TABLEAU IV
Quant au rapport lui-même, il est naturellement fonction des deux facteurs et sa aleur dépend à la fois du fonctionnement hépatique et de la cholestérolémie totale.
2) Dans les insuffisances hépatiques graves, ïx cholestérolémie totale est presque constamment supérieure à la normale, fait qui peut avoir une triple origine:
a) soit le érouble hépatique lui-même, c’est-à-dire une accumulation relative du Cholestérol sanguin par impuissance de la part du foie à le faire évoluer vers ses voies métaboliques habituelles ;:
b) soit un état réactionnel de l'organisme se traduisant par une augmentation de la substance hautement antitoxique qu’est le Cholestérol ;
c) soit enfin un refentissement sur le rein du facteur étiologique souvent infectieux, cause de l'insuffisance hépatique, c’est-à-dire une lésion rénale secondaire se traduisant par une rétention sanguine du Cholestérol comme l’ont montré GraviLa et BERIARU (30) et comme attestent nos observations 12, 14 et 17.
La valeur de Cholestérol estérifié est ici sous la double dépendance d’une part de la cholestérolémie totale, d'autre part de la lésion hépatique. Effectivement lestérification du Cholestérol étant comme toutes les estérifications une réaction d'équilibre, est soumise à l'inflüence des concentratiions des substances réagissantes (loi d'action des masses) ; par conséquent l'augmentation du Cholestérol devrait se traduire, si le foie était normal, par une augmentation du Cholestérol estérifié ; nous rejoignons ainsi le second facteur qui règle ce taux, à savoir l’état du foie, qui, en somme, n’agis-
sant qu'au ralenti s'oppose à cette augmentation ; on conçoit ainsi que dans le plupart des résultats que nous rapportons, par suite du jeu de ces deux mécanismes opposés nous ayons un taux sensiblement normal du Cholestérol estérifié.
Enfin, le rapport sera nécessairement diminué puisqu’il représente le quotient de deux facteurs dont le premier est normal ou subnormal, le second étant augmenté, { '
I1 résulte de ces faits expérimentaux en complète concordance avec ce que nous savons de la physiologie du Cholestérol que lappréciation du degré d’insuffisance hépatique basé sur son estérification ne prend sa pleine signification qi par l’examen comparé des deux don-
nées : Cholestérol estérifié et de leurs rapports.
Par ce moyen seulement peut être mise en lumière l'éventualité de troubles localisés ou généraux associés au syndrome hépatique que l’on veut explorer.
Il — Les esters du Cholestérol chez les cirrhotiques.— Les cirrhoses qui peuvent être des formes cliniques de l'insuffisance hépatique moyenne constituent souvent des affections nettement individualisées caractérisées soit par . une dégénérescence plus ou moins profonde du parenchyme hépatique (cirrhose atrophique) soit par l'envahissement du foie par le tissus interstitiel (cirrhose hypertrophique) entraînant de ce fait un syndrome d’insuffisance plus ou moins intense. Le foie présente cependant comme tous les autres organes un parenchyme de luxe (GARNIER) ; il a donc un potentiel plus grand qu’il n’est nécessaire pour assurer ses fonctions: on
rc AE ,
peut, en effet en amputer une partie importante sans qu'aucun trouble se manifeste, C’est ce que FIESSINGER appelle la marge de sécurité du foie. Cette notion nous permet de prévoir que les cirrrhoses hypertrophiques que nous avons plus particulièrement étudiées auront un retentissement relativement modéré sur le fonctionnement hépatique,
Ces résultats rassemblés dans le tableau V résument nos observations.
Nous voyons ainsi que dans la majorité des cas la cholestérolémie totale est très élevée, excepté dans les cas exceptionnellement graves (Observ. Nos II, VII et IX). Ce fait est vraisemblablement explicable par l’une des trois causes envisagées.
Le taux du Cholestérol estérifié est normal ou élevé. Il en résulte la plupart du temps un maintien du rapport ce qui revient à dire que le problème est en somme ramenf£ à apprécier le degré d’insuffisance hépatique consécutive à la cirrhose, les conclusions du paragraphe précédent gardent donc toute leur valeur.
Ces faits notés chez les hépatiques nous permettent donc de cconsidérer l’estérification du Cholestérol comme un test précieux pour l’appréciation du fonctionnement du foie. \
Nous allons rapidement dans un dernier chapitre comparer ces résultats à ceux antérieurement obtenus et en déduire nos conclusions générales. us:
CHOLESTEROL ESTERIFIE CHOLESTEROL TOTAL
CHEZ LES CIRRHOTIQUES