimulant vital naturel, de son calorique libre, il est donc le meilleur réfrigérant et déprimant, mais qui continué suspend même toute vie;

h. Appliqué subitement ou tout d’un coup , il est un stimulant très fort, non seulement par son choc*), mais surtout parcequ’il est le plus grand ennemi du premier stimulant vital, du calorique libre, qu’il attire très fortement, et que l’organisme à raison de son instinct de conservation ne se laisse pas ôter avec impétuosité sans se défendre également, sans venir en réaction véhémente, très souvent en mouvement convulsif, en frisson.

*) La Nature procède tou jours graduellement , et ne tait jamais des sauts, c’est pour quoi tout choc stimule, non seulement celui du froid, mais également celui de la chaleur , etc.

L’emesi-diarrhoea — simple , cholerine , ou choiera — quelle qu’en soit la cause individuelle, est souvent sporadique; mais quelquefois, savoir, quand la cause est générale, elle devient épidémique, dans lequel cas on la nomme cholera-morbus , lequel est le sujet principal de cet écrit.

Pour le traitement médical il faut diviser le cholera-morbus en dynamique ou nerveux, vulgairement nommé choiera spastica, et en matériel, le choiera contagiosa. Nous rétiendrons les noms Latins de choiera spastica et de choiera contagiosa.

Tout cholera-morbus , soit le choiera spastica , soit le choiera contagiosa , doit avoir une prédisposition a la maladie et une cause de celle-ci.

La cause de l’épidémie, ou de la généralité de la maladie, dépend dans le choiera spastica d’une prédisposition épidémique nerveuse ou dynamique, de sorte qu’il a une cause interne, qui se trouve dans nôtre corps; celle du choiera contagiosa est une matière morbifique générale, qui doit entrer dans notre corps, et la cause en est alors externe.

Pour la connaissance du cholera-morbus en général, nous commencerons par le développement scientifique, c’est à dire pour autant que cela puisse être nécessaire à l’art clinique du choiera spastica, qui est aussi le choiera épidémique de notre temps — du moins il l’a été dans notre sphère d’activité — le quel dévéloppement nous croyons rationnel par suite de notre expérience multiple; nous tracerons donc son origine épidémique suivi de son traitement médical; lequel traitement médical doit, comme de juste, être positif — pour le traitement négatif ou prophylactique il peut varier — et être d’application à tout choiera spastica , quellequ’en soit la cause.

La prédisposition dynamique est ici la première cause de I’épidémie, paroonséquent elle doit être générale; selon noire opinion elle l’est par l’électricité.

Nous avons vu $ 39. et seqq. :

a. Que l’électricité est une matière imponderabile — laquelle ne peut pas être pesée — , qu’elle pénètre parcela les pores de tous les corps, même ceux qui sont fermés aux ponderabilia , et qu’elle se trouve par toute la nature;

b. Qu’elle est en état fixe ou en état libre;

c. Que tout changement de matière mécanique et chimique la rend libre; demème le contact intime des conducteurs différents, non seulement solides, mais encore liquides;

d. Que la matière électrique libre est un des premiers stimulants de notre organisme, surtout de la fibre animale, même sous quelques conditions après la mort *) ;

e. Que l’incitabi li té de la fibre animale irritable même dépend d’un système nerveux particulier, nommé végétatif, qui fait une chaîne close, composeé de filets nerveux, de ganglions et de plexus, laquelle chaîne close est en rapport indirect par des filets sensibles du système nerveux animal avec le centre du dernier système, avec l’organe de la sensation, avec le cerveau.

Toutes nos actions vitales se font avec changement de matière ,

*) L’électricité remplit un grand rôle dans toute la nature inorganisée, et demème dans l’organisée. Nos mouvements vitaux commencent dans la matrice par le punctum saliens , qui est le premier mouvement du coeur , lequel coeur est pour notre chronologe, pour notre vie, ce qu’est le pendule pour l’horloge, l’axe du mouvement; car notre vie commence par la première systole du coeur et finit par sa dernière diastole. Quelle pourait être la cause de celte première systole du coeur, sinon l’électricité, qui se dégage aussi dans le corps du foetus, et qui au temps, que l’organisation du coeur est assez avancée , stimule son irritabilité à la première contraction? Car demème après la mort l’électricité cause encore cette systole d’un coeur récemment séparé du corps , ce que ne peut ni la chaleur, ni l’oxygène, ni quelqu’autre stimulant, même le plus fort.

soit mécanique, soit chimique- à raison de quoi il y a toujours de la délivrance de la matière électrique, de ce stimulant fort de notre vie, surtout de la végétative ou de Pincitabilité animale. Pour ne pas trop stimuler elle doit sortir dans l’atmosphère, ce-qu’elle fait facilement, comme imponderabile surtout par la périphérie externe.

La matière électrique libre peut être retenue dans le^corps ou par des impédimenis dans la peau, ou parceque l’atmosphère soit déjà pleine, comme saturée, d’électricité.

Celte retenue de la matière électrique dans le corps augmente par conséquent Pincitabilité en général , principalement de la vie végétative. Comme c’est une matière, elle peut aussi se combiner chimiquement pendant cette retenue avec des autres matières de notre corps , ce qu’elle fait vraisemblablement avec l’oxygène pour produire l’acre rheumaticum des Anciens, la cause du rheumatisme , car cet acre est un acide , comme le prouve évidemment le mi li aria , ou l’exanthème du rheumatisme. Si la retenue dépend des intéguments du corps, de l’épiderme, le rheumatisme est sporadique; si elle dépend de l’atmosphère, il devient épidémique.

Quand la matière électrique libre retenue n’est pas changée en acre rheumaticum et par cela même ne cause pas le rheuma- Usine, elle agit seulement en stimulant extraordinaire, surtout de Pincitabilité végétative , et cause un sentiment obscur de malaise, de lourdeur des membres, une sensation maladive , prédominante dans les plexus, et entre ceux-ci principalement dan le plexus solaire , qui se communique au ventre, comme l’éprouvent plusieurs individus à l’approche d’un orage, qu’ils présagent souvent exactement à la suite de ce sentiment.

Depuis longtemps , surtout durant l’année passée , l’atmosphère a été remplie d’électricité; presque tous les jours on y vit des nuages orageux, quoiqu’il y eut peu d’orage. Ainsi tout corps dans l’atmosphère fut plein d’électricité, ou le devint à

l’inslant y exposé *); c’est pourqoui la matière électrique libre fut retenue dans les corps.

Comme la cause de cette retenue fut générale — du moins dans quelques contrées — demême l’effet devrait l’être et se manifester par les symptômes épidémiques, que nous venons de nommer* ainsi, le sentiment désagréable à l’épigastre fut général, se développant souvent jusqu’aux nausées, aux vomissements, aux cours de ventre, à Pemesi-diarrhoea simple, à la cholerine , au choiera. Nous attribuons également à la même cause cette multitude de rheumatismes opiniâtres, que nous avons traités surtout au commencement de cette année.

La cause de cette épidémie résidait pour cela dans la prédisposition dynamique, la maladie était donc choiera spastica.

Avec cette prédisposition dynamique , prédominante dans les grands plexus de l’appareil digestif, tout stimulant du tube digestif, soit matériel, soit dynamique, soit même psychique, pouvait causer les différentes maladies de ce tube; lesquelles chez l’un se bornaient aux vomissements ou aux cours de ventre seuls, et chez les autres grandissaient jusqu’à l’emesi-diarrhoea simple, à la cholerine, ou au choiera spastica -j*).

*) Parce que tout fut plein d’électricité, et nous ne pouvons pas rendre libre l’électricité de l’atmosphère, les électro-mètres ne purent pas l’attirer , cc qui a fait croire à quelques naturalistes qu’il y eut défaut d’électricité dans l’atmosphère.

Cherchons la cause de cette quantité extraordinaire d’électricité dans l’atmosphère à l’entour de toute la terre.

Il est hors de doute que depuis quelques années les saisons soient changées. La différence de ces saisons ne dépend pas seulement des influences des corps célestes p. e. du soleil, mais surtout de l’atmosphère général, et l’atmosphère général est un produit de la terre même, pour ainsi dire son exhalaison, cette exhalaison dépend surtout des mutations intérieures de la terre, qui ont beaucoup lieu selon les rapports géographiques; par ces mutations aussi l’éiectricité terrestre devient libre et se dissipe dans l’atmosphère; ce-qui durera aussi longtemps que la Suprême Sagesse voudra ces changements internes de notre planète, et faire continuer la cause du choiera spastica.

•f) Cette théorie est justifiée par mon expérience , par la cause même du choiera, que j’ai trouvée chez les uns dans l’abus des boissons , chez

Les symptômes ou les signes diagnostiques de chaque degré de l’emesi diarrhoea spastica nous sont connus, passons donc au traitement médical. >

Le traitement médical est, comme en toutes maladies, préservatif ou prophylactique , et curatif.

Comme la cause de l’épidémie est une prédisposition dynamique, laquelle dépend de l’électricité dans l’atmosphère, que l’art ne peut pas changer, le médecin n’y peut opposer rien de positif. Par cette raison tout positif est insensé , il doit même être nuisible, car les débilitants augmentent l’incitabilité, la prédisposition dynamique, et les fortifiants, qui stimulent tous, peuvent causer la maladie. Que le prophylaxis soit donc seulement négatif, en évitant, autant que possible, ce-qui stimule enjgénéral , et spécialement tout ce-qui irrite le tube digestif * *).

Le traitement médical curatif se résume à combattre l’irritation malade du tube digestif, ce-qui se fait:

a. Négativement, en évitant tout ce qui stimule en général, et spécialement tout ce-qui irrite le tube digestif — ainsi par le repos en général, et surtout du tube digestif, autant que possible;

les autres dans celui des aliments, dans le prendre froid, dans les alfections de l’ame , p. e. très souvent dans la crainte, la etc.

*) Rien ne nuit plus dans les épidémies que la crainte et la terreur publique. Si elles sont dynamiques, comme celle-ci, et comme il y en a souvent dans les autres appareils ou dans les autres systèmes, elle augmentent la cause de l’épidemie , la prédisposition; si elles sont contagieuses, elles favorisent la prédisposition individuelle, car nous avons vu et nous verrons encore, qu’aussi aux stimulants matériels l’incitabilité doit être prédisposée pour avoir des mouvements vitaux malades.

Toute mésure publique , qui augmente ces causes psychiques , comme les rapports publics , le transport des malades et l’enterrement en plein jour — en un mot, toute ostentation publique qui ne soit absolument nécessaire doit être évitée.

b. Si la cause est matérielle, par l'excrétion de la matière, ou en la privant de ses forces irritantes.

c. Quand non seulement la prédisposition à la maladie, mais encore sa cause, est dynamique, en combattant l’incitabilité.

Pour ce-qui régarde la nécessité du repos, elle est hors de doute , car toute irritation consiste en mouvement.

Si la cause est matérielle:

A. Il faut l’évacuer au plus-tôt possible, soit par en haut, soit par en bas ;

B. Si cela ne se peut pas, il faut la priver de ses forces irritantes]; ce qui se fait:

a. Par la dilution aqueuse chez les alcalis ou les acides forts, les sels, chez tous ceux qui peuvent se combiner avec Peau; ou par la dilution graisseuse pour les huiles stimulantes — ol. terebinthinae , menthae etc. — par les huiles douces, d’olives, de lin, etc., et par les graisseux , comme par le lait, la beurre, l’axungia porcina, le sevum ovillum , la cire , etc. ;

b. Par la neutralisation, p. e. des alcalis par les acides, des acides par les alcalis, etc.;

c. Par la décomposition chimique, p. e. des venins minéraux par les antidotes spéciaux, des contagions par le chlore, par le charbon, par le soufre, etc.;

d. Par l’enveloppement des acres, des aromatiques, des venins animaux et végétaux, qu’on ne peut pas décomposer chimiquement, au moyen des gommeux, des mucilagineux, des huileux et des graisseux.

Si la cause est dynamique il faut combattre l’incitabilité:

A. Négativement, par le repos susdit;

B. Positivement:

a. Par la privation au tube du stimulant naturel, du calorique, .à l’aide du froid, ainsi par les réfrigérants;

b. Par les médicaments spécifiques contre la force nerveuse, nommés narcotiques;

c. Si l’irritation dynamique du tube digestif est sympathique

ïa guérison des maladies idiopathiques doit ou avancer ou se combiner avec le traitement de la maladie sympathique du tube digestif;

d. Parce-qu’on peut atteindre les nerfs du tube digestif directement par la bouche et l’anus, on peut leur donner un involucre artificiel contre la dénudation au moyen des mucilagineux, des gommeux, des huileux et des graisseux nommés. Demême par la cautérisation ou par l’induration de l’épiderme interne, p. e. par le nitrate d’argent, comme nous le verrons.

e. Enfin par la révulsion, fondée sur la loi physiologique: stimulus stimulum tollit.

La méthode révulsive est très intéressante dans l’art de guérir. Elle consiste dans l’irritation artificielle appliquée à une partie éloignée *) d’un organe irrité malade, pour, suivant une autre loi: ubi stimulus ibi flux us , comme nous l’avons vu $ 54. , attirer l’irritation malade vers l’artificielle. Pour-cela l’irritation artificielle doit être éloignée de, et plus forte que, la malade, autrement celle ci attirera par la même loi l’artificielle, et en sera augmentée. Dans l’emesi-diarrhoea on prend l’épiderme externe ou les extrémités pour la révulsion, laquelle on obtient par les bains chauds généraux ou partiels — ou froids, mais alors avec impétuosité, p. e. en douches, etc. — , par des bains aromatiques, piquants; par des rubéfaciants, par des vésicatoires , par des cautères externes.

À l’égard du traitement spécial nous prendrons les variations du choiera spastica épidémique, que nous avons traitées, et qui étaient les nausées, le vomissement seul, le cours de ventre seul, l’emesi-diarrhoea simple, la cholerine, le choiera.

*) La révulsion doit toujours être, comme de raison, â une partie éloignée du foyer de l’irritation, et il est à peine croyable que dans l’emesi-diarrhoea un seul médecin à bon sens applique des sinapismes, etc., à l’épigastre, au foyer de la maladie. Il est vrai qu’un stimulant peut vaincre un autre sans révulsion, mais alors l’irritation artificielle doit changer la nature de l’irritation malade, ee-que fait ici bien le nitrate d’argent pris à l’intérieur, comme nous le verrons §97, mais ce qui est impossible par les dits sinapismes, etc., appliqués bien au foyer de la maladie, mais à l’extérieur, pas en contact direct; ils doivent, au contraire, arithmétiquement augmenter la maladie, l’irritation des organes sousplacés , dont j’ai vu hélas! trop souvent les suites mortelles.

Le meilleur remède dans les nausées est le repos en général et du tube digestif en particulier, et pour celui-ci nul aliment, nulle boisson, demème nul médicament interne. Si la perspiration cutanée externe, étant supprimée, p. e. par le prendre froid, est la cause des nausées, la révulsion par le bain chaud, agissant en sudorifique , suivie du repos dans un lit bien chauffé, est excellente *). Quand il y a beaucoup de chaleur à l’épigastre on peut tirer partie de l’application externe lente, graduée, et continuelle du froid — l’interne est défendue par le repos nécessaire de l’estomac — , ce-que nous faisons au moyen d’une compresse de linge, pliée en quatre, de grandeur, à ce qu’elle puisse couvrir tout le ventre, trempée dans de l’eau un peu plus froide que l’épigastre , pour ne pas stimuler au commencement par le choc du froid. On prive la compresse de son eau superflue en l’exprimant , et on l’applique sur le ventre, où elle reste. L’évaporation de l’eau de la "compresse attire le stimulant naturel, le calorique, du foyer de la maladie. Pour-cela il faut tenir bien mouillée la compresse en y faisant tomber ensuite par gouttes de l’eau tout à fait froide; ce-qu’on continue aussi longtemps, qu’il est nécessaire.

On laisse toujours aller leur train les vomissements seuls ou les cours de ventre seuls; ensuite on les traite comme les nausées, à moins qu’il n’y ait des symptômes accidentels urgents, p. e. chez les sanguins des congestions à craindre par l’ébranlement des vomissements.

Dans l’emesi diarrhoea simple on agit demème; mais il faut être très attentif à l’arrivée de la cholerine, qui est à reconnaître par l’eau de ris.

*) Les autres révulsions — voyez § 90. — peuvent être très utiles clans les irritations moins fortes du tube digestif, comme dans les nausées, les vomissements seuls, les cours de ventre seuls, dans l’émésidiarrhoca simple, même quelquefois au commencement de la cholerine; mais quand l’irritation est trop forte, l’irritation révulsive, si elle est encore possible, n’aide rien, au contraire elle doit nuire; mais pour l’ordinaire elle est impossible surtout dans le choiera, quand la peau *>st paralysée; alors j’ai bien vu l’eau bouillante, même le fer rouge, brûler, mais ne jamais irriter.

A l’arrivée de la cholerine il faut avant tout et avec beaucoup de soin examiner s’il y a déjà des congestions, même s’il y en a de crainte spéciale, afin de ne pas négliger la seconde précieuse pour les saignées nécessaires, qui deviendront trop souvent bientôt impossibles par le défaut de la circulation à l’extérieur, à cause de l’épaisseur du sang, produite par la perle de son sérum.

Dans la cholerine — et encore plus dans le choiera — le but principal, l’indication médicale même vitale, est de vaincre l’irritation du tube digestif au plustôt possible et coûte qui coûte; demême si elle est sympathique, mais alors il ne faut pas négliger le traitement simultané des maladies idiophathiques , des causes de l’irritation du tube digestif.

On ne peut combattre l’irritation animale, laquelle dépend de l’influence des nerfs, qu’en combattant l’incitabilité, ce-qui se fait ici:

a. Par le repos général autant qu’il est possible — le repos du tube digestif est hors de doute — par conséquent le malade doit toujours être couché dans la position la plus commode, même le lit pour ce repos absolument nécessaire garanti contre les cours de ventre, etc.;

b. Par l’application externe du froid;

c. Par les médicaments narcotiques et enveloppants — involventia — .

Pour-cela moi j’administre en général aux adultes — aux jeunes, aux faibles, aux femmes, etc., proportionnellement — une poudre de :

fy. Pulv. acetat. morphin. gr. fi.

- — amyli scr. j *)

A donner avec gtt. XXX aquae ïaurocerasi -j-).

*) Pour l’usage de l’amidon ici on ce rappèle l’émétique infaillible du grand Hofelajsd : gr. j de tartre émétique et scr. j d’amidon. ?

j-) L’aqua Ïaurocerasi, qui par son acide hydrocyanique est si ennemi de l’irritabilité, de la force musculaire , du mouvement, qu’elle attaque même la fibrine dans le sang en circulation , auquel il fait perdre sa coagulabilité ou

Si la poudre est rendue tout de suite, je la répète; différemment je ne l'administre plus, qu’à la réprise des vomissements , et je continue jusqu’à ce que le vomissement soit vaincu.

Les cours de ventre cessent pour l’ordinaire plus lentement, mais ils ne sont pas de si grande importance, que les vomissements.

Par la raison que la cholerine conduit très vite au choiera , et que ni l’une ni l’autre ne soient à vaincre tant que le vomissement dure, il ne faut pas trop longtemps continuer les dits narcotiques et enveloppants et négliger la réserve, l’induration de l’épiderme interne de l’estomac par la cautérisation — pour laquelle j’emploie le nitrate d’argent crystallisé.

Le nitrate d’argent se combine avec l’albumine et la fibrine de cet épiderme, l’endurcit et le rend corné, comme ce cautère le fait chimiquement demème à l’épiderme externe. Sa stimulation est momentanée , pourvu-qu’on ne donne à la première dose, ou aux premières doses, pas plus, que ce-qui peut se combiner instantanément avec l’albumine et la fibrine de l’épiderme interne, qui est comme l’externe — voyez § 47. — une couche inorganique, insensible; autrement le corrosif attaque les parties organiques , sensibles , sousplacées , et opère en venin corrosif, lequel non seulement augmente l’irritation, mais cause encore souvent par l’inflammation la gangrène et par le sphacelus la mort. L’épiderme interne une fois transformé en membrane dure par la cautérisation, elle défend ensuite les organes sousplacés contre le cautère même; de sorte,' qu’alors le tube digestif peut supporter le nitrate d’argent en quantité incroyable. Cette action du nitrate d’argent est même tout à fait locale car il n’entre pas dans le sang, parcequ’il est décomposé.

Pour obtenir l’effet chimique du nitrate d’argent, l’épiderme interne de l’estomac, aussi nommé la membrane muqueuse, doit être tout à fait privé de son mucus, autrement le cautère se combine demème avec ce mucus et n’endurcit pas l’épiderme

sa contraction fibrinaire — et toute irritation consiste non seulement en force nerveuse, mais surtout en irritabilité, force fibrinaire, augmentée; de sorte, que sa combinaison avec le morphine dans le traitement médical de l’irritation du tube digestif est tout à fait rationnelle. Notre expérience multiple nous l’a du reste pleinement démontré: pour nous en assurer nous avons plusieurs fois donné avec succès dans des cas moins graves Laqua lauroccrasi seule et sans morphine.

en membrane cornée, il n’appaise pas le vomissement et est rendu lui même.

A raison de quoi il ne faut pas donner le nitrate d’argent au commencement à trop grande dose, jamais avant l’arrivée de la cholerine , et seulement comme réserve , quand le vomissement n’est pas à vaincre par les narcotiques enveloppants.

Puisque le nitrate d’argent doit cautériser l’estomac, il faut qu’il y parvienne en état naturel , en sel. En forme de solution ou de poudre il est trop en contact avec la cavité de la bouche, la gorge et l’oesophage. La meilleure forme est donc en pillule, vite avalée, faite avec la gomme arabique, p. e. :

fy. Nitrat. argenti cryst. gr. j.

Puîv. g. arabici gr. j/3, m. f. ope. aq. distill. pii. j.

A prendre, une après chaque vomissement, comme les poudres — § 96: aussi longtemps, que les vomissements durent.

Tant que le vomissement dure , je ne permets aucun aliment — même pas la moindre boisson — , mais aussitôt que l’irritation de l’estomac, la cause du vomissement, est vaincue *) , que le vomissement cesse, et malgré que les cours de ventre continuent, la boisson est absolument nécessaire dans la cholerine et bien plus encore dans le choiera , pour redresser la perte des parties aqueuses du sang: il n’y a pas un instant à perdre, il n’y pas une goutte d’eau à négliger, car le danger de la maladie même dépend des troubles de la circulation , ces troubles de l’épaisseur du sang, et cette épaisseur du sang de la perte de

*) Quand le vomissement a cédé à la cautérisation de l’épiderme de l’estomac, son incitabil lté n’est nullement vaincue , elle n’est qu’enveloppée par une membrane artificielle. Cette membrane ne doit donc pas être amollie et emportée par la boisson ou par quelque partie aqueuse ; à raison de quoi même l’estomac supporte mieux le nitrate d’argent en substance, qu’en solution , parceque les parties aqueuses de la dernière empêchent la formation de la membrane enveloppante. Elle ne doit non plus se décomposer chimiquement, p. e. par le sel commun, on obtient dans ce cas nitras sodii et chloridum argenti, et la membrane médicale est détruite. Ainsi, la boisson étant absolument nécessaire aussitôt que le vomissement cesse, la guérison de l’incitabilité de l’estomac — demême que celle des intestins — par les narcotiques et les enveloppants est préférable cà la cautérisation.

ses parties aqueuses. Cette perte ne peut jamais être réparée , que par la boisson , dont les parties aqueuses entrent à l’endosmose dans le sang:, et lequel endosmose a principalement lieu dans l’estomac * * * §)). Mais ici il faut bien prendre garde à ne pas faire revenir le vomissement par l’irritation quantitative ou qualitative de la boisson -j-), et pour cela il ne faut pas donner à boire plus à la fois, que ce qui peut être endosmosé dans l’estomac, car bien même qu’un surplus n’irritat pas l’estomac mécaniquement par son extension , et qu’il passât dans les intestins encore irrités — s’il y a encore cours de ventre — la boisson augmenterait l’irritation des intestins et ferait continuer ou augmenter les cours de ventre* de sorte, qu’on perdrait dans les intestins, ce-qu’on gagnerait dans l’estomac, souvent même d’avantage.

Quand les vomissements cessent, et quoique les cours de ventre continuent, je donne de temps en temps, outre la boisson pour l’endosmose daus l’estomac, les mêmes poudres narcotiques et enveloppantes pour vaincre également l’irritation des intestins et pour faire cesser les cours de ventre §).

Aussitôt que les cours de ventre cessent, je donne beaucoup à boire, mais par la même raison pas plus, que ce qui peut être endosmosé par tout le tube digestif.

L’emesi-diarrhoea — soit la simple, soit la cholerine, soit le choiera — cesse aussitôt que l’irritation du tube digestif et vaincue; et comme la Nature redresse tout aussitôt que possible,

*) L’endosmose de la boisson dans l’estomac s’opère si vite, que les Anciens ont ern qu’il y avait des voies directes de l’estomac aux organes urinaires.

-j-) La boisson peut aussi trop irriter qualitativement p. e. par le froid et

par la chaleur — les autres boissons irritantes sont hors de question — ; la température tiède est donc la meilleure, et pour le goût une infusion faible de thé noir.

§) On peut aussi faire cesser les cours de ventre par la cautérisation des intestins , comme de l’estomac , mais cela a par rapport à la boisson nécessaire les mêmes inconvénients, que nous avons démontrés § 98.

la réaction générale, la fièvre *), succède aux | [oppressions organiques spéciales. Le sang revient à la périphérie, et avec lui le pouls normal, la chaleur animaleet le teint naturel retournent de même, la soif diminue. A cause de la fièvre la circulation se redresse avec impétuosité, et une sueur générale, abondante et chaude, se montre, à moins que le sang n’ait déjà perdu trop de sérum. Cette sueur remplace la sécheresse et la froideur d’auparavant; les sé-et ex-crétions naturelles se rétablissent, le malade est sauvé. Aussi longtemps que la fièvre dure le malade doit rester, autant que possible, en repos, au lit.

Aussitôt que la fièvre l’a quité, je fais nettoyer le malade,

je lui fais changer de linge et de lit. Le régime soit modéré,

légèrement nutritif, peu stimulant, et qu’il prenne surtout garde au fioid — en un mot, le reconvalescant rétourne graduellement à sa vie ordinaire, pourvu-qu’il ne fasse pas d’excès.

Comme le choiera ne diffère de la cholerine , que par son

intensité , le traitement médical est en général le même ; mais

les troubles dans la circulation , que nous avons décrits § 67. donnent lieu à des indications médicales spéciales.

Au cyanosis ou aux congestions externes il n’y a rien à faire, aussi elles n’importent peu, mais les congestions internes, principalement celles du cerveau, sont de la plus grande importance, et causent souvent la mort pendant le choiera par l’apoplexie — § 67. — ou après par l’ainsi nommé typhus -j-).

A cause du danger de ces congestions il faut déjà tacher

*) Cette arrivée de la fièvre est ordinairement nommée le période de la réaction.

f) Le nom de typhus vient du Grec typhôs, qui signifie en Latin attonitus — frappé de la foudre — à cause de l’état soporeux, qui caractérise la maladie. La cause du typhus, soit idiopathique ou cerebralis, soit sympathique ou abdominalis, est toujours dynamique, tandis que les congestions avant ou après le choiera causent des pressions mécaniques, qui oppriment l’incilabilité. Cette oppression mécanique est hélas! trop souvent regardée comme véritable défaut direct, comme faiblesse, et combattue par des fortifiants stimulants, qui augmentent la cause, l’irritation du tube digestif, qui par cela accélèrent la mort, ou la rendent encore plus terrible. ,

cïe" les "prévenir dans la cholerine — § 95. — Durant le choiera on n’y peut rien faire, que de combattre l’irritation, qui prive le sang: de son sérum. Mais aussitôt qu’il est possible, il fau remédier au défant des parties aqueuses par la boisson; ensuite, qnand la circulation s'est autant redressée, que la saignée soit possible, il ne faut pas négliger le moment pour ouvrir la veine , mais à grande plaie à cause de l’épaisseur du sang, et en même temps appliquer une donzaine de sangsues à l’entour du crâne et dans chaque narine une grande; c’est alors aussi qu’il faut beaucoup boire afin de rendre le sang liquide; et si on a un chirurgien habile l’infusion d’eau de la température du sang dans les veines est — aussi selon notre expérience — d’un effet éclatant.

Aussitôt que la circulation s’est rétablie il faut aussi penser au défaut de l’oxygène dans le sang, et pour cela rafraîchir l’atmosphère du salon autant que possible par l’atmosphère générale, et même y augmenter l’oxygène artificiellement.

Pendant les troubles graves de la circulation dans le choiera toutes les sécrétions sont diminuées , quelquesunes même tout à lait interrompues , surtout celle de la bile. La circulation redressée, la bile est sécrétée en grande quantité. Bien plus, elle est très souvent au commencement de la maladie , quand il y a encore de la sécrétion , retenue par la closion spasmodique du cholédoche , en suite de l’irritation, et devenue acre, de couleur verte , d’où après le choiera son abondance et son acreté occasionnent souvent de nouveaux cours de ventre, quelquefois même des vomissements, bilieux *). Ceux aillent aussi leur train , mais il vaut mieux que l’excrétion se fasse par en bas que par en haut, et en cas de vomissements continuels il faut la diriger vers l’anus par les clyslères stimulants forts, p. e. avec l’huile de croton ; tandis qu’on, s’il n’y a pas de vomissement, neutralise la bile par les acides végétaux, qu’on enveloppe l’acrelé de la bile et les nerfs du tube digestif par les enveloppants mucilagineux , etc., enfin, qu’on combat la trop grande incitabililé par les narcotiques.

*) Ce fait a donné à croire que cette bile décomposée était la cause du choiera et a fait administrer des émétiques dès le commencement de la maladie, quoiqu’elle était tout à fait dynamique.

Ceci suffira — je l’espère du moins — pour la connaissance et le traitement rationnel du choiera spastica ou cholera-morbus dynamique. Jetons maintenant un coup d’oeil sur le choiera contagiosa , ou cholera-morbus matériel.

Suivant les recherches géographiques très exactes et de très bonne foi la patrie du choiera contagiosa est partout, où dans certaines circonstances, encore inconnues, des matières végétales et animales en putréfaction sont évaporées dans l’atmosphère — }>. e. après des débordements, dans le déséchement de marais, etc. — , lesquelles matières, se combinant comme bases de synthèse chimiquement ou stoechiométriquement avec les parties constituantes de ^atmosphère , savoir, avec son oxygène, son hydrogène, avec sa matière électrique, etc., produisent alors des matières morbifiques, nommées contagions; lesquelles donnent souvent naissance à des maladies matérielles épidémiques, par exemple au choiera contagiosa.

A raison de ce-que ces exhalaisons y sont plus abondantes, la chaleur du soleil y est plus forte, et que par cette plus forte chaleur la combinaison chimique y est plus intime, les épidémies des tropiques sont plus abondantes, plus malignes, plus \ite mortelles, etc.; ce-qui donne au choiera Asiatica endémique son caractère terrible.

Les contagions, les produits d’une synthèse stoechiométrique ou chimique, conservent aussi longtemps leurs forces contagieuses, que cette combinaison n’est pas de même manière détruite par la décomposition chimique.

La contagion du choiera est de nature aériforme, mais elle peut perdre son calorique, qui la rend aériforme, sed combiner avec les liquides, ou devenir liquide elle-même, pour être trans mise d’un individu malade à un autre, ou bien encore elle peut s’attacher à des solides, se solidifier, — p. e. aux marchandises,

pour être emballée avec elles et transportée à des lieux éloignés, pour y occasionner la même maladie étrangère; comme aussi le choiera Asiatique s’est répandu par la Russie sur l’Europe. Cependant quoique liquéfiée, quoique solidifiée même, elle retient toujours la tendence à son état primitif, qui est aériforme.

La contagion du choiera est un stimulant spécifique du tube digestif, comme il y en a plusieurs, p. e. le tartre émétique, causant dans l’estomac des vomissements forts, et dans les intestins de semblables cours de ventre.

s in.

Pour avoir cet effet elle doit — comme demême le tartre émétique — , quoique introduite dans la masse du sang à une partie éloignée du tube digestif, y venir inaltérée et en contact direct avec l’estomac et les intestins *).

Comme la contagion est aériforme ou tend à le devenir à la première occasion, son introduction dans le sang, éloignée de ce tube — même par l’inoculation — n’est pas vraisemblable. Par l’absorbtion cutanée externe l’introduction est impossible, car la perspiration est un contrecourant à l’endosmose à travers l’épiderme. La respiration dans les poumons ne prend des aériformes inspirés à l’endosmose, que les plus volatils — p. e. les élherés — et le sang a même pour l’attraction de l’oxygène du gas inspiré ses matières ferrugineuses; au contraire, l’expiration éloigne du sang les aériformes aqueux, demême les étherés , superflus, etc.

L’introduction de la contagion du choiera dans le tube digestif ne se peut donc pas autrement — du moins pour causer les

*) Le tartre émétique appliqué à l’extérieur peut produire le vomis® sement, p. e. à la méthode endermatique , s’il n’est pas décomposé pendant la circulation, car pareequ’il est un minéral soluble, un sel, il peut être endosmosé dans le sang ; mais j’amais l’ipecacuanha n’agira demême, pareequ’il est un végétal insoluble, qui ne peut entrer dans le sang, qu’indirectcment, que par les vaisseaux lymphatiques, qui l’allèrent.

vomissements — que par la déglutition. La contagion aériforme , soit de l’atmosphère générale, soit de celle des chambres des malades, se mêle par chaque mouvement de la bouche — en parlant, en mangeant, en buvant — aux liqueurs et aux matières, qui s’y trouvent, pour être avalée, pour irriter ensuite le tube digestif et pour causer le choiera contagiosa.

Aussi pour les maladies contagieuses , dans lesquelles la contagion est la cause matérielle de la maladie, il faut une prédisposition à cette cause. Cette prédisposition doit être, comme à toute irritation, ou à toute réaction vivante, en premier lieu dynamique ou nerveuse; mais comme la cause est matérielle, la prédisposition doit être non seulement dynamique, comme nous venons de le voir, mais demêine encore matérielle — en d’autres termes, le tube digestif doit avoir une affinité chimique avec la contagion; autrement elle sera, comme tout indigérable, rejetée du corps sans y nuire du tout *).

Quand avec cette prédisposition la contagion atteint l’estomac, elle opère en peu de temps en émétique puissant, et tous les contenta de l’estomac, même souvent ceux du commencement des grêles, sont rejetés. Si le malade a le bonheur que la contagion soit éloignée avec ces contenta, la maladie se borne aux vomissements.

§ ne.

11 est encore possible que par les cours de ventre toute la contagion sorte du corps, qu’alors le choiera contagiosa se borne au premier degré de la maladie — voyez § 65. — à /’ eme si- diarrhoe a s i mp le.

Autrement elle devient cholerine — ou même la maladie passe par la cholerine au choiera.

*) Voila la raison très simple, pourquoi tous les individus, exposés à la même contagion, ne sont pas attaqués de l’épidémie, et que deinême les venins narcotiques végétaux et animaux n’ont pas toujours les mêmes suites mortelles; il en est tout autrement des venins minéraux corrosifs.

Le cours du cliolera spastica et du choiera contagiosa est le même, mais dans le premier cas la cause de l’épidémie réside dans la prédisposition, elle est interne; dans le second, cette cause est dans la contagion, la cause de l’épidémie est externe, pourquoi la maladie même n’a jamais des prodromes *).

Demêine que le choiera spastica, le choiera contagiosa peut être sporadique, quand la contagion vient d’un autre lieu et u’est transportée qu’individuellement ; mais aussitôt que la contagion par sa tendence à l’état aériforine s’est répandue dans l’atmosphère, la maladie devient épidémique.

Quant au traitement médical, celui-ci doit être dans le choiera spastica principalement contre la prédisposition dynamique, contre l’incitabilité du tube digestif; tandis que dans le choiera contagiosa il le doit être contre la contagion.

Le traitement médical des maladies contagieuses est également préservatif ou prophylactique, et curatif.

Pour le traitement prophylactique il faut éloigner la contagion ou s’en garantir.

Nous avons vu que la contagion du choiera est un aériforme, même un produit de l’air atmosphérique, chargé d’exhalaisons, et pour cela primitivement une maladie endémique, mais que cette contagion aériforme peut devenir liquide, s’attacher à des solides, et être transportée de sa patrie à d’autres lieux, pour

*) L’absence des prodromes est — comme de raison — un signe caractéristique pour distinguer une épidémie contagieuse de celle qui est dynamique. Une contagion peut très bien attaquer un sujet auparavant malade, mais les symptômes de la maladie actuelle sont bien à distinguer des prodromes de la nouvelle maladie contagieuse.

y infecter; ensuite, qu’elle incline fortement à retourner à son état primitif aériforme, pour se répandre ensuite dans l’atmos* * * §) phère et occasionner l’épidémie *).

L’éloignement de la contagion ne peut se faire autrement que positivement par sa décomposition chimique -j-), ou négativement en l’évitant.

Si la contagion, soit endémique, soit transportée hors de sa patrie, est répandue généralement dans l’atmosphère, elle n’est pas à décomposer chimiquement, ni a éviter autrement que par l’émigration; de sorte, que l’éloignement se borne ici à l’air atmosphérique des chambres des malades — et au contact avec eux.

Sil26.

Pour l’éloignement de la contagion des chambres des malades il faut rafraîchir leur atmosphère en tant qu’il est possible par des ventilateurs et par des courants d’air fraix; et surtout par la décomposition chimique de la contagion dans cette atmosphère, autant que le malade puisse le supporter. Cette décomposition chimique se fait:

a. Pour oter l’hydrogène à la base de la contagion par les vapeurs du chlore;

b. Pour l’oxygène et la matière électrique par le feu, surtout du soufre et du charbon brûlant.

Mais il faut être bien attentif au renouvellement de la contagion dans cette atmosphère, qui sort continuellement des malades. Elle réside chez eux dans le tube digestif , et se trouvera par cela même surtout dans les excreta ; et comme elle incline fortement à reprendre son état naturel aériforme, ces matières doivent au plus tôt possible être couvertes, éloignées et enterrées $).

*) On a plus de contagions aériformes p. e. celle de la Grippe ou de

l’Influcnza, etc.

+) L’éloignemeut de la contagion de l’atmosphère générale ne peut pas autrement, que par le vent, qui n’est pas sous la domination médicale.

§) Les matières doivent être enterrées pour qu’elles ne se répandent pas dans l’atmosphère générale, afin que la maladie, étant encore sporadique, ne devienne pas épidémique, ou bien, que ces excreta n’augmentent das ou ne fassent pas continuer l’épidémie.

par \

j Pour ce-qui est du contact avec les malades, il faut les isoler;

mais comme ils ne peuvent pas être abandonnés à leur sort déjà plus que malheureux , il leur faut des gardes exactes , des médecins fidèles, des consolateurs religieux, en outre, l’humanité défend de les éloigner de leurs parents intimes. Comme la contagion aériforme se trouve toujours dans cette atmosphère et qu’elle se mêle même en réspirant avec les liqueurs de la bouche , que tous les environnants prennent donc bien garde de ne pas l’introduire dans le tube digestif et de ne rien avaler; qu’ils ne mangent ou ne boivent donc jamais quelque chose dans les chambres des malades, et qu’ils ayent toujours quelque piquant dans la bouche, p. e. du tabac noir, du radix calami aromatici , etc., qui les oblige à ne rien avaler et à cracher même la salive.

Le traitement médical curatif principal, qui est dans le choiera spastica contre la prédisposition dynamique, l’est dans le choiera contagiosa surtout contre la contagion.

S’il est possible il faut l’éloigner du tube digestif, cequi arrive souvent dans l’emesi diarrboea simple avec les contenus ordinaires. — voyez J 65. — Pour-cela il ne laut jamais tacher de les faire cesser aussi longtemps qu’il n’arrive pas de l’eau de ris; il convient au contraire de les accélérer , les vomissements seuls mécaniquement, p. e. en mettant un doigt ou une plume à la gorge, ou par un émétique sur, par l’ipecacuanha ou l’émétique infaillible de IIüfelaisü — voyez la note de § 96. — , les cours de ventre par les clyslères forts déjà nommés; encore plus, il faut nettoyer tout le tube digestif de la contagion par la boisson d’eau tiède, mais alors faire bien attention à l’arrivée de l’eau de ris, le signe de la cholerine.

Dernème conviennent le repos et l’application du froid , comme dans le choiera spastica.

Pour le reste on combat les symptômes urgents de l’irritation par les saignées, etc.

Quand la contagion n’est pas éloignée dans l’emesi-diarrhoea simple , et que celle-ci est montée à la cholerine — ou même

au choiera — il faut priver la matière morfibique de ses forces contagieuses par sa décomposition chimique , laquelle se fait par les matières, qui attirent plus fort — qui ont plus d’affinité avec — l’oxygène, l’hydrogène et la matière électrique, que le fait la base de la contagion. Entre celles-ci nous mettons en première ligne, aussi parce-qu’ils stimulent le moins *) — le soufre bien dépuré et privé de tout acide sulphurique, et le charbon médical, bien brûlé et privé de tout, acide carbonique, qui agissent en antidotes chimiques.

On peut combiner ces antidotes — outre le repos et l’application du froid externe — avec le traitement médical contre l’irritation spastique , p. e. combiner les médicaments dans ces poudres :

Pulv. acetat. morphin. gr. p.

» sulph. depur. gr. iii.

)> carbon, medicat. gr. v.

» amyli. gr. xv.

A donner comme dans le choiera spastica — $ 96. — , mais avec de l’eau distillée à cause de l’acide hydrocyanique libre de l’aqua laurocerasi, y présente.

Pour le reste le traitement est en tout le même que dans le choiera spastica, exepté la cautérisation — § 97.

Aussi longtemps que la contagion n’est pas éloignée ou de composée, la cautérisation serait inutile, du moins si le cautère ne décompose pas en même temps chimiquement la contagion , ce qui du nitrate d’argent n’est pas vraisemblable. Quand l’état matériel ou contagieux est passé, on pourrait appliquer la cautérisation contre l’état dynamique, comme dans le choiera spastica ; mais elle entraine les mêmes inconvénients à cause de la boisson nécessaire à la guérison radicale.

*) Le chlore contre l’bjdrogène pris à l’intérieur stimule trop le tube digestif.

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